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PHARMACOPEE POPULAIRE : AGENT TECHNIQUE, MEDIATEUR SYMBOLIQUE ? Jean BENOIST *

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PHARMACOPEE POPULAIRE : AGENT TECHNIQUE, MEDIATEUR SYMBOLIQUE ? Jean BENOIST *
H UM., Vol. V,n °2, J 98 7,25-3 7
ECOL.
25.
PHARMACOPEE POPULAIRE :
AGENT TECHNIQUE, MEDIATEUR SYMBOLIQUE ?
Jean BENOIST *
IJ
s'attache
il
est
à
considère
certes
difficile
que
elles
une
construisent
science
partir
connaissances,
siennes
une
Si
légitime
partielles
au
de c e u x qui c u e i l l e n t ,
thérapeutique.
Elles
ont
celles
qui
reflètent
les
bien que
logique
les
à des
sur
le
rôle
substances
ces
démarches
regard
des
comportements
p r é p a r e n t et utilisent
à opérer
un
concepts
des
des
thérapeutes
à o c c u l t e r les m é c a n i s m e s qui c o n d u i s e n t
préparations
les
d'un
même
niveau
traitement,
auxquelles
il
que
peut
mais
un
attribue
La
vivants
plante
comme
et
son
et
un
une
l'agression
e n t r e le c o r p s d é s é q u i l i b r é
des
l'être
médiateur
monde
et
prière,
entre
dont
l'équilibre
il
support
d'un
* Laboratoire
acte
symbolique
concrétise
d'Ecologie
a
été
cet
Humaine
tout-à-fait
e s t bien
pas
tend
utilisa-
souvent,
l'agent
direct
et
forces
les
victime.
est
Médiateur,
censée
monde
pénétrer.
p r o p r i é t é s biologiques
qu'accomplit
L'activité
Université
les
traditionnels.
de la n a t u r e , e n t r e le
acte.
-
plantes
végétales,
malade
s u r n a t u r e l où l a p l a n t e
n ' e s t pas a l o r s u t i l i s é e pour ses
administration
non
le
et
utilisables
à leur choix et à leur
t i o n . En p a r t i c u l i e r , on n é g l i g e le f a i t que le v é g é t a l
au
puissent
tri e n t r e
des p r o d u i t s m é d i c a l e m e n t
biologique
emplois
que
tendance
leur
apparemment
Or c e t t e v o i e d ' é t u d e , en m e t t a n t l ' a c c e n t de f a ç o n
privilégiée
lorsqu'il
Implicitement,
de
pour a c c é d e r p a r un r a c c o u r c i
d o n n é e s qui p e r m e t t e n t d ' i d e n t i f i e r
et
à
selon
sa
populaires.
o r d r e que les
organiser
actives.
demeurent
références
dans
les
de la f l o r e
pharmacologiquement
des
se
du m ê m e
puisse
d'oublier
pharmacopées
En c e l a il r e j o i n t b e a u c o u p de c e u x qui é t u d i e n t
populaires
être,
naturaliste
des
celles-ci
empiriques, mais
systématisation
différente.
au
l'inventaire
le
mais
thérapeute,
pharmacologique
d'Aix-Marseille
III.
elle-même,
cette
par
qui
image
la
peut
en
plante,
être
signant
et
très
en
elle
perceptible
quelque
est
au
sorte
"seconde"
la
à
patient, vient
conforter
communication
une
démarche
qui
première
e s t v é c u e c o m m e la s o u r c e de l ' a c t i o n e t c o m m e le g a r a n t d e
Aussi
plantes
la
impose
médecine
t'elle
traditionnelle,
dans
son
utilisation
dans
la
réalité
de
pratiques
ne
pas,
appels
à
une
tout-à-fait
de
sur
ne
trop
ce
que
les
doit-il
pas
rapides
l'intelligence
une
un
cette
par
la
société
dans
donnée
par
ces
médecine
entre
les
est
et
qui
les
faits,
sont
éviter
des
si
des
l'on
malades et
pharmacologue
les
assimilations
souhaite
?
serait
une
façon
de
ne
d'une p h a r m a c o p é e s c i e n t i f i q u e
La
(et
faire
situer
se
c e u x auxquels
d'eux
que
dimension
de l ' a c t i v i t é
pas
équivalents
ce
fait
n'est
une
pratique
sans
celui
En
tout
exige
la
part
nouent
ils
dans
demandent
médicaments
équivalents
mineurs
autrement aisée à contrôler.
pleine
intègre
les
et
plantes
s e c o u r s . C a r en r a m e n a n t l e s v é g é t a u x u t i l i s é s au rang de
ce
qui
à l'autre,
végétaux
qui
façon
d'indications
par les
relations
pas
substitution
contiennent
traditionnelle
font
de
localité
et
usage
celui
de
inversions
faits
ils
ne
de
Le
parfois
son
illustré
possibilités
intangibles.
naturaliste
l'ensemble
fait
p o p u l a i r e d'une
plus
qui
rituels
au p r e m i e r
mais
qu'elle,
prépondérante
qu'effectivement
réductionnisme
médecine
bien
usages
actives
Ce
visible
plus
de
p a r les
médecine
alerté
les
de
celui
préparations,
sont
cas,
d'éviter
administre,
rituels
substances
de
support
bien
l'importance
la
être
le
pharmacopée.
par
des
entre
est
comptent
essence
souvent
des
de
son
qu'il
dans
témoigne
alors
dans
plante
qui
quelconque
végétaux
dont
: la
courante
administre
des
de s a v o i r r e n v e r s e r la p e r s p e c t i v e du n a t u r a l i s t e .
accessoire
diffère
qui
l'efficacité,
Il s ' a g i t de r e s i t u e r au p r e m i e r plan c e qui e s t e f f e c t i v e m e n t
plan
passe
médicamenteuse
thérapeutique
dans
(qui
la
peut
traditionnelle
médecine
être
pas l ' ê t r e selon les c a s ) e t une p r a t i q u e s y m b o l i q u e
moderne)
efficace
à laquelle
ou
ne
adhèrent
l e m a l a d e e t le t h é r a p e u t e . L ' a d m i n i s t r a t i o n d e la p l a n t e e s t la s y n t h è s e
de
ces
deux
pratiques,
acte
à
la
fois
technique
et
rituel,
qui
rend
indissociable
ce
logue
conduit
est-il
que d ' a u t r e s t h é r a p e u t i q u e s s é p a r e n t . Aussi
à
éviter
lui-aussi
de
dissocier
ce
l'anthropo-
que
la
réalité
intègre entièrement.
Seule
à
la
fois
lisées,
des
et
de
échapper
ethnographie
techniques
part.
sociale
part,
Tel
est
et
les
l'objet
précise,
des
des
sursimplifications
d'une
très
employées,
l'insertion
aux
médicinales
d'autre
une
sont
études
d'une
série
de l'Océan
Indien.
qui s e m b l a i t
tes
possible de
des
compte
de
qui
ont
département
montrer combien
un
tenait
compte
d'autres
facteurs
liés
à
des
été
français
guérisseur
a v a n t t o u t f é r u d e c o n n a i s s a n c e s n a t u r a l i s t e s e t de
pratiques
peut
plantes
magico-religieux
recherches
petit
mobi-
malades
inventaires
domaine
de
p a r nous à l'île d e l a R é u n i o n ,
et
les
d'un
entreprises
Il a é t é
tienne
r é f é r e n c e s symboliques
thérapeutes
que
qui
recet-
causes
non
m a t é r i e l l e s de la m a l a d i e e t de la g u é r i s o n ( c f . 3 . B e n o i s t " L e s c a r n e t s
d'un
guérisseur
suite
de
d'une
ce
réunionnais",
travail qu'est
femme
de
la
St-Denis,
présentée
Réunion
qui
1980,
ici
144
une a u t r e
soigne
les
p).
C'est
étude
malades
dans
de c a s ,
par
des
la
celui
sirops
q u ' e l l e c o n f e c t i o n n e à p a r t i r de p l a n t e s . S e s soins e n t r e l a c e n t la c o n n a i s sance
des
femme
à
végétaux
et
le
cadre
s u r n a t u r e l de l e u r e m p l o i .
r e p r é s e n t e bien plus e t l ' h i s t o i r e
travers
elle
de
voir
se
dessiner
sociale
clairement
les
cadres
s a c o n n a i s s a n c e e t de s a p r a t i q u e . Issue c o m m e b e a u c o u p de
d'alliances
interethniques
indiens
malgaches,
leur
et
support
qui
elle
surnaturel.
lui
hérite
En
elle
donnent
d'eux
se
des
ses
Les
efficacité
lignes
de
connaissances
est
force
perçue
le
Aussi,
existent,
résultat
les
de
la
filiations
f e m m e à d e s l i g n a g e s si c o n t r a s t é s e x i g e n t - e l l e s
propres
à
chacun
d'eux
: respect
européens,
mais
plusieurs
aussi
traditions,
oppositions,
spécifique.
techniques
comme
ancestrales.
de
Réunionnais
connaissances
combinent
cette
permet,
sociaux
ancêtres
m a i s a u c u n e n ' e s t e x c l u s i v e , e t il n'y a pas e n t r e e l l e s d e s
m a i s c h a c u n e d e m a n d e une c o n d u i t e
Mais
de la R é u n i o n
d'interdits
certes,
mais
continuité
qui
avec
rattachent
le r e s p e c t
alimentaires,
leur
les
cette
d'obligations
accomplis-
sèment
le
de
rituels
processus
dans
en
d'identités
l'île e t
dans
montrent
est
plein
se
cache
religieux.
En
beaucoup
d'enseignements
de
le
sur
sociétés
très
rencontre
si
polyethniques
la
complexité
telles
simple
que
nous
et
sociale
qui
d'administrer
r e s t e r o u v e r t e : q u e l l e r e l a t i o n e x a c t e y a t'il e n t r e l a p h a r m a -
Ce
n'est
ment
est
pas
active
et
parce
que
les
indications
qu'une
substance
la p r e s c r i p t i o n
adéquate. Distance
(dose,
qui d o i t
d e s p r a t i q u e s en t e r m e de
redoutable,
qu'elle
pose
végétale
est
indication,
et
qui
doit
des
l'instant
utilise
plus
fréquemment
Madame Joseph,
culturelle
apparemment
question
clairement
Il
qu'elle
une
se
illustre
L e c a s de c e t t e f e m m e ,
geste
aussi
qui
elle
tisanes.
copée
pose
sens,
alternées
les î l e s c r é o l e s .
derrière
ce
pour
son
pour
emploi?
pharmacologique-
diagnostic
r e n d r e p r u d e n t sur t o u t e
préalable)
interprétation
"connaissances"...
***
La
s'étend
voire
des
réputation
bien
d'une
au-delà
fille,
son
du
dizaine
bourgs.
Elle
la
de
travailleurs
de
à
dans
leur
et
à la
une
tisanes
Saint-Paul,
de
Madame
demeure.
On
de
bonne
des
cases
enferment
de
tôle
enfants,
usine
chacun.
t r o u v e n t la c a s e , s e s
de
Madame
du
champ
rocheux
et
on
Joseph.
de
qui
y voit
est
cannes
plonge
le
Des
petite
porte
Une
se
Joseph
rouillée.
dépendances
plus o u v e r t
dans
qui
fût
sucrière
d'un
en
fouillis
gros
un
quartier
qui
a
donne
et
de
plantes
vers
à
une
les
autres : situé
médicinales
p a r un
le
jardin
un
ou
jardin. Toutefois
mer,
rural
camp
depuis
le
la
sa
été
confortables
bambous
accès
la
comme
avec
autrefois
et
p r o p r i é t a i r e , isolé
contrebas
des
clôtures
que
vient
qualité,
m o r c e l é en l o t s d ' h a b i t a t . On y v o i t aussi bien des m a i s o n s
que
Joseph
r o n d e , de la c a m p a g n e
quartier
d'une
elle
case
nombreux
proximité
des
q u a r t i e r où
de k i l o m è t r e s
et
commune
sirops
petit
demeure
gendre
de
des
de
tôle
"cour"
où
le t e r r a i n
à la
limite
escarpement
est
qu'entretient
vaste,
Madame
A g é e d'environ s o i x a n t e a n s , d o u c e e t non d é p o u r v u e d ' h u m o u r ,
Madame
Joseph est
mince, et
un peu g a u c h e d a n s s e s g e s t e s .
Sa
peau
e s t s o m b r e ; p a r son v i s a g e , iJ e s t d i f f i c i l e d e la s i t u e r d a n s l e p a n o r a m a
ethnique
sont
de
plus
les
l'île.
Les
bouclés,
Indiens.
traits
le
nez
Madame
indiens
plus
Joseph
prédominent,
large
ne
qu'ils
ne
s'exprime
mais
sont
qu'en
les
en
cheveux
générai
créole.
chez
Elle
ignore
le f r a n ç a i s e t elle e s t i l l é t r é e . Depuis sa p e t i t e e n f a n c e e l l e a t r a v a i l l é
sur
une
années,
plantation
quand
avait
acheté
et
dont
plusieurs
dans
le
sont
allées
de
son
y
se
a
sont
voisinage
l'usine
gendre
sucrière.
est
venu
construit
une
les
fixer
filles,
dans
cessé,
sur
Elle
; deux
hormis
d'autres
a
maison.
m o r t s en b a s â g e
;
Elle
s'installer
a
qui
parfois
qu'elle
onze
enfants,
fils s o n t
avec
quartiers,
quelques
terrain
eu
de ses
celle
voilà
le
elle
de
installés
demeure,
l'autre
côté
d e l'île.
L e grand p è r e paternel de M a d a m e Joseph e s t
à la fin
Du
du
côté
sa
mère,
dit-elle,
elle
et
sait
aussi
suit-elle
une
série
v e r s e l l e a u long d e s
"parce
suis
que
la
la
race
avait
Placée
"Je
Bon-Dieu
du
vous
pense
mange
pas", p a s
p a p a " (indien).
Bon-Dieu.
accorde... Je
P u r g a t o i r e ; je pense
le
carrefour
malgaches,
de
qui
plusieurs
ont
a n c e s t r a u x : p a s d e c a b r i ni
notre
le
au
origines
alimentaires
d e v a n t e l l e p l u s i e u r s c h e m i n s v e r s l e divin,
traditions.
des
de tenir c o m p t e des unes e t des a u t r e s .
lignages
de
y
d'interdits
Tanasse
descendance
qu'il
créoles.
traditions, elle se juge obligée
Aussi
l'Inde
1 9 è m e s i è c l e ; e l l e n e sai rien d e s a g r a n d m è r e p a t e r n e l l e .
de
"Tanasse",
venu d e
pense
Vous
le
de
voit
qui t i e n n e n t
faites
Bon-Dieu
Bon-Dieu
boeuf
Elle
une
convergé
d'anguilles
"parce
que
je
ainsi
s'ouvrir
à ses
diverses
promesse,
catholique,
et
le
les
âmes
malbar : Kali, Maldévirin,
Mini,
toutes zaffaires".
La
son
esprit
unes
et
elle
ne
r e n c o n t r e de
comme
elle
se
ces
traditions se
fait
d e s a u t r e s . T o u t en l e s
les
présente
comme
dans
son
identifiant
exclusives
fait
corps.
harmonieusemen
Elle
comme
; elle
les
est solidaire
différentes,
vit
comme
dans
des
jamais
complé-
mentaires et nullement contradictoires.
Sa
Elle
a
avait
pratique
acquis
transmis
la
et
elle
à
: "mi
se
son
durable,
de
la t r a n s m i s s i o n
elle
don.
contente
imagine
et
cette
intrication
connaissance
lui-même
sacrée,
Dieu
reflète
des
doit
faire
herbes
Il
ne
lui
lors
de
chaque
Bon-Dieu".
Mais,
certaines
a
sur
le
et
plus t a r d
sorte
qui
il
feu
a
allumé
; elle
sa
a
main
dedans")
évoque
a
la
du
à
a gonflé.
été
Il a
douleur,
avec
indienne
un
le
de
fut
formule
de
penser
efficace
d'abord
il a m i s à t e r r e
pris
si
sa
bien
feu
lui
lors
a c h e t e r un b o u c , qu'il
mélange
dans
qui
don s o i t
Ce
a fait
L a brûlure sérieuse,
soignée
marche
la
oncle
enseigné
pour que l e
lui
camphre.
résisté
un
originels.
consultation
pratiques.
du don. Son o n c l e
courants
avec
pas
a s a c r i f i é . P u i s , d e v a n t une c h a p e l l e indienne
"choses"
des
main
que
("les
de
et
l'a
posée
quelques
jours
deux
lait
: les
diverses
et
peaux
l'a
de
cendre,
marcheurs
passent
d a n s du l a i t , a v a n t que l e u r s pieds n e s o i e n t en c o n t a c t a v e c l a c e n d r e .
Depuis,
strictement
les
absolument
pas
repas
des
e l l e a le
interdits
en
monies
: elle
elle
va
paie
P o u r l ' e n t r e t e n i r , e l l e doit r e s p e c t e r
alimentaires
goûter,
cérémonies
si
bien
: boeuf
q u ' e l l e ne
une m e s s e
donner
à
année
un
un e s p r i t indien,
coq
cabri.
peut
pas
Il lui
don, a c c o m p l i r c h a q u e a n n é e
la
à l ' é g l i s e pour l e s
chapelle
indienne
K a l i . Enfin, a u pied d'un a r b r e qui p o u s s e
chaque
et
indiennes qu'elle f r é q u e n t e .
pour é v i t e r de p e r d r e son
puis
"don".
pour
Suryan,
le
Ames
un
coq
Elle
ne
doi
participer aux
faut
en
effet,
diverses
céré-
du P u r g a t o i r e ,
pour
la
fête
de
près de sa c a s e elle "coupe"
soleil,
et
un
pour
Sadarmini,
c e d e r n i e r p a r c e q u e c ' é t a i t à lui que son p è r e
faisait
s e s s a c r i f i c e s , e t p a r c e qu'il e s t l e g a r d i e n de s a " c o u r " .
G r â c e à c e s c a u t i o n s s u r n a t u r e l l e s , le don de M a d a m e 3 o s e p h
reste
II
vivant
lui
guérissent
tants,
par
les
et
permet
sans
cela
de
s e s a i t d a n s son
connaître
les
entourage et parmi ses
plantes,
de
composer
des
e t s u r t o u t d e d i a g n o s t i q u e r le m a l d o n t s o u f f r e n t
risque
offrandes
d'erreur. C'est
dans
que
la
s'enracine
le
don,
pratique
cautionné
malades.
sirops
ses
et
thérapeutique,
qui
consulrenforcé
et
c'est
grâce
à
lui
infaillible.
mais
le
que
Ce
don
garantit
la
le
choix
choix
peut
s'opère
aussi
validité
plantes
à
partir
de
à
devenir
des
la
empirique
et
à
surnaturelle
le
utiliser
la
de
On
saisit
"bricolage"
peuvent
est
considéré
c o n n a i s s a n c e de
source
innovations.
l'observation
l'intuition
des
la
végétaux,
connaissance,
bien
appuyé
s'entremêler
comme
ici
à
sur
dans
une
la
car
quel
il
point
référence
genèse
d'une
pharmacopée.
L e don n ' i n t e r v i e n t
ment
sous
plantes
la
sont
son o n c l e
Mais
forme
exemple
indispensables.
devait
elle
par
toutefois
use
aussi
d'une
Madame
à ses origines
d'autres
pas d i r e c t e m e n t dans le
imposition
3oseph
des
insiste
traite-
mains.
sur
le
fait
m a l g a c h e s la c o n n a i s s a n c e des
recettes,
aux
origines
Les
que
plantes.
imprécises.
"Si
je s a v a i s l i r e , j'en c o n n a î t r a i s bien plus.' M a i s je n e s a i s pas".
Ces
dont
Madame
chez
elle
recettes
sont
3oseph
assure
pour
des
diverses.
maladies
la
Il
s'agit
confection
surtout
et
c o u r a n t e s , dont
qu'on
le
de
tisanes,
vient
acheter
fait
souvent
malade
l e d i a g n o s t i c l u i - m ê m e ; en v o i c i q u e l q u e s e x e m p l e s :
"ça
La
gratte
tisane-refroidissement,
comme
un
pus
sur
pour
l'estomac".
à partir de quelques
plantes : chandelle
pinnata),
de
et
un
peu
bois
de
la
toux,
C'est
la
un
grippe,
sirop
composé
( ? ) , p a t t e de poule ( K a l l a n c h o e
senteur
( ? ) . On
les
fait
bouillir
h e u r e , on p a s s e e t on s u c r e a v e c du s u c r e e t du m i e l . On f a i t
trer
sur le
il s e
feu,
conserve
puis
on
attend
un ou d e u x
que
mois,
quand
le
sirop soit
froid
dans des bouteilles
une
concen-
pour J'utiliser;
d'un
litre,
qu'elle
cinq
feuilles
vend 2 0 F .
de
bois
L a tisane
de
rempart
pour
le
ventre.
Elle
est
faite
de
(?) et
de
patte-lézard (Phymatodes
scolopendria),
qu'on f a i t bouillir un q u a r t d ' h e u r e d a n s d e l ' e a u .
-
La
tisane-le-vers,
pour
les
enfants
est
faite
avec
des
g r a i n e s d e c i t r o u i l l e ( C u c u r b i t a p e p e ) , d e l a p e a u d'une g r e n a d e ( P u n i c a
g r a n a t u m ) , de r a c i n e s d e l ' h e r b e - à - v e r ( ? ) e t d e 7 g o u s s e s d'ail
sativum).
Lorsqu'elle
est
prête,
on
la
mélange
avec
du
rhum
(Allium
et
on
en donne une c u i l l e r é e t o u s les s o i r s p e n d a n t q u e l q u e s j o u r s .
les
L a tisane-carreau est
plantes suivantes
écorce
de
pocpoc,
bois
de
racine
de
la plus c o m p l i q u é e .
Il f a u t
y mettre
: carambole, souris-chaude (Korthalsella opuntiae),
pintade
(?),
racine
guérit-vite
de
combava
(Siegesbeckia
(Citrus hystrix),
orientalis).
On
réduit
l e s é c o r c e s en p o u d r e , e t on f a i t bouillir le t o u t .
M a d a m e 3 o s e p h c o n n a î t bien d ' a u t r e s m é l a n g e s .
les
propriétés
d'un
grand
nombre
de
plantes
qui
Elle
vont p o u v o i r
i n c o r p o r é e s d a n s c e s m é l a n g e s ou ê t r e u t i l i s é e s i s o l é m e n t
(Plantago
le
major)
muguet
(Mimosa
pris
des
qui
enfants,
pudica)
très tôt
(Cinchona)
(chanvre
qui
après
pour
de d e u x i è m e
sert
la
lot,
aux
la
fait
lavages
feuille-lilas
d o r m i r , le
l'arrêt
des
fièvre,
l'essence
pour
exciter
yeux,
: le
être
plantain
cochlearia
hernies,
la
pour
sensiive
quivi
(Quivisia
heterophylia)
fait
avorter,
l'écorce
de
géranium
13 g o u t t e s
les
la
c o n t r e les
règles,
d o n t on donne
indien)
des
identifie
coqs
de
(Pelargoniim roseum)
c o n t r e l a g r i p p e , le
de
qui,
quina
combat,
le
zamal
ti-ouette
(?),
c o n t r e la fièvre, e t c . .
Mais on a s o u l i g n é plus h a u t que les i n t e r v e n t i o n s d e M a d a m e
3oseph
ne
sont
surnaturel
végétal.
ne
Certaines
peuvent
lorsqu'on
en
être
désire
suivant
puise
pas
que
intervient
les
le
fruit
de
directement
plantes
cueillies
agir
sont
ou
sur
certaines
y
des
actifs
botanique
sacrée,
réservée
complète
ses
connaissances
botaniques.
ses
avec
relations
littéralement
manipulées
forces
démarches.
principes
ses
dans
A
comme
on
botanique
ses
tisanes,
à
des
interventions
naturels,
les
maléfiques,
une
de
traitements
enracinées
Madame
sans
doit
3oseph
et
elles
plantes;
les
profane
plus
réelle
autres
Le
l'univers
utiliser
où
elle
ajoute
délicates,
une
et
discontinuité
qui
avec
eux.
Certains
indica),
le
guérison
treize
arbres
a t t i r e n t les
lilas,
le
laurier.
Le
lorsque
la
maladie
est
feuilles
de
laurier,
et
e s p r i t s : le
laurier
on
due
en
à
manguier
intervient
un
fait
sort.
une
(Mangifera
également
On
cueille
décoction
qui
dans
la
sept
ou
servira
à
se laver les
pieds ou l e s
m a i n s si on
p e n s e qu'on a m a r c h é sur une
" s a l o p e r i e " sur l e c h e m i n e t qu'un e s p r i t vous a f r a p p é . On p e u t
déposer
à
une
croisée
de
chemin
le
liquide
qui
a
servi
au
la m a l a d i e i r a sur un a u t r e p a s s a n t ou m ê m e sur c e l u i qui l ' a
Un
autre
et
surnaturelle
arbre
est
:
"bois-chanteur",
"senteur".
et
à
actif
la
cet
quand
de
grande puissance,
senteur".
esprits
On
créole
arbre est
les
faisant
de
sont
dessus
se
d e m a n d e r s'il
garantie surnaturelle et
Toutefois,
lorsqu'on
la
"saisie"
le
d'un
r é c o l t e r de
Joseph ne
elle
ne
r e p r é s e n t e p a s d a n s bien
d é s i r e s'en
individu
façon
fait
destiné
se
des
mauvais
à six
p a s ainsi
la nuit
tisanes
les
Il
est
et
mélanges
esprits.
pour l u t t e r c o n t r e
il
est
; e l l e a c h è t e son
défier
heures
légitimement
à l u t t e r c o n t r e les
esprit,
le
mot
manifestent.
p a r t i c u l i è r e , d e p r é f é r e n c e la n u i t .
elle-même
écrire
" c h a n t e u r " le
servir explicitement
p a r un
pas c e l a
n'irait
l'agent
naturelle
plutôt
r é p u t é c h a n t e r à midi,
qui
et
envoyée.
à la f o i s
devrait
c o n t r e b e a u c o u p d e m a l a d i e s , à t e l point qu'on p e u t
la
car
d'une
"bois
prononciation
En e f f e t
minuit,
revêtu
le
même
lavage
nécessaire
de
Mais M a d a m e
bois
de
e s p r i t s sur l e s
senteur,
pentes
des
r a v i n e s . Au pied d e l ' a r b r e , c e l u i qui v a c o u p e r le bois b r û l e un m o r c e a u
de
c a m p h r e , p r i e , puis il d é p o s e
jamais
pour
ramasser. D'autres
les
cueillir,
mais
d a n s l a q u e l l e on c u e i l l e
que
de
préparer
m a i s si
l'effet
une
végétaux
on
exigent
accomplit
produit doit
tisane,
les
tisane
pour
(Lippia
un
le
gros
cordifolia),
pied
e t des c a s e s .
est
aussi
pratique
ne
qu'on
selon
n'est
s'adresser, m ê m e
viendra
les
paie
l'intention
ne
s'agit
pas n é c e s s a i r e
de
payer,
partiellement,
au
monde
indispensable.
Ainsi
citriodorata),
(Alocasia
dont
esprits.
eux
cette
il
Certaines plantes communes
contre
personne
l a f e u i l l e ou le m o r c e a u d e bois. S'il
simple
surnaturel, c e l a devient
d e l ' a r g e n t , que
que
souci".
dont
et
le
Il
dit
en
l'odeur
surtout
couramment
des
j a r d i n s , on l'a vu,
joliment
va
ainsi
porte
Madame
de
la
natchouli
planté
à gauche
Joseph
"I
fait
verveine-citronnelle
chance,
du
protègent
du
songe
(Justicia
de
l'entrée
caribe
gandarussa)
des
cours
D'autres
plantes
n'ont
elles
sont
i n d i s p e n s a b l e s dans
ainsi
que
le
fébrifuge
Ti-ouette,
peut
servir
pas
des
arbuste
de
vertu
rituels
employé
également
de
par
comme
protection
un
petit
et
on
en
Le
le
coeur
fait
de
une
vomissement
contre
tisane
qui
se
d'Inde,
où
trois
et
une
Madame
soigner
pas
comme
agression,
On prend des f e u i l l e s
petits
coeurs
oeuf
de
pourri,
ti-ouette
l'on
casse
un
décianche
alors
élimine
le
risque
recours
à
certaines
sept
t'ii
petites
âme,
c'est
protéger
de
un
également
Celui
enseigné
branches
dans
a
malades.
comment
cendre
Joseph
ses
semble
appris
et
on
boit.
couru
l'eau
de
les
de
lui
prières
enfants
rameau,
bénite.
mauvais
qui
On
esprit
a
spéciales.
des
on
les
faut
sur
prières
don
esprits
brûle,
et
alors
faire
son
Par contre
mauvais
prononce
qu'il
transmis
on
il
ce
papier
"comme
il
faut,
pas
d a n s un p e t i t s a c que l ' e n f a n t
Mais
"pas
âme"
une
la
indienne,
malbar.
prière
garantie
On
d'autres
peut
Si
n'agit
alors
informateurs,
portera
l'enfant
pas,
et
recourir
Madame
: on
une
Bon-Dieu
Elle-même
e l l e le c o n s u l t e
lorsqu'elle
veut
quelqu'un
lui
veut
insiste
est
doit
aller
nullement
inquiète
Joseph,
n'est
souligne
voir
"mauvaise
un
prêtre
Corrohorant
combien
demander
à
St
grâce
ou
Expédit
une
saint
indiens:
mais i agit
de
juste
faire
du
bien
ce
p o p u l a i r e e t des c u l t e s
pareil".
matin,
vengeance.
m a l , - il
v o i r le s o i r . . .
Madame
découpe
place
p a r une
K a i i ; l ' e s t pas le m ê m e ,
une
Puis
le
dans un o r a t o i r e du q u a r t i e r , de bon
demander
leur
mauvaise
on
Madame
frappé
Saint-Expédit.
Joseph
s e p l a c e à l ' a r t i c u l a t i o n du c a t h o l i c i s m e
"l'est a b s o l u m e n t
et
a
prend
de l ' e n f a n t " .
comment"
l'enfant
à
lui
désormais.
Sainte-Croix,
malbar".
elle
n'importe
lui
trempe
"c'est
partir
ne
on prend un p a p i e r où a é t é é c r i t e la P r i è r e S a i n t e - C r o i x . On
si
C'est
chemin.
pour
a
pignon
mais
magiques.
vermifuge
c o n t r e un m a u v a i s e s p r i t r e n c o n t r é sur le c h e m i n .
et
elles-mêmes,
franchement
Et
va
le
Joseph
face
exerce
aux
sereinement
médecins,
qui
ses
la
talents.
tolèrent,
ni
Elle
n'est
au
curé
qu'elle
large
fournit
éventail
ouvriers
prétend
ses
social
agricoles
pas
et
aux
en
classes
les
connaissances,
mais
celles-ci
incontestables,
allant
maux;
garanties
p r e n d le
Sa
clientèle
des
moyennes
tous
un don q u ' e l l e
sirops.
ethnique,
curer
clients,
et
régulièrement
dit
aux
bourgs
voisins.
sans
sont
à
à
fois
la
Indiens
des
elle
ses
s'étend
gêne
yeux
par
Blancs,
les
et
à
une
sur
des
Elle
ne
limites
de
ceux
de
longue
ses
pratique
plus g r a n d soin d ' e n t r e t e n i r en é t a n t
a u x d i v e r s liens s u r n a t u r e l s qui s e c r o i s e n t en
un
fidèle
elle.
***
Les chevauchements
e n t r e des
faits
que l ' a n a l y s e
naturaliste
p o u r r a i t c h e r c h e r à d i s s o c i e r c o m m e a p p a r t e n a n t à des o r d r e s d i f f é r e n t s
répondent aux
du
malade.
ses
à
chevauchements
Celui-ci
représentations
sa
elle
société.
des
autant
pour
du
La
échos
de
le
vit
sa
maladie
monde
plante
analogues
à
la
invisible
et
administrée
tous
ces
malade
que
thèmes.
pour
qui
existent
fois
dans
par
dans
les
la
soignante,
son
fils
Madame
Aucun n'est
dans
l'esprit
corps,
qui
le
3oseph
dans
relient
porte
en
séparable des a u t r e s ,
et
l'un
et
l'autre
les
r e t r o u v e n t a s s o c i é s dans la p l a n t e .
Ceci
Certes,
près
le
nous
l'exraction
mode
ramène
des
réduisant
le
la
maladie.
Celle-ci,
biologique,
du
et
le
actifs
dosage
t r a i t e m e n t à son
celle
médecin"
l'éternelle
produits
d'action
en
à
certes,
qu'un
curable,
celle-là
que
telle
seule
qu'il
met
est
des
de
produits
biologique,
place
pleinement.
s'y
de
aspect
de
en
la
elle
la
vie
maladie
prend
du
toujours
en
compte.
malade,
Mais
aussi
y réduit
Mais
de
demande
la
maladie
la "maladie
la
"maladie
épisode
autre
L o r s q u e le
l'urgence
loisible d e l a i s s e r d ' a u t r e s d i m e n s i o n s
plus
on
vécue,
une
au
administrés.
au p r o n o s t i c f a t a l ou s i m p l e
suscite
biologie
péril
la
l'efficacité.
serrer
que L e r i c h e a p p e l a i t v o i l à d é j à l o n g t e m p s
n'est
spontanément
et
permet-elle
aspect
du m a l a d e " . C o m p o s a n t e e s s e n t i e l l e
grave,
question
que
mal
est
biologique
est
entre
parenthèse.
Mais
le
lot
bénignes,
quotifien
voire
des
demandes
somatisation
de
de
soin
problèmes
est
qui
bien
autre.
prennent
Maladies
leur
source
a i l l e u r s , p o u s s e n t à c o n s u l t e r , à d e m a n d e r soin e t à e s p é r e r d e s r e m è d e s
qui
soient
remèdes
à
autre
chose,
à
travers
ce
moyen
de
déplacer
l e s p l a i n t e s i n d i c i b l e s q u ' e s t la m a l a d i e .
Le
être
de
médicament
cohérent
avec
cristalliser
non-dits
une
sur
qu'il
un
s'agit
médiateur
culture,
objet
de
et
biologique.
vers
un
qui,
sans
Et
s'il
autre
en
est
sur
On
les
abstraction
ici
une
un
toute
société.
sa
Il
place.
doit
comportement
voit
différente
souvent
r e g a r d sur
faire
avec
vaincre.
de la r é p o n s e à une d e m a n d e e s t
trouve
ainsi,
alors
leurs
r é v è l e aussi l e u r f o r c e s y m b o l i q u e
doit
permettre
extérieur
les
combien
l'efficacité
de l ' e f f i c a c i t é
strictement
cela
ne
nous
pousse
pharmacopées traditionnelles,
de
Il
capacités
t'il
pas
un r e g a r d
pharmacologiques
nous
?
RESUME
L'article
montre
à
partir
d'une
étude
de
cas
combien
l'usage
p l a n t e s en m é d e c i n e p o p u l a i r e e s t r i c h e en c o n t e n u m a g i q u e e t
L'étude
pharmacologique
opère
souvent
une
réduction
des
religieux.
naturaliste
qui o m e t c e t t e r é a l i t é .
SUMMARY
A
of
case
study
plants
research.
in
show
herbal
the
challenge
medicine
pose
that
for
the religious
the
and
magical
pharmacological
use
oriented
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