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VEGETATION KROUMIRIE FORESTIERE E.-F. DEBAZAC

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VEGETATION KROUMIRIE FORESTIERE E.-F. DEBAZAC
LA
VEGETATION FORESTIERE
DE LA
KROUMIRIE
PAR
E.-F. DEBAZAC
higénieur des Eaux et Forêts
Station de Recherches et Expériences forestières, Nancy
AVANT- PROPOS
Qu'il nous soit permis (l'exprimer ici nos remerciements et notre
très sincère gratitude à ceux qui nous ont encouragé et guidé au
cours de ce travail.
Nous tenons à remercier tout particulièrement Monsieur le Conservateur GEORGE, Chef du Service forestier de Tunisie ( 1 945 1956), sous les ordres duquel nous avons eu l'honneur de servir
poser les encouragements et la grande bienveillance qu'il nous a
constamment témoignés;
Monsieurs le Professeur EMnERGER, Directeur de l'Institut botanique de Montpellier, qui a bien voulu nous accueillir à plusieurs
reprises à Montpellier et nous prodiguer (le nombreux conseils pour
orienter notre travail ;
Monsieur le Professeur Mom - NIER, qui nous a montré dès les
cours de préparation à l'Institut National Agronomique, l'intérêt
de la phytosociologie et qui par la suite a bien voulu continuer à
nous guider;
1Ionsieur BRAUN-BLANou
- T, Directeur (le la Station internationale de Géobotanique méditerranéenne et alpine, qui nous a aidé de
si précieux conseils. tant au cours (l'excursions que dans l'interprétation de nos relevés
Monsieur ROL, Directeur de l'École Nationale des Eaux et Forêts et Professeur de Botanique forestière. qui a bien voulu prendre connaissance du manuscrit de ce travail et en faciliter la publication;
Monsieur l'Ingénieur Principal DUCHAUFOUR, qui nous a accueilli. avec l'autorisation de Monsieur l'Inspecteur Général OUDTN,
alors Directeur de l'Ecole Nationale des Eaux et Forêts, à son
laboratoire de la Station de Recherches de Nancy, où ont été effectuées les analyses de sol, et qui nous a aidé dans l'interprétation
des résultats.
INTRODUCTION
CHAPITRE I
OBJET DU TRAVAIL
Dans la présente étude ont été réunis les résultats des recherches effectuées de 1949 à T934 sur la végétation forestière de la
Krounmirie, région naturelle du Nord de la Tunisie où nous avons
été appelé à exercer nos fonctions dans le cadre du service forestier. Le sujet de ces recherches n'a pas été délimité par avance.
Ce sont les besoins de la gestion d'une circonscription qui nous ont
conduit à approfondir le mieux possible notre connaissance de la
forêt. Or, l'application des méthodes de la phytosociologie permet
précisément l'analyse détaillée de la végétation forestière.
Il est en effet maintenant indiscutablement admis que la connaissance des conditions écologiques d'une forêt est indispensable
pour srni'aniénagement. M. le Directeur GPTSTER 1551 (I) a retracé le role joué par l'écologie et la phytosociologie dans l'évolution
contemporaine de la science forestière. Tl est apparu que la description d'une parcelle par exemple ne pouvait se limiter à l'énumération des essences principales constituant le peuplement, à l'estimation plus ou moins subjective de leur importance et à l'évaluation
de l'^^ge et des volumes exploitables: la composition et l'importance du sous-bois même sans aucune valeur économique, la présence de certaines espèces herbacées, l'étude des profils du sol donnent de précieuses indications sur le type de peuplement, stir son
évolution. donc sur les traitements qu'il convient d'appliquer pour
conserver et améliorer le boisement. Le forestier est ainsi amené
distinguer des types de forêts qui ne sont autres choses que des à
associations végétales telles qu'elles sont définies par A.I. EMRERGER (2).
(1) Les références bibliographiques constituent l'annexe II.
(2) Cf. comptes rendus des séances de l'Académie d'Agriculture de France,
séance du 11 juin 1958.
4
LA VIx;I 'ATION FORRSTIERF. DE LA KROUMIRIE
Mais alors qu'il est difficile d'aborder directement l'étude du milieu, ensemble des facteurs climatiqupes, édaphiques et biotiques
en nombre indéterminé, la phytosociologie permet d'analyser les
groupements végétaux qui apparaissent comme l'expression de toutes les conditions du milieu.
La phytosociologie, qui est ainsi le développement raisonné et
systématique des observations plus ou moins conscientes que le forestier est amené à faire dans son contact quotidien avec la nature,
est particulièrement précieuse pour la connaissance de cet ensemble complexe que constitue la forêt.
C'est dans ces conditions que nous avons commencé à effectuer
des relevés clans les forêts dépendant de la circonscription d'Ain
Drahanl. Par la suite, M. le Professeur EMBERGER, chargé par le
gouvernement tunisien de l'étude et de la cartographie des groupements végétaux de la Tunisie, a bien voulu nous faire l'honneur de
nous confier les régions forestières du Nord-Ouest du pays. Nous
avons pu alors étendre nos investigations et nous aurions voulu
donner un tableau aussi complet que possible de la région précitée. Les circonstances ne nous ont pas permis de mener à bien un tel
travail qui aurait demandé certes beaucoup plus de temps. Nous
espérons néanmoins que la publication de ces quelques résultats
pourra être utile à ceux qui continueront à travailler clans cette
région si attachante.
Dans la présente étude seront décrits les principaux types de
forêts (le la Kroumirie, avec leurs caractères floristiques et écologiques, types dont la distinction nous parait utile pour le forestier.
■
LA VÉGÉTATION FORESTT RE DE LA KROUMIRIE
5
CHAPITRE II
HISTORIQUE DE L'ÉTUDE BOTANIQUE
DE LA KROUMIRIE
C'est à la mission botanique de l'exploration scientifique de la
Tunisie que nous devons la première documentation sur la Kroumirie. Cette mission, dirigée par CossoN, comprenait des botanistes particulièrement compétents en flore Nord-africaine tels que
LETOURNEUX, DOUMET-ADANSON, BONNET et BARATTE. Elle parcourut la Kroumirie en juillet 1883 et la précision du compte rendu [27] permet de suivre aisément les stations reconnues. La liste
des espèces récoltées comprend 55o noms. CossoN remarque alors
l'extrême analogie avec la flore du Djebel Edough, près de Bone,
en Algérie, l'importance des espèces propres en Algérie à la région
montagneuse inférieure et moyenne, ainsi que la forte proportion
des espèces européennes. Les indications de stations citées dans le
catalogue des plantes de Tunisie [II] de BONNET et BARATTE,
paru en 1896, proviennent pour une grande part des récoltes de
cette mission.
Notons que PATOUILLARD fit, à la même époque, en ce qui concerne plus spécialement la mycologie, une reconnaissance fructueuse
clans la région du Feidja, en T893 et dans celle d'Ain Draham en
1895.
En 1925, MAIRE publie la carte phytogéographique de l'Algérie
et de la Tunisie [68]. Cette carte dont le but est, comme l'indique
la notice qui l'accompagne, de tracer les grandes lignes de la végétation climacique donne en fait la répartition des formations forestières. Dans la région qui nous intéresse, MAIRE distingue:
— la formation du Quercus suber, de beaucoup la plus étendue,
— la formation du Quercus iiuirbeclei occupant différentes taches aux environs du Feidja et d'Ain Draham,
— la formation du pin maritime dans deux massifs respectivement à l'Est et à l'Ouest de Tabarka,
- la formation à Juniperus Phocnica occupant les dunes à Tabarka, au Nefza et au Cap Serrat.
— la formation de l'Olivier lentisque représentée, d'une part
au Sud-Est du Djebel Ahiod et, d'autre part, au Sud de la limite
6
LA VÉGÉTATION EORESTIL'RE
DE LA KROUMIRIE
(lu secteur numidien distingué par l'Auteur, soit comme nous l'avons
dit au Sud d'une ligne joignant approximativement Ghardimaou au
lac Ischkeul. MAIRE distingue en particulier un Quercetuu2 suberis
oriental, caractérisé par l'absence du genre Ulex, avec un facies
littoral à Myrte et un facies montagnard sans Myrte.
Cette carte, compte tenu de l'échelle utilisée, donne une idée assez
exacte de la répartition (les principales essences forestières.
En 5930, une excursion botanique à laquelle participent MM.
BRAUN-BLANQUET, W.-C. de LEEUW, J. KLIKA et R. TUXEN, permet à ces botanistes d'étudier pendant quelques jours la flore de
Kroumirie. Les résultats en ont été partiellement publiés, notamment dans une étude de J. BRAUN-BLANQUET, (( Les irradiations
européennes dans la végétation de la Kroumirie » Hi et sont mentionnés dans différentes publications de la Station de Géobotanique
Méditerranéenne et Alpine (I).
La carte forestière de l'Algérie et de la Tunisie, publiée en
1941 par le gouvernement de l'Algérie [531, reprend en partie les
indications données par la carte de MAIRE en les limitant aux régions actuellement boisées et en corrigeant les erreurs de détail.
On y a distingué les essences suivantes : chêne-liège, chêne zéen,
chêne kermès, pin maritime, genévrier, olivier, essences secondaires. Il faut noter parmi les progrès sur la, carte de 1926, le report
assez exact de l'aire du pin maritime et l'indication du chêne kermès dans les dunes de Tabarka. Une tache de zéen est mentionnée
au nord-ouest de Zaouiet Medien, alors qu'il aurait fallu y porter
des essences secondaires. Cette carte est accompagnée d'une importante notice de P. de PEYERIMHOFF comprenant principalement
un chapitre sur les origines de la flore de la Berbérie. Après avoir
traité (les genres à affinité tropicale, des éléments orientaux et
circumméditerranéens, l'auteur signale l'apport tardif d'éléments
nordiques au pliocène et au débat du quaternaire, migrations qui
ont pu se produire soit par le pont Silico-tunisien soit par le pont
Andalou-Ri fain.
En 1949, un groupe d'étudiants suisses, conduits par le professeur SCHMID de Zurich, étudient les forêts de Quercus suber et
de Quercus Mirbecki de la région Bonoise et de la Kroumirie. Dans
une publication [mol, E. SCHMID insiste sur les affinités entre les
forêts de Quercus Mirbecki et les forêts medio-européennes, dont
certains éléments proviennent de la « ceinture » des forêts à feuilles caduques, que cet auteur appelle « ceinture » (gürtel) du Quercus-tilia-acer, (le la « ceinture » du chêne pubescent et de la« ceinture » du Faqus-abies. E. SCHM ID considère la forêt de chêne zéen
comme une véritable forêt. contrairement à la forêt (le chêne-liège
(I) notamment le prodrome des groupements végétaux; classe des cistolavanduletea et isoetetalia [2o].
LA VÉGÉTATION EORESTI7?RE DE LA KROUMIRIE
7
dont les espèces compagnes se trouvent sans variation en dehors
d'une strate de chéne-liège.
A la suite du congrès de l'Association Française polir l'Avancement des Sciences tenu à Tunis en T95r, différentes publications
botaniques ont été faites sur la Kroumirie par Mmes POTIER
ALAPETITE 19 2 1 M. Le GALL 1631, MM. NfGRE [851, MALENCON [70], GUTNOCITET, MOU NTER et nous-même 1291
Le premier volume de la Flore de la Tunisie 1281 par le Docteur A. CUENon, publié en 1954, avec la collaboration de Mme G.
POTIER-ALAPETITE et M. A. LABBE, et consacré aux cryptogames
vasculaires, gymnospermes et monocotylédones, donne de nombreuses indications de stations de Kroumirie. En outre, les deux collaborateurs du Docteur CuENOD cités ci-dessus, à la suite de nombreuses excursions botaniques en Kroumirie, ont fait de très précieux apports à la connaissance de la flore locale mentionnés dans
différentes publications [6o - 611.
M. LABRE a fait remarquer [611 précisément que l'inventaire de
la flore phanérogamique de la Tunisie n'est pas encore terminé. La
Kroumirie, en particulier, avec ses mares permanentes, doit renfermer des espèces déjà connues dans la région de Bone-La Calle,
en Algérie.
Quant aux Bryophytes et Lichens, leur étude est encore trop
imparfaite pour être abordée par un non spécialiste (2). M. WERNER
a bien voulu examiner des récoltes de la région d'Ain Draham [1061.
Cette étude a montré qu'il y avait encore beaucoup à trouver. Nous
avons donc délibérément abandonné ce secteur floristique malgré
le grand intérêt que présente la région et l'importance certaine des
mousses et des lichens clans les groupements végétaux, notamment
clans les formes de dégradation et les association épiphytiques.
Le gouvernement Tunisien vient de publier (r) la carte du tapis
végétal TUNIS-SFAX, dressée par MM. GAUSSEN et VERNET, avec
la collaboration de MM. LONG, LE HOUEROU, GOUNOT, NOVIKOFF,
SCrTOENENRERGER, TTIIAULT et J. SERRES. Cette carte, à l'échelle
de I/I o00 000, n'apporte. en ce qui concerne la Kroumirie, que
peu de modifications à la carte de 1941. Les divers étages méditerranéens, caractérisés par les séries du Chêne-liège, du Chêne zées,
de l'Oléo-lentisque, du Pin mésogéen y sont reportés avec exactitude.
,
imprimée par l'Institut géographique national en 1058.
A l'occasion de la session extraordinaire de la Société botanique de
France en Tunisie en 1909 ont été publiées cieux études importantes :
— Additions à la flore des muscinées de la Tunisie par PITARD (J.) et CoR(r)
(2)
P,TÉRE (L.).
—Contribution à l'étude des Lichens de Tunisie par
de LESDAIN.
PITARn (J.)
et BOTTI.v
8
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
CHAPITRE III
MÉTHODOLOGIE
La végétation forestière de la Kroumirie a été analysée par la
méthode phytosociologique la plus couramment utilisée dans nos
pays, méthode souvent dite de l'École Zuricho-Montpelliéraine.
L'emploi (le cette méthode permet de faire apparaître, par la confrontation des relevés, les différentes compositions floristiques qui
caractérisent les principaux types de forêts. La composition floristique d'un groupement n'est évidemment que le reflet de l'ensemble des conditions écologiques qui lui permettent de se maintenir
dans sa station. Il est donc du plus grand intérêt de mener parallèlement l'étude floristique et écologique détaillée du relevé pour préciser la signification de la présence de chaque espèce. Nous nous
sommes cependant limités, à l'époque où a été fait ce travail, aux
indications principales sur la situation de la localité du relevé, soit:
l'altitude, l'exposition et la pente. Quelques profils de sol ont été
étudiés d'autre part.
Les relevés ont été faits généralement sur une surface de Ioo m2
quiestfanporldcit'unevégaofrstiè
paraissant homogène physionomiquement.
La notation des strates de végétation a été simplifiée pour l'adapter aux types de groupements rencontrés, soit:
Strate I — arbres de plus de 3 ni de hauteur.
Strate II — arbustes et arbrisseaux ligneux de moins de .3
ni de hauteur,
Strate III — strate herbacée.
Le degré de recouvrement a été généralement précisé pour chaque strate.
Les coefficients de dominance correspondent à l'échelle suivante:
Espèces couvrant plus des 3/4 de la surface
Espèces couvrant de 1/2 à 3/4 de la surface
Espèces couvrant de 1/4 à 1/2 de la surface
Espèces couvrant de I/20 à 1/4 de la surface
Espèces couvrant moins de 1/20
5
4
3
2
I
LA VÍì G tTATION FOREST1 Î RE DE LA KROUMIRIE
9
Le signe + indique la présence de l'espèce dont le degré de recouvrement est toutefois insuffisant pour justifier une évaluation.
Le signe . indique la présence de l'espèce arbustive ou arborescente à l'état de plantule.
La sociabilité est indiquée par les coefficients suivants :
Individus croissant isolément
Individus croissant en groupes
Individus croissant en troupes
Individus croissant en petites colonies
Individus croissant en peuplements
I
2
3
4
5
Cette notation est évidemment imparfaite et peut être discutée [99]. Si le coefficient de sociabilité peut être attribué sans
hésitation à une espèce qui constitue à elle seule une proportion
notable d'une strate, il n'en est pas de même lorsque l'espèce a une
dominance qui ne lui permet de ne jouer qu'un rôle très accessoire
clans la constitution de la strate.
C'est ainsi que dans la forêt de chêne-liège ou de chêne zées,
nous avons le' phis souvent attribué au Quercus suber et au Quercus
1lirbecki soit le coefficient 5 si le peuplement est complet, soit le
coefficient 4 si le peuplement se présente par grosses taches. De
même, pour la strate arbustive, (les espèces comme Arbutus unedo,
Erice arborea ou Cistes mouspclieusts qui peuvent couvrir des surfaces très importantes sans discontinuité dans les facies de dégradation, sont notées souvent 4 et 5.
Par contre, dans la strate herbacée ou même arbustive, notamment à l'intérieur de la forêt, la notation est extrêmement difficile
et ne peut être qu'indicative. On ne petit demander à une échelle
simplifiée de sociabilité d'être valable à la fois pour des espèces de
biologie aussi différentes que des graminées annuelles, des plantes
à bulbes, des espèces stolonifères ou cespiteuses. Aussi nous n'avons
pas noté la sociabilité pour les espèces dont la dominance est inférieure à I.
Les relevés ont été groupés en tableaux. Pour alléger la présentation, les espèces ayant une faible fréquence ont été citées en annexe
des tableaux (1).
(r) Les espèces citées dans le texte et les tableaux n'ont été nommées que
par le binome latin. La liste. des espèces avec la dénomination complète constitue l'annexe I.
LA VUGlTATION FORES'l'I1.RU
IO
DE LA KROUMIRIE
PREMIÈRE PARTIE
Aper ç u biogéographique
CHAPITRE IV
LIMITES DE LA RÉGION ÉTUDIÉE
La région de la Tunisie chi Nord qui s'étend de Ghardimaou,
près de la frontière Algéro-tunisienne à l'Ouest, au lac Ischkeul à
l'Est sur une profondeur de 3o km en bordure de la Méditerranée (i), constitue une unité géographique remarquable. Ce pays,
que nous désignerons pour la commodité du présent exposé par
le nom de Nroumirie, qui, étymologiquement ne s'applique qu'au
territoire compris entre Ain Draham et la frontière Algérienne et
effectivement habité par les tribus Nroumirs, apparaît comme profondément différent du reste de la Tunisie. En effet, c'est à son
climat et à son sol qu'il doit, concurrement. sa grande originalité.
La carte pluviométrique de la Tunisie (2) met en évidence des
zones à précipitations décroissantes disposées en bandes concentriques autour de l'extrémité Nord-Ouest du pays. La courbe des
600 min de précipitations annuelles passant, de l'Ouest vers l'Est,
au pied du système montagneux bordant au Nord la vallée de la
Medjerda puis approximativement par les villes de Béja et de Bizerte, enveloppe étroitement la région du tell septentrional délimitée
ci-dessus. Au Nord de cette courbe, les précipitations dépassent
souvent 1000 mm et atteignent à Ain Draham le maximum pour
la Tunisie, soit 1 53o 01m.
Ce climat, parmi les plus pluvieux de l'Afrique du Nord, distingue déjà la Kroumirie (les autres régions naturelles de la Tunisie. Mais il ne suffit pas d'expliquer l'extension, encore si large
à l'heure actuelle, de la forêt. Le manteau forestier est en effet
étroitement lié à la constitution géologique du sol, dont l'impor(T)
Voir carte n°
(2) Voir carte n°
T.
T.
LA VÉGDTA'I'ION FORESTI I RE DE LA KROUMIRIE
II
tance a été clairement mise en évidence par F. BONNIARD qui,
dans son étude de géographie régionale sur le tell septentrional [ 121
a distingué avec juste raison les pays de grés des pays de calcaire. Les pays de calcaire sont à l'heure actuelle presque entièrement défrichés et mis en valeur par l'agriculture tandis que les
pays de grés conservent encore une couverture forestière importante. Or, la région située au Nord d'une ligne droite qui joindrait Ghardimaou, sur la Medjerda près de la frontière Algérotunisienne, à la pointe de Ras el Coran, à l'Ouest de Bizerte, est
constituée essentiellement par les formations du flysch numidien (I).
Cet étage géologique, étudié en particulier par M. SoLIGNAC [1031
est caractérisé par unénorme développement des grés et des argiles donnant naissance à des sols dépourvus de calcaire.
En dehors des grés et argiles du flysch Numidien, les sols de
la Kroumirie proviennent des roches-mères appartenant aux formations géologiques suivantes :
— Le Trias, dont les affleurements allongés clans la direction générale (les plis soit Sud Sud-Ouest - Nord Nord-Est, forment les
massifs du Belda-Bessouagui, au Nord de Ghardimaou, le versant Est du djebel Bent Ahined et du djebel Diss, au Nord de
Souk el Arba, le massif d'El Menah, à l'Ouest d'Ain Draham, les
djebel Hamra et Zonza qui dominent la plaine des Nefza.
— Le crétacié supérieur (Cénoínanien, Sénonien, Campanien) dont
les calcaires apparaissent dans la boutonnière du Bessouagui et
dans celle du djebel Abiod (djebel Sidi Ahmed et djebel Abiod).
-- Le méso-nummulitique, dont les calcaires compacts et stratifiés
constituent (les croupes totalement dénudées comme le Merj el
Hanech et le Kef \Taadii, au Sud du djebel Rhorra, le djebel Oum
tenin, le Kef Nouar et le djebel Gnessa, en bordure de la cuvette de
Fernana, et le djebel Solah, au Nord de Souk el Kheinis.
Les changements brusques de la physionomie des groupements
végétaux mettent en évidence sur le terrain les contacts entre le
flysch Numidien et les autres terrains, tous calcaires, à l'exception
d'un faciès particulier du trias. C'est ainsi que du sommet du djebel
Rhorra, point culminant de la Kroumirie, à 1200 m d'altitude, situé sur la frontière Algéro-tunisienne, il est aisé de reconnaître en
regardant vers le Sud les différents étages géologiques affleurant
dans la boutonnière du Bessouagui au premier plan, la forêt de
chêne-liège sur les grès Nulnidiens du djebel Rhorra ; puis les
crêtes dénudées du Merj el Hanech et du Kef Maadi appartenant
au Lutétien-Londinien ; au delà, les plans successifs du djebel Sra
(Cénomanien) et du Bessouagui (principalement campanien) avec
leurs nappes de diss (Ampelodcsrna Mauritanica) et quelques bouquets de chênes-lièges très dispersés ; enfin, à l'horizon, l'autre
(1) Voir carte n°
2.
12
LA VEGETATION FORES 1ERE DE LA KROUMIRIE
lèvre du flysch Numidien formant le djebel Bou Krezara, couvert
d'une forêt dense de chênes-lièges. Des changements tout aussi
saisissants (le paysage végétal peuvent être observés tout le long
de la ligne (le contact entre le flysch Numidien et les autres formations. C'est ainsi que, au Nord (le la plaine de Souk el Khemis,
le djebel Bou Guemda, encore notablement couvert de forêts de chênes-lièges et de chênes zéen, fait un violent contraste avec le flanc
totalement dépourvu de végétation arbustive du djebel Solah appartenant au Lutetien-Londinien qui lui fait face. Des constatations analogues peuvent être faites au djebel M'sid, à proximité de
Djebel Abiod, au Nord de la région forestière.
Aux caractères climatiques et géologiques qui individualisent la
Kroumirie se superposent les caractères floristiques et édaphiques.
La Kroumirie correspond en effet à la partie tunisienne du secteur Numidien tel que l'a décrit 1\IAIRE dans sa carte phytogéographique de l'Algérie et de la Tunisie [68] . Cet auteur distingue
en particulier le secteur Bonois allant de Philippeville à Bizerte,
qu'il caractérise par l'extension des forêts de chênes-lièges et de
chênes nord-africains à feuilles caduques, chêne zéen et chêne
afarés. En réalité, cette région est aussi peu Nord-africaine que
possible. Sa flore est dans sa presque totalité commune au pays
bordant la Méditerranée occidentale. Les espèces strictement Nordafricaines, tout au moins les espèces linnéennes, y sont peu nombreuses et les endémiques très rares. C'est ainsi que sur les 407
espèces trouvées dans les relevés cités dans le présent travail, 23
seulement sont spéciales à l'Afrique du Nord.
D'autre part, en raison (le son sol et de son climat à fortes précipitations, l'évolution (les sols de la Kroumirie est caractérisée
par un lessivage très accentué. Les limites du flysch Numidien en
Kroumirie correspondent très exactement à celles de la région des
sols « podzolisés » telle qu'elle est décrite par YANKOWITCH dans
son étude pédo-agrologique de la Tunisie [107].
L'étude que nous présentons a été consacrée essentiellement à la
végétation forestière sur flysch Numidien. Il nous a paru toutefois
indispensable d'étudier également la végétation sur les sols de dunes, bien représentés clans la région, ainsi que celle sur terrains
triasiques. En outre, nous avons utilisé pour certaines comparaisons
des observations faites soit en Tunisie en dehors de la Kroumirie,
soit dans les régions limitrophes d'Algérie.
Malgré cette délimitation étroite, la Kroumirie présente un intérêt certain pour la phytosociologie. En effet, par son relief montagneux au contact de la Méditerranée, elle offre un développement
des étages altitudinaux au moins aussi intéressant, depuis les plages et rochers maritimes jusqu'à la chênaie à caractère medio-européen du djebel Rhorra (1 200 m) qu'en France les massifs tout
à fait comparables au point de vue climat et sol des Maures et
LA VEGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
3
de 1'Gstérel, sensiblement moins élevés puisque leurs points culminants sont respectivement le signal de la Sauvette à 780 m d'altitude et le mont Vinaigre à 616 in. L'alternance d'une saison très
pluvieuse et d'un ,été presque totalement sec permet la juxtaposition de groupements aussi dissemblables que les pelouses sèches sur
arène siliceuse, la ripisilve à aulne glutineux ou les « tourbières »
à Sphagnum.
La Kroumirie offre en outre des groupements végétaux qui n'ont
pas encore été profondément modifiés par l'action humaine. Les
terres agricoles sur flysch Numidien, n'occupent qu'une surface
relativement restreinte et si l'élevage des bovins, ovins et caprins en
vaine pâture explique, comme nous le verrons, la généralisation des
faciès de dégradation, il est facile de retrouver la répartition des
groupements climaciques souvent profondément bouleversés dans
les pays de vieille civilisation agricole.
LA VEGETATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
CHAPITRE V
LE RELIEF (I)
L'ensemble du pays du flysch Numidien est constitué d'une série de chaînons montagneux dont les axes sont orientés d'une façon
générale dans la direction Sud Sud-Ouest, Nord Nord-Est, tout
au moins avec une certaine régularité, d'une part dans les parties
occidentales et centrales du massif et, d'autre part dans la partie
orientale (Mogods). Il s'agit plus exactement, d'après SOLIGNAC
[ 1031, de deux faisceaux dont les directions divergent en rapport
avec les phénomènes éruptifs de la région des Nefza où l'on retrouve quelques pointements de roches éruptives.
Dans la partie occidentale et centrale, l'axe du faisceau passe
par les sommets les plus élevés : le djebel Rhorra (I 200 m), le djebel Bir (I 014 m) à proximité immédiate d'Ain Draham, le djebel
Guessa (8o5 m). Ce pli central se continue par le djebel Kreroufa
(602 m), avant de disparaître sous la plaine des Nefza. L'altitude
générale du massif décroît d'Ouest en Est.
Au Nord (le cet axe, les chaînons plus ou moins discontinus,
s'échelonnent à des altitudes croissantes. Dans la partie centrale,
par exemple, de la frontière algérienne à Ain Draham, on rencontre successivement du Nord au Sud : un premier pli que traverse la route de la Calle à Tabarka, à une altitude de 400 n1
environ; puis le djebel Daraoui, dont la crête atteint 600 ni; un peu
plus au Sud, le djebel Fersig et le djebel Bounouela, qui atteignent
respectivement 870 m et 68o n1; et enfin le djebel Bir (1 014 m) qui
est relié au djebel Harrane par une crête se maintenant à une altitude de 800 m.
Au sud de cet axe, la nappe de flysch est plus discontinue. Dans
la partie occidentale, elle forme le massif du Feidja (avec les chaînes du Guelaa et du Statir), à l'Ouest de Ghardimaou et le massif
du Bou Khrezara-Bent Ahmed, au Nord de la station d'Oued Meliz. Dans la partie centrale, les terrains argilo-gréseux se limitent
au Sud à la chaîne formant le djebel Solah et le Bou guemda, qui
domine la vallée de l'oued Bou Heurtma, au Nord de Souk et Khemis.
(i) Voir carte no 1.
LA VRGI TATION FORESTIlRE DE LA KROUMIRIR
5
Dans la partie orientale, l'altitude moyenne est sensiblement moins
élevée : au Nord, le premier chaînon parallèle à la nier culmine au
djebel Chitase, à 464 ni d'altitude. Le second pli est formé par le
djebel el Hamar (345 in) et se termine vers la mer au kef Abbed
à 251 m. Les autres plissements gréseux de l'intérieur constituent
successivement: le djebel Sema (401 in) et le kef Touro (499 m),
au Nord de l'oued Sedjenane; le djebel Aichouna (436 ni), au
Sud du méme oued, et les djebels el Harch et chouclia, au Sud de
la station de 'ramera, sur la route de Djebel Abiod à Mateur.
On peut donc distinguer trois régions principales:
La partie occidentale, entre la pointe que forme le territoire Tunisien en Algérie jusqu'à l'oued Barbara, au Nord-Est, et le bassin
de Fernana, à l'Est, avec comme limite Sud la vallée d'effondrement
de la Medjerda.
La partie centrale limitée, au Sud par la vallée de l'oued Bou
Heurtiva, à l'Ouest par la frontière algérienne, au Nord par la
mer, et it l'Est par l'oued Zouara et son affluent, l'oued 1\Iadène.
La partie orientale, au Nord-F_st de l'oued Zouara, jusqu'à la
pointe du Ras el Coran, formant l'ensemble des Nefza-Mogods.
La physionomie du paysage est caractérisée par sa sénilité qui
se traduit par l'inversion du relief [1031 les chaînons de grès
correspondent à des synclinaux suspendus, tandis que les vallées sont
des axes d'anticlinaux évidés. Il en résulte que les sommets sont
constitués par les grès qui coiffent les dépôts du Numidien, donnant un relief assez doux, avec cependant quelques escarpements.
C'est te domaine de la forêt par excellence. Les flancs des vallées
recoupent au contraire les assises alternées de grès et d'argiles où
ces dernières dominent. Ce sont souvent ces terres-là qui ont été
mises en culture, terres agricoles très médiocres, détrempées pendant la saison pluvieuse et brusquement durcies par la sécheresse.
1,es fonds de vallée sont colmatés par les produits d'érosion des
sommets, avec dominance d'argile, comme dans les plaines de Tal crka et des Nefza ainsi que dans la vallée de l'oued Sedjenane.
Enfin, il faut signaler l'importance des formations de dunes maritimes, notamment celles de Tabarka et des Mekna, qui, avec leurs
vastes étendues de sable siliceux, constituent un substratum bien
individualisé. Certaines de ces dunes sont fixées par la végétation
naturelle et portent des forêts d< O terc us cocci f cra très caractéristiques, alors qu'ailleurs, à la suite de la destruction de la couverture forestière, la dune littorale, poussée par les vents dominants du Nord Nord-Ouest, alimente les dunes mobiles qui progressent rapidement vers l'intérieur en ensevelissant les anciennes
Aunes fixées ou autres terrains. Aussi. y trouve-t-on tous les stades
de dégradation, depuis la forêt jusqu'au sable nu et mobile.
Au point de vue hydrographique, la région est drainée par les
différents bassins suivants:
:
LA VÉGÉTATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
Au Sud, le bassin de la Medjerda, qui reçoit les oueds de la
région de Ghardimaou : oued el Hamman, oued el Hadjar, oued
Soufi, oued Maden et ceux de la région de Fernana : oued Rhezala
et oued el lil. Plus à l'Est, un autre affluent de la Medjerda recueille lés eaux, de la bordure orientale du massif de grès, collectées
par l'oued Ballout et l'oued Ferchaia.
Au Nord, une partie des versants, le long de la frontière, est
drainée vers l'Algérie : Ainsi, l'oued Iroug coule vers l'oued Kebir,
tandis que l'oued Meramel, les oueds Barbara et Sloul alimentent
l'oued Kebir de Blandan. Plus à l'Est, on ne retrouve que de petits
fleuves côtiers dont les bassins remontent peu à l'intérieur. Ce sont
l'oued Kebir de Tabarka et l'oued Zouara formé par l'oued Melah
et l'oued Madène. Ceux des Mogods ont un cours parallèle à la
côte. L'oued Ziatine longe le djebel Chitane pour se jeter à l'Est
du cap Serrat, tandis que l'oued Sedjenane, qui s'alimente dans la
gaara (marécages) du même nom, se dirige vers le lac Ischkeul.
LA VÉGÉTATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
CHAPITRE VI
LE CLIMAT
Le climat (le la Kroumirie est relativement bien connu : les stations de Tabarka, d'Ain Draham et du Feidja, ainsi que celles de
Bizerte et de Souk cl arba, légèrement au delà des limites de la
région étudiée, fournissent des renseignements pour une période de
plus de cinquante années. Plus récemment, par suite de l'intérêt
porté à la région en raison des grands travaux hydrauliques, le réseau des postes d'observation pluviométrique a été étendu pour
l'étude des bassins versants. Les corrélations des résultats donnés
par ces nouveaux postes depuis une dizaine d'années, avec les observations les plus anciennes, ont permis d'établir une carte pluviométrique satisfaisante (t). Enfin, depuis T95o, les observations de
température et de pluviométrie ont été complétées par des mesures
de l'état hygrométrique de l'air à l'aide de l'hygromètre enregistreur et du psychromètre, et de l'évaporation soit par l'évaporomètre de Piche (Ain Draham), soit par un bac Colorado (Ben Metir).
I. — LA PLUIE
C'est le régime pluviométrique qui caractérise en premier lieu le
climat de la Kroumirie.
La région est soumise au régime des vents dominants du Nord Nord-Ouest, qui, du mois d'octobre au mois de mai, lui apportent
les formations nuageuses appartenant généralement à des perturbations atlantiques reconstituées par leur traversée de la. Méditerranée
occidentale. Ce sont les mêmes formations qui, atteignant le littoral
Nord de l'Afrique, arrosent successivement le Rif et la côte- AlgéroTunisienne, depuis Alger jusqu'à Bizerte.
En Tunisie, le massif montagneux côtier que constitue la Kroumirie, malgré son altitude relativement modeste, absorbe la majeure partie de la potentialité de ces formations qui souvent s'épuisent
avant la vallée de la Medjerda. Si bien que l'on passe d'un climat
humide à Ain Draham qui reçoit annuellement 1 53o mm de hau-
(i) Sur la carte n° I ont été portées les courbes pluviométriques, d'après
la carte dressée par la Direction des Travaux publics de Tunisie.
LA VÉGÉTATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
teur de pluie, à un climat semi-aride à Souk el Arba distant à peine
(le 3o km avec seulement 45o mm.
Comme nous l'avons déjà dit, la Kroumirie est entièrement enveloppée par la courbe pluviométrique des 600 mm. Mais, à l'intérieur de cette zone, la répartition des précipitations est directement liée à l'orographie. Ainsi, dans la région centrale, la hauteur
des précipitations annuelles passe de i 029 mm à Tabarka sur le
littoral même à 153o mm à Ain Draham, localité située à 700 m
d'altitude. Ces précipitations sont certainement encore bien plus importantes sur les sommets. Sur le versant Sud de la chaîne, la
hauteur des pluies diminue rapidement. Elle n'est plus que de
600 mm à Fernana, à la limite du massif forestier et de 45o mm à
Souk el Arba. Une répartition analogue se retrouve dans la partie occidentale du massif : il tombe en effet 910 mm de pluie à
La Calle (en Algérie), probablement 2 000 au Djebel Rhorra,
1 260 mm au Feidja et 48o mm à Ghardimaou.
Les précipitations sont les plus fortes dans la région centrale d'Ain
Draham, et diminuent progressivement aussi bien vers l'Ouest que
vers l'Est, où elles n'atteignent qu'une hauteur de 625 nui à Bizerte.
Répartition annuelle de la pluie: Le régime pluviométrique est
caractérisé par une saison sèche des trois mois d'été, en juin, juillet
et août. Le tableau suivant, d'après la publication de l'Office national météorologique donne pour les trois stations (le Tabarka,
Ain Draham et el Feidja, la répartition mensuelle des pluies.
Station
J F M
Tabarka
r67
131
Ain Draham
250
El Feidja
206
A
,M
J
Ji
A
9
9
53
11 5
1 45
189
1029
66
140
204
275
9
46
77
131
207
1 534
1 1 55
70
42
17
r96
87
159
124
8o
25
4
6
179
124
93
58
20
5
S ON
D Total
Ces données font apparaître nettement le minimum d'été et le
maximum d'hiver, aux mois de décembre et janvier.
Le nombre moyen des jours de pluie, c'est-à-dire ceux avec des
précipitations de plus de o,I mm, est supérieur à ioo pour l'ensemble de la région et atteint 118 à Ain Draham. Leur répartition
mensuelle [891 pour les trois stations déjà citées est la suivante:
Station
JF M A 1vE J
J
A S
2
ON
DTotal
Tabarka
Ain Draham
16
14
12
IO
7
4
I
16
113
14
13
II
8
5
2
3
7
II
II
13
i6
13
15
118
El Feidja
13
13
II
IO
8
5
3
3
7
9
Io
13
105
7
LA VEGETATION FORESTII RE DE LA KROUMIRIE
19
La neige.
La neige tombe régulièrement chaque année généralement aux mois de janvier et février au-dessus de 400-50o m
d'altitude. Elle représente une fraction de la chute annuelle (le pluie
exprimée en mm de 6o à Too mm à Ain Draham.
La durée d'enneigement peut aller jusqu'à trois à quatre semaines
sur les sommets, sans que l'on puisse lui attribuer une influence notable sur la végétation, tout au moins en dessous de 1000 ni d'altitude.
Régularité des précipitations.
Les variations des hauteurs annuelles des précipitations sont relativement faibles. Elles peuvent
être exprimées par l'écart moyen relatif, c'est-à-dire la moyenne
arithmétique des écarts des différentes hauteurs de pluie d'une période donnée, par rapport à la moyenne générale, en prenant cette
dernière pour unité. Cet écart moyen est de 0,17 à Ain Draham en
classant les pluies par années civiles [831. Il est comparable à ceux
qui ont été calculés pour les stations (lu tell Algérien 1881 comme
Djidjelli (o,i6), Colin (o,TB), Bone (0,14), La Calle (0,13), Edough
(0,18) et El ?'tTilia (0,1.5).
TT.
TEWYn1r.ATUr.E
La température des différentes stations varie très sensiblement
suivant l'altitude. La température nmovenne annuelle passe de 18,o° C
à Tabarka et de T8,T° C à Bizerte, au bord de la nier, à T5,o° C à
El Feidja.
Le tableau suivant donne les températures moyennes mensuelles [ 891
Station
Tabarka
Ain Draham
F.! Feidja
JF M A M J J A S O N D
II,I
6,6
6,2
TT,5
13,6
2 4,0
19,9
7,T
9,7
15,8
12,5 ,16,0
17,1
11,9
7,9
6.9
9,0
11,5
20,2 23,9 24,9 22,0
15,4 20,6 23,3 24,0 20,2
16,3
11,2
7,6
18,8
22,6
25,2
25,8
15,6
L'amplitude entre les températures moyennes mensuelles extrêmes augmente avec l'altitude, car les maxima atteints au cours de
l'été sont peu différents quelles que soient les stations, tandis que les
minima d'hiver sont sensiblement plus prononcés en montagne. Cette
amplitude est de 14,7° à Tabarka, de 17,8° au Feidja et de 18,3° à
Ain Draham.
Une analyse encore plus précise de la température est donnée par
les moyennes mensuelles des minima et maxima quotidiens 1891:
I2,I
20
LA VÉGÉTATION FORESTIrRE DE LA KROUMIRIE
Moyennes des minima quotidiens
Station
Tabarka
Ain Draham
El Feidja
J F M A M J J
7, 2
3,9
3,5
7,3
4,0
3,7
AS ON D
8,8 1o,8
5,8
5, 1
1 3,4 1 7,2 19,5 20,2 18,7 15,2 11,3
7,9 11,0 1 4,6 1 7,7 18,6 16,5 12,6 8,4
7,2 10 ,7 1 4,6 17,5 18,6 15,8 12,1
7,9
8,3
5,1
4,6
Moyennes des maxima quotidiens
Station
J F M A M J J A S
ON D
15,1 15,7 18,5 20 ,9 24, 2 28 , 1 30,9 3 1 ,4 29,3 24,6 1 9,9 1 5,9
Ain Draham ., 9,4 10,2 1 3,7 17,1 21,0 25,8 30,2 31,3 27,6 21,6 1 5,4 10,4
9,0 10,2 12,9 15,9 20,2 26,9 29,1 29,5 24,6 20,5 14,6 10,6
El Feidja
Tabarka
Températures extrêmes: Les minima absolus sont de -i° pour la
région côtière (Tabarka - décembre) et de -5° pour les stations d'altitude (Ain Draham, Feidja en décembre, janvier et février).
Les maxima absolus sont de 43° à Ain Draham, de 47° à Tabarka
et de 49° à El Feidja (août).
Il faut cependant noter que ces quelques chiffres ne peuvent pas
traduire toutes les nuances du climat. Le relief, en faisant varier
l'exposition et l'ensoleillement, joue un rôle prépondérant et difficile
à apprécier. En particulier, les températures extrêmes sont certainement plus fréquentes dans les fonds qui sont de véritables cuvettes
thermiques avec de nombreux jours de gelée blanche en hiver et des
températures plus élevées en été.
III. - HUMIDITÉ RELATIVE DE L'AIR
L'humidité relative de l'air, mesurée à l'aide du psychomètre d'August, donne un élément important du climat puisqu'elle règle l'évaporation de l'eau du sol et la transpiration des végétaux. Le tableau
suivant donne les valeurs moyennes mensuelles en % de cette humidité d'après les observations quotidiennes effectuées entre 1950 et
1956 à 8 h. et à 17 h., à l'Inspection des Eaux et Forêts à Ain
Draham (altitude 720 ni - Exposition Sud) et à Ben Metir (altitude
45o m) au Laboratoire de la Direction des Travaux publics (i).
(I) Résultats aimablement communiqués par le Service Météorologique de
Tunisie.
LA VEG1 TATION FORESTII''RE DE LA KROUMIRIE
J F M A M J J
2I
A S O N D
Ain Draham . . 8,o0
17,00
moy.
88,o 86,2 79,6 77, 2 76,6
82,8 88,7 79,6 76,0 77,1
85,4 87,4 79,6 76,6 76,8
Ben Metir
85,8 83,3 86,6 81,2 75,8 67,6 72,5 76,1 79,3 86,o 89,2 83,4
79,6 7),6 67,4 67,8 58,3 50,8 52, 6 47,2 6 5, 8 77,1 82,2 84,2
61, 72,5 8 1 ,5 85,7 83,8
82,7 73,4 74,0 74,5 67,0 59, 2 62,5
8,00
18,00
moy.
73,3 70,2 70,2 79, 2 87,o 88,o 83,7
77,0 72,5 65,3 76,o 89,0 86,o 84,1
75, 1 71,3 67,8 77,6 88,o 87,0 83,9
Ce tableau met en évidence la très forte humidité de l'air pendant
la période (l'octobre à février, aussi bien à Ben Metir qu'à Ain
Draham. Par contre, pendant la période estivale, la sécheresse de
l'air est nettement plus accentuée à Ben Metir qu'à Ain Draham
qui bénéficie des brouillards d'altitude.
Il faut ajouter que ces moyennes ne font pas ressortir les très
fortes variations quotidiennes d'humidité de l'air que l'on peut observer à l'aide de l'hygromètre enregistreur. Si, pendant certaines
périodes pluvieuses (l'hiver, l'humidité (le l'air se maintient à la saturation pendant plusieurs jours, au contraire, au printemps et en
été, clans une même journée, l'humidité peut varier énormément
(l'une heure à l'autre.
IV.
EVAPORATION
Les mesures d'évaporation ont été également effectuées dans les
mêmes stations d'Ain Draham et de Ben Metir, de 1951 à 1956, à
l'aide (le l'évaporomètre de Piche (I). Les résultats de ces observations, exprimées en millimètres, sont portés dans le tableau suivant:
JF M A IM J J A S O N D
Ain Draham .. 43,0 46,5 64,8 70, 2 74, 1 121,0 110,T 145,0 103,6 57,6 50,8 58,9
Ben Metir .... 54,7 58,6 83,o 9 2 ,3 115,7 172,8 220,8 199,4 141,0 82,9 58,8 60,7
Le mois de janvier est celui (le la plus faible évaporation. Le
alois de la plus forte évaporation est août à Ain Draham et juillet
à Ben Metir.
D'autre part, des mesures d'évaporation à - l'air libre au moyen
d'un bac Colorado, ont été effectuées à Ben Metir. Les moyennes
pour les années 1951 à 1956 sont les suivantes:
Total
JF M A M J J
AS O N D annuel
37,5 38 ,3 73,9 121,4 166,1 231,2 294,1 258,6 1 64,4 79,7 46,5 49,9
1 559,3
(I)' Résultats communiqués par le Service 'Météorologique de Tunisie.
Total
annuel
963,4
1340,7
22
LA VEGETATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
Les hauteurs d'eau évaporée obtenues par cette méthode sont
différentes de celles obtenues au moyen :de l'évaporomètre de Piche et sont notamment beaucoup plus fortes pour la période estivale.
Les deux méthodes font apparaître un certain fléchissement de
l'évaporation au mois de novembre.
A titre de comparaison, la hauteur d'eau évaporée dans les stations de Bizerte et de Souk cl Arba, en dehors de la région étudiée,
sont les suivantes :
Bizerte
Souk el Arba
1416 mm
2 003 mm.
Les critiques dont ont fait l'objet les mesures directes de l'évaporation ont justifié la recherche (le différentes méthodes pour exprimer la sécheresse du climat. C'est ainsi qu'a été introduite par
THORNTIIVAITE la notion d'évapotranspiration. Rappelons que c'est
la. quantité d'eau perdue par le sol et par les plantes, soit par évaporation, soit par transpiration. TITORNTITWAITE distingue l'évapotranspiration réelle et l'évapotranspiration potentielle, cette dernière calculée en supposant que l'eau du sol est constamment en
quantité suffisante pour alimenter évaporation et transpiration.
L'évapotranspiration s'exprime en hauteur d'eau comme les précipitations. En fait, elle est calculée en utilisant une fonction de la
température. En comparant, aux différentes époques de l'année, les
quantités d'eau apportées d'une part par les précipitations atmosphériques et perdues d'autre part par évapotranspiration. il est possible d'établir un bilan de l'eau dans le système sol-végétationatmosphère, en faisant toutefois certaines hypothèses complémentaires : on suppose que le sol peut mettre en réserve une quantité
d'eau équivalente à Too mm. Quand les précipitations sont supérieures à l'évapotranspiration, l'excédent d'eau s'accumule dans le
sol, puis, après saturation, est perdu par ruissellement. Quand l'évapotranspiration est supérieure aux apports des précipitations, l'évapotranspiration se fait alors aux dépens de cette réserve de Ioo mm
jusqu'à épuisement. Les bilans sont effectués par tranches arbitraires mensuelles.
L'application de cette méthode a été faite en Tunisie par M. PREZIOSI [93]), en particulier pour la station d'Ain Draham.
M. de MONTMARIN [83], à la suite de l'étude des variations de.
débit de l'Oued el Lil, dont le bassin versant de Ioo km2 environ
est entièrement sur flysch numidien au Sud du Djebel Bir, a cependant été amené à réévaluer, dans ce cas particulier, la tranche
de réserve du sol à 285 mm.
Quelles que soient les critiques que l'on peut émettre à l'égard
des méthodes de calcul utilisées, ce bilan annuel de l'eau à l'aide
de l'évapotranspiration, permet de traduire les phénomènes bioló
gigues de la végétation:
LA VEGETATION FORESTl .,11ZE DE LA KROUMIRIE
23
— La reconstitution des réserves d'eau du sol permet, (lès les
pluies de septembre, le développement des plantes à bulbe, à tubercule ou à rhizome, telles que Urginea inaritima, Scilly autuinnalis,
Sc. nn vn idica, Lencoinm automnale, Cyclamen africanuni, Polypo(hurrz z^lrlgare.. . ainsi que la germination (les plantes annuelles.
— A partir (lu ter octobre et pendant les mois (l'hiver, il y a
large excédent de l'alimentation en eau ; niais les plantes ne se développent pas en raison de la basse température.
— L'excédent des précipitations sur les pertes par évapotranspiration cesse au mois (l'avril. Pendant les mois de mai et juin, la
végétation puise le complément de ses besoins en eau clans les réserves dit sol ; avec le réchauffement de la température, c'est la période d'épanouissement. Environ le I" juillet, les réserves dans le
sol sont épuisées; les plantes annuelles se flétrissent et l'activité (le
la végétation s'arrête en dehors des points d'eau.
Un groupement végétal de Kroumirie est particulièrement sensible à l'équilibre du bilan en can, c'est celui des épiphytes reconnu
par BRAUN-BLANOURT [ i re édition 1928. p. 741, avec Pol_vpodiiunr.
•rnlgare. I'mbelicus pendulions, Cardamina hirsuta, bien développé sur les branches de Chêne-liège et (le Chêne zéen au-dessus de
500 n1 (l'altitude surtout. En l'absence de réserve d'eau, le cycle est
alors légèrement différent: le développement des frondres de Polypodium suit les premières pluies d'automne, tandis que le flétrissement s'observe généralement dès les premiers jours de mai.
V.
CONCLUSIONS
De nombreux coefficients climatiques ont été imaginés pour exprimer en une seule formule synthétique les différents caractères
d'un climat. Toutefois, pour comparer le climat de la Kroumirie
aux autres climats méditerranéen, nous n'utiliserons que le coefficient pluviothermique d'ENI111RC.ER, précisément conçu pour , la région méditerranéenne (1).
Les valeurs de ce coefficient pluviothermique, pour les trois stations d'observations météorologiques de la Kroumirie sont les suivantes
Ain Drakiam .. O = 159 (P = 1526 M = 31,3 m = 3,9)
Tabarka .... O = 'ro (P = 1029 M = 31,4 m
7,2)
El Feidja .... O=134 (P-1,155 M=29,5 m = 3,5)
=
(r) Rappelons que l'expression de ce coefficient est la suivante:
P
Q=
2
X Ioo
M q- m
XM—
2
P=
précipitations annuelle.
M' = moyenne des maxima du mois le plus chaud.
m = moyenne des minima du mois le plus froid.
24
LA VEGÉTATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
Pour les stations périphériques, le coefficient prend les valeurs de:
68 à Bizerte
50 à Beja
32 à Souk el arba
Eu tenant compte de la pluviosité annuelle, la Kroumirie est entièrement comprise clans les climats méditerranéens tempérés, subhumides et humides d'EMTERGER qui couvrent tout le tell littoral
Algéro-tunisien, depuis la grande Kabylie jusqu'à Bizerte à l'Est.
Après la grande Kabvlie et la petite Kabylie, la Kroumirie est la
troisième zone à fortes précipitations. En effet, en partant de Philippeville, relativement à l'abri de la petite Kabylie, les stations littorales ont un coefficient pluviothermique croissant en se dirigeant
vers l'Est.
Philippecille
82
Q
Q i= 91
Bone
La Calle
Q = 103
Tabarka
Q = IIO
En altitude, ce coefficient est très nettement supérieur, aussi bien
en Algérie qu'en Tunisie, malgré la continentalité plus marquée mise en évidence par l'amplitude de la différence M — m.
Fort National (grande Kabylie, alt.: 930 mm) . . Q = 1T4
Ain el Ksar (petite Kabylie, alt.: 725 m)
Q = 168
Ain Draham
Q
1 59
La répartition saisonnière des précipitations permet de classer le
climat de la Kroumirie dans le type 3 des climats méditerranéens
distingués par EMBERGER, soit avec premier maximum en hiver,
deuxième maximum au printemps, premier minimum en été, deuxième minimum en automne. Ce type ne semble pas. représenté en
France métropolitaine ni en Corse. si ce n'est très localement clans
l'Aude et dans l'Ardèche 1 401 1421.
Ainsi, dans les Cévennes méridionales, où la hauteur annuelle
des précipitations serait voisine de celle de l'étage des basses montagnes en Kroumirie, la répartition saisonnière des pluies est différente avec le premier maximum en automne.
Exemple : Le Vigan:
Coefficients pluviométriques saisonniers:
Hiver I,IO; Printemps 1,10 ; Eté 0,5I; Automne 1,38.
Il en est de même sur la zone méditerranéenne littorale reconnue par BENEVENT dans le Sud-Est de la France.
Exemple: Hyères :
Coefficients pluviométriques saisonniers:
Hiver 1,20; Printemps o,9o; Eté 0,30 Automne 1,60.
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
25
Par contre, ce type de climat méditerranéen est largement représenté au Portugal, en Af.ridue du Nord et en Italie méridionale.
GAUSSEN [46] note au sujet de la répartition saisonnière de la
pluviosité dans la péninsule Ibérique que la zone avec premier
maximum en hiver couvre le Portugal, les bassins du Minho et le
massif de Ronda. Le Pays Basque en est en dehors.
EMBERGER [42] précise que ce type (le climat s'étend sur la presque totalité (le l'Italie méridionale et couvre toute la Sicile et la
Sardaigne. Il le considère comme un régime méditerranéen littoral
caractérisé par la pluviosité concentrée sur la saison froide,
26
LA VÉGÉTATION FORESTIÉRE DE LA KROUMIRIE
CHAPITRE VII
LE SOL
Les sols de Kroumirie, formés à partir d'une roche-mère perméable et dépourvue de calcaire, sous un climat à forte pluviosité
concentrée clans la saison froide, se distinguent nettement des autres sols de Tunisie. Le large excédent Lies précipitations sur l'évapotranspiration, du mois d'octobre au moins d'avril, agissant sur
les grès et argiles du flysch numidien, a entraîné la génèse de sols
lessivés, plus ou moins fortement selon la dégradation de la couverture végétale. Dès 1927, Mlle MALYicIIEFF [71 ] en a signalé
le caractère podzolique. Leur localisation, coïncidant en fait avec
celle des terrains du flysch numidien, apparaît nettement au Nord
de la ligne Ghardimaou-Bizerte sur les cartes schématiques des sols
de Tunisie, clans les études ultérieures d'AGAFONOFF [I] et de YANKOVITCII [I071.
A l'abri des forêts de Chêne-liège et de Chêne zéen qui apparaissent comme les groupements les plus proches du climax dans
l'étage des basses montagnes, le sol se présente avec les caractéristique des sols à mull lessivés. Sous la couverture morte formant une litière continue avec notamment les feuilles de chêne-liège
et de chêne zéen, se trouve un horizon humifère Ai qui peut atteindre o,6o à o,7o in de profondeur, à texture légère, noirâtre,
fortement pénétré par les racines, avec une richesse en matières
organiques décroissante avec la profondeur.
Au-dessous, un horizon d'accumulation B, de couleur brun-jaunâtre, de texture compacte, riche en argile et en fer.
La réaction des différents horizons est acide, mais faiblement
(pH de 6,o à 6,2). Le lessivage est cependant assez net, avec un
indice d'entraînement du fer libre légèrement inférieur à 2. Selon
la classification AUBERT-DI:CIrAUFOUR [32], ce type de sol serait
donc un sol brun lessivé.
Mais, parallèlement à la dégradation de la couverture végétale,
le sol évolue vers un type plus lessivé. Ainsi, dans le maquis à Arbousier, premier stade de dégradation, un horizon A gi de teinte grisjaunâtre, de texture légère, pauvre en matières organiques mais non
encore enrichi en argile et en fer, s'intercale entre les horizons A l
B.
et
-
,
LA \ t; GFTAT.ION EORESTII?RE DE LA KROUMIRIE
27
Dans la lande à Erica scoparia, ce caractère s'accentue. L'indice
d'entraînement du fer libre atteint 4. En outre, à une profondeur
de 1,2 à 1,5 ni, apparaissent par place, à la base de l'horizon d'accumulation, dans les anfractuosités de la roche-mère, des pseudogleys, avec taches (l'argile blanc grisâtre et concrétions de couleur
rouille. L'entraînement des éléments fins provoque à cette profondeur l'apparition d'un horizon imperméable avec engorgement par
l'eau au moment des périodes les plus pluvieuses.
Toutefois, même dans les cas extrêmes que nous avons pu voir,
il ne semble pas que l'on puisse parler de sols podzoliques. Il n'y
a pas d'horizon Ao épais à humus brut; l'acidité de l'horizon A l
restfaibl(pH=6,0)n'yasdetrîmucoplxe
humique dans l'horizon B.
D'autre part, l'érosion modifie. sensiblement l'évolution de ces
sols. Le pouvoir d'entraînement des eaux de ruissellement sur un
relief accidenté, avec des précipitations qui dépassent souvent 5o mm
en 24 heures et quelquefois Ioo mm, est considérable. Cette érosion est d'autant plus forte que les précipitations d'hiver tombent
sur des sols saturés et agissent sur des horizons superficiels de
texture légère, appauvris en argile. Elle agit dès que le sol n'est
plus à l'abri de la couverture forestière. Elle est très nette dans la
lande à éricacées où il y a décapage de l'horizon A l entre les souches. Cette érosion aboutit à un relèvement de l'horizon B, rendu
imperméable par l'accumulation d'argile, qui peut alors affleurer.
Ainsi, la lande se trouve parsemée d'une mosaïque de petites cuvettes où l'eau de pluie persiste pendant toute la période hivernale. C'est dans ces conditions que s'installent les groupements végétaux de l'alliance Isoétion.
Dans les pâturages, constitués par des espèces vivaces qui ne
sont pas des prairies clinìaciques, mais tm stade de dégradation de
la forêt, le décapage par érosion s'effectue uniformément sur toute
la surface; le profil du sol. diffère seulement (lu profil climacique
par la remontée apparente vers la surface de l'horizon d'accumulation et la présence du peudo-gley à o,8o ni environ seulement de
profondeur. Le stade extrême de la dégradation est un sol fortement érodé qui, en raison de l'hétérogénéité de la roche-mère où
strates argileuses et bancs gréseux alternent, présente une mosaïque
de cuvettes imperméables, provenant d'anciens horizons B, enrichis
en argile, ramenés à la surface par érosion des horizons supérieurs,
et de plages sableuses, souvent superficielles, remaniées par l'eau
de ruissellement et alimentées par la décomposition de grès friables. Aussi, trouve-t-on ainsi (les conditions édaphiques tout à fait
analogues à celles signalées en France clans le Languedoc, en Provence cristalline, en Corse, qui expliquent le mélange complexe de
groupements végétaux qui sont à rattacher d'une part à l'Hélianthemion, d'autre part à l'Isoetion [ 17 - 201.
LA VÉGÉTATION FORESTIkRE DE LA KROUMIRIE
Pour préciser les caractères de ces sols, les profils ont été étudiés dans les stations suivantes :
Profil n° z. — Forêt d'Ain Draham, Ville série, à 760 m d'altitude; au-dessus de la route forestière dite de Magen Safi. Exposition Sud.
Roche-mère grès numidien.
Végétation :
Stratel — recouvrement 6o % ; hauteur io m.
Quercus suber 4-5.
Strate II — recouvrement io %.
Erica arborea, Cytises triflorus, Rubus sp.
Strate III — recouvrement 4o %.
Pteridium aquilinum, Ranunculus f labellatus, Pulicaria
odora, Ficaria Cathae f olia, Carex glauca, Thrincia tuberosa.
Observations : Quercus Mirbecki très disséminé; l'extraction sys-
tématique de cette essence a été pratiquée pour favoriser le Chêneliège.
Pâturage important.
Description du profil:
Couverture morte constituée essentiellement de feuilles de Quercus suber.
Horizon A1, humifère, jusqu'à o,6o m de profondeur, riche en
racines, parsemé de cailloux.
Horizon B, couleur jaunâtre, racines rares.
3 échantillons prélevés à o,i8, 070 et 1,20 ni de profondeur.
Profil n° 2. — Forêt d'Ain Draham, VIIIe série, altitude 540 m,
sur la route forestière d'Ain Draham à Magen Safi, Exposition
Sud-Ouest, pente Io°.
Lande à Erica scoparia, E. arborea, Lavandula stoechas,
Halimium halimifolium, Phillyrea media, Daphne gnidium,
Pteridium aquilinum, avec quelques chênes-lièges.
Roche-mère : éboulis de grès numidien et argile.
Strate I — recouvrement Io %; hauteur 5-6 m.
Quercus suber.
Strate II — recouvrement 70 % ; hauteur i à 2 M.
Strate III — recouvrement 20 fo.
En outre, apparition des mousses et des lichens.
Description du profil:
Couverture morte très discontinue.
Horizon A1 : érodé entre les souches de Erica scoparia et E. arborea; profondeur limite : 0,50 m.
Horizon A2: entre o,8o m et 1,20 m de profondeur, de couleur
brun rougeâtre.
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
29
à 1,4o m , pseudogley avec mélange d'argile blanche et de concrétions de couleur rouille.
4 échantillons prélevés à 0,25, o,6o, 1,20, 1,5o m de profondeur.
Profil n° 3. — Forêt d'Ain Draham, VIII° série, près ele l'embranchement de la piste conduisant à l'Oued zeen. Altitude : 510 m.
Exposition Sud. Roche-mère et éboulis de grès numidien. Pente 2 ° .
Groupeauez.t végétal: lande à Erica scoparia, F_, arborea, Genista
aspalatoides, assez claire, parsemée de groupements ele l'Isoetion.
Chaque souche de Erica constitue une petite butte entourée d'une
auréole ele Lichen (Cladonia endivae f olia, Cl. furcata) et de Mousses.
Description du profil:
Horizon Al : bien différencié sous les souches d'Erica, totalement
érodé entre les souches.
Horizon E : à 0,35 ni sous les souches, mais affleure dans les
cuvettes, caillouteux, compact.
Pseudogley à 0 ,70 m de profondeur.
3 échantillons prélevés à o,o5 sous une souche, à 0,25 m et
0,70 ni.
Profil n° -l. — Forêt d'Ain Draham, VIII° série, au lieu dit « Col
eles Vents » ; altitude : 7 8 5 m. Exposition S.E. Pente 5°.
Groupement végétal: Pelouse à Plantago serraria, Poa bulbosa.
Hypochoeris radicata (voir relevé n° 8 du tableau V), effectué dans
la même localité, à une altitude légèrement supérieure).
Description du profil:
Couverture herbacée de plantes en rosettes (Plantago serraria,
Pulicaria odora, Hypochocris radicata et Poa bulbosa).
Horizon A I : humifère jusqu'à 0,40 in.
Horizon E : enrichi en argile et en fer, compact, peu caillouteux.
Pseudogley à o,80-0,90 ni.
O bservati.ous:
Prairie installée à la suite de destruction ele la forêt. Pâturage
intensi f.
3 échantillons prélevés à 0,25, 0,60 et o,90 ni.
Pour chacun de ces profils, il a été effectué:
l'analyse mécanique ele chaque échantillon par la méthode
internationale [32, p. 271].
la mesure du pH par la méthode colorimétrique avec le rouge
de méthyle entre pH 4,5 et pH 6 et le bleu de bromothymol entre
pH et pH 7,5.
— la mesure de l'humidité par dessiccation à l'étuve à 105°
le dosage du fer libre par la méthode ele DEB modifiée [32,
P. 274].
Les résultats rapportés pour i000 de terre fine et sèche, sont
présentés dans le tableau suivant:
LA VÉGÉTATION
30
FORESTIERE
DE LA KROUMIRIE
Terre fine o/oo
Profondeur Cailloux
fer
et
de
Profil l'échantillon graviers Matière Argile Limon Sable Sable Humi- solu0,002
2 mm
fin grossier dité ble
org.
0,002
étudié
0,02
%
I
0,18
0,70
1,20
II
0,25
o,6o
III
2 ,5
5,6
8,8
598
202
Io
8
6,o
576
21 7
72
5
12
8
34
5,8
488
394
621
25
185
8o
12
IIO
8o
3, 6
6,2
6,o
6,o
25
19
120
115
125
6,2
II
19
19
112
226
II
195
240
240
6o
14
1,20
1,1
6,8
305
110
495
1,50
0
3,6
525
22 9
22 4
3
26
34
105
1 40
45
479
II
44 1
337
349
9
50
io
10
5, 8
5,8
2 95
85
468
226
21
19
5,8
350
410
150
49
29
18
1 95
422
306
50
29
22
5,6
5,5
555
100
2 77
30
38
41
5,6
o,o5-o,o8
0,25
0,70
IV
6,7
15
pH
3,8
'38
18
25
Io
4,7
0,25
o,6o
2 ,3
45
3,0
18
0 ,90
5,4
6,8
Ce tableau fait apparaître nettement:
- la richesse de l'horizon A l en humus.
- l'appauvrissement progressif avec la profondeur de la teneur
en matières organiques.
- au contraire, l'enrichissement progressif en argile et l'accroissement de l'indice du fer soluble qui dépasse 4 pour le profil II.
Les mêmes types de sol sont bien représentés en Algérie où ils
ont été étudiés par DURAND [33] et EHR'WEIN [36]. La carte des
sols d'Algérie [541 montre parfaitement leur répartition géographique : ils formes des taches étendues principalement en Grande
Kabylie, entre Azazga et Bougie, à l'Ouest de Collo, au Sud-Est de
Philippeville, au Nord-Ouest du Djebel Edough et, enfin, le long
de la frontière tunisienne, entre Du -vivier et La Calle.
Selon M. DURAND [33] la génèse de ces sols n'exige qu'une pluviosité supérieure à 500 mm, a condition que la perméabilité de la
roche-mère soit suffisante. Ils se forment ainsi sur grès de Numidie, sur gneiss et sur certaines dunes fixées. Les profils n° 4 et 226
cités par cet auteur [33, p. 122] sont tout, à fait comparables à
ceux que nous avons observés. En outre, le type qualifié de « soI
acide de pâturage subalpin », dont le profil donné en exemple
(op. cit., n° 839, p. 128) vient de la région d'Azazga à 5oo m d'altitude, est très vraisemblablement identique à celui que nous avons
étudié (profil n° 4) en Kroumirie et qui, comme nous l'avons vu,
provient de la dégradation d'un sol forestier.
5,8
5,2
LA VEGÈTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
31
CHAPITRE VIII
INFLUENCE HUMAINE
.1:inmportance de l'action de l'homme sur la végétation forestière de la Kroumirie, quoique certainement moindre que dans d'autres régions de l'Afrique du Nord, n'en est pas moins primordiale.
En effet, l'occupation de la région par l'homme., remonte à la période
préhistorique.
Sur la limite Sud de la Iïroumirie, les travaux de M. BARDrN [7] ont montré que la vallée de la Medjerda était habitée au
néolithique. Les fouilles des grottes du Kef el Agab, au Nord de
Souk el Arba, ont révélé en outre une faune dont certaines espèces
ont disparu de l'Afrique septentrionale (i).
Sur le versant maritime, des sites importants d'industrie Ibéromaurusienne trouvés pour la première fois d'ans les dunes d'Ouchtata L5I] sont disséminés depuis Tabarka jusqu'au Cap Serrat,
notamment dans les dunes des Mekna. Il est donc certain que ces
dunes qui dissimulent en fait une constitution géologique complexe [52 ] ont été habitées par des populations assez nombreuses.
Il est même possible que cette occupation Ibero-Maurusienne ne
soit pas limitée strictement au littoral, puisque l'on trouve des traces de l'industrie des micro-silex à l'intérieur du massif (2).
D'autre part, certains monuments mégalithiques (3) ne peuvent
être rapportés à aucune époque précise.
Avec l'époque historique, les vestiges d'occupation humaine se
multiplient. Des pierres tombales, sur la crête Ouest du Djebel
Rhorra, témoignent de la présence des Lybiens.
Dans les parties centrales et orientales de la Kroumirie, les chambres funéraires puniques sont nombreuses. Certaines de ces chambres, soigneusement taillées dans les grès, avec généralement une
banquette et une niche, portent encore des traces (l'ornementation à
l'ocre (4). Il est possible qu'elles soient les vestiges de groupes pu(r) Bos pi nhligeuus, .4cephalxs bubalis, l'Antilope Red/mea.
(2) par exemple à Magen Khangout près de Babouch.
(3) Dolmens au Djebel Tcgma et à Balta, au Nord de Souk el Khemis.
(4) Notamment une fresque représentant un prêtre officiant devant un
autel, près du Djebel Choucha; un vaisseau de guerre dans une chambre,
au Kel Blida, près du poste forestier du Farge; un signe de Tanit au Ragoub et Khorfat, entre Hameraia et Ain Snoussi.
32
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
niques refoulés dans les massifs montagneux au moment de la
conquête romaine. Mais c'est incontestablement la période romaine
qui a le plus profondément marqué le pays. S'il n'y a pas en Kroumirie, en dehors du site de Tabarka, des ruines urbaines proprement dites, les ruines de faible importance sont extrêmement nombreuses. Presque chaque clairière où se trouve installé actuellement
un douar possède ses vestiges romains. Cette multitude d'installations rurales montre le travail considérable de mise en valeur agricole du sol auquel se sont livrés les Romains. Il est certain que le
pays a dû connaître alors une expansion démographique et économique qui n'a de comparable que celle ayant suivi l'installation du
Protectorat français. On retrouve des pierres de moulin à huile au
centre de parcelles densément couvertes de chêne-liège et des pierres de construction taillées sous les futaies de chêne zéen. Il existait au moins deux routes importantes traversant le massif, celle d'e
Carthage à Bone qui, après Thuburnic, au Sud de Ghardimaou,
devait passer vraisemblablement au col dú Statir et celle de Chemtou à Tabarka par Ain Draham. Cette période de prospérité a dû
prendre fin avec l'invasion vandale, car l'époque Bizantine n'a laissé que des fortifications militaires (Iy Il est probable que ce sont les
invasions arabes massives du xie siècle qui achevèrent l'effondrement de ce monde rural romain et entraînèrent la reconquête du
sol par la forêt.
Quoi qu'il en soit, après d'es siècles où manque toute documentation historique locale, au moment de la création en 1883 d'un service des Forêts, le pays était occupé par des fractions de tribus peu
nombreuses, ayant abandonné le nomadisme à une époque récente,
puisque l'usage de la tente n'avait pas encore complètement disparu,
installées sur la périphérie du massif Kroumirien et dans les clairières défrichées de longue date ; l'élevage, tel qu'il continue à se
pratiquer à l'heure actuelle, était leur principale ressource.
On ne peut donc guère parler d'une exploitation véritable de la
forêt avant le protectorat Français. L'implantation ¿ti service Forestier a été particulièrement rapide en 'Kroumirie en raison de la
rentabilité immédiate des travaux [13]. Entre 1883 et 1905, la
mise en valeur des Ibo 000 hectares environ de forêt, a été marquée par l'implantation du parcellaire, des principales voies de vidange et des sentiers de surveillance, par le démasclage du chêneliège sur la totalité du massif ainsi que par la réalisation des vieux
boisements d'e chêne-liège pour le tannin et des peuplements de
chêne zéen de grosses dimensions pour la traverse de chemin de
fer. Malgré cette mise en valeur remarquable du point de vue
technique, la situation du massif forestier n'a pas été consolidée
par l'apurement du régime foncier. La délimitation de la forêt
(z) Ksar Hellel près de Chemtou, ruine de fortins près d'Ain Draham et
à Ras Rajel près de Tabarka.
LA VÉGÉTATION FORESTIIZRE DE LA KROUMIRIE
33
dont la domanialité a été affirmée a été périodiquement remise en
cause, et, en l'absence d'une assiette juridiquement fondée, il n'a pas
été possible d'arrêter les défrichements provoqués par l'expansion
démographique. De plus, une réglementation précise des droits
d'usage qui ne paraissait peut-être pas indispensable à l'origine, n'a
pas été arrêtée. Les abus de ces droits d'usage, soit le droit de
ramassage du bois mort, le droit au bois d'ceuvre et d'e service après
délivrance par les agents forestiers et surtout le droit au pâturage
pour tous les animaux domestiques, sont à l'origine de la dégradation de la forêt. En 1952, on a estimé que 68 000 bovins, 6o 000
ovins et 183 000 caprins vivaient sur le domaine forestier de la
Kroumirie 1131. Tl faut ajouter que les bergers ne se contentent
pas de conduire les troupeaux, mais n'hésitent pas à abattre massivement les aulnes, les merisiers et les jeunes perchis de chêne
zéen quand' la nourriture au sol leur parait insuffisante. La surcharge en bétail, l'insuffisance du personnel nécessaire pour la surveillance, a rendu trop souvent toute interdiction de parcours illusoire.
La Kroumirie, qui pouvait être considérée à la fin du siècle dernier comme un massif presque vierge où la panthère n'était pas rare
et oit le cerf de Barbarie était encore bien représenté, a donc, en
une cinquantaine (l'années, perdu son caractère sauvage et voit
maintenant son existence même dangereusement compromise. Les
parties périphériques sont évidemment les plus exposées. Ainsi, certaines parcelles de la forêt de Fernana, de la forêt des Chihia,
série, ont totalement cl'isparu ces dernières années. Les plus belles
parcelles du centre du massif, clans la forêt du Feidja comme dans
la forêt de l'Oued zéro par exemple, peuvent être rapidement menacées à leur tour. Car, si la superficie des terres agricoles s'accroit par le défrichement, sans d'ailleurs que cette mise en valeur
constitue une solution en raison de la très, faible productivité d'tt
sol, celle (les terres forestières. db'nç de parcours, diminuent d'antant alors que la charge en cheptel augmente sans cesse.
A l'heure actuelle certes, la physionomie du paysage végétal, là
dl existe la couverture forestière, n'a pas encore été profondément
modifiée. Mais, sur de vastes surfaces, il y a généralisation des
faciès de dégradation. Aussi, avons-nous dît retenir de préférence,
pour établir les tableaux des groupements climaciques, les relevés
effectués clans les cantons les plus soustraits à l'influence humaine.
Il n'en demeure pas moins que comme il a été fait au Maroc 1 241,
seule une étude de parcelles mises en réserve intégrale, pourrait
permettre d'évaluer l'influence humaine sur la composition floristique des groupements végétaux.
34
LA VÉGÉTATION
FORESTIERE
DE LA KROUMIRIE
CHAPITRE IX
LES ETAGES ALTITUDINAUX
Si l'ensemble de la Kroumirie appartient à la zone d'es climats
méditerranéens subhumides et humides avec un même type de régime pluviométrique, la différence d'altitude entre le niveau de la
nier et les points culminants à 1 200 In entraîne des variations climatiques très importantes.
En ce qui concerne la pluviosité, nous avons vu que la hauteur
annuelle (les précipitations varie (le 600 mm à Fernana à la limite
Sud du massif forestier clans la partie centrale, à 1 53o mm à Ain
Draham, et à probablement 2 000 mm au sommet du djebel Rhorra.
De même, l'amplitude entre les températures moyennes mensuelles augmente très sensiblement avec l'altitude. En montagne, la
saison hivernale est marquée par des températures relativement
basses (moyenne des minima quotidiens de janvier à Ain Draham :
3,9, à El Feidja : 3.5) et par quelques jours de gelée.
La différence climatique entre la zone inférieure et la zone de
montagne est accentu é e par l'augmentation (le l'humidité de l'air
qui, simultanément avec la diminution de l'ensoleillement par la
nébulosité, modifie l'intensité de l'évaporation. La transition entre
ces deux étages est marquée nettement en période hivernale par la
limite inférieure de la zone des brouillards, coïncidant avec celle
de la zone régulièrement enneigée chaque année ne serait-ce que pour
une courte durée. Ainsi, le long de la coupe Nord-Sud' de la Krouniirie centrale, entre Tabarka et Souk el Arba, la transition est
extrêmement nette, d'une part au col de Babouch, entre Tabarka et
Ain Draham (altitude : 419 ni) et au-dessus de Ain \ilakesbia (altitude : 500 ni) entre Ain Draham et Fernana.
Il est donc possible de distinguer les étages altitudinaux suivants:
— Un étage inférieur jusqu'à 40o ni d'altitude, sur le versant
maritime, et 5oo ni d'altitude environ sur le versant intérieur.
— Au-dessus d'e ces altitudes, un étage des basses montagnes,
plus pluvieux et plus froid.
— Enfin, sur les plus hauts sommets, au-dessus de 1 000 m, un
étage montagnard, représenté en fait surtout par le sommet du djebel Rhorra.
LA VEGETATION EORESTILRE DE LA IiROUMIRIE
35
JEUXILVIE PARTIE
La végétation forestière et son évolution
I.
- La végétation forestière
CHAPITRE X
L'ÉTAGE INFÉRIEUR
L'étage inférieur que l'on peut caractériser floristiquement par
la présence d'espèces particulièrement thermophiles, telles que Pitacia lentiscus, Chamaerops huniilis, Teueriuuu fruticans, Qutiercus
coccifera, se développe sur la bordure Nord du massif jusqu'à une
altitude de 400 111 environ et, sur la bordure intérieure, au Sud,
jusqu'à une altitude légèrement supérieure, de 500 ni environ. Ces
limites altitudinales sont celles atteintes par Pistacia lentiscus sur
le flysch numidien. Il faut préciser que cette espèce monte sensiblenient plus haut. jusqu'à 700-800 m, stir les terrains calcaires comme
ceux (lu Bessouagui. Stir le versant maritime, Chamaerops hutnilis
et Teucrium fruticans ne dépassent pas l'altitude de 200 ni.
Deux types de forets se rencontrent dans cet étage. Le premier
est la forêt de chêne kermès particulièrement bien représentée clans
les dunes de Tabarka et de Mekna. Le second est la forêt de chêneliège à lentisque.
La répartition des deux essences forestières principales, chêne
kermès et chêne-liège est d'ailleurs caractéristique : sur le versant
maritime, entre Tabarka et La Calle, dans la partie occidentale
de la Kroumirie où le massif s'élève rapidement, le chêne kermès ne
se trouve que sur une étroite bande littorale. A l'Est de Tabarka,
il prend au contraire une place essentielle dans le boisement des
dunes. Enfin, dans la partie orientale, dans la région des Nefzas
et des Mogods, chêne kermès et chêne-liège existent souvent en
mélange, niais le chêne kermès est de plus en plus dominant au
fur et à mesure que l'on se dirige vers l'Est.
36
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
D'une façon générale, l'étage inférieur, tel que nous l'avons
défini, enveloppe le centre du massif de Krounmirie, avec une bordure littorale au Nord et une bordure intérieure le long de la vallée de la Medjerda au Sud, ces deux bandes se rejoignant vers
l'Est à la limite du flysch numidien.
C'est dans cet étage que la mise en valeur du sol par l'agriculture
s'est le plus développée. On y trouve en effet le relief le moins
accidenté et le climat le plus favorable à la culture (le l'olivier. Toutefois, les formations forestières y sont encore suffisamment représentées pour y être étudiées.
Le tableau I contient 16 relevés, les II premiers relatifs à la
forêt de chêne-liège, les 5 derniers à la forêt de chêne kermès. Ces
relevés ont été effectués dans les localités suivantes :
N° i. — Forêt de Fernana, à 5o in de la piste forestière conduisant de Fernana an poste forestier d'Ain Beia, 2,5 km environ avant ce poste,
N° 2.
— Forêt de chêne-liège 'à 30o m environ du poste forestier de Khanget
Aoun (Algérie) sur la route de La Calle à Roum el Souk.
N° 3. — A so in environ de la route d'Ain Draham à Tabarka, à 2 km environ au Sud du pont dit « (le la correspondance ».
N° 4 — Forêt de chêne-liège près de La Calle (Algérie) à 2 km environ de
cette agglomération sur la route de La Calle à Tabarka.
N° 5. — Dune de Mekna au lieu dit Round el Trouk, au Nord-Est du poste
forestier de Saouania.
N° 6. — Forêt de chêne-liège sur la piste forestière d'Ain Draham à Djebel
Adissa, à 5oo m environ du poste forestier de Djebel Adissa.
N° ¡. — Brousse à Oleo-lentisque avec pieds isolés de chêne-liège au Djebel
Dinar à 200 m du pont sur l'Oued Barbara (piste forestière d'Ain
Draham à Ain Serouia).
N° S. — Forêt de chêne-liège près de l'Oued Berka, à 3oo ni en amont du
confluent avec l'Oued Madene, au Nord de Ghardimaou (Ce boisement
n'est pas sur flysch numidien mais sur Trias).
N° o. — Boisement mélangé de chêne-liège et de chêne kermès, au Kef hin
Dieblin à 4 km à l'Est de Tabarka.
N° ro. — Foret de chêne-liège et (le chêne kermès à proximité de la piste
conduisant de Ras Rajcl (sur la route de Tabarka à Djebel Abiod)
au poste forestier d'Ain Kass.
N° i 1. — Maquis littoral, à ;o ni du rivage, sur sol très rocheux, sur le
versant Est (lu promontoire, à l'Est dit cap Serrat, au Nord de Sedjenane.
N ° T2. — Forêt de chene kermès dans les dunes de Tabarka, au Nord de
Sidi Bader.
N° 13. — Brousse compacte de chêne kermès dans les dunes de Tabarka, à
400 m environ du rivage.
N° 14. — Forêt de chêne kermès, à proximité de la route conduisant d'Air
Seba (route de Tabarka à Djebel Abiod) au poste forestier de Saou-
nia.
N° rs. — Forêt de chêne kermès dans les dunes de Mekna, entre le poste
forestier de Saouania et le rivage.
N ° r6. — Brousse à chêne kermès sur la route de Djebel Abiod à Bizerte,
après l'embranchement de la piste forestière conduisant au poste forestier du Djebel Choucha.
LA VÉGÉTATION FORESTI1'RE DE LA KROUMIRIE
I.
37
LA FORT:T DE CITÇNE KERMÈS
C'est dans les dunes que l'on trouve les meilleurs exemples de
ce type de boisement. Il s'installe quelquefois solidement à la limite
de la plage littorale, où il forme d"abord une brousse extrêmement
compacte, de 1,5o m de hauteur, nivelée par les vents encore chargés
d'embruns qui rabattent la végétation non abritée par le bourrelet
en arrière de la côte.
Le relevé suivant par exemple a été fait dans une telle brousse, à
8o m? de la mer et 15 ni d'altitude environ, dans les dunes à l'Est de
Tabarka.
StratelI
Recouvrement
Ioo % -
hauteur I,5o
Qucrcus coccifera ....
Strate III
m.
5.5
Recouvrement 25 % - hauteur moyenne o,i5 m.
Asparagus acutifolius
RuSeus lavpophyllum
Sua.ilax aspera
Phi.11vrea inedia
Rubia peregrina
Arisarutu vulgarc
Geranium PUY puren lit
Cardamine hirsuta
Prasiuiu muajus
2.2
Arum italicuua
Pistacia lentiSCHS
2.2
Alliu711 subhirsututn
i.i
Euphorbia sp. cf. pterococca
Stellaria inedia
Lychnis 9uacrocarpa
Fumaria capreolata
Galivin aparine
2.2
I.1
1.1
1.I
+
2.2
-1-{-
2.2
+
4
I.1
+
+
Sous cette brousse, la couverture morte est abondante, l'horizon
organique du sol est épais et le cortège floristique montre que
l'ambiance de la forêt est parfaitement créée à cette faible distance
du littoral.
Le peuplement devient évidemment beaucoup plus vigoureux
clans des conditions moins rudes pour constituer une forêt á strate
arborescente bien distincte, avec des arbres de 6 à 8 ni de haut et
une flore herbacée assez abondante.
Sur le flysch numidien proprement dit, le groupement est toujours plus dégradé tout au moins clans la Kroumirie centrale.
La structure d'e cette forêt de chêne kermès est particulièrement
intéressante. Le Kermès constitue à pets près exclusivement la strate
frutescente ou arborescente et, par la densité de son couvert, interdit
le développement de tout autre arbuste. Les relevés cités mettent
parfaitement ce caractère en évidence. Quand la strate du Kermès
est discontinue, c'est le lentisque ou l'olivier qui entrent dans la
strate dominante. Par contre, sous le couvert du chêne kermès,
prospèrent les espèces que l'on peut appeler lianes méditerranéennes, soit Rubia peregrina, Smilax aspera, Asparagus acutifolius et
Ruscus hypophyllum, qui trouvent là des conditions de chaleur et
TABLEAU
I
ETAGE INFERIEUR
FORET DE CHENE-LIEGE A LENTISQUE ET FORET DE CHENE KERNES
Forêt de Chêne-liège á Lentisque
Numéros des relevés
Altitude (en m)
Exposition
Inclinaison (en do)
Age de la strate I
Hauteur de le strate
Recouvrement en %
strate
strate
strate
Superficie du relevé
1
320
N.E
5
80 a
I
6.7m
I
II
III
70
5.
90
100
2
150
0
pp
100
8.10
60
100
5.10
100
3
250
E
15
100
4
70
5
150
0
0
50 50.70
Forêt de Chêne Kermes
6
7
8
9 10 11
370 150 350 40 100 30
N.W S.W W N.W E E
2
5
45 5 20 45
80 40.60 60.80 40.60 2).60
12
50
13
40
14
80
15
50
16
200
N.E
0
507
5
50?
10
10
6.8
5
4
6.8
4
3.4
2.3
4
2
20
90
30
100
70
30
30
100
50
50
20
100
50
50
30
100
20
80
10
100
30
80
50
100
30
80
10
100
5
50
10
100
10
60
5
100
100
10
30
100
100
1.2
1.2 4.3
2.3
3.3
2 .3
1.1
2.2
1.1
1.1
3.2
1.1
_)
5)
100
2
0
0
1^8
100
6
5
6.8
70
10
100
80)
30)
30
100
60
10
100
Espèces thermophiles de l'étage inférieur
+
Pistacia lentiscus
Oleo oleaster
Chamaerops humilis
Teucrium fruticans
Prasium majus
Caractéristiques
Quercus Buber
de la
Quercus coccifera
1.2 2.2 1.2
1.1
1.2
1.1
+
+
3.3
2,2
classe Quercetea Illicis Br. 81. 1947 et de l'ordre Quercetalia I11ici
4.5 4.5 3.2 4.4 3.4 3.4 1.1 3.3 3.3 1.2 1.1
3 .3 2 .2 2 .2 5.5 5.5
Rubia peregrina
Smilax espera
Daphne gnidium
Clematis flammula
Rhamnus alaternus
+
2.2 +
1.1
+
+
1.2
2.2
1.1 +
1.1 +
1.1
1.1
1.1
1.1
1.2
Espèces compagnes.
Calicotome villosa
Myrtes communia
Carex glauca
Biscutella lyrata
Ranunculus flabellatue
Briza maxima
Ruscus hypophyllum
Eryngium Bovei
Geranium purpureum
Thrincia tuberosa
Galium tunetanum
I4elica minuta
Cistus monspeliensis
Kundmannia sicula
Crataegus monogyny
Cynosurus elogans
Sherardia arvensis
Cerastium glumeratum
Vicia sativa
Simcthi.c planifolia
Gsnista ulicina
Ampeiclasna mauritanica
Eryrchreao cantaurimn
redis corcuccpiao
Aria
vul _ne
Torilis ^cdosa
Nycseris radiata
Fst_.rs th nifcli+
Cvclaran africanum
'.ell;r_s rodin
ulcresarlaa
Ver'.n:. _.
Euhosìla cuneifolia
+
a
+
4.3
+
1.2
+
1.1
1.2
1.1
1.2
+
1.1
1.2
+.2
+
2.2
1.1
1.2
1.2
1.1
1.1
2.2
1.1
1.1
1.1
1.1
+
1.2
+
1.1
+
+
1.2
1.1
1.1
1.1
+
+
+
1.1
1.1
1.1 1.1
1.1
1.1
1.2
+
+1
1.1
+
1.2
+
1.2
+
+
+
+
+
+
+
+
+
1.1
2.2
+
+
e
+
+
2.2
+
1.2 1.1
1.2
1.1
1.2 +1 1.1
1.2
+
1.2
1.1
+
1.1 1.2
+
+
+
+
+
1.2
1.2
1.1
+
1.2 +
3.3 1.2
o
+
1.2
+
1.2 2.2 2.2 1.2 1.2 1.2
a
+ 2.2
+
+
+
+
+
+
+
+
1.1
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
4.5 3.4
2.1
1.1
1.1
Caractéristiques de l'alliance Quercion Illicis Br. 81. 1936.
+
+
+
Asparagus acutifolius
1. 1
+
Arbutus unedo
+ 1.1 1.2 2.2
Caractéristiques de l'association Querestum gallo-provinciale Br. 81. 1915 1936.
Phillyrea media
1.1
1.2 1.2 3.2 3.3 1.1 1.2 2.2
Carex distachya
+ 2.2 1.1 +
Lonicera implexa
+
1.1
Viburnum tinus
+
Espèces acidophiles
Cistus salviaefolius
Erica arborea
Pulicaria odors
Lavandul.a etoeohas
Br. Bl. 1931.
4.5
+
1.1
1.1
LA VEGÍTATION FORESTIi:RE DE LA KROUMIRIE
39
d'humidité très favorables. Ti faut noter qu'en dehors de cette forêt
de chêne kermès, Ruscus h.ypopliylluuii semble se localiser de préférence dans les stations humides et ombragées comme des ravins
ou des rochers. Il faut donc croire que la couverture du chêne kermès lui assure des conditions écologiques semblables.
On trouve en outre clans la strate herbacée les espèces des sols
forestiers très humifères comme Arisarunti vulgare, Cardamine hicsu.ta, Stellaria media, Geranium purpureum.
Ce type de forêt se caractérise donc:
i° Par une forte dominance de Quercus coccifera qui maintient
dans un rôle subordonné toutes les autres espèces ligneuses.
2 0 Par la pauvreté du cortège floristique, le nombre moven d'espèces trouvées par relevé est de tg alors qu'il est de 3o dans la
forêt de chêne-liège à lentisque.
3° Par la faible importance des autres espèces caractéristiques
de l'étage inférieur : Pistacia lentiscos, Olca. oleaster, Prasiuun nia-
Espèces présentes clans les relevés, non portées au tableau ci-dessus, suivies du nurnro des relevés où elles se trouvent : Andrvala sinuata (s, 3) ;
Cardamina hirsuta (t, r2); Hypericum australe (3, 9) ; Galium aparine. (13,
14) ; Euphorbia pterococca (r, Io) : Sanguisorba minor Cr, r6) ; Chlora perfoliata (3, 9) ; Polygala niceensis (6, ro) ; Rosa sp. cf . sempervirens (2) ;
Helianthemura guttatum (3, 7) ; Romulaea bulbocodium (3, 6) ; Vulpia sciuroïdes (3, 7) ; Allium roseum (3, 18) ; Dactylis glomerata (6, 7) ; Galium parisiense (6, 7) ; Genista aspalathoides (rr , 13) ; Lathyrus sphaericus (12, 13) ;
Arum italicum (1- 4, te) ; Trifolium campestre (8, 1 5) ; Brachypodium silvaticum (4, 6) ; Clematis cirrhosa (s, 4) : Rubus fruticosus (2, 4) ; Stachys arvensis (5, r5) ; Aira tenorii (3, ro) ; Anthoxanthum odoratum (3, 4) ; Trifolium
angustifolium (5, 6) ; Ornithopus compressus (5, IS) ; Vicia disperma (5, i5) ;
Senecio leucanthemifolius (5, ta) : Moehringia pentandra (4, r4) ; Linum
ileum (3, (3, 7) ; Cynocrambe prostata (rr , 14) ; Anagallis coerulea (I, Io) ; Taurus commuais (2, 16) ; Linum corymbiferunr (8, e) ; Rumex bucephalophorus (I, 5) ; Bromus madritensis (t 5) ; Scleropoa rigida (8) ; Brachypodium
distachion (8) ; Cytisus tri Bonis (52) ; Teucrium scorodonia (6) ; Carex olbiensis (3) ; Hedera helix (2) ; Campanula rapunculus Os) : Myosotis hispada (r) ; Veronica arvensis (r) ; Geranium lucidlml (14) ; Bellis silvestris (r2) ;
Brutium mauritanicum (6) : Festuca ccerulescens (r) ; Scilla undulata (m);
Moenchia erecta (I) ; Geranium pyrenaicum (r) ; Selaginella denticulata (3)
Aira ca.rvophyllea (3) ; Centaurea tagana (6) ; Trifolium arvense (r5) ; Te:
tragonolobus biflorus (6) : Scorpiurus subvillosus (6) ; Lotus sp. cf. corniculatus (15) ; Gaudinia fragilis (6) ; Vulpia ciliata (I5) ; Lagurus ovatus (I5) ;
Tolpis barbata (15) ; Jasminum fruticans (7) ; Erythraea maritima (7) ; Anarrhinum bellidofolium (7) : Gladiolus bizantinus (r r) ; Senecio delphinifolios
(8) ; Ambrosinia Bassii (r4) ; Centranthus calcitrapa (r5) ; Convolvulus tricolor (8) ; Stachys hirta (8) ; Helianthemura tuberaria (r6) ; Vitis vinifera
(16) ; Ranu nculus macrophyllus (4) ; Ficaria calthaefolia (4) ; Pteridiurn aquilinutn (4) ; Agrimonia eupatoria (4) ; Vicia tetrasperma (4) ; Luzula Forsteri (4) ; Carex divulsa (4) ; Specularia falcata (4) ; Juniperus oxycedrus (5) ;
Crepis bulbosa (5) ; Ornithogallum umbellatum (5) ; Lamium purpureum (5) ;
Juncos conglomeratus (5) ; Astragalus sp. (;) : Juniperus phcenica (r2) ; Hyoochaeris Aetnensis (8).
40
LA VEGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KR0UMIRIE
jus et par l'absence, quand le boisement de chêne kermès est complet, de Chamaerops humilis et de Teucrium fruticans.
4° Par une bonne représentation (les espèces considérées comme
caractéristiques des Quercetalia ilicis : Rubia peregrina, Smilax aspera, Asparagus acuti f olies et, à un moindre degré, Phillyrea media,
Lonicera implexe, Carex distachya.
Ce groupement à Quercus coccifera apparaît comme très différent des associations à Quercus coccifera déjà décrites dans la
région méditerranéenne. En effet, le cocciferetum Br. Bl. 1924 du
Languedoc et (le la Provence [1 . 91 avec ses diverses sous-associations, constitue une étape de dégradation du Quercetum gallo provinciale. Le chêne kermès (le la garrigue atteint au plus une hauteur de 1,5o ni. Sa composition floristique est relativement riche
et très nettementd'ifférente de celle (le la forêt de chêne kermès de
Tunisie. Le seul ensemble d'espèces communes est constitué par
les caractéristiques (le la classe Quercetea ilicis et de l'ordre de
Quercetalia ilicis, soit Rubia peregrina, Smilax aspera, Rhamnus
alaternus, Phillyrea media, Daphne gnidium, Pistacia lentiscus, Clematis flammula. Parmi les 48 autres espèces citées comme caractéristiques de l'association, différentielles de sous-associations ou compagnes de haute fréquence, II seulement appartiennent à la flore
(le la Kroumirie.
Les mêmes observations peuvent être faites pour le Melico-cocciferetum du Portugal [22], brousse de dégradation de la forêt de
Quercus faginea.
Par contre, des groupements forestiers à chêne kermès tout à
fait voisins de ceux de Tunisie semblent exister en Sardaigne méridionale.
Ainsi, parmi ceux étudiés par MARTINOLI L731, celui de Planu
de su Zippiri, sur terrain granitique, est très semblable à la brousse à Kermès; dégradée et entr'ouverte de Kroumirie. Les relevés
floristiques en sont presque identiques, à peu d'espèces près (Euphorbia characias, Genista corsica, Asphodelus ramosus). Celui de
Porto Pino, sur dunes littorales, avec abondance de Halimium halimi f olium est homologue de ceux de la Tunisie septentrionale.
SCIIOENENBERGER (I) a en effet décrit pour le Cap Bon une association à Quercus coccifera et Halimium halimifolium. Ce groupement est également représenté par exemple dans les dunes de Tabarka.
Le relevé suivant a été ainsi effectué dans les dunes de Tabarka,
au Nord-Ouest du Djebel Sidi Bader, à 5 km à l'Est de Tabarka, à 70 ni d'altitude environ.
(I) Rapport non publié du Service de la Carte des Groupements végétaux,
Institut de Botanique. Montpellier.
LA VEGETATION FORESTILRE DE LA KROUMIRIE
41
Strate II - 6o %.
Ouercus coccif era
Ph illyrea media
Halimiurn hatimifolium
Lavandula stoechas
Daphne gnidium
Cistus .salviae f olius
Erica arborea
Chamaerops humilis
Calycotome villosa
-{I.I
I.I
}
--
Strate I
Coronilla scorpio ïde,s .
Silene gallica
Allinni sp. cf . roseum
Scaccio leucanthernifoliuin.
Brai maxima
Lagurus ovatus
Rumex bucephalophorus
Biscutella lyrata
Corynephoras articulatus
Helianthcmum guttatum . I.I
Paronychia cchinata
LI
Buplevrum sp. cf . rigiduin. 1.1
Filago gallica
I.I
Ornithopus coinpressus
Vulpin sciuroides
Erythraea maritima
-^
4nthoiantum odoratuin
+
Eryngi-um. triscupitadnm
{-
+
+
La composition floristique (lu relevé montre qu'il s'agit en fait
d'un groupement de dégradation de la foret de chêne kermès, différent du groupement forestier complet. Entre les touffes de chêne kermès, témoins au boisement initial, s'installe un groupement
que nous mentionnerons par la suite (voir chapitre XVI), et qui
se rattache à l'Helian.thcmetalia gettati. La végétation est donc
composée de taches de dimensions variables, faite d'une juxtaposition pouvant prendre l'aspect d'un groupement homogène.
La forêt de Chêne kermès a été parfaitement conservée dans
certaines parcelles où elle est tout à fait impénétrable. Elle peut
être considérée comme. le boisement forestier le mieux adapté à
ces stations à basse altitude sur sol de dune. Sou intérêt économique est sans doute réduit puisque l'on peut tout au plus envisager d'y faire d'es coupes très prudentes (le bois (le chauffage. Mais
cause de sa stabilité, c'est le meilleur boisement de protection à
qu'il faut conserver, restaurer ou installer sur les dunes. Il ne
semble pas que l'on puisse envisager une réinstallation directe. Dans
les travaux de fixation entrepris avec une couverture complète du
sable par des branchages de kerm è s, les glands introduits ainsi
germent d'une façon satisfaisante, mais le jeune plant ne résiste
pas à la chaleur torride de l'été. Il faudrait donc passer par un
boisement transitoire pour recréer une ambiance forestière. Or, le
reboisement des d'unes dans la région de Tabarka, poursuivi jusqu'à présent avec le pin maritime, divers eucalyptus et acacias, est
extrêmement difficile à réussir. La protection du sol par une abon-
42
LA VÈGITATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
dante couverture de branchages, s'ajoutant au cloisonnement classique, est une condition essentielle du succès de la reprise. Peut-être
faudrait-il imiter la nature et passer par un stade à genevriers. En
effet, dans les dunes de Tabarka et des Mekna, quand le boisement
de chêne kermès est disjoint, on trouve des bouquets de Genévrier,
aussi bien sur la frange littorale qu'à l'intérieur, qui représentent peut-être les éléments d'un groupement de fixation précurseur. Le relevé suivant a par exemple •été effectué dans les dunes
des Mekna, entre la Maison forestière de Saouania et la mer,
70 ni d'altitude, au lieu dit Roumlet el Jebbara.
Strate III - Recouvrement: 7o Vo.
Juniperus o_r)'ccdrus
Juniperus phocnica
Retapa Bovei
2.2
3.2
Strate II - Recouvrement : o
Orlaya inaritima
Sc abio sa rutae f olia
Paronychia argentea
Centaurea sphaerocephala
Silene nicaeensis
Lychnis colorata
Polycarpon tetraphylluin .
Senecio leucanthemi f oliuiu .
Crepis bulbosa
ainsi que Cerastium, glonleratum (+), ILIedicago cf. murex
Linaria sp., Galium aparine.
Entre ce boisement et la dune mobile proche, nous avons noté
parmi les premières espèces installées dans le sable:
Retaba Rovei
Lychnis nicaeensis
Daucus gruinìnifer
Scabiosa ruta efolia
Cyperus schoenoicics
I1 faut ajouter que cette stabilisation_ de la dune est extrêmement
fragile tant qu'elle n'est pas complète. Chaque trouée d'ans la couverture végétale peut être le départ d'une dune mobile qui, une
fois en mouvement, peut recouvrir les boisements voisins de plusieurs mètres de hauteur, les ensevelir pendant des années puis les
découvrir à nouveau en continuant sa progression, niais en ne laissant alors que quelques squelettes d'arbres.
L'utilisation systématique des genevriers indigènes ou l'introduction de C1lpressus macrocarpa pourrait donc présenter un certain intérêt, pour la constitution d'un boisement transitoire.
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
43
II. - LA FORÊT DE CHÊNE-LIEGE A LENTISQUE
La forêt de chêne-liège est de beaucoup la formation la plus
importante en Kroumirie, aussi bien d'ans l'étage inférieur que
dans l'étage des basses montagnes, nuis suivant l'altitude, le chêneliège appartient à deux groupements de compositions floristiques
différents
Dans la forêt de chêne-liège à basse altitude, la strate la plus
élevée, pouvant atteindre 8 à Io ni de haut, est généralement assez
claire, constituée uniquement de chênes-lièges, dominant un sousbois abondant et dense qui ne permet qu'un développement irrégulier de la strate herbacée.
Dans la composition du sous-buis entrent principalement Pistacia
lenitiscus, Olea oleaster, I'hillerea media, 1l7yracs commuais, Erica
arborea, et plus accessoirement Calycoto]te villosa, RhaHanus alaternus, Crataeyus mOnogyna. Avec ces arbustes se développent les
lianes comme Smilax aspera, Loìai.cc'ra itnpl(Xa, Clematis flammula,
I'rasium Htajus, Rubia percyrina, Rttbus sp. Sur le versant maritime, aux espèces déjà citées, s'ajoutent Chamaerops hatiiìi.lis et
Teicriiit fruticans.
In raison de la structure de ce boisement, il serait donc préférable de parler d'une brousse surmontée d'une strate arborescente
plutôt que d'une forêt. Le chêne-liège n'y apparaît pas en effet
comme un élément essentiel du groupement, car la brousse constituant le sous-bois existe avec la même composition floristique en
l'absence du chêne-liège.
*
**
'Un groupe d'espèces constitue l' élétneut consta n t de la composition floristique de la forêt de chêne-liège. Il s'agit d'espèces euméditerranéennes soit du type arbres ou arbustes à feuilles persistantes (Quereus suber, l'hillyrea. media, •Irbutus u nedo, Rhaninus
xIaterHuS, Y 7ibucrutuuu tinos), soit du type lianes (Smilax aspera,
Rubis peregrina, Clematis flan-mula, LoHicera imple_xa) que BIAUNILANOUET considère comme caractéristiques d'unités phytosociologiques de rangs divers: association, alliance, ordre à l'intérieur de
la classe Quercetea ilicis. Ces espèces ont été ainsi mises en évidence dans les différents tableaux selon les valeurs de caractéristiques qui leur ont été attribuées. Si cette notion de caractéristiques est discutable, l'examen des tableaux I, II, III, montre que ces
espèces du Quercetea ilicis ont une affinité certaine et qu'elles se
comportent en Kroumirie comme un groupe homogène, toujours
bien représenté clans la forêt de chêne-liège, quelle que soit l'altitude, nettement moins important dans la forêt de chêne zéen et
disparaissant presque totalement de la forêt de l'étage montagnard.
44
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
Mais. dans la composition floristique de la forêt de chêne-liège
de l'étage inférieur entrent en outre des espèces thermophiles qui
sont propres à cet étage. Ce sont Pistacia lentiscus, Olea oleaster,
Chamaerops huinilis, Prasiuna anajus: Nous en avons mis en évidence dans le tableau I.
Ces espèces sont d'ailleurs des caractéristiques, soit de l'Oleo ceratonion (BRAUN-BLANQUET, 1946) (Olea oleaster et Prasivan majos),
soit de l'Oleo-lentiscetum provincialis (Br. Bl. et Mol., 1951) (Pistacia lentiscus), soit du Ceratonietum (R. et R. MoLINIER, 1954)
(Teucriutrs fruticans et Chamaerops huiaiilis). Il faut ajouter que
Ceratonia siliqua, autre caractéristique de l'Oleo-ceratonion, est rare
sur les terrains du flysch numidien; on le rencontre par contre en
abondance sur les terrains marno-calcaires, clans la région d'Ain
Seba, par exemple, entre Tabarka et Djebel Abiod et sur les collines
calcaires des environs de Djebel Abiod. Cette répartition correspondrait donc au tempérament plus xérique de cette espèce. Il faut
ajouter que les caractéristiques locales de cet étage inférieur n'ont
pas toutes les mêmes exigences écologiques. Comme nous l'avons
dit, Chamaerops huntilis et Teucriuin fruticans et sans doute Praslin'', majus, n'atteignent au plus que l'altitude de 200 m sur le
versant maritime, tandis que Pistacia lentiscus et Olea oleaster se
trouvent jusqu'à 400 et 50o m d'altitude.
En outre, nous n'avons pas cru pouvoir retenir comme caractéristique locale de l'étage inférieur 1Tyrtus coínmunis, quoique
cette espèce soit considérée [77 - 801 comme caractéristique de
l'Oleo-lentiscetum. En effet, en hrounmirie. on trouve cette espèce
en abondance jusqu'à 75o um d'altitude, donc largement dans l'étage des basses montagnes (voir tableaux II et III).
Il semble donc que, d'après leur comportement local, l'on peut
classer les différentes espèces citées, suivant leurs exigences décroissantes en chaleur, dans l'ordre suivant : Ceratonia siliqua, Chamaerops heutiilis, Teucrizent. frguticans, Prasiunt ma jus, Olea oleaster, Pistacia lentiscus et 11fvrtns cotttt-ttt rnis.
En plus de la présence de ce groupe d'espèces thermophiles, la
forêt de chêne-liège de l'étage inférieur, que nous appellerons maintenant forêt de chêne-liège à lentisque, se distingue de la forêt de
l'étage des basses montagnes par l'absence ou tout au moins la
rareté d'espèces pour la plupart herbacées qui semblent liées au sol
forestier humifère. Ce sont : Galiutn ellpticumn, Cytises triflorus.
Teucriunt. scorodonia, Melica minuta, Prunelle 'z ulgaris, Luzula
Forsteri, Prachypodinmo silcjaticunt, A.cpeyu-la levigata. Ces espèces
sont au contraire abondantes dans l'étage des basses montagnes.
Cette répartition schématique d'espèces ou de groupe d'espèces
suivant des étages altitudinaux, ne traduit évidemment que la corrélation entre la présence ou tout au moins le développement optimum des espèces et certaines conditions écologiques qui ne sont
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
45
habituellement ré a lisées qu'à des altitudes différentes. Toutefois,
certaines stations de basse altitude, en raison de particularités locales, peuvent présenter des conditions écologiques plus complexes
qui permettent la coexistence de plantes à comportements biologiques apparemment très différents. C'est ainsi que dans le relevé
no 4 du tableau I effectué à 70 111 d'altitude près de la nier, mais
dans une légère dépression avec un sol humide et particulièrement
riche en humus apparaissent, à côté des espèces thermophiles comme Chamaerops huinilis et Pistacia leratiscus, des espèces que nous
avons citées précédemment comme espèces forestières de basses
montagnes, telles que Bracltypodiuttt silvati.csts. Luzula Forsteri,
et même des espèces que nous retiendrons comme caractéristiques
de la forêt de chêne zéen, telles Ficaria caltaefolia, Agrimonia
eupatoria, Specularia falcata, llloelaringia petttandra, Cyclamen
africanuua, espèces qui se développent ordinairement dans un sol
fortement humifère qui se trouve précisément réalisé sous la futaie
d'e Quercus 1Mirbecki.
En conclusion, la composition floristique de la forêt de chêneliège à lentisque que nous venons de décrire peut être rattachée à
l'étage de l'Oleo ceratonion, diversement représenté sur tout le
pourtour de la Méditerranée occidentale : étroitement limité sur la
côte française entre le Rhône et la frontière italienne, dans les îles
d'Hyères et en Corse [77], plus étendu en Italie occidentale, en
Sicile [8o] , en Sardaigne [79] et en Espagne rio]. Il faut noter
qu'en Kroumirie, cet étage est nettement plus étroit que dans d'autres régions de l'Afrique du Nord par exemple au Maroc où, clans
le Moyen Atlas, il est représenté à des altitudes dépassant I o0o m
[18].
C'est également à c: groupement qu'il faut rattacher les quelques
boisements de chêne-liège qui existent en Tunisie en dehors de la
Kroumirie. En effet, dans la dorsale tunisienne, le chêne-liège se
trouve par taches de dimensions généralement modestes, sur des grès
soit du flysch numidien, soit du Burd'igalien.
La station la plus méridionale est certainement celle signalée
pour la première fois par MoNtIi1touRT, au Djebel Serdj, au Sud
de Siliana [82] où se trouve sur des éboulis de grès un peuplement de quelques centaines de pieds de chêne-liège au milieu d'un
massif de chêne vert. Dans la partie Nord de la dorsale, les stations connues d'e chêne-liège sont, d'Ouest en Est (r) :
— au Djebel Rhazouane, au Nord de Bordj Messaoudi (route
du Kef à Tehoursouk) à 65o ni d'altitude lieudit Koudiat el Fernane et Ch.abet Fernana).
— au Djebel Bou IKroubaza, près de Fedj el Adoum, à 15 km
au Sud-Ouest de Teboursouk, à zoo m d'altitude.
(r) Ces stations m'ont été aimablement indiquées par mes camarades du
Service forestier tunisien.
46
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROÚMIRIE
— au Djebel Cheid, au Sud-Est de Teboursouk, entre Teboursouk et Sidi Ayed.
— au Djebel Rihan, au Nord de Bou Arada.
— au Djebel Zid, près de Ste-Marie du Zid.
— au Djebel Choucha, au Sud-Ouest de Grombalia.
et enfin, dans le Djebel Abderraman, dans la partie centrale du
Cap Bon.
Les quatre relevés suivants ont été effectués :
I) au Djebel Zid, près du Col sur la route de Ste-Marie du
Zid, exposition Nord, pente 30°. Sur la même route, mais à moindre altitude, près du pont de l'Oued Boul, se trouvent quelques
pieds de Quercus suber accompagnés de Chamaerops humilis.
2) Au Djebel Cheid, à 650 m d'altitude environ, sur un plateau,
sur grès, au milieu de terres de culture.
3) Au Djebel Bou Kroubaza, à Fedj el Adoum, à l'exposition
Sud, pente 30°.
4) Au Djebel Rhazouane, exposition Nord', pente 20°.
Quercus suber
Quercus ilex
Quercus coccifera
Callitrix articulata
Olea oleaster
Pistada leiitiscus
Phillyrea media
Lonicera implexa
Daphne gnidium
Arbutus unedo
Erica arborea
Erica multi f lora
Lavandula stoechas
Ciste s salviaefolius
Cistes monsp eliensi.S
Crataegus sp.
Cistes polymorphus
Rosinarinus o f f icinalis
Calycotome sp. spinosa
Globularia alypum
Ainpelodesina rnaritanica
Andropogon distachyus
Fumana .sp
Ari sarum vulgare
Pulicaria adora
I
2
3
4
1.1
I.I
I.I
I.I
I.I
+
I.I
1.2
1.1
1.2
I.2
I.2
I.i
I. I
I. I
I.I
I.2
I.2
I.2
I.2
I.I
+
I.2
I.I
I.I
2.2
I.I
2.2
1.1
+
1.1
i. I
+
I.2
2.2
I.2
I.I
+
1.1
i.I
I.2
2.2
+
+
+
+
+
+
+
+
+
2.2
3.2
3.2
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
47
Il s'agit évidemment de boisements très dégradés, mais dont la
composition floristique est semblable à celle de la forêt de chêneliège à lentisque, avec toutefois des éléments d'e climat plus aride
comme Callistris articolata. En outre, la présence d'espèces comme
Rosmarinits o f f icinalis, Globularia alypum, Erica in niti f lora, indique un groupement de dégradation appartenant au Rosmarino Ericion, qui ne se trouvent en Kroumirie que sur les marnes du trias
(voir chapitre X,VI) où des conditions plus xériques sont réalisées.
Il y aurait donc là en quelque sorte compensation entre des facteurs climatiques et des facteurs édaphiques.
**
Le chêne-liège, dans l'étage inférieur, fait donc partie d'un groupement végétal dont il n'est pas un élément biologiquement essentiel. Or, il en est pourtant actuellement l'essence de beaucoup la
plus intéressante au point de vue .économique. Alors que le lentisque, le filaria ne peuvent donner que du bois de chauffage ou
de carbonisation, le chêne-liège donne dans cet étage les plus forts
accroissements en liège, sinon la meilleure qualité de ce produit. Il
importe donc de le favoriser en luttant contre la concurrence constante des essences secondaires particulièrement vigoureuses. Sa régénération notamment ne peut être envisagée que par le dégagement des pieds apparaissant clans le sous-bois, donc suivant une
méthode nettement úifférente de celle qui peut être appliquée à la
forêt de chêne-liège (les basses montagnes, clans laquelle le chêneliège est un élément constitutif.
48
LA VEGÉTATION FORESTII?RE DE LA KROUMIRIE
CHAPITRE XI
L'ÉTAGE DES BASSES MONTAGNES
L'étage des basses montagnes s'étend sur toute les parties de
la Kroumirie au-dessus de 400 m d'altitude environ et se développe
donc principalement dans les régions occidentales et centrales. Il
faut toutefois en exclure le sommet du Djebel Rhorra qui, comme nous l'avons dit, appartient à l'étage montagnard. C'est dans cet
étage que le manteau forestier est le plus complet avec, d'une part
la forêt de chêne-liège, d'autre part la forêt de chêne zéen.
La confrontation des compositions floristiques des relevés présentés dans les tableaux I, II et III, montre que cet étage peut être
caractérisé par :
— D'une part, la disparition des espèces thermophiles de l'étage
inférieur.
— D'autre part, par la présence et l'abondance d'espèces qui,
dans les limites de la région étudiée, semblent liées aux groupements forestiers en climat méditerranéen humide. Ces espèces sont:
Teucrium scorodonia, Gallium ellipticum, Cytisus triflorus, Asperula laevigata, Melica minuta, Luzula Forsteri, Brachypodium silvaticum, Brunella vulgaris.
Teucrium scorodonia s. 1. est une espèce acidiphile, considérée
par BRAUN-BLANQUET à la fois comme caractéristique de l'alliance
Quercetalia roboris qui groupe les chênaies acidophiles de la France extraméditerranéenne et comme différentielle, par rapport au
Quercetum gallo provinciale, du Quercetum méditerrano-montanuni,
c'est-à-dire de la forêt de- chêne vert de l'étage de basse montagne
sur les sols siliceux des Cévennes méridionales et des Pyrénées
.mentales.
Brachypodium silvaticum, Luzula Forsteri sont également des
espèces à extension medio européenne, considérées comme caractéristiques, la première du mull, la seconde du moder [32]. Précisons
que Brachypodium silvaticum est une caractéristique de l'ordre
Populetalia albae Br. Bl. mais figure comme compagne de haute
présence dans le Quercetum méditerranéo-montanum déjà cité. Luzula Forsteri est un caractéristique du Quercetum gallo provinciale Br. Bl. mais est également une différentielle du Quercetum mediterraneo-montanum Br. BI.
LA VEGETATION FORESTITRE DE LA KROUMIRIE
49
Brunella vulgaris nui en France ne peut pas être considérée comme une plante spécialement forestière, se rencontre ici à peu près
uniquement en forêt
Les autres espèces citées ont une affinité méditerranéenne plus ou
moins marquée : ainsi Calium clli.pticuni n'existe pas dans les départements méditerranéens de la France continentale mais se trouve en
Corse, en Espagne, en Ttalie et en Sardaigne. L'aire de Cytisus triPonts englobe les départements des Pyrénées orientales, du Var et
des Alpes-Maritimes et serait une différentielle de la sous-association suberosum du Ouercetum ilicis. 1lsfiernla loevigata et Melica
minuta sont des éléments euméd'iterranéens.
La localisation de ces espèces permet de penser que leur présence
est liée à des conditions écologiques qui sont réalisées clans la forêt de chêne-liège sur flvsch numidien en climat méditerranéen
humide, notamment à la formation d'un mull forestier avec cependant tendance à l'acidification.
Deux types de forêts se partagent cet étage. Ils se différencient
physionomiquement, l'un par la dominance du chêne-liège, l'autre
par la dominance du chêne zéen.
Selon GAUSSEN 1451, le chêne zéen caractériserait les stations
où la pluviosité est vraisemblablement supérieure à 1500 mm. En
fait (i), les observations pluviométriques ne font apparaître que
deux- régions recevant (les précipitations annuelles supérieures à
I soo mm, la première est une zone étroitement limitée autour de
la localité d'Ain Draham puisque la station des chênes, à 5 km à
peine. devrait en être exclue (I 480 nun de pluie). La seconde, très
vraisemblable quoique non confirmée par des observations météorologiques locales, couvrirait, dans la partie occidentale de la Kroumirie le Djebel Rhorra et sans doute les versants Nord du Statir
et de l'Oural el Diss. Or, la répartition du chêne zéen n'a que peu
de rapport avec cet étage pluviométrique. Il est certes bien représenté clans les deux régions précitées, mais d'autres massifs (le
chêne zéen tout aussi importants reçoivent des précipitations nettement moindres. La station du Feidja, à la limite des magnifiques
parcelles' des cantons de l'Oued Mazebla et de l'Oued el Ma, ne
reçoit que 1155 mm de pluie. Les postes forestiers de l'Oued Zeen
et d'Ain Hameraia à la bordure de la belle forêt de l'Oued Zéen
ne reçoivent respectivement que 1 260 et 1030 mm de pluie. Un
peu plus au Sud, à Ain Zana, près d'un autre massif intéressant
de chêne zéen, on n'a enregistré que I 080 mm.
Il semble pintât que l'exposition oun plus exactement l'ensoleillement et donc l'évaporation soient les facteurs déterminants dans
la répartition du chêne zéen et du chêne-liège dans l'étage de demi(r) Voir carte n° 2.
(2) Voir carte n° 3, p• 56•
50
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
montagne. Le chêne zéen occupe en effet d'une façon générale les
versants Nord où il se développe vigoureusement tout en abandonnant au chêne-liège les crêtes secondaires. Sur les versants Sud,
il se cantonne par taches plus ou moins étendues, clans les creux et
les fonds de vallons.
I. — LA FORET DE CHÉNE-LIÈGE A CYTISE
La composition floristique de la forêt de chêne-liège de l'étage
des basses montagnes est précisée par le tableau II qui contient 15`
relevés effectués d'ans les localités suivantes :
N° i — Forêt d'Ain Draham III' série, au-desus de la route G.P. 17 de
Tabarka à Ain Draham, à 35o m d'altitude, à 3 km environ au
Nord-Est de la maison cantonnière d'Ain Djemel.
N° 2 — Forêt du Tegma, à l'Ouest de la clairière utilisée pour les dépôts
de liège.
N° 3 — Forêt d'Ain Draham IIIe série, au-dessus de la route G.P. 17 de
Tabarka à Ain Draham, fi i km environ au Nord-Est de la maison cantonnière d'Ain Djemel.
N° 4 — Forêt d'Ain Draham X° série, Djebel Adissa, à la limite du boisement de chêne zéen occupant le centre de la parcelle H.
N° 5 — Foret d'Ain Draham, I" série, parcelle B, au-dessus de la route
conduisant de Babouch à la frontière algérienne.
N° 6 -- Forêt d'Ain Draham 5e série, dans les peuplements de chêne-liège,
au-dessus du sentier forestier conduisant de Babouch au lieu dit
Bou Fernane.
N° 7 — Forêt d'Ain Draham I'° série, parcelle A, près de la crête de Argoub el Aougeb.
N° 4 — Forêt d'Ain Draham, IV' série, sur le versant Nord du Kef et
Hadjar près du sentier forestier conduisant à Ain Attouajenia.
N° 9 — Forêt d'Ain Draham IV° série, sur le versant Sud du Djebel Bir,
près de la piste forestière dite du Méridj.
N° ro — Forêt d'El Feidja, au Nord du poste forestier du Feidja, à proximité de la tranchée pare-feu n° 5 et de la piste forestière conduisant à Fid el Assel.
N° r — Forêt d'Ain Draham V' série, sur le versaut Sud du Djebel Fersig,
au-dessus de l'Inspection des Forts.
N° 12 -- Forêt d'Ain Draham VIII° série, au Sud de la route conduisant
au poste forestier de Dar Fathma, au-dessus du lieu dit Koudiat
.Malagoutch.
N° 13 — Forêt ele l'Oued zéen, à proximité de la piste forestière prolongée au delà du poste forestier de Dar Fathma, vers le canton de
l'Oued Renegua.
N° t4 — Forêt des Chihia iTe série, parcelle I , au Sud de Bon Saeda.
N° 15 — Forêt d'Ain Draham V' série, sur le versant Nord-Ouest du Djebel Bir, au-dessus du chemin périmétrique supérieur.
Ce tableau met en évidence les caractéristiques floristiques ele la
forêt de chêne-liège des basses montagnes. Les éléments euméditerranéens, représentés par les caractéristiques eles Quercetea ilicis
Br. BI. parmi lesquelles il faut comprendre également Quercus suber qui figure en tête de ce groupe en raison de son importance
LA VEGETATION FORESTIÌ.RE DE LA KROUMIRIE
51
forestière, constituent le groupe central du groupement végétal, avec
une représentation sensiblement égale à celle qu'ils ont dans la
forêt de chêne-liège à lentisque.
Le classement de ces relevés suivant leurs altitudes croissantes,
fait toutefois apparaître une légère diminution de l'importance de
ces éléments avec l'altitude. Les éléments thermophiles sont à peu
près totalement absents (Olea olcaster seulement d'ans le relevé n° T
a 350 m d'altitude).
Au contraire, les espèces que nous avons considérées comme différentielles de l'étage des basses montagnes sont très abondantes.
Parmi celles-ci, Cvtisus tri f loves, seule espèce arbustive, nous parait suffisamment constante pour pouvoir appeler forêt de chêneliège à Cytise ce type de forêt. Bruns-RLANQUET qui a indiqué ce
groupement l'a d'ailleurs nommé Cvtiseto-Ouercetum suheris [ 1 51.
La forêt de chêne-liège à Cytise est donc constituée lorsqu'elle
est en bon état de végétation, d'une strate supérieure dont le recouvrement moven est supérieur à 6o %, avec le chêne-liège dominant
et, très accessoirement, avec le chêne zéen, et d'une strate arbustive, avec Plriltrrca nicr ia, '1rbufus lincdo, lErica arborea, MV'rtus
commuais qui permet le développement d'une strate herbacée riche
sur un sol forestier très humifère. Dans cette strate herbacée
abondent des espèces qui sont très certainement disséminées par les
troupeaux, comme Cvnosurus clegans, Tori.lis nodosa, Ervvgivan
Rovci, flnagallis coernlea, Ruants lncrdri.te/Isis, Ccrastivatí gloaneratunz, RrachApodivan distachinn. Geraniullr. purpurentn, Cvnocraanbe prostata, Fedia cornucopiae apparaissent plutét comme des ni-
tratophiles. Ajoutons qu'il y a peu d'espèces strictement nord-africaines. On petit citer toutefois Calmar, tunetanuìn, R11n9111a2 anauritanicunt et Seille nulnidica. Cette composition floristique de la forêt de chêne-liège à cytise est typique des forêts sur flvsch numid'ien.
Toutefois, l'aire du chêne-liège déborde quelque peu les terrains du
Nummulitique. On le trouve en particulier, par exemple clans le
canton d'El I\Tenah, dans la forêt d'Ain Draham. au Djebel Zonza,
dans la circonscription de Tabarka sur des terrains rapportés au
trias. mais différents des marnes dolomitiques qui constituent le
faciès le plus répandu de cette formation géologique. Sur ce substratum, la forêt de chêne-liège prend alors un aspect différent ; le
sous-bois arbustif est plus réduit tandis que la fougère aigle se
développe vigoureusement. Le cortège des espèces herbacées est
plus pauvre sous un couvert particulièrement dense. Ce faciès se
retrouve très semblable dans la forêt des Nefza, à basse altitude,
mais dans les cantons les plus frais, sur les mêmes argiles gréseuses avec forte minéralisation ferrugineuse, appartenant au trias
également.
A titre d'exemple, nous donnerons les deux relevés suivants qui
ont été effectués, le premier dans la forêt d'Ain Draham, canton
52
LA VÉGÉTATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
d'El Menah, Ve série, à proximité de la route forestière de Djebel
Adissa, à 63o m d'altitude, sur un versant légèrement incliné vers
le Sud, le second dans la forêt des Nefza, parcelle X, ire série, à
200 ni d'altitude, sur versant Est, peu incliné.
Quercia suber
Pteridiunz aquilinu an
Rubus ulmifolius
D aphne gnidium
Cynocrambe prostata
Galiurn ellipticum
Cynosurus elegans
Crataegus monogyna
Vicia sativa
F edia cornucopiae
M yosotis hispida
Veronica arvensis
G alium tun etanuin
Cardamine hirsuta
Euphorbia pterococca
Pulicaria odora
Carex glauca
Galiana saccharatum
Viola odorata
Geranium purpureuin
Arisantna volgare
Snailax as pera
Cytisus ,triflorus
Rubia peregrina
Ficariia calthae folia
N° I
N° 2
5.5
3.3
5.5
4.5
1.2
-}-
+
2.2
-}-
L.2
I.1
1.3
—
-^-
^-1.1
—
-}-
^-+
—
-}^--
—
—
1.1
-f-
—
—
+
-}-{-
—
-^-
—
-{-
—
1.1
Les caractéristiques des Quercetea ilicis se réduisent à Daphne
gnidium dans le relevé n° i et à Smilax aspera et Rubia peregrina
dans le relevé n° 2. Les compagnes sont nettement nitratophiles. La
structure du sol à laquelle s'ajoute l'épaisseur du couvert qui maintient le sol humide et un abus de pâturage sont vraisemblablement
les facteurs déterminants de ce faciès.
**
Les affinités de la forêt de chêne-liège à cytise avec les associations de l'ordre Quercetalia ilicis Br. Bl. et plus particulièrement avec le Quercetum ilicis, sont certaines et c'est pour cette
raison que jusqu'à présent il n'a pas été défini au sens phytosocio-
LA VTGP.`TATION FORFSTIr?RF DE LA KROUMIRIE
53
logique de Quercetum suberis. Ainsi BRAUN-BLANQUET estime par
exemple [191 que les forêts de chêne-liège des Maures et de l'Esterel doivent seulement être rattachées à une sous-association du
Quercetum gallo-provinciale dont les espèces différentielles seraient
Qlrercus suber, Trica arborea, Lavandula stoechas, Pulicaria odova, Cvtisus friflorus. Toutefois, cet auteur signale que cette sous-
association suberosum est essentiellement différente des groupements forestiers avec Qucrcus suber du Roussilon et de Catalogne.
En outre, il a donné provisoirement le nom de Cytiseto Quercetum suberis aux groupements que nous venons de décrire, qu'il a
étudiés au cours d'un voyage en Tunisie Hl.
DE PrriLrPPIS, à la fin de son étude comparée sur le chêne-liège et
le chêne vert [91- 1 conclut qu'aucune espèce ne lui parait liéeplus
spécialement à l'une eu à l'autre de ces deux essences forestières,
que la majeure partie des espèces méditerarnéennes peuvent se trouver indifféremment dans la forêt de chêne-liège comme clans la
forêt de chêne vert, qu'il ne voit aucun intérêt à distinguer des
associations et que l'on peut parler tout au plus de faciès caractétérisés par l'abondance locale dune ou plusieurs espèces.
Il est probable que dans le midi méditerranéen par exemple, la
composition floristique de la forêt de chêne-liège ne constitue qu'une
variante du Quercetum ilicis. Ainsi 1OL(NIER (René) [751 considère que le climax des Maures est le Quercetum ilicis et que, sans
l'action de l'homme. notamment par l'incendie, le chêne-liège n'occuperait que quelques versants Sud chauds et assez humides. En
Espagne, la forêt de chêne-liège semble pouvoir être considérée. suivant les régions, soit encore comme une association du même rang
que le Quercetumlicis, soit comme un faciès de cette association [961.
Toutefois, en Kroumirie, les facteurs édaphiques et climatiques
donnent à la forêt de chêne-liège une individualité beaucoup plus
marquée. Outre les différentielles de la sous-association suberosum
citées plus haut comme Ouercus suber, F,rica arborea, Cytisus triflorus, Publicaria odora, les espèces des sols siliceux telles Cistu..r
,
salz'iaefolitrs, Brisa maxima, Andry'ala sinuata, Pteridium agnilimon jouent un rôle important. De plus, l'abondance d'espèces
comme Cratagiqus n(ofogyma et Taurus COmManiS, caractéristiques
de la classe Ouerceto-fagetea, de Cliuopodiunr- vulgare, caractéristi-
ques de l'ordre Quercetalia pubescentes sont indicatrices d'un climat méditerranéen particulièrement tempéré et humide.
Par ailleurs, il faut noter que si, en France et en Italie, les aires
du chêne-liège et du chêne vert sent plus .étroitement imbriquées, il
n'en est pas de même en Afrique du Nord où ces aires sont nettement plus distinctes.
Ainsi, en Algérie, la forêt de chêne-liège, en dehors des quelques massifs isolés d'importance secondaire comme, par exemple
TABLEAU II
FORET DE CHENE-LIEGE A CYTISE
Numérosdes relevés
Altitude (en m)
Exposition
Inclinaison (en do)
Age de la strate I
Hauteur de la strade
Recouvrement (en %)
Strate
Strate
Strate
2
3
410 450
0 N.0
N
3
15
5
40.80 1
35 0
I (en m)
I
II
III
4
480
N.E
10p
106.
10
6
8
11
22
7
14
5
9
13
500 550 600 680 700 750 750 800 820 850
S
N
S
N
N
S
N
S.0 S.0
10
20 20
2
15
15
15
5
5
5
60,80 - 40.8040.8060.80 - 50.0040$050.30 -
8
6
10
10
8
6.8
7,8
8
10
6.8
6.8 8.10
50
60
10
40
100
50
80
80
60
70
60
40
60
20
60
40
50
80
40
50
20
10
10
80
80
70
60
60
50
80
75
50
70
90
30
60
+
+
+
+
1.1
+
1.2
1.1
+
1.1
1.1
+
+
2.3
1.1
+
+
e
1.2
+
+
1.1
1.2
2.2
1.1
1.1
+
1.1
+
2.2
2.1 2.2
1.1
+
Espèces des forts de l'étage des basses montagnes.
+
Galium ellipticum
1.1
1.1 1.1
+
+
Cytisus ;ri£lorus
1.1
+
Teucrium scorodonia
1.1
+
+
Melica minuta
+
Brunella vulgaris
Quercus Mirbecki
1.2
Luzula Forsteri
+
+
Brachypodium silvaticum
+
Asperula laevigata
Caractéristiques des Quercetea-Quercetalia-Quercion et
Quercus suber
4.5 3.3 5.5 5.5
Carex distachya
1.1 2.2
1.1
Arbutus undo
2.2
1.2
Phillyrea media
1.2 1.2 1.2
+
+
Daphne gnidium
1.1
Rubia peregrine
1.1 1.1
Smilax aspera
1.2
+
a
Lonicera implexa
1.1
Clematis flammula
1.1
+
1.1
Aspleninm adiantum-nigrum
1.1
+
+
Rhamnus alaternus
Viburnum tines
1.1
Espèces acidophiles
Erica acharna
2.2 4.5 4.4 1.2
+
+
+
Cistus salviaefolius
1.2
Pulicaria od ora
1.1 1.1
+
+
Briza maxima
+
Andryala sinuata
Pteridium aquilinum
Espèces compagnes.
Cynonurus elegans
Geranium purpurean
Celamtntha clinopodium
Crateegus manogyna
Callum tunetanum
Rebus sp.
Myrtus communis
Calycotome villosa
Simethis. pJanifolia
Biscutolla lyrata
Ranunculus flabellatus
Thrincia tuberosa
Carex glauca
brilla nodosa
Ranunculus macrophyllus
Cynocrambe prostate
Eryngium Bovei
Sanguisorba minor
Sherardia arvensis
liypochaerls Aetneusis
Anagallis coerulea
Brcmus madritensis
Hypericum australe
Centaurea tagana
Aira caryophyllea
Cerastium glomeratum
Tagus com unis
Asphodius microcarpus
iyoscrin rullata
Trifolium iigusticum
India cornucopias
Bm.iva niauritani.cum
{i
Scîlla numiira
Brachypeditvm disuohycu
Is
1.1
1.1
1.1
1.1
+
+
+
1.2
+
2.2
+
2.2
1.1
+
+
1.1
1.2
1.1
Quercetum
4.5 4.5
+
1.2
1.2 1.1
1.2 1.1
1.2
+
+
+
+
+
+
1.1
+
+
+
+
1.1
+
70
20
40
1,1
+
2.2
1.1
+
*
+
1.2
2.3
2.2
+
+
+
1.1
+
1.1
1.2
1.2
+
+
*
3.4
1.2
+
1.2
1.1 2.3
+
+
+
+
1.1 2.2
1.1
+
+
1.1
2.2 2.2
1.1 1.1 1.1 3.2
+
1.1
*
+
1.1
+
+
1.1
+
1.2 1.1
+
+
+a
+
+
3.2 2 .2 2 .2 3.4 2 .2
1.1
+
1.1 1.1
1.1 1.1
+
+
+
+
1.1
2.2
1.1
1.1
1.1
1.1
2.2
1.2
1.1
1.1
1.1
1.1
+
1.1
+
1.1
a
1.2
1.2
2.2
1.1
+
+
+
+
+
+
+
2.2
1.1
1.1
1.1
1.2
1.1
1.1
1.1
1.1
+
+
1.1
+
+
1.1
a
1.1
+
+
1.1
a
+
+
+
+
+
1.1
e
+
+
+
1.1
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
1,1
+
+
+
1.1
a
+
+
+
n
4.5
2.2
+
+
+
6.8
25
80
50
+
+
1.2 3.4 3.4
1.1
1.2
e
+
1.1
+
1.2
1.2
6.8
70
40
70
+
e
+
+
+
+
6.8
Ilicis Braun Blanquet 1931, 1936, 1947
4.5 2.2 4.4 3.4 4.5 5.5 3.5 2.4
2.2
*
2.2 1.1 3.3
1.2 4.3 4.4
+
1.2
+
1.2
1.2
1.2
+
1.1
1.1
+
1.1
+
+
+
+
1.2
+
*
+
+
+
2.2
1.2
1.2
2.2
.
+
+
+
15
980
N.0
20
80.
100
+
a
LA V1 GTTATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
55
ceux de Tlemcem, à l'Ouest d'Oran, à l'Ouest de Tiaret, au SudOuest de Marengo, couvre toute la bande littorale entre Alger et
la frontière tunisienne. Le mélange avec le chêne vert ne parait
exister qu'en grande Kabylie.
En Tunisie, la dissociation (le l'aire de ces deux espèces est
extrêmement nette.
En effet, au Nord de la vallée de la Medjerda, nous ne connaissons que deux brisements de Qiuerrirs ile i , l'un d'une quarantaine
d'hectares dans la forêt des Ouled Ali, IIe série, entre les postes
forestiers de Belda et du Bessonagui, l'autre encore plus réduit
au sommet du Djebel Hairech, au Nord de Souk el Arba, tous les
deux sur trias. A la périphérie de ces deux taches (le chêne vert, sur
quelques hectares, existe un certain mélange de chêne vert et de
chêne-liège. Att contraire, clans la dorsale tunisienne, le chêne vert
est représenté sur les principaux sommets, notamment clans le massif du Bargou-Djebel Serdj, niais là le chêne-liège est extrêmement
rare. Nous n'avons vu les deux essences côte à côte qu'au sommet
du Djebel Rhazouane et au Djebel Serdj. On petit donc dire qu'en
Tunisie la coexistence des deux essences est exceptionnelle et qu'en
particulier le chêne vert est totalement absent sur le fl_ysch numidien
de Kroumirie.
La composition floristique de ces deux groupements forestiers
confirme leur comporteraient écologique différent. Parmi les caractéristiques de l'ordre Quercetalia ilicis Br. Bl., deux manquent
à la forêt de chêne-liège à cytise quoique appartenant à la flore
tunisienne. Ce sont Phillv'rea angustifoia et Jasn1iunas fruticans.
Sur les I I caractéristiques de l'alliance Quercion ilicis Br. Bl.,
deux seulement Asparagus acutifolius et Arbutus unedo, sont présentes en Kroumirie. Les autres, Qucrcns iles, Loniccra etrusca,
Espèces présentes dans les relevés, non portées au tableau ci-dessus, suivies du numéro des rlevés où elles se trouvent : Cyclamen africanum (3, ri);
Specularia falcata (4, i 2) ; Agrimonia eupatoria (i o, 12) ; Asparagus acutifolius (T, 4) ; Aira Tenorii (5, (4) ; Daucus lascrpitioïdes (i2, 14) ; Euphorhia
pterococca (5, 12) ; Hedera helix (3, 8) ; Myosotis hispida (i2, 15) ; Arisarum
vulgare (8. 4) ; Chlora perfoliata (5, 8) ; Plagius virgatus (8, iT) ; Vicia disperma (4, io) ; Pou trivialis (i T3) : Genista ulicina (;, ro) ; Galium parisiense
(2, i o) ; Ficaria calthaefolia (4) ; Carex olbie.nsis (8) ;
Cardamina hirsuta
(4) ; Prunus avium (8) ; Vicia sativa (4) ; Linurn gallicum (2) ; Trifolium scahrum (2) ; Trifolium angustifolium (2) ; Bellis silvestris (3) ; Anthoxantum
ocloratum (H) ; Festuca coerulescens (42) : Convolvulus Durandoi (T3) ; Al1iuni roseum (Ti); )vlentha rotundifolia (i2); Brunella alba (T2) ; Silene laeta (T2) ; Campanula dichotoma (5) ; Euphorhia cuneifolia (2) ; Valerianella
microcarpa (ro) ; Thapsia villosa (15) ; Vulpia ciliata (13) ; Fumaria capreolata (8) ; Polygala nicacensis (i i) ; Galium aparine (i) ; Olea oleaster (T)
Euphorhia peploides (T); Centaurium umhellatum (3); Juncus bufonius (8);
Bromus commutatus (Io) ; Lotus sp. cf . ornithopodioides (5) ; Erica scoparia
(;) ; Cynosurus polybracteatus (2) ; Ranunculus rupestris (2) ; Vicia leucau,
tha
(2).
56
LA VJ'G(TATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
Eu.pluorbia characias, Viola srotophylla, Pistada terebinthus,
Rharunus infectoria, Lathvrus eaasifoliaas, Buplevrurn fruticosunE, Orwopsis paradoxa planquent en Kroumirie. Or, certaines de ces espèces, comme Lonicera etrusca, Pistacia terebinthus,
Buplevruua jruticosuan existent en Tunisie, mais ont des aires totalement distinctes de celle du Ouercus suber. De même, Ruscus aculeatus, une (les caractéristiques du Quercetum gallo provinciale Br.
Bl. ne se trouve pas clans la forêt de chêne-liège à cytise, alors
qu'on la rencontre clans les massifs de chêne vert (le la dorsale tunisienne.
Quand les groupements de chêne vert (le Tunisie auront été
analysés, la comparaison permettra (le mieux mettre en évidence
les différences. Le seul relevé que nous possédons, effectué dans la
tache (le chêne vert du Belda-Bessouagui, déjà cité [ 2 9. p. 321 fait
apparaître certaines espèces qui ne figurent clans aucun autre relevé, telle Rosnaarinu.co f ficiaaalis, Psoralca bituminosa, Spartiunti junceEna. La composition floristique de ce relevé permet d'ailleurs de
penser qu'il s'agit plutot d"un faciès h chêne vert de l'oleo lentiscetum différent de la chênaie des sommets de la dorsale.
C'est dans l'étage des basses montagnes que la forêt de chêneliège trouve certainement son optimum (le végétation; les plus belles
parcelles à forte densité de chêne-liège, dans les forêts du Feidja
notamment Iie, IVe et Ve série, la forêt des Ouled Ali Ire série, les
forêts d'Ain Draham, du Djebel Fegma, de l'Oued Zeen, des Chihia,
dans les forêts de Tabarka. Rouamdia, Amdoun, Afekna, sont à
rapporter à cette association. Partout où le peuplement est complet,
la production dépasse nettement un quintal par hectare et par an.
Le liège de reproduction v atteint l'épaisseur commerciale après 12
ans, durée de la rotation retenue pour les règlements d'exploitation
révisés depuis 1947. En outre, c'est dans cet étage que le liège présente les meilleures qualités technologiques, en raison de la finesse
et de la régularité des accroissements, de la faible épaisseur de la
croûte et de la porosité plus faible.
Si l'on met à part le problème du pâturage, partout où la forêt de
chêne-liège à cytise est en bon état de végétation, c'est le jardinage
qui paraît le traitement le mieux adapté, en raison de l'irrégularité
du peuplement et du relief mouvementé.
II. — LA FORET DE CTIÉNE ZEEN
La forêt de chêne zéen couvre en Kroumirie une surface de io 000
hectares environ; l'estimation de cette surface ne peut être que très
approximative car en dehors des parcelles où le chêne zéen existe
à l'état pur sur quelques dizaines d'hectares dans dés limites assez
précises, le plus souvent, il se présente par taches plus ou moins
CARTE N° 3
KROLMIRIE - REPARTITION DU CHENE ZEHN
ALGERIE
^k
k
Postes forestiers
A.D. Ain Drahani
A.Si Ain Soltane
A.S2 Ain Sallem
A.Z. Ain Zana
B.
Babouch
D.F. Dar Fathma
E.F. El Feidja
L.C. Les Chênes
M.
Mouadgene
O.Z. Oued Zéen
LA VÉGÉTATION FORESTILRE DE LA KROUMIRIE
57
étendues sur les versants Nord, dans les creux ou le long des thalwegs. La carte n° 4 en donne la répartition schématique.
Les peuplements les plus représentatifs sont:
— dans la circonscription forestière du Feidja, les cantons de
l'oued Mazebla, de l'oued el Ma, de l'oued Iroug, du Meroug, de
l'oued Meramel, de l'oued Berla, du Rhorra et (le l'oued Mekletya.
— dans la circonscription d'Ain Draham, les cantons du djebel
Tegma, du djebel Ad'issa, de l'oued Lebgaa, de l'oued Delma, de
l'oued Daraoui, de l'oued Zeen, d'Ain Salem, d'Ain Zana.
— dans la circonscription de Tabarka, le canton de l'oued Goumri.
Ces peuplements purs sont situés à (les altitudes variées. Sur le
versant maritime, le chêne zéen forme une tache assez étendue au
lieu dit Rhound el Zeen, à la naissance de l'oued Dar Rhnem, entre
Tabarka et la frontière algérienne, à 3 00 m d'altitude, mais à l'exposition Nord-Est. Plus à l'intérieur, dans la région d'Ain Draham,
clans le canton de l'oued Delma, la forêt de chêne zéen occupe les
versants Nord et Nord-Ouest du djebel el Doughrek, entre 300
et 500 m d'altitude. Dans la forêt de l'oued Zéen, le chêne zéen est
bien représenté depuis l'altitude de 300 nI (confluent du chabet
Mahmoud et de l'oued Zéen) jusqu'à 58o ni (naissance du chabet el Haiek). Dans la Kroumirie occidentale, il trouve son optimum entre 700 et 900 m dans les combes des versants Sud (canton du Feidja et de l'oued Mazebla). Sur les versants Nord, il
s'installe à 5oo ni d'altitude, sur les bords de l'oued Iroug, et remonte vers les crêtes jusqu'à 950 w, en abandonnant au chêne-liège
la limite plus élevée du boisement.
La forêt de chêne zéen en Kroumirie a une physionomie tout à
fait semblable à la forêt de chêne sessile d'Europe moyenne. Il se
présente soit en futaie proprement dite, soit en futaie sur souche,
mais la structure (le ces peuplements varie suivant les traitements
qui lui ont été appliqués.
En quelques points seulement, sur de petites surfaces, la forêt
ne semble pas avoir encore été parcourue pats (les exploitations à
l'époque où cette étude a été faite. Ainsi, près du poste forestier
d'Ain Salem, à 870 m d'altitude, à l'exposition Nord, le chêne zéen
formait, avant l'exploitation de la parcelle en 1 953, une haute futaie constituée par de vieux sujets de plus de 18o cm de circonférence et de plus de 20 m de hauteur totale, accompagnés d'arbres
moyens et de taches de perchis. Une autre parcelle située dans la
forêt d'Ain Draham VI° série, canton de l'oued Renegua, entre 55o
et 68o ni (l'altitude, à l'exposition Nord-Ouest, avait, avant son exploitation en 1952 un aspect identique.
La reconstitution de l'histoire des exploitations d'ans les principales parcelles permet de supposer qu'une telle structure de la
forêt — une vieille futaie, peu dense, formant une classe d'arbres
58
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
dominants, accompagnée d'un boisement complémentaire d'âges divers — était la plus répandue au moment de l'installation du service forestier. En effet, les premières coupes vendues entre 1883 et
1895, ont eu pour objet la réalisation des gros bois pour la fabrication de traverses dont la demande était alors pressante. Ces coupes ne portaient que sur les arbres de plus de 14o de circonférence.
dont le bois était façonné sur place par des équipes de scieurs de
long. Dans les peuplements purs et complets, l'exploitation prélevait
8o tiges à l'hectare, ce qui correspondait à la réalisation des 9/to
de la classe des arbres dominants. Ces coupes ont parcouru en
particulier les massifs du Feidja (canton de l'oued Iroug, du Meroug, du Feidja) et d'Ain Draham (canton de l'oued Delma). Après
leur passage, il n'est donc resté comme témoins du boisement original que quelques pieds de la vieille futaie, le plus souvent tarés et
impropres à la traverse, et les arbres moyens. Ce traitement a provoqué une régénération massive des boisements, ce qui montre bien
que cette méthode apparemment brutale, a parfaitement réussi avec
le chêne zéen, à une époque où le pâturage en forêt étant moins
intense, la mise en défens des coupes pouvait être effective. Cette
méthode a d'ailleurs été appliquée ultérieurement d'ans les parcelles plus éloignées, au fur et à mesure que les moyens de vidange
en rendaient l'exploitation possible. C'est ainsi que la presque totalité de la forêt de l'oued zéen a été parcourue entre 1907 et 1917
par de telles coupes dont les produits étaient sortis par câble. En
1931, le câble a également été utilisé pour le débardage des produits du canton de l'oued Berla, d'ans la circonscription du Feidja.
En 1932-1933, les parcelles du canton de M'rhirra, dans la forêt
(les Chihia ont été également exploitées para des coupes ayant les
mêmes caractères.
Lorsque les premières coupes ont été suivies de coupes définitives qui ont enlevé les vieux bois et les bois moyens, la régénération complète des peuplements a été obtenue entre 19oo et 1914. Ces
parcelles, comme celles de l'oued Mazebla ou de l'oued Batha, dans
la circonscription du Feidja, portent maintenant des peuplements
de jeune futaie qui ont été parcourues en coupe d'éclaircie donnant des bois de mine à partir de 1939 ; trop souvent par suite de
l'impossibilité de prévoir une assiette des coupes en raison de l'irrégularité du marché du bois en Tunisie, la totalité des vieux bois
n'a pas été réalisée et le boisement a pris un aspect irrégulier, avec
des taches de jeune futaie mélangées à des bouquets d'arbres plus
âgés, représentant soit les réserves de la vieille futaie soit les arbres moyens de la forêt d'origine. C'est l'aspect le plus courant
dans les parcelles de l'oued Iroug, dans la forêt de l'oued zéen et
des chihias par exemple. Après les exploitations de la période de
guerre 1939-1945, les exploitations ont été strictement limitées à
des coupes d'extraction des vieilles réserves (Oued zéen, chihias)
LA VÉGÉTATION FORESTI L RE DE LA fiROUMIRIE
59
partout où la régénération était largement assurée, ou à des coupes d'amélioration clans la jeune futaie.
La futaie de chêne zéen est accompagnée d'un sous-bois (strate II)
généralement assez clair, dont le degré de recouvrement peut toutefois atteindre 50 Jo. Ce sous-bois est constitué par Cytisus triflorus, Erica arborea, 11.7yrtus connrnuuis, Crataegus rnonogyna, et
aussi par la régénération préexistante en chêne zéen, ce qui n'apparaît pas dans les relevés tels qu'ils sont présentés dans le tableau
III. En outre, les arbustes des Ouercetalia ilicis, Phillyrea media,
Arbutus unedo, Viburnu a u tiuus sont encore abondants au-dessous
d'e 600 m d'altitude.
La strate herbacée est plus ou moins complète, la litière essentiellement formée de feuilles de chêne zéen est très abondante. Précisons que le chêne zéen a une marcescence très marquée — les
feuilles persistent sur l'arbre pendant tout l'hiver et la défoliation n'est complète que pendant une quinzaine de jours, immédiatement après le développement des bourgeons au printemps. C'est
donc tout à fait à la fin de l'hiver que la litière est la plus abondante. La strate herbacée ne trouve, elle, son plein développement
qu'au mois de juin.
***
Le tableau III met en évidence les caractères floristiques de la
forêt de chêne zéen. Les 19 relevés présentés d'ans le tableau III
ont été effectués clans les localités suivantes :
Relevé n° I — Forêt d'Ain Draham, Ire série, canton de l'oued Delma. Bouquet de régénération complet de chêne zéen âgé de 30 à 6o ans. Pâturage très réduit en raison du terrain accidenté. Sol humifère.
Relevé n° 2 — Forêt de Tabarka, au lieu dit Rhound el zeen, au Nord de
la route: de Tabarka à la Calle; jeune futaie de chene zéen s'installant
dans un vallonnement abrité à l'exposition Est, progressant sur le
taillis à arbousier. Quelques vieilles réserves de chêne zéen ont été
exploitées en 1939-1940.
Relevé n° 3 — Forêt d'Ain Draham I`'° série, canton de l'oued Delma, futaie de chêne zéen âgée de Ioo à 160 ans, ouverte par des coupes
récentes. La régénération en chêne zéen est satisfaisante.
Relevé n° 4 — Même canton que le n° 3. Futaie en bouquets de chêne
zéen. La strate I est complète et les semis de chêne zéen sont abondants dans la strate III.
Relevé n° 5 — Forêt de l'oued zéen, parcelle X - futaie de chêne zéen comportant d'une part des sujets de 120 à 15o ans entourés par une jeune
futaie de 40 à: 6o ans. Après le gué, sur l'oued zéen, par le chemin conduisant du poste de l'oued zéen au poste d'Ain Hameraia.
Relevé n° 6 — Forêt d'Ain Draham, Xe série - Djebel Adissa. Forêt médiocre de chêne zéen, avec pâturage intensif.
Relevé n° 7 — Forêt de l'oued zéen, parcelle X, à une altitude plus élevée
que le relevé n° 5 - futaie d'âge divers, les plus anciens sujets provenant des réserves laissées après des coupes exploitées en 1907 et
1917.
TABLEAU III
LA FORET DE CHENE ZEEN
DANS L'ETAGE DES BASSES- MONTAGNES
Numéros des relevés
Altitude
Exposition
Inclinaison (en d°)
Age de la strate I
Hauteur de la strate
Recouvrement (en %)
strata
strate
strate
I
I
II
III
2
1
4
5
3
330 350 360 360 460
0
N
N.0
N
20
8
3
15
15
47.80
120
31.60
3
12 8.15 1215 1518
100
50
10
60
lo
5
60
30
50
90
70
20
100
5
5
6
460
10
8
9
530 610 640
N
S
N.E
10
5
5
40 l^8•
188 •
10
1215
8.10
10.12
7
510
N.0
8
5
100
18 •
rJ
10
75
60
40
90
10
90
Caractéristiques de la forfit de Quercus Mirbecki.
Quercus Mirbecki
5.4 4.4 4.5 5.5 5.5 4.5 5.5
2.2 1.1
Ficaria calthaefolia
e
1.1
Cyclamen africanum
1.1
Specularia falcata
1.1
+
Moerhingia pentandra
Carex olbiensis
1.1 +
•
Sedum cepaea
1.1
+
•
Carex divulsa
Cardamine hirsuta
Prunus aviem
Geranium lanuginosum
Agrimonia eupatoria
Allaria offic inalis
Campanula rapunculus
billa Aristidis
1.1
Platanthera bifolia
Espèces des forêts de l'étage des basses ontagnes.
1.1 1.1
Cytisus triflorus
+
Galium ellipticum
1.1
1.1 1.1
e
+
Melica minuta
Luzula Forsteri
e
e
e
1.1
Asperula laevigata
e
Brunella vulgaris
1.2
Brachypodium silvaticom
+
e
Teucrium scorodonia
11
660
N.0
30
12
680
t1
20
188• lâ8•
10
2215
13
710
N.0
20
18
14
720
8 8•
3.15
12
140
12.15
80
40
10
80
5
80
80
70
50
10
90
5
40
80
50
50
90
50
10
4.5
5.4
5.4
4.4
5.4
5.5
5.5
1.1
•
15
750
S SE
90
80
60
20
16
810
N.E
5
100
17
820
HO
5
90
90
10
30
5.4
1.1
2.2
2.2
2.2
1.1 1.1 1.1
+
1.1
1.1
1.2
1.1
1.1
1.1
1.1
Caractéristiques de la classe Quercetea Ilicis Br. B1. 1947 et de 'ordre Quercetalia Ilicis Br. 81. (1931
+
1.1
+
1.1
1.1 +
o
Carex distachya
a
Rubia peregrina
1.1
1.1
Smilax aspera
2.3 1.1 1.2 3.2
Phillyrea media
Asplenium adiantum-nigrum +
1,1
1.2
Arbutus unedo
1.1 +
1.2
•
•
Espèces acidophiles.
Erica arborea
Brisa maxima
Andryala sinuata
Espèces compagnes.
Cynosurus elegans
Geranium purpureum
Tamus cormunis
Calamintha clinopodium
Vicia sativa
Urginea maritima
Torilis nodosa
Asphodelus microcarpus
Sherardia arvensis
Cynocrambe prostata
Myosotis hispida
Myrtes cornnunis
Arisarum volgare
Rebus sp.
Crataegus monogyna
Bromus madritensis
Fumaria capreolata
Hypochaeris Aetnensis
Stellaria media
Hyoseris radiata
Stachys arvensis
Rebus ulmifolius
Galium sparino
Fedia cornucopise
Cerastium glomeratum
Ranunculus spicatus
Anagallis coerulea
Aira Tenorii
Euphorbia cuneifolia
Euphorbia pterocoeca
Ranunculus flabellatus
Carex glauca
Mentha aquatica
3.2
1.2
1.2
•
1.2
2.2
19
900
14X8 • 18• 488
15 6.15
15.18
•
•
•
•
•
18
840
LA VÉG1 TATION FOREST[I:RE DE LA KROUMIRIE
61
- Forêt de l'oued Zéen, parcelle X - jeune futaie de 40 ans,
installée après coupe presque à blanc étoc en 1907 et 1917.
Relevé n° 9 - Forêt du djebel Tegma - futail de chêne zéen composée de
quelques très vieilles réserves et d'une jeune futail de 40 à 6o ans,
entre le poste forestier d'Ain Serouia et la frontière algérienne.
Relevé n° 10 - For :t d'Ain Draham, IV° série, sur le versant nord du
djebel Gribissa, au Sud de la route conduisant du col du Camp de la
Santé au barrage de Ben Metir - jeune futaie de chêne zéen, de 4o à
6o ans, assez complète, déjà parcourue par des coupes d'éclaircie.
Relevé n° TT - Forêt d'Ain Draham, IV° série - canton du Meridj. Bouquets de chêne zéen au milieu d'un boisement de chêne-liège sur la
Piste conduisant de la route G.P. 17 à Ain Attouajenia.
Relevé n° 12 - Forêt d'Ain Draham, V° série - au Nord du Kef el Abiod,
600 m environ après le col de Dar Laoula. Futaie de chêne zéen de
(oo à 120 ans, sans sous-bois, très pâturée.
Relevé n° 13 - Forêt d'Ain Draham, VE série, canton de l'oued Renegua,
parcelle K". Vieille futaie de chêne zéen par grosses taches sur les
versants à l'exposition Nord, sans traces d'exploitation à l'époque du
relevé 0951).
Relevé n° 14 - Djebel Tegma (versant algérien) - jeune futaie de chêne
zéen à peu près équienne (de 6o à 8o ans). Strate herbacée bien développée en raison du pâturage réglementé - entre le poste: forestier d_ u
Feddeu et la frontière tunisienne.
Relevé n° 15 - Forêt du Feidja, IV° série, canton de l'oued Iroug, parcelle L. Futaie de chêne zéen d'âges divers. Sur la piste du Mouadgene aux quatre chemins.
Relevé n° 8
Espèces présentes dans les relevés, non portées au tableau ci-dessus, suivies du numéro des relevés où elles se trouvent : Veronica arvensis (7, 9, 16) ;
Geranium molle (7, 12, i6); Pteridium aquilinunf '01, 12, 14) ; Simethis pianifolia (8, 14, 18) ; Rusais hy pophyllunl (4, 15, 18) ; Geranium lucidum (9, 12,
16) ; Galactites tomentosa (3, 15, 19) ; Hypericum australe (8, 16, 18) ; Trifolium campestre (3, 14, i6) ; Lathyrus sphaericus (4, 9, 18) ; Achillea ligustica (15, 18, 19) ; Bellis silvestris (6, 12, 13) ; Dactylis glomerata (9, 16, 18) ;
Hedera helix (I, 3, Io); Plagius virgatus (ii, 17, 2o) ; Viola Riviniana (5,
14, 21); Pulicaria odora (8, 14, 22) ; Thrincia tuberosa (16, 20, 22) ; Galium
tunctanum (8, 19) ; Ranunculus niacrophyllus (6, 16) ; Trifoliural ligusticurn
(3, 16); Allium triquetrum (13, 15); Limodorum abortivum (13, 17); Lamium
album (13, 17); Lepidium glastifolium (14, (8); Selaginella denticulata (5, II);
Medicago murex (6, 12) ; Calycotome villosa (15, 16) ; Trifolium nigrescens
(14, (6): Vicia disperma (9, r5); Hypericum perfoliatum (8, i5) ; Vicia leucantha (6, 9) ; Chlora grandiflora (6, 14) ; Biscutella ivrata (6, 22); Asparagus acutifolius (3. 4, 6) ; Vihurnum tintas (r, 4) ; Lonicera implexa (ta);
Clematis flammula (6) ; Bellis annua (17) ; Arum italicum (13) ; Veronica
cymbalaria ((3); Poa cf. trivialis (13) ; Poa annua 08); Ornithogalum umbellatum 08); Corydalis sp. (17) ; Aristolochia pallida (57); Ambrosinia Bassii (5) ; M'oenchia erecta (12) ; Mentha puligium (r2) ; Scleropoa rigida 02);
Aira cupaniana. (12) ; Agrostis stoloni ferra (52); Geranium pyrenaicum (a2);
Romulea bulbocodium (r6) ; Linaria triphylla (7) ; Valerianella microcarpa
0[5); Trifolium striatum (i5); Cynosurus polybracteatus (9) ; Eryngium
Bovei (14); Centaurea tagana (54); Prasium majus (i); Lamium purpureum
(9) ; Lotus ornithopodioides (6) ; Sanguisorba minor (6) ; Viola sp. (4) ; Campanula dichotoma (3) ; Hypericum ciliatum (3) ; Lampsana commuais (3) ;
Scilla numidica (20) ; Cistus salviaefolius (22) ; Daucus laserpitioïdes (22) ;
Vicia sp. cf . gracilis (2) ; Geum urbanum (9) ; Scutellaria columnae (14),
62
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
Relevé n° i8 — Forêt du Feidja, IVe série, canton de l'oued Iroug, parcelle A. Jeune futaie de chêne zéen âgée de 4o ans environ, avec quelques sujets du boisement primitif.
Relevé n° Io — Forêt des Chihia, IPe série, à l'Ouest du poste forestier d'Ain
Salem. Vieille futaie de chêne zéen âgée de 15o à Zoo ans, avec taches
de régénération. Une coupe a été e x ploitée postérieurement à l'époque
du relevé.
*
La forêt de chêne zéen de l'étage •des basses montagnes constitue
un groupement dons les espèces suivantes nous paraissent devoir
être retenues comme caractéristiques : Ficaria calthaefolia, Cyclamen
africanum, Specularia falcata, Mochringia pentanda, Carex olbiensis, Sedum cepaea, Carex' divulsa, Cardamina hirsute, Prunus avium,
Geranium lanuginosum, Agrimonia eupatoria, Sysimbiuvu allaria,
Campanula rapunculus, ,cilla ,aristidis, Platanthera bifolia.
Parmi ces espèces, deux : Cyclamen africanum et Scilla aristidis,
sont des endémiques de l'Est de l'Afrique du Nord, trois : Specularia falcata, Carex olbiensis, Geranium lanuginosum, sont des méditerranéennes. Sedum cepaea a une répartition sud-européenne atlantique. Ficaria calthaefolia et Mochringia pentandra peuvent être
considérées comme des sous-espèces méridionales d'espèces à répartition eurosibérienne (Ficaria veina et Moehritagia trinerva).
Prunus avium, Allaria o f f icinali s, Carex divulsa, Cardamina hirsuta,
Campanula rapunculus, Agrivnonia eupatoria et Platanthera bifolia
sont des éléments des régions tempérées, soit eurasiatiques soit circumboréales.
A certaines de ces espèces il a d'éjà été attribué une signification
phytosociologique. Ainsi, Carex olbiensis et ]17oehringia pentandra
sont des caractéristiques du Quercetum gallo provinciale Br. Bl. et
Prunus avium est une des caractéristiques de la classe Quercetofagetea Br. Bl. et VI. Ajoutons que parmi les compagnes, Crataegaas monofyna et rainas commuais sont également des caractéristiques de cette mémo classe. Allaria of ficinalis est considérée comme caractéristique de l'ordre Populetalia albae [19].
Ces espèces caractéristiques paraissentétroitement liées au sol
très riche en humus de la forêt de chêne zéen, notamment les espèces à bulbe ou à rhizome comme Ficaria calthaefolia, Cyclamen
africanum, Scilla aristidis, Platanthera bifolia. Toutefois, si Ficaria
calthaefolia et Cyclamen africanum sont deux espèces très répandues et très fidèles à l'association de chêne zéen, il n'en est pas de
même de Scilla aristidis et de Platanthera bifolia qui sont beaucoup
plus rares et très localisées dan les cantons de vieilles futaies. Platanthera bifolia n'existe que dans le canton de l'oued Iroug, dans
la forêt du Feidja et dans le canton du lrRirha, dans la forêt des
Chihia. Scilla aristidis existe en abondance dans la forêt de l'oued
LA VEGETATION FORESTILRE DE LA IïROUMIRIE
63
zéen et dans la forêt des Chihia, mais semble manquer dans la
forêt du Feidja.
A côté des espèces caractéristiques de la forêt de chêne zéen et
des espèces différentielles de l'étage de demi-montagne, les espèces
du Quercetalia ilicis sont encore abondantes jusque vers 65o ni.
Carex dista:chya et Rubia peregrina seuls ont une répartition plus
étendue. Au contraire, Daphne gnidiuln est totalement absent.
Les nitratophiles et les plantes disséminées par les troupeaux sont
les plus nombreuses. C'est le cas notamment de Cynosurus elegans,
Geranimn, purpureuan, Tordis nodosa, Sherardia arvensis, Cyno,rnaria capreolata, Sellacranabe prostata, Branrats ?aadritensis, Fu
ria media, Cerastium glonterotuln, z Inayallis coerulea.
En résumé, la forêt de chêne zéen est constituée:
--- Dar un groupe d'espèces ]méditerranéennes du Quercetalia ilicis encore abondantes à moyenne altitude et se raréfiant au-dessus
de 65o m.
— par le groupe des espèces différentielles des forêts de l'étage
des basses montagnes
— par un groupe d'espèces étroitement liées aux conditions écologiques de la forêt de chêne zéen, comprenant soit des espèces
nord-africaines : Ouercus i Iirbec l,^i, Cyclamen a fricanurn, Scilla
aristidis, soit des cspeccs euuléditerranéennes, soit des espèces médioeuropéennes.
Les forêts de Q ucrcus fagiuca S. 1. (I) ont été étudiées au Portugal et en Afrique du Nord.
Ainsi, BRAUN-BLANQUET, PINTO DA SILvA et ROZEIRA [22] ont
décrit au Portugal l'Arisareto Quercetum faginae, avec des sousassociations ericetosum, Phillvretosum et Vincetosum. Les caractéristiques de cette association n'appartiennent pas à la flore de la
Kroumirie. Les caractéristiques de l'alliance l)uercion faginae, à
laquelle cette association est rattachée, sont elles-mêmes pour la
plupart des endémiques ibériques, niais le Querciou fagineae est
rattaché lui-même au Quercetalia ilicis dont les caractéristiques sont
bien représentées. Cette forêt de Ouercus fagineae du Portugal est
clone floristiquement assez différente cle la forêt de chêne zéen de
Kroumirie. Cependant, tin des relevés dont il est fait la sous-association Ericetosum, effectué clans t o re forêt sur grès jurassique, à
top m d'altitude, avec un sol légèrement acide (pH 6,3 - 6,7), présente une grande similitude avec les relevés de Tunisie.
En effet, sur 34 espèces citées, 21 se trouvent également dans la
forêt de chêne zéen, tout en excluant les espèces représentées au
-
(I) Précisons que MAU:r a rattaché le chêne zéen à l'espace Ovtercus fapince dont il a fait une variété Mirbecki à l'intérieur de la sous-espèce: baetica.
Nous avons cru préférable de conserver le binome Q. Mirbecki que DURIEU
a donné à des échantillons provenant de la région de La Calle.
64
LA VÉGÉTATION FORESTII:RE DE LA I{ROUMIRIE
Portugal par des vicariantes (Smilax aspera, Arisarum vulgare,
Hedera helix). On peut donc dire que la similitude de substratum
entraîne une affinité certaine entre les d'eux groupements.
En Algérie, QUEZEL a décrit deux associations à Quercus faginea
pour les forêts de chênes à feuilles caduques de basse altitude,
c'est-à-dire en dessous de i 200 III [94] . La première, association à Quercus faginea et Lysimachia cousiniana, est 'représentée
en petite Kabylie depuis le golfe de Bougie jusqu'à El Milia et
principalement à Guerrouch-Cavallo, la seconde, association à Quercus faginea et Rubus incanescens, est propre au massif de 1'Afkadou en Grande Kabylie. Cet auteur distingue en outre un grouperuent forestier qui accompagne indifféremment le chêne zéen, le
chêne-liège et le chêne vert dans l'étage méditerranéen subhumide
en. dessous de I Io0 nl.
Tous les relevés rattachés à ce dernier groupement forestier,
dont l'association à Lysimachia cousiniana ne se distingue que par
la présence de Lysimachia cousiniana et de Vinca media, sont très
semblables à ceux de Kroumirie. La flore des deux régions est, à
peu d'espèces près, identique. QUEZEL note le manque de spécificité de ce groupement vis-à-vis de hi strate arborescente, puisqu'il
existe sous le couvert du chêne zéen mais également sous le couvert du chêne-liège quand il est complet. En Kroumirie, une observation analogue peut être faite. Dans l'étage des basses montagnes,
les deux groupements distingués : la forêt de chêne-liège à cytise et
la forêt de chêne zéen, sont certes très voisins, le second apparaissant comme un enrichissement en espèces sciaphiles et humicoles du
premier, et se développant sous la forêt de chêne zéen précisément
avec un couvert plus dense et un horizon humifère épais. La répartition du groupement à Quercus Mirbecki montre cependant
que ces exigences écologiques sont beaucoup plus étroites.
Si le groupement à chêne zéen de trouve en général à une altitude
supérieure à celle du groupement à chêne-liège, il n'en demeure pas
moins que la répartition des deux associations dans l'étage de basses
montagnes se fait suivant les nuances de l'ensoleillement et de l'ex-.
position. Dans cette zone de transition, le forestier peut donc, en
choisissant le mode, de traitement, orienter le boisement soit vers un
peuplement de chêne zéen, soit vers un peuplement de chêne-liège.
Jusqu'à une époque récente, pour des raisons économiques, le
chêne-liège a été considéré comme l'essence la plus précieuse. Aussi,
le forestier est-il souvent intervenu pour éliminer le chêne zéen
dans les peuplements mixtes où il tend à dominer précisément le
chêne-liège. Actuellement, la situation du marché des produits forestiers est sensiblement modifiée. Si la vente des lièges de reproduction et des lièges mâles représente encore l'essentiel des recettes de l'exploitation des forêts, le revenu à l'hectare de la forêt
de chêne zéen est sensiblement équivalent à celui de la forêt de
LA VEGETATION I'ORIìSTIf,]RI',
DE LA KROUMIRIE
65
chêne-liège. Les possibilités d'évacuation cies produits forestiers
lourds par véhicule automobile par des routes forestières permanentes et. accessoirement, par des voies de vidange provisoires, dans
les cantons les plus éloignés contribuent à revaloriser les produits du
chêne zéen. En plus de la traverse pour voie ferrée, le chêne zéen
donne du bois de mine d'excellente qualité technologique et du bois
de chauffage dont le prix de vente permet le transport sur les centres de consommation.
Il n'y a donc plus de raison de favoriser le chêne-liège et il faut
laisser s'installer et se développer le chêne zéen partout où il trouve
les conditions écologiques favorables. Ce dernier constitue une forêt
beaucoup plus stable, se régénérant vigoureusement en l'absence de
pâturage, bien moins sensible à l'incendie par suite de l'élimination
naturelle du sous-bois.
66
IA VEG1TATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
CHAPITRE XII
L'ÉTAGE MONTAGNARD
Le Mossi f de Kroumirie n'atteint pas (les altitudes suffisantes
pour permettre le développement complet d'un étage montagnard.
Peu de sommets dépassent 1 000 OL Ce sont le Sfaiet el Senane
(I ois m) et le Bou Guemda (I 022 m), au Nord de Souk el Khemis, le Djebel Bir (I 0i4 m), à proximité d'Ain Draham, le Statir
(I 150 ni) et le Rhorra (i 202 nI) d'ans la région du Feidja. Les
altitudes supérieures à 800 ni elles-mêmes ne se trouvent guère que
dans le Massif du Statir — Rhorra, clans la partie occidentale, sur
les chaînes du Djebel Bir Djebel Harrana et d'Ain Salem —
Bou Guemda, dans la partie centrale. Or, il est certain qu'au-dessus de i 000 in, sont réalisées des conditions écologiques sensiblement différentes, caractérisées par un abaissement de la température moyenne annuelle et des minima quotidiens, par un accroissement de la pluviosité et une diminution de l'évaporation. Rappelons
que sur les sommets la neige peut persister pendant trois à quatre
semaines.
Malheureusement, la végétation de ces sommets est extrêmement
dégradée. La forêt ne peut s'y installer normalement qu'a l'abri
des vents et les pelouses qui ne devraient occuper que les derniers
mètres se sont étendues pardestruction de la forêt, pour former des
pâturages où les troupeaux trouvent effectivement une herbe plus
tardive. aussi, n'avons-nous pu faire un relevé valable que sur le
versant Nord du Rhorra, où l'étage montagnard est à notre avis
réellement représenté.
Le Djebel Rhorra est, avec i 202 ni d'altitude, le point culminant (le la Kroumirie. Si le sommet proprement dit, constitué par
deux croupées séparées par un léger ensellement, est occupé par
une pelouse et quelques lambeaux de broussailles à Erica arborea
et Calycotoine villosa, la forêt est installée dans les vallonnements
prenant naissance immédiatement au-dessous.
Les observations météorologiques manquent pour cette localité;
mais il est certain que, par extrapolation des données que nous possédons pour l'ensemble de la région, les précipitations y sont notablement supérieures à celles observées à Ain Draham par exem-
LA VÉGÉTATION FORESTíÉRE DE LA KROUMIRIE
67
ple, et doivent atteindre 2 00o min. Par ailleurs, la neige y persiste
pendant trois à quatre semaines en moyenne et, même en périod'e
estivale, la nébulosité est beaucoup plus forte.
Précisons que la frontière Algéro-Tunisienne suit la ligne de partage des eaux constituée par l'arête Sud-Ouest - Nord-Est du Djebel Rhorra, le versant Nord-Ouest se trouvant donc en Algérie, le
versant Sud-Est proprement dit ainsi que le haut des vallées de
l'Oued Berka et de l'Oued Mekletya en Tunisie. La forêt atteint
1 120 m sur le versant algérien, tandis qu'elle ne remonte guère
à l'état de peuplement complet au-dessus de 1 050 ni sur le versant tunisien.
Notons en outre que l'influence de l'homme sur la végétation
forestière a été très différente des deux côtés de la frontière. Les
forêts tunisiennes ont été parcourues par des coupes très importantes clans les massifs de chêne zéen, notamment en 1931 dans
le canton de l'Oued Berka, en 1939 clans le canton de l'Oued Mekletya, de 1942 à 195o, dans les parcelles du versant Sud-Est. Ces
coupes ont enlevé un volume important, notamment les plus anciennes. dans un peuplement âgé de fortes dimensions qui n'avait
très probablement jamais connu la hache du bftcheron. En outre,
ces exploitations qui se sont prolongées anormalement en raison
des difficultés techniques dues à la courte saison (l'exploitation en
montagne et aux difficultés de débardage, ainsi qu'aux circonstances de guerre, n'ont pas été suivies d'une mise en défens suffisamment stricte.
Or, les sommets du Rhorra constituent le pâturage le plus proche pour les troupeaux des fractions des M'rassens et des Dkailia
qui occupent les terres cultivées au-dessous de la bande forestière
comprise entre 65o et 1 oco ni d'altitude. La forêt v donc particulièrement souffert d'un pâturage excessif.
Au contraire, le versant algérien, bien que parcouru par des exploitations, présente encore un massif très complet, avec de vieilles
réserves et de jeunes perchis parfaitement vigoureux, accompagnés
d'une flore herbacée luxuriante.
Dans ces conditions, nous avons préféré faire un relevé sur le
versant algérien, à la limite supérieure du peuplement forestier,
occupant à l'exposition Nord-Ouest une pente de 8 à Io°.
La strate arborescente est un perchis de Quercuus Mirbecki de 30
à 40 ans, de 8 à Io ni de hauteur, se présentant en taches assez larges, avec, çà et là, quelques réserves de fortes dimensions.
Le recouvrement est de 8o % environ.
Le chêne zéen joue en outre un rôle important dans la strate arbustive.
68
LA VEGETATION EORESTIISRE DE LA KROUMIRIE
Le relevé comporte la liste eles espèces suivantes :
Strate I:
uCrC us
Hirbecki
5.4
Strate II:
Ilex aguifolit n n
Crataegus monogyna
Cytisus triflorus
1.2
-f-}-
Hedera helix
Pteridium aguilinum
Quercus Mirbecki
Rebus uhnifoli.u.s
L2
Tarutus cotnmttnis
Erica arborea
1.2
2.2
-f-2.2
-^
Sanicula europaea
Brunella vulgaris
Patentilla micrantha
.Stellaria holostea
Platanthera bifolia
.4juga reptans
Geurn urbanunt
Clinopodium volgare
t'icaria calthafolia
Viola riviniana
Carex punctata
Plagius virgatus
Carex depressa
Brina maxima
Galiout. eIliptitutH
Cvnosurus elegans
Ruscus hvpopltylluru
T'icia sativa
Geraniunt purpureum
Allaria officinalis
Lunula Forsteri
2.2 Scrapias lingua
Trifolium ligusticum, .
2.2
Cyclamen africanunt
i.i
Scutellaria coluninae .
I.I
I.i Brachypodiutn silvitacuin
i.i Carex distachya
Teucriutn scorodonia
i.i
Ranunculus macrophyllus.
I.I
Geraniuin atlanticunt
i.i
Carex glauca
LI
-}- Biscutella radicata
Campanula rapunculus
-}+ 1 actylis glonmerata
-{- I_ampsana commuais ....
Ranunculus flabellatus ...
-}
Orchis papilionacea
-}2.2
2.2
...
....
++ + ++ + +++ ++ +++ + ++ +
Strate III très puissante de 0,4o à 0,50 uI (le haut :
-}-
Dans ce relevé, plusieurs espèces sont communes à l'étage des
basses montagnes que nous avons déjà étudié. Ce sont : Cytisus
triflorus, Brunella vulgaris, Galiunt ellipticum, Luzula Forsteri,
Brachypodiutn silvaticunt. On y trouve également les espèces ca-
ractéristiques de la forêt de chêne zéen dans ce même étage (Ficaria calthaefoiia, Cyclamen africanum) et notamment, sur ce seul
relevé, les espèces d'une faible présence comme Alliaria officinalis,
Campanula rapunculus.
Mais ce relevé met en évidence l'abondance d'un groupe d'espèces dont la locbalisation est remarquable. Ilex aquifolium,, tout
d'abord, dont il n'existe en dehors du djebel Rhorra que quelques
LA VÉGETATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
69
exemplaires isolés dans la forêt de l'oued Zéen et dans les environs d'Ain Draharn. Sanicula europaca, Viola riz.iniana, Ajus reptans, Potentilla n,icrantha qui se retrouvent également dans la ripisilve à Aines glutinosa, donc en milieu particulièrement humide
et où notamment, la sécheresse estivale est très peu accentuée. Stellaria holostea, très abondante au Rhorra, se trouve aussi niais rarement dans les cantons forestiers les plus élevés (le la région d'Ain
Draharn. Ceuna urbanunz enfin que l'on trouve dans la région du
Feidja et au djebel Tegma.
Ajoutons qu'au sommet du djebel Rhorra, se trouvent d'autres
espèces remarquables qui ne figurent pas dans notre relevé. Ce
sont Veronica .montan.a, Lutiula cantpestris, Carex silvatica, Doronicum atlanticuni, Festuca dryn7,cia.
Or, ces espèces ont une signification phytosociologique certaine.
Ainsi Viola silvestric s., 1., Sanicula europaca, Carex silvatica, Stellaria holostea, Veronica inontana, sont des caractéristiques du Fagion silvaticae. Ajuga reptaras est une compagne des différentes associations de cette alliance en France. Ilex aquifolium, qui trouve
son maximum de vitalité en climat suhocéanique, est une caractéristique (le la sous-association ilicetosum du Quercetum occiddental
et du Querceto-ilicetun Tuxen, de l'Allemagne du Nord-Ouest.
Geu,an urbanunr, Viola silvestris s. 1., comme Crataegus aasonogyna
et Tarrvus commuais sont des caracatéristiques de la classe Querceto-fagetea.
Dans cette localité du Rhorra sont donc réunies des espèces à
affinités niedio-européennes. Ces espèces sont d'ailleurs communes
aux montagnes humides (le l'Afrique (lu Nord. Ainsi QurzEr. 1941
classe parmi les caractéristiques probables d'un ordre réunissant les
groupements forestiers montagnards d'Afrique du Nord Carex silvatica, Veronica niontana, Stellaria holostea, Pontentilla micranth.a,
Viola silvertrisl Allaria of ficinalis, Sanic ula europaca, Doronicuni
atlanticunt et Ilex agnifo1/anr,: Ajoutons que deux autres espèces,
faisant partie de ce même groupe, ne se trouvent pas au Rhorra
niais ont été trouvées clans des stations significatives : Eu.phorbia
am-vgdaloides au chabet Ain Zana, dans la forêt desChihia à 9oo ni
d'altitude, Lathrrus piger, au bord de l'oued Zéen et au djebel
Tegma.
Au vu des relevés cités par BRAUN BLANOUET et de relevés effectués' par M. GulNocilET, QUEZF.r, a considéré les groupements à
chênes zéen de Kroumirie comme une sous-association de l'association à Quercus faginea et Rubus incanescens de Grande Kabylie;
avec, comme sous-espèces différentielles, Platanthera bifolia, Viola
rivi.niena et Stellaria holostea.
La comparaison des relevés (le Kroumirie et d'Algérie nous permet de penser qu'il vaut mieux distinguer deux groupements différents en Kroumirie: la forêt de chêne zéen cies basses monta-
70
LA VEGETATION FORESTILRE DE LA KROUMIRIE
fines qui est homologue du groupement forestier des forêts de basse
altitude, en dessous de i 200 m décrit par QuEZEL et un groupement montagnard homologue (le la sous-association à flex aquifolium de l'association à Quercus faginea et Rubus incanescens.
La forêt de chêne zéen des basses montagnes présente encore des
affinités certaines avec l'ordre Quercetalia ilicis avec une représentatinn encore abondante, quoique décroissante avec l'altitude des caractéristiques telles que Rubia peregrina, Smilax aspera, Phillyrea
media, Arbutus unedo.
Au contraire, la forêt de chêne zéen montagnarde, avec d'une
part la présence d'un groupe important d'espèces montagnardes et
d'autre part l'absence des espèces du Quercetalia ilicis s'en éloigne
nettement.
LA VÉGÉTATION FORESTILRE DE LA KROUMIRIE
7I
CHAPITRE XIII
LA RIPISILVE A AULNE GLUTINEUX
Malgré la sécheresse estivale de la Kroumirie, la forte pluviosité
annuelle permet l'existence de quelques cours d'eau permanents.
Sur une étroite bande, le long de ces cours d'eau, s'installent
(les groupements végétaux caractéristiques. !\ basse altitude, par
exemple le long de l'oued Kebir de Tabarka, de l'oued Titria ou
de l'oued Melah, la strate arbustive de cette ripisilve est constituée
par Abois glutinosa, Fraxinus oxyplaylla, Salir pedicellata, Minus
cantpcstris, Neriunt oleander et Popnlus alba. Ce groupement a
été signalé par BRAUN BLANQUET I51 qui en a noté les rapports
aussi bien avec les aulnaies à zílnus glutinosa et Salir atrocinerea
de la France atlantique qu'avec le populetum albae de la France
méditerranéenne.
Dans l'étage des basses. montagnes, un groupement différent s'installe le long des cours d'eau de plus faible importance. Fraxinus
o_rvplaylla, Uhntts cantpestris, Populos alba et NerlltItt oleander n'v
sont plus représentés. Ce changement de végétation est très net
par exemple en remontant le cours de l'oued 1\lelah qui prend successivement les noms de oued Khaddotuua et oued Zéen, à 35o ni
d'altitude, au confluent avec l'oued Offret et Oucil.
C'est plus spécialement ce dernier groupement que nous avons
étudié.
Les relevés suivants, présentés dans le tableau IV, ont été effectués dans les localités suivantes:
Relevé n° r: Ripisilve à Alma glutinosa, le long de l'oued Houfred el
Oucif, au pied du Rhoumd Belkassem, foret de l'oued Zéen.
Relevé n° z: Ripisilve à Ahans glutinosa, le long de l'oued Zéen forêt de
l'oued Zéen) en amont du gué emprunté par le chemin muletier conduisant
du poste forestier d'Ain Bou Khohza à celui d'Ain Hameraia.
Relevé n° 3: Ripisilve à Aluns glutinosa, le long de l'oued Souiniet, en aval
(lu douar Souiniet, à proximité du chemin muletier venant du poste fore.stiet
de Magensafi (forêt de l'oued Zéen).
Relevé n ° 4: Ripisilve à 4 haus glutinosa, le long de l'oued Daraoui (forêt
d'Ain Draham, r r° série), en aval du gué emprunté par la piste reliant la
route G. P. 17 (maison cantonnière d'Ain Djemel) à la route forestière des
ouled Cedra.
Relevé n° 5: Naissance de la ripisilve à Altius ,glutinosa le long du Chabet
Ain Rihan, affluent de l'oued Zéen (Forêt de l'oued Zéen, parcelle X).
TABLEAU IV
RIPISILVE A ALNUS GLUTINOSA
Numéros des relevés
Altitude
Exposition
Inclinaison (en d°)
Hauteur de la stratel(en m)
Recouvrement (en %)
Strate I
Strate II
Strate III
Caractéristiques
Alnus glutinosa
Athyrium filix femina
Circea lutetiana
Osmunda regalis
Hypericum androsaemum
Carex remota
Driopteris aculeata
Carex pendula
Salix pedicellata
Scrofularia scorodonia
Campanula alata
1
440
8.0
6.8
2
E.0
430
N
6
6.8
6.10
40
20
20
60
30
80
20
30
80
10
20
4.4
2.2
+
1.2
+
1.2
3.3
4.4
4.4
3.2
1.2
1.2
1.1
1.2
1.2
1.2
+ 1
2.2
1.1
4.6
70
10
10
1.2
Espèces compagnes
Geranium purpureum
Hedera helix
Erica scoparia
Allium triquetrum
Rubus ulmifolius
Calamintha clinopodium
Viburnum tinus
Ruscos hypophyllum
Vitis vinifera
Laurus nohilis
Myrtus communis
Ranunculus macrophyllus
l0
6.8
7
650
N
10
6
8
750
E
10
4
50
30
40
50
20
40
20
50
3.2
+ 1
3.2
1.2
1.2
1. 1
1.2
6
400
N.0
1.1
l0
2.4
1.1
1.2
2.2
1.2
Espèces hygrophiles de l'étage montagnard.
1.1
Viola riviniana
Veronica montana
1.1
Sanicula europaea
Ajuga reptans
+
Potentillia micrantha
Ilex aquifolium
Espèces de l'étage des basses montagnes (forét de
1.1
+
Brunella vulgaris
+
+
Luzula Forsteri
+
Galium ellipticum
1.1
1.1
Ficaria calthaefolia
+
Quercus Mirbecki
Brachypodium silvaticum
+
Carex olbiensis
Moehringra pentandra
Asperula laevigata
Cyclamen africanum
Prunus avium
1.1
Cytisus triflorus
Espèces des sols inondés
Bellis radicans
Juncus bufonius
Scirpus cernuus
Lythrum meonanthum
Mentha aquatica
Mentha pulegium
Helosciadium nodiflorum
Laurentia Michell
Mentha rotundifolium
Glyceria fluitans
3
430
5
4
320
N.S
380
N.S
1.1
1.1
1.1
+
+
1.1
1.1
1.2
1.1
1.1
1.1
+
.
chêne zéen ou de chéne -liège .
+
+
1.1
1.1
+
+
+
+
1.1
1.1
+
1
+
1.1
1.1 + 1
+
3.3
1 .2
2 .4
•
+
1.1
+
2.2
1.1
+
+
+
+
+
+
1.2
1.1
1.1
1.1
+ 1
+
+
1.1
1.1
1,1
+
2.3
1.1
2.3
+
+
1.1
2.2
+ 1
+
+
+
+ 1
+
+
+
+ 2
1.2
+
1.1
1.2
2.2
+
1.1
1.2
+
+ 2
+
1.2
+
+
+
+
+
+
+
1.2
2.2
+
1.2
+
+
1.2
+
+
+
1.1
+
+
+
1.1
1.2
+
2 .2
3.3
+ 2
1.2
1,2
+
+
+
+
+
1.1
+
+
+
LA VÉGÉTATION FORESTEÉRE llE. LA KROUMIRIE
73
Relevé n° 6: Chabet non dénommé, clans la parcelle R de la forêt d'Ain
Draham, r'° série, canton de l'Oued Delma.
Relevé ;tu 7: Suintements d'eau pérenne donnant un sol (l'aspect tourbeux
sur une surface: totale de 20o n ia, it proximité de la route forestière dite de
Djebel Adissa, km environ de son embranchement sur la route G.P. r¡
Souk et Arba-Tabarka.
Relevé sa° 8: Lieu dit Ain Touila, dans la parcelle K" (le la forêt d'Ain
Draham, VIe série. Suintements d'eau entraînant la formation d'un sol marécageux sur une surface totale de too m 2 environ.
Les relevés ont été effectués le long de l'eau courante ou, lorsque
le cours d'eau était peu abondant, suivant l'axe du lit coulisse dans
les relevés n° 5 et 6, sans s'éloigner (le plus de 2 à 3 ris de l'eau.
Les orientations indiquées sont celles de l'axe (lu cours d'eau, sauf
pour les relevés n° 7 et 8 où il s'agit (les orientations réelles des
stations. La sociabilité d'e Ain
ylutinosa a été notée 4 lorsque
la ripisilve était à peu près continue et à un coefficient inférieur
lorsque les Aulnes sont groupés par bouquets discontinus le long
d'un ravin comme dans les relevés n° 5 et 6.
Le tableau IV fait apparaître un groupement homogène, avec une
composition floristique caractéristique. Cette association se trouve
localisée en Kroumirie centrale, le long des cours d'eau permanents
de l'étage des basses montagnes, et sous une forme très voisine, à
proximité des émergences alimentées régulièrement toute l'année,
soit sources proprement dites dont l'eau s'écoule par la suite, soit
simples places marécageuses aux affleurements des strates argileuses surmontées de grès dans le flvsch numidien. De telles sources
sont pour beaucoup suffisamment abondantes pour constituer les
principaux points d'eau utilisés par les populations. Certaines ont
été captées et ne présentent plus (le ce fait qu'un intérêt botanique
restreint. Notons cependant que les sources approvisionnant l'agglomération d" Ain Draham ne sont captées que partiellement et l'eau
Espèces présentes dans les relevés, non portées au tableau ci-dessus, suivies (lu numéro des relevés oa elles se trouvent: Rubus sp. (2, 5) ; Asplenium
adiantum nigrum (2, 4) ; Poa trivialis (r , 5) ; Equisetum maximum (2, 3) ;
Juncus conglomeratus (6, 7) ; Smilax aspera (4, 8) ; Agrostis stoloniefa (4,
6) ; Tamus communis (5, 6) ; Gymnogramme leptophylla (2, 7) ; Cynosurus
elegans (5, 7) ; Carex divulsa (5, 7) ; Selaginella denticulata (2, 4) ; Ranunculus rupestris (2, 5) ; Mnium undulatum) (2, 4) ; Hyoseris radiata (2, 3) ;
Pteridium aquilin= (3, 4) ; Phillyrea media (4, 5) ; Rubia peregrina (4, 5) ;
Poa annua (5, 8) ; Pulicaria odora (5, 7) ; Carex punctata (7) ; Sedum cepaea
(2); Scrofularia perigrina (r); Lamiuns flexuosum (r); Galium elongatum
(8) ; Stellaria media (2) ; Ficus carica (6) ; Thelygonum cynocrambe (6) ;
Ranunculus Sardous (6) ; Crataegus monogyna (r) ; Thrincia tuberosa (7) ;
C'erastium glomeratum (2) ; Bellis silvestris (2) ; Petasites fragans (2) ; Alisma plantago aquatica (2) ; Potentilla reptans (3) ; Ficaria ranunculoïdes (2) ;
Lathyrus niger (2) ; Clematis flammula (4) ; Cl ematis cirrhosa (4) ; Ranunculus flabellatus (4) ; Erica arborea (5) ; Myosotis hispida (5) ; Asparagus
acutifolius (5) ; Melica minuta (2) ; Nasturtium officinale (6) ; Agrimonia
eupatoria (2).
74
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
excédentaire maintient une station à Alnus glutinosa et Sphagnum
sps. particulièrement riche. Ajoutons que, dans la région d'Ain
Draham, en raison de la régularité des plissements, ces sources apparaissent à peu près à la même altitude, soit environ 700 m stir
les flancs des vallées oú apparaissent précisément à la base les formations argileuses alors que les sommets sont formés (le grès. C'est
ainsi que l'on trouve successivement sur le versant Sud du djebel
Fersig, (le l'Est à l'Ouest, l'Ain Draham proprement dite, Ain
Boulaya, Ain Berda, Ain el Fersig, Ain el Amria, Ain Bou Zian.
Sur le versant Est du Djebel Bir : Ain el Freich, sur le mersant
Stid du même sommet la source dite du i 8e (le Ligne, au Djebel
Bonnouela: Ain Bona, Ain Aoueda, Madjen hrandoud, etc...
La ripisilve à Alnus glutinosa disparaît (le la Kroumirie occidentale puis continentale. En effet, on ne trouve plus de cours d'eau
permanents dans la région du Feidja. Les plus importants d'entre
eux, tel l'Oued el IIadjar, l'Oued Meramel ou l'Oued Iroug, quoique puissants pendant la période (les pluies, sont asséchés de la
mi-juillet à fin septembre. Cette irrégularité (lu régime suffit à éliminer l'association ; la ripisilve est alors appauvrie ; Alnus glutinosa et Carex pendula disparaissent, tandis que la strate arborescente est constituée alors (le Frarinus o.rvphylla, Salir pedicellata, Tamarix gallica et, par endroits, Neriuni oleander et Populos alba.
Notons enfin que cette ascociation est totalement différente des
groupements installés stir les mares saisonnières à eaux stagnantes,
assez fréquentes sur le flvsch numidien, comme celles (le Mouadgen et du djebel Sra, dans la région du Feidja, (le Magen damous
près de Fernana, (le Magen el Ma, près d'Ain Draham ou de la
dépression de Sedjenane on se développent des associations d'e l'Isoetetalia.
Dans la Kroumirie centrale, la ripisilve à _1l11us glutinosa est
bien représentée clans le bassin supérieur de l'Oued Zéen, le long
de l'Oued I fouffret el Oucif et de l'Oued Souiniet, le long (le
l'Oued Daraoui. au Nord-Ouest (le la route de Babouch à Tabarka,
le long de l'Oued Delnia qui coule du col de L'abouch vers l'Algérie. Plus au Sud, le groupement est plus fragmentaire dans le bassin de l'Oued el Lil ou de l'Oued el Krouldjene. On ne peut donc
dire que la ripisilve à Ahans glutinosa est strictement localisée le
long (les Oueds permanents de l'étage (les basses montagnes, principalement sur le versant maritime de la Kroumirie.
COMPOSITION FLORISTIQUE
Les caractéristiques de l'association apparaissent nettement ele
l'étude comparative des relevés. Ce sont Alunis glutinosa, Circaea
lutetiana, Osniunda regalis, Hypericuen andro.saenaum, Carex pendula et Carex remota,
LA VEG1;TATION FORESTI]LRE DE LA KROUMIRIE
75
/Murs glutinosa, dont l'aire s'étend de l'Europe occidentale au
Caucase, se trouve en Tunisie à la limite Est de son extension en
Afrique du Nord.
Carex pendula et Hypericum androsaem.um ont des aires eurasiatiques analogues à celle d'AliuTs glutinosa, tandis que Carex remota
est plus septentrional.
Osinunda regalis est une espèce commune à l'Amérique et à
l'Europe.
Circaea luteliana est considérée comme une caractéristique r_ Ye.
Perdre populetalia albae clans la région méditerranéenne.
En dehors de ces espèces caractéristiques qui ne se trouvent que
dans le grouperaient étudié, la ripisilve abrite des espèces des forêts
de l'Europe moyenne qui, en Afrique du Nord, deviennent caractéristiques des groupements de l'étage montagnard. Ce sont : Viola
riviniana, Sanicula europaca, t eronica in.ontana, _1ju.ga reptans,
Ilex equif oliuni, Ath vrium, Fili.r Femina.
Lis relevés de la ripisilve à :Aulne qui s'étire sur une très faible
largeur le long (l'es cours d'eau, comportent en outre de nombreuses
espèces que nous avons signalées précédemment comme caractéristique de l'étage des basses montagnes. Les plus fréquentes sont Brunella vulgaris, Lufula Porsteri, Gallium clliptiicuen.
Au contraire, les espèces caractéristiques de l'ordre Quercetalia
ilicis comme PhVllyrea media, Rubia peregrina, Cleruatis flammula y
sont rares.
Enfin, parmi les compagnes de la ripisilve. de nombreuses espèces se retrouvent dans tous les lieux à sol détrempé comme Bellis
radicans, Juncus bufonius, Scirpus CCNIeu-S, Lythrmtm meonanthum,
lien#ha pulegiunr, Laurentia llichelli où, au contrat des eaux courantes connue Nasturtiuni nf ficinale, Cly'ceria fluitans et Helosciadi:um norliflorum.
I_e nombre de relevés dont nous disposons est insuffisant pour
faire apparaître avec certitude des sons-associations. Cependant, il
est probable que l'on peut distinguer, d'une part une sous-association à Carex pendula, propre à la ripisilve, et une sous-association
dont les caractéristiques pourraient être Caiupan.ula alata et Scrofularia scorodonia avec. comme compagnes particulièrement abondantes Scirpes cernuus, Bellis radicarvs, Helosciadium nodifloruni, sur
les sols détrempés par des émergences pérennes.
D'autre part, il faut rapprocher (le cette association les groupements à Sphagnum qui constituent sans aucun doute les stations
les plus remarquables de la Krounmirie.
Signalée déjà par CossoN [27], la station la plus importante a
été retrouvée par LAnrE [60] clans le vallon en dessous c'es sources dites du 18°. Nous en avons nous-mêmes découvert tine dizaine
d'autres plus ou moins importantes.
LA VÉGÉTATION FORESTILRE DE LA KROUMIRIE
Citons un relevé effectué dans une des stations du Djebel Bir,
à loo m en dessous de la piste dite du Meridj.
Altitude: 650 m - superficie du relevé : 2 5 m2 .
Strate I - recouvrement : 40
Alnus glutinosa
2.1
%.
1.1 Salix pedicellata
Strate II - recouvrement : Io %.
1.2 Erica scoparla
+ 1 Hedera helix
+3 Erica arborea
1.2 Osmunda regalis
Robes
ulmifolius
+2
Strate III - recouvrement: 90 %.
3.3 Spi/agnunt sps.
Scirpes cernons
3.3 Dellis radicans
tI Carex punctata
2.2 Juncos bof onius
+ Heleocharis multicaulis
1.2 Anagallis crassifolia
+ Athvriuna Felix Femina
+ Laurentia Micheli
+ Carex remota
-j-- Hypericum australe
+ Sieglingia decumbens
Dans une autre station située entre le pont des Ouled Ayed à
proximité duquel se trouvent également quelques pieds de Sphagnum et le poste forestier de Magen Safi au chabet Ain et Zeen,
à 510 ni d'altitude, nous avons fait le relevé suivant :
Strate I - recouvrement : 40 % - hauteur : 5 m.
3.2 Alnus glutinosa.
Strate II et III - recouvrement : 8o %.
Sphagnurla sps.
T.2 Pteridiunt equilimsiti
1. I Anagallis crassifolia
1.2 Juncos bulboses
1.2 Osmunda regalis
1.2 Erica sco paria
T.2 O uercus .I7irbecki
(plan1.2 Dellis radicans
} Lvthrunt nteonanthum
tules)
+ Helosciadiu,ret crassipes
1.2 Scirpus cernuus
1.2 Smilax aspera.
+2 Carex olbiensis
1,2 Rebus discolor
+ Laurentia Micheli
--2 Athyrium Filix Feniina
+ Callitriche sp.
1.3 Potentilla reptans
2.2
Ces « tourbières » dont les plus importantes ne couvrent que
quelques dizaines de mètres carrés, sont certainement des reliques
d'une époque où la région a connu un climat beaucoup plus pluvieux, comme le montre leur répartition géographique puisque, en
dehors de la région d'Ain Draham, il faut aller en grande Kabylie pour trouver les stations les plus proches. Avec les espèces
LA VÉGÉTATION
EORESTIÎRE
DE LA KROUMIRIE
77
comme Blechnuin .spitant (2 stations de quelques pieds chacune) et
liuphorbia ainygdaldides (une seule station d'une dizaine de pieds),
elles masquent nettement le caractère septentrional de la flore de
la Kroumirie, comparable, quoique appauvrie, à celle de la Grande
Kabylie
COMPARAISON AVEC
LES ASSOCIATIONS A
Aluns glutinosa
DÉJA DÉCRITES
Plusieurs associations et groupements aux caractères floristiques
très voisins du Cariceto-Alnetunv glutinosac ont été décrites en
France et dans la région méditerranéenne occidentale.
ALLoRGE [21, dans son étude sur le Vexin français, décrit une
aulnaie à Carex pendula. Parmi les espèces citées par cet auteur présentes en Tunisie, notons, avec les qualificatifs qui leur sont donnés:
Exclusives : Carex pendula
: Tiquisetuin maximum
Elective
Préférentes: Alnus glutinosa
Circaea lutetiana
Accessoires : Athvriuni Pilla; Fenaina
Brachypodiuin silvaticun t
Cenni urbanuns
Allaria o f ficinalis
Geranium robertianum
A juga reptans
LEMEE, dans sa thèse stir la végétation du Perche [641 distingue
en particulier un alneto-caricetum remotae (l'ont les caractéristiques
présentes en Tunisie sont :
Carex rentota (caractéristiques (l'association)
Carex pendula
id.
Athyriuna Filix femina (caractéristique d'alliance)
Alnus glutinosa
id.
Circaea lutetiana (caractéristique du Fagion)
Viola silvestris
id.
La localisation (le l'Alneto-caricetum remotae Lemée est tout à
fait comparable à celle de l'association de Kroumirie, puisque l'auteur la situe, soit sur le bord plat des ruisseaux, constitué d'alluvions et souvent réduit à bande étroite, soit clans les dépressions où
affleure une nappe temporaire. Par ailleurs, cette association abrite
de nombreuses espèces du Fagion qui appartiennent à l'Afrique du
Nord, aux associations forestières (le l'étage montagnard, telles que
Carex silvatica, Veronica naontana, [elica uniflora et des compa-
78
LA VEGI TATION FORESTIÍRE DE LA KROUMIRIE
gnes telles que Geum urbanzum, Mentha aquatica, Ajuga reptans,
Brachypodivan silvaticum, Maziuìra undulatum, Glyceria fluitans.
Notons cependant que LEmEE ne signale Osmunda regalis que
dans une autre association qu'il nomme Alneto-sphagnetum.
ALLORGE, dans une étude phytogéographique sur le pays basque [ 3 ] distingue également :
I° Une Aulnaie alcaline des vallées où l'on retrouve notamment
parmi les caractéristiques : Equisetum maximum, Poa trivialis, Carex pendula, Carex remota, Aines glutinosa, 'Circaea lutetiana, Veronica montana, Galiuna elongatuin et, parmi les compagnes, Brachypodium silvaticum, Ajuga reptans, Mentha aquatica.
2° Une aulnaie acide, avec notamment Blechnuna spicans, Osmunda regalis et Athyrium Filix f emina.
Les groupements reconnus par JovET d'ans son étude phytosociogique sur le Valois L581 ont une affinité certaine avec ceux de Kroumirie, aussi bien ceux que cet auteur appelle taillis tourbeux acides
à Sphaguuan sp. que les taillis mouillés à Carex pendula où se retrouvent là encore Athyrium Filix f emina, Circaea lutetiana, Carex remota.
Dans la région méditerranéenne, diverses associations ripicoles
ont été décrites. Les groupement étudiés par BRAUN-BLANQUET [19]
dans les Cévennes méridionales, par DE BANNES PUYGIRON [6]
dans le Valentinois méridional et Tcliou [I05] dans le Languedoc,
ont été rattachés à la même association Alteno-fraxinetum oxycarpae Tchon 1946 où sont citées, parmi les caractéristiques locales,
Aluns glutinosa, Carex pendula, Circaea lutetiana. Le Carex remota
en est absent.
L'Alnetum catalaunicum décrit par SUSPLAGAS (I04) dans les Pyrénées-Orientales ne comporte pas Carex pendula et Carex remota.
Cette association trouve son optimum entre 800 et 1300 m d'altitude. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'une ripisilve à Aulne. Ce dernier
groupement existe cependant à moyenne altitude Où nous l'avons vu
par exemple dans la région du Perthus.
L'association à Salix catalaunicum et Carex pendula décrits par
DE BoLOS [ Io] en Catalogne espagnole, est très proche de la ripisilve de Tunisie. On y trouve en effet parmi les caractéristiques locales de l'association Carex pendula!, Equisetum maximum, Carex
remota et, parmi les caractéristiqes d'alliance et d'ordre, Alnus glutinosa, Asperula laevigata, Circaea lutetiana, Urtica dioica...
En Corse, la ripisilve à Aluns glutinosa est également représentée
et dans un relevé publié par DE LITARDIkRE [66], nous notons en
particulier la présence en plus de Alnus glutinosa, de Ilex aqui f opium, Hedera helix, Athyrium Filix femina, Osmunda regalis, Brachipodium silvaticum, Glyceria fluitans.
Enfin, en Algérie, OUEZEL [94] note que la sous-association à
LA VEGETATION FORESTIERE
DE LA KROUMIRIE
79
71ex aquifoliuin de l'association à Quercus faginea et Rubus incanesccns représente une forme (le passage entre les peuplements de
chênes à feuilles caduques et la ripisilve à 4lnus glutinosa dont les
bouquets se trouvent sur les bords des sources et les suintements
pérennes. Le relevé de la foret de l'Akfadou cité par ce dernier
auteur (op. cit. p. 36)), aurait pu être parfaitement effectué sur
une station identique de la Kroumirie.
On peut donc dire que la ripisilve à Alnus glutinosa de Kroumirie s'apparente étroitement à différentes associations d"Europe
moyenne et de la région méditerranéenne occidentale dont l'écologie
est extrêmement voisine [86]. Le cortège floristique des espèces
septentrionales est certes très appauvri en Tunisie, mais il reste un
noyau de caractéristiques qui confirment l'affinité de ces associations groupées dans l'ordre de l'alneto-ubnion. Dans cette association, les éléments méditerranéens sont très subordonnés, et comme
seule endémique nord-africaine, nous ne pouvons citer que Campanela alata.
Par contre, les éléments (le flore medio-européenne y sont dominants, ce qui donne au groupement son caractère relique au milieu
d'un ensemble euméditerranéen.
**
L'intérêt forestier (le l'Aulnaie est assez réduit. Sa localisation
le long des cours d'eau et aux abords des points d'eau ne permet
nullement d'envisager son extension. Toutefois, son rôle dans le
maintien des berges et clans la lutte contre l'érosion est important et
une protection toute spéciale s'impose. Heureusement, la vigueur de
Aluns glutinosa lui permet de résister aux traitements que lui font
subir les usagers de la forêt qui recherchent son bois pour la confection des charrues et des objets ménagers, notamment les plats en
bois appelés « guessa n, et qui abattent souvent des perches uniquement pour permettre aux troupeaux (l'e consommer le feuillage.
Précisons en outre qu'un peuplement d'aulnes plus important en
bordure (lu lac Tonga, clans la région (le La Calle en Algérie, où
le Cyprès chauve (Ta_rodiuna distichum) a d'ailleurs été introduit
avec succès, fait l'objet d'une petite exploitation pour la fourniture
(le bois de caisserie pour le transport (lu poisson.
8o
LA VEGI;TATION FORESTILRE DE LA KROUMIRIE
Il. - Les groupements de dégradation
CHAPITRE XIV
GÉNÉRALITÉS
SUR LES FACTEURS DE DÉGRADATION
Comme il a été dit dans un chapitre précédent traitant de l'influence de l'homme et d'es animaux sur les groupements végétaux
de la Kroumirie, l'ensemble du massif forestier que nous avons
étudié est soumis à un processus généralisé de dégradation.
Que cette dégradation soit amorcée par le pâturage abusif, par
l'incendie ou la coupe, elle s'accompagne inévitablement de la dégradation du sol forestier, aussi bien par l'accentuation du lessivage
que par la destruction par érosion de l'horizon supérieur humifère.
Avant de décrire les associations ou faciès de dégradation, il convient donc d'analyser le mécanisme d'action de chacun de ces facteurs, dans la mesure toutefois où il est possible de distinguer une
action isolée, car souvent pâturage, incendie et coupe agissent concurremment.
A. — LE PATURAGE
Les troupeaux des populations riveraines de la forêt vivent toute
l'année sur les parcours forestiers où ils trouvent l'essentiel de
leur nourriture. Si les troupeaux d'ovins et de caprins pâturent sous
la surveillance de bergers et sont rentrés pendant la nuit, beaucoup
de bovins vivent dans un état demi-sauvage., Les prairies fauchées
sont très rares et l'utilisation du fourrage d'appoint est réduite à
une maigre distribution en période de neige. Ainsi la dent du bétail
exerce une sélection généralisée et constante qui élimine les plantes
les plus appréciées et favorise au contraire les plantes refusées :
espèces épineuses comme Calycotonue villosa, Genista triscopidata,
G. aspalathoides, G. uiicina, Eryu fium Povei Galactites tomentosa,
,
espèces à goût amer comme Daphne rinaidiunn, espèces que leurs dimensions mettent à l'abri de la dent du bétail, Plantago serraria,
P. Bellardi, Brunella alba, Thrincia tuberosa, Hyoseris radiata ;
les plantes à bulbe ou à rhizome comme Urginea maritima, Asphodelu.c microcarpu,s; les espèces ligneuses comme les Cistacées et les
Ericacées. En outre, les espèces nitratophiles sont disséminées sur
le sol enrichi par les déjections des bêtes.
LA VEGÈTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
81
Nous donnerons trois exemples qui mettent en évidence la transformation (le la flore sous l'action d'un pâturage intensif.
Exemple n° I. — Relevé effectué dans la forêt de chêne-liège, à
800 ni d'altitude, au Djebel Eersig, à proximité d'Ain Draham, à
20 111 de la tranchée pare-feu entièrement débroussaillée suivant la
crête et empruntée fréquemment par les troupeaux.
Strate I:
Qaercus saber
3.5
Strate II:
Erica arborea
Crataegrts naonogyna
Daphne gnidinnr
Myrtus C0111 771
RUbus sp.
2.2
} I
+i
I.2
I.I
Cistus salviaefolius
Cytisas triflorus
Genista triscupidata
Calgcotove villosa
Fantana thynaifolia
-}-i
4-.
-}-
-^-^-
Strate III:
Trifoliurn campestre
Plantago serrarfa
/lira Tenorei
Brunella alba
Cyarosnrus elegans
Geraninni pnipnvrenai
Pulicaria odore
Trifoliuin gloWreraturn.
Mvoscris radiata
Asperula laevigata
1.2
i.i
LI
I. I
-}+
i.i
I.I
-}-
Calanrintha cli.nopodivaH
GaHnv tunetanuv
Cynosurus polybracteatus .
Trifoliurv li.gvtsti,cuîìi
Galiana parisiense ......
Txccrium scorodonia ....
Lin u ni gallicuna
Carex glauca
Lu.sula Forsteri
+
-{-}^--
-}-
LI
Bri-za nra.riana
Caves distaclrya
I.i
Galivro ellipticum
Thrincia tuberosa
Rubia peregrina
Biscotella lyrata
Sherardia arvensis
Melica aninuta
I.i
-f-
Anagallis coerolea. ......
Trifolium angustifolianr ..
Centaurea Tagann
Ranunculus flabellatas ...
Ranoncalas rnacrophyllus .
Tri f oliurn. nigre.scens ....
Crepis patula
-1-{-
^--
-}+
-}-{-{-
+
-^-^-}-{-
Le sous-bois, dont le coefficient de recouvrement est de 25 %,
est, à l'exception de Cytisus triflorus, très peu abondant, uniquement composé que d'arbustes refusés par le bétail, soit épineux
comme Calycotonrc villosa, Robus sp., Crataegus inonoggna, Genista triscupidata., soit à goîrt désagréable, comme Myrtes coanrnu nis,
Daphne gnidiuin; soit ligneux comme Cistus salviaefolius, Filmana thy n ri f olia.
Dans, la strate herbacée subsistent encore les caractéristiques forestières de l'étage humide: Asperala laevigata, Galium ellipticurn,
Rubia peregrina, Melica minuta, Teucrium scorodonia, ainsi que
les espèces nitratophiles communes comme Biscutella lyrata, She-
82
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
rardia arvensis, Anagallis coeru.lea, tandis qu'abondent les espèces
bien protégées de la dent du bétail par les feuilles en rosette ou
appliquées au sol comme Plan.tago serraria, Hyoscriss radiata, Pulicaria odora, Thrincia tuberosa, Brunella alba, accompagnées des
Trifolium de dimensions modestes comme Trifolium campestre,
T. glomeratum.
Le relevé n° 2, effectué à 4.I0 m d'altyitude, dans un boisement
de chêne-liège en bordure de la clairière utilisée comme parc à liège
dans la forêt du Djebel Tegma, montre une étape plus poussée de
la dégradation.
Strate I (hauteur : 7 m - recouvrement : 7o %):
Quercus suber
4.5
Strate II:
Daphne gnidium
+
Ttifu1cnnin campestre
Cyno.surus polgbracteatus
Brunella. alba
Torilis nodosa
Hyoseris radiata
Galiiam tunetanuin
Carex divulsa
Evax pt'gmaea
Trifolium striatuw
Gaudinia fragilis
Vulpia nmgaros
Rumex bucephalophorus
Anagallis coerulea
Trifolium angustifolium
Promus commutatus
2.2
Galactites tomentosa
Thrincia tuberosa
Cynosurus elegans
Brunella vulgaris
Vicia disperma
Provins madritensis
Cerastium glomeratum
Agrinmonia eupaforia
Sherardia arvensis
Asperula loevigata
Eryngium. Bovei
Chrysanthemum rnycomris
Galiuni tumzetauuin
Silene gallica
Gastridiuma ventricosumn
+++ ++++++ ++++ + +
Strate III (Recouvrement : 90 %) :
Carex ganta
Le sous-bois est réduit à deux exemplaires de Daphne gnidium.
Les caractéristiyques forestières se réduisent ici à Asperula laevigata, Agrimonia eupatoria et Carex divulsa, de la forêt de chêne
zéen. Par contre, il y a invasion des graminées peu appréciées du
bétail conne Cynosurus elegans, Gaudinia fragilis, Vulpia mt'uras,
Bromus commutatifs, B. cnadcitensis, Gastridinm ventricositHz, de
Carex glauca, stolonifère, des plantes épineuses comme Bryngiomn
Bovei, Galactites tomentosa, des plantes en rosettes ou à feuilles appliquées au sol comme Brunella alba Hyoseris radiata, des espèces
des pelouses sableuses comme Evax pygmaea, Silene gallica, Rumex
bucephalophorus.
,
LA VÉGÉTATION FORESTIrRE DE LA KROUMIRIE
83
De même, le relevé n° 3, effectué à proximité de la piste forestière de Magen Safi à Sidi Youssef, dans un bouquet de chêneliège et chênes zéen, en bordure d'une clairière à 440 m d'altitude,
montre une substitution analogue, sous le couvert d'une strate arborescente encore très complète, des espèces des pelouses siliceuses
à celles du sous-bois forestier.
Strate I (recouvrement : So /o) :
Quercus suber
4.4 Q7rercus Mirbecki
Strate II (recouvrement : Io /o) :
Erica arborea
1.2
Crataegus monogyna
I .2
Strate III (recouvrement: 8o
Plantago serraria
Plantago lagopus
Bromus madritensis
Cynosuru,s ele gans
C_ynosurus polybracteatus
Brachy podiamz distachyon
Anagalis coerulea
Tnifoliu n2 campestre
Torilis nodosa
Hyoseris radiata
2.2
2.2
I .I
I.I
{
-{-
}
I.I
+
Andryala sinuata
Asphodelus microcarpus
Rumex bucephalophorus
Sherardia arvensis
Luzula Forsteri
Galinm tunetanum
Linaria triphylla
Trifoliurn striatum
Gaudin/a frag/lis
+
Les plantains, les trèfles, les graminées refusées par le bétail, composent presque entièrement la strate herbacée où seule Luzula Forsteri rappelle l'ambiance forestière.
Nous voyons ainsi que les pelouses dont nous décrirons les types
par la suite, peuvent s'installer sous le boisement par substitution
aux compagnes forestières des espèces refusées ou à l'abri de la dent
du bétail. Malgré la présence d'une strate arborescente quelquefois
très complète qui peut faire illusion, il ne s'agit plus d'une forêt,
mais bien d'une pelouse de dégradation sous un couvert de chêneliège et d'e chêne zéen. La coupe des arbres achèverait la dégradation.
Le pâturage intensif, s'il n'attaque pas directement les arbres de
la forêt, modifie considérablement le groupement végétal et rompt
l'équilibre biologique qui assure la permanence de la forêt. Il serait
nécessaire d'expérimenter pour étudier la réinstallation des semis
des essences forestières dans diverses conditions et la durée de l'interdiction du parcours indispensable pour assurer la régénération
et la protection d'e cette régénération. Si la réalisation du peuplement mûr ne soulève aucune difficulté, en particulier dans certains
cantons de chêne zéen, où la régénération est excessivement abondante et vigoureuse en raison d'un pâturage peu important, il nous
paraît très imprudent (l'asseoir des coupes de régénération si la
84
LA VÉGÉTATION FORESTII~RE DE LA KROUMIRIE
réinstallation des jeunes plants n'a pas été assurée au préalable par
l'interdiction du pâturage pendant plusieurs années.
Si malheureusement les exemples de stades de dégradation sous
l'influence du pâturage sont faciles à trouver, il n'en est pas de
même des stades progressifs; il est à peu près impossible, dans la
conjoncture actuelle (i), d'obtenir la mise en défens effective d'une
parcelle, si ce n'est à l'abri d'une solide clôture et sous la surveillance
immédiate d'un agent forestier. Encore faut-il ajouter que, même
dans ces conditions, la restriction à l'exercice du droit d'usage ne
va pas sans nombreuses difficultés. Nous n'avons aucun exemple
de parcelles soustraites au pâturage pendant un temps suffisamment long pour que des conclusions puissent en être tirées valablement. Nous ne pouvons citer, à titre documentaire, que les deux
seuls exemples suivants :
A proximité de Babouch, une parcelle a été clôturée en 1948,
pour protéger une plantation de Pins maritimes sur une surface
d'un quart d'hectare. En juin 1952, deux relevés ont été effectués,
le premier en dehors de la clôture, qui peut être rattaché à l'association à Paronychia ech.inata et à Plantago serraria, le second à l'intérieur de la clôture, où ont été effectués comme seuls travaux
des dégagements à la faux autour de chaque pied de pin. Dans le
relevé n° i, la hauteur de la pelouse est rabattue à moins de 5 cm
du sol, tandis que dans le relevé n° 2, la hauteur de la strate herbacée est en moyenne de 0,30 à o,6o m.
Relevé n° i
Plantago serraria
Lolia n2 rigidifia
Tri f oliune angusti f olium .
Brachypo dium distachyon.
Trifoliain campestre
Trifolium jarninianum
Trifolium glomeratum
Brunella alba
Galactites tomentosa
Medicago tuberculata
Sherardia arvensis
Anagalis coerulea
Bromas commutatus
Galium parisiense
Cichoriuni in tybus
Trifoliit n. Cherleri
Hypochaeris radicata
Tri f oliurn lugusticum
(T) paragraphe rédigé en 1 954.
+
Relevé n°
+
1.1
--f-
-}-
-1-+
1.1
1.1
+
1.1
1.1
1.1
-}-
+
+
+
+
2.2
-F-
+
+
+
+
+
+
+
-1-
1.1
+
+
+
2.2
1.1
-}-
2
LA VEGETATION FORFSTI li RE
DE LA KROUMIRIE
85
On trouve en outre d'ans le relevé n° I:
Acg ylops ovate
Trifolium scabrum
Trifoliumi stcllatum
Paronychia ec-hinata
P_vax pygmaca
nl edicago murex
Trifolium tornentosum
Hcdypn ois polymorphe
Scor¢iurus subvillosus
Et clans le relevé n°
Trifolium subterraneum
Scol_ynrus gramidiflorus
Plantago lagopus
Dauens muricatus
Phalaris nodosa
I.I
-
}
- {-
4
-f
2:
Cynosurns polybracteatus ..
Cynodon dactylon
Andryala sinuta
Avena sterilis
Rumex bucephalophorus
Hypochaeris artnensis
Filago gallica
Aire Teno rii
Bri:a maxima
Sanguisorba minor
Holcars lanatus
f/v ose ris radiata
Relus annua
Cytisus triflorus
Trifolium striatura
Calium ton etannm
Plantago Bellardi
T)aucus laserpitioïdes
Plantago lanceolata
lsphodelus microcarpns
Filago ,germanica
Trisetaria parviflora
Pteridiurn aquilimrum
T/ulpia myuros
Erica arborea
Poa annua
Silene gallica
Thrincia tuberosa
Chrysanthemum myconis
Dianthus rp
Caliuron sacdharatuan
Pryu.gium Bovei
Campanula rapunculus
Ranunculus macrophyllns
Stachys arvensis
Hypericu.m australe
Calycotome uillo.ra
Lotus angustissimns
Menthe pulegiun
- 13.3
-f
{
- f7.7
LI
I.I
f
-f
-
Le nombre d'espèces trouvées est de 32 clans le relevé n° i , de
56 dans le relevé n° 2, poti n tinc même surface explorée de toc) m 2 .
T8 espèces sont communes aux deux relevés. La'composition du premier relevé est typique, avec principalement des plantes de petites
dimensions, notamment les trèfles : Tri f 071.11111 scabrum, T. stellattrtu. T. subterranenm, T. torne]ttosnnm, T. Cherlcri, et des plantes
qui résistent en se plaquant au sol, comme ol1edicago Murex et M.
tubcrculata, Scopinrirs snbvillosus.
Le relevé n°
2
est caractérisé par un large développement de
Ptcridimu aquilinurn accompagné d'un enrichissement désordonné
en espèces diverses. TI faut toutefois noter que les compagnes forestières comme Cylisus triflorus, Caliurn tunetanum, Erica arborea
(plantules), sont déjà apparues. I1 est possible qu'un faciès à Pteridiultt aquilinuut succède à la pelouse à Plantago serraria dans
l'évolution progressive comme il la précède dans la dégradation.
Le relevé suivant a été effectué clans une parcelle de chêne zéen,
après deux ans de alise en défens par clôture:
Localité: forêt du Djebel Tegma, entre le poste forestier et la
frontière algérienne, à 560 m d'altitude.
86
LA VEGETATION FORESTILRE DE LA KROUMIRIE
Exposition : Nord'-Ouest - pente : 8 %.
Strate I (recouvrement : 8o %) :
4.5
Strate II (recouvrement : 2 %)
Frica arborea
-{- Cytisus tri f lorus
Smilax aspera
-}- Crataegus monogyna
Q uercus Mirbecki
:
Strate III (recouvrement :
30
Agrimonia eupatoria
Cynosurus elegans
Cynosurus pol_ybracteatus .
Torilis nodosa
i.i
1.1
i.i
+
7_inuin galli.curn
-{
Luzula Forsteri
Promus madritensis
Rrachypodium silvaticum .
Asperula loevigata
Geranium purpureum . .
Anagallis coerulea
Asjihodelus ‘microcrrpus .
Vicia sativa
Scleropoa rigida
Gastridium ventricosum .
Ranunculus macrophyllus .
B runella vulgaris
i.i
1.1
1.1
i.i
LI
-{-{-}-f-f-}-
-
hauteur maximum : 0,4o m.
Promus commutatifs
Specularia falcata
Plagius virgatus
Carex olbiensis
llloerhingia pentandra
Andryala sinuata
Hypochceris aetnensis
Euphorbia pterococca
Hypochaeris aetnensis
Carex distachya
Dactylis glomerata
Asparagus acu,tifolius
Tainus communis
Trifoliunti ligusticum
Polycarpum tetraphyllum .
Trisetaria parviflora
Holcus setosus
....
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
La composition floristique du relevé ne diffère pas de celle des
relevés du tableau III ; il faut simplement noter la présence de Trisetaria parviflora et de Holcus setosus qui ne se trouvent dans aucun autre relevé. II est certain que clans cet exemple, la mise en
défens, appliquée depuis cieux ans seulement il est vrai, n'a pas provoqué un développement inhabituel ni dti degré de recouvrement
de la strate herbacée, ni, dans cette strate. d'une extension particulière d'une espèce. Il est toutefois possible que certaines espèCes
comme Holcus setosus, ne sont rares que par suite d'une élimination
du fait du bétail.
B. — L'INCENDIE
L'incendie, comme dans toute la région méditerranéenne, est le
facteur de destruction de la forêt le plus spectaculaire. Il faut toutefois préciser qu'en Kroumirie, les incendies sont relativement rares, par comparaison avec les massifs semblables du Nord Constantinois, et qu'ils ne sont pas un moyen systématique de rénovation du pâturage comme bien souvent ailleurs, L'origine doit en
LA VJ GETATION FORESTliZRE DE LA KROUMIRIE
87
être attribuée, en premier lieu à l'imprudence et, quelquefois, à la
malveillance. Quoi qu'il en soit, ils peuvent parcourir, si les circonstances sont favorables, notamment par temps (le sirocco, aux mois
de juillet et août, des surfaces considérables pouvant atteindre 2 000
hectars.
Quand' le feu a été violent et s'est attardé sur une même parcelle,
il ne reste après son passage que les tiges calcinées des arbustes
et quelques chandeliers (le chêne-liège ou (le chêne zéen. Il faut
toutefois attendre le mois (l'octobre pour évaluer exactement la
mortalité parmi les arbres, car, dès les premières pluies abondantes,
des pousses d'automne apparaissent, par exemple sur les chêneslièges. Il faut cependant des années pour que les houppiers se reforment normalement sans pour autant faire disparaître les tares
définitives provoquées par la chiite (les principales branches.
Par ailleurs, le chêne zéen, dont la mortalité est très forte sinon
totale quand le feu est violent, garde, lorsque l'incend'ie a parcouru
rapidement la parcelle au scl, sur la bille de pied, (les bourrelets de
cicatrisation qui déprécient irrémédiablement le bois.
Le printemps qui suit l'incendie voit, si la mise en défens a été
effective, le développement exubérant de la flore herbacée.
Le relevé suivant a été effectué, en mai 192, au lieu dit Ain
Téchia, forêt d'El Feidja, à 780 ni d'altitude, à l'exposition Sud,
sur une parcelle à peuplement mélangé de chêne-liège et (le chêne
zéen, parcourue en août I95i par un violent incendie. La mortalité de chêne zéen a été totale.
Strate I:
Qtfercus suber
1.2
Strate II - Recouvrement : i o à -hauteur : o, 5o à
Erica arborea
.1Ivrtus conzn/u7/iS
I.I
I
ni:
Cisttts ntoiSpclienSiS
T.I
I.I
Strate herbacée - Recouvrement: Too % - hauteur : 0,40 à o,8o m
3.4 /lira Ten orii
sativa
2.2
lledicag) solcirolei
Cardamina hirsuta ...... -{11. nturex
Trifoliunt campestre
Lotus angustissinzzts
Trifoliuzn janzizzianunz ....
Trifolioin ligusticuzzz ....
Cvnosurus polvbracteatus .
Rriwa maxima
Hypochceris aetensis .
Lvchuis laeta
Fumaria capreolata
2.2
I.I
1. I
I.I
I.I
I.I
I. I
1.1
-l--2
1.I
T'1a1pia sicu la
Promus contn2utatns
Gastridiunz r'entricosunz
Silene gallica
Aira cupaniana
Pulicaria adora
Sherardia arvensis
Trisetaria panicea
4-
Trif0/i/171z 100r'igatuin ....
+
Asphodelus znicrocarpus
-^-
4
-^-{-{-}}-
88
LA VEGLTATION FORESTIÈRE DE LA I{ROUMIRIE
Ce relevé met en évidence le développement massif des légumineuses Vicia sativa, Medicado murex, M. soleirolii, Trifolium jaminiaraum, T. li.dusticuan, T. campestre, T. loevigatuua, Lotus angustissimus, qui ne jouent qu'un rôle effacé clans la strate herbacée de
la foret habituellement pâturée. Toutefois, cet épanouissement de
la flore herbacée sur un sol profond et humide n'est pas aussi puissant sur un sol superficiel. Nous avons fait le relevé suivant dans
la même localité, mais sur sol rocheux avec plages sableuses.
Strate • I - Recouvrement: Io % - hauteur: 4 à 5 ni:
tue rons .aber
I.2
Strate II - Recouvrement : Io % :
CLOUS salviac f olies
Erica arborea
Calycotome villosa
C'Tisus triflorits
I.I
1.1
I.I
I.1
Arbutus eccedo
Daphne gnidiuin
Genista ulicina
1.1
-1+
Heliantlaemum tuberaria .
hryngiaaul. Roveti
dira. cupaniana
Brina maxima
Trifolium ligusticum
Trifolium arvense
Trifolium jarninianum
Trifolium angustif olium
Trifolium campestre
Bocconi Trifolun
Trifolium ,glomeratuni
Tri f oliera. loevigatuni
1l edicago murex
Buniurra manritaniculu
Vulpia geniculata
Festuca coerulescens
Silene gallica
Filago gallica
Allivan sp. cf . roseum
Hypochaeris aetnensis ...
Anegallis coerulea
Centaurea Tagana
Campanula dichotoma
Cynosurus polybracteatus
Centauriuna rnaritianum
+++ +++ + + +++ +
Strate III - Recouvrement: 8o
Les légumineuses sont encore là bien représentées, notamment
par huit espèces du genre Trifolium, mais ne dominent pas exclusivement la strate herbacée plus clairsemée.
Les possibilités de reconstitution de la forêt restent grandes quand'
les arbustes rejettent vigoureusement. La reprise est favorisée par
un recépage systématique après incendie. Le relevé suivant a été
effectué précisément deux ans après un incendie et un an après
recépage complet des arbres et arbustes atteints par les flammes,
dans la forêt du Feidja, à proximité de la piste conduisant au poste
forestier du Sraia, peu après le col du 'Chaid, à 720 m d'altitude,
exposition Sud.
LA VI GkTATION FORESTIÉRE DE LA KROUMIRIE
Strate II - Recouvrement: 40 °Jo - hauteur : I ni:
2.2
Cistus salviae f olius
I.2
Cistus monspeliensis
Genista ulieina
I.2
Heli.an.themum tuberaria ..
I.2
Arbutitus unedo
Cytisus triflorus
Calvcotome villosa
Quercu,s suber
Daphne gnidiuun
+
89
1.2
I.2
+
Strate III:
Prima maxima
Hypochaeris aetnensis
Aira Tenorii
Bellis annua
I.I
Dilago gallica
Thrincia tuberosa
Cerastium glomneratum
Rou-iulaea bulbocodium
Hoenchia erecta
Polycarpon tetraphyllum .
Sapina apetala .....
Pulicaria odora
Ampelodesrna mauritanica.
Scilla numidica
Paronychia 'echinata
Cynosurus echinatus
Trifolium campestre ....
Sherardia arvensis
.....
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
....
....
+
+
+
Anagallis coerulea
Phill_yrea inedia
Simcthis planifolia
Centaurea tagana
Erica arborea
Quercus suber
Genista ulieina
Senecio delphinifolius
Vulpia sciuroides
Achillea ligustica
Runmc.r bucephalophorus .
Aira eupaniana
.líentha aquatica
Myrtus cominunis
Ononis viscosa
Festuca coerulescens
Asphodelus microcarpus . .
Coronilla juncea
+
+
+
+
-
1"+
+
+
+
+
+
+
+
+
Les espèces herbacées apparaissent nombreuses entre les cépées
buissonnantes (les espèces arbustives qui occupent rapidement la
totalité du sol et parviennent à éliminer les espèces annuelles.
Au bout d'une dizaine d'années, la couverture forestière prend
l'aspect typique du maquis à Arbousier dont nous citerons pour
type le relevé suivant effectué en r952, à 580 ni d'altitude, dans la
forêt de l'Oued Zéen, dans la partie de la parcelle Z incendiée en
1938.
Strate I - Recouvrement : 45 Jo - hauteur : 8 m :
Querces suber
3.4
Strate II - Recouvrement : 8o % - hauteur : 1,5-2 m:
Arbutus enedo
1.1
4.4 Calycotome villosa
Erica arborea
2.3
Daphne gnidiunt
I.I
Cytisus triflorus
Phillyrea inedia
I.2
1.2
M yrtus couuuummuumis
Smilax aspera
Strate III - Recouvrement 5 % :
-}
Pulicaria odora
Eryngium Bovei
I.2
-^-
90
LA VÉGÉTATION FORESTIÉRE DE LA KROUMIRIE
Les plantes annuelles disparaissent totalement du maquis dominé
par Arnutus unedo. Le développement de la strate arborescente peut
provoquer par la suite un étouffement des espèces du maquis et permettre la réinstallation de la strate herbacée.
Au contraire, par régression, si la parcelle incendiée n'est pas
protégée du pâturage, c'est la lande à Ericacées et à Lavandula
stoechas qui s'installe.
Voici trois exemples de forêts ainsi dégradées :
Relevé n° I
Lieu dit Ras el Feidja (Algérie, région de La Calle)
à proximité du Lac Noir. Relevé effectué en avril 1952, sur
une parcelle incendiée en 1943. Alttude : 130 ni.
—
Relevé n° 2
Forêt de Chêne-lège incendiée en 1947. Relevé
effectué en mai 19J3, sur la route de Fernana. à Ben Metir,
à 450 ni d'altitude. Exposition Sud-Est.
—
Relevé n° 3 — Forêt de Chêne-liège incendiée en 1947 sur la route
de Fernana à Ain Draham, au-dessus du lieu dit Ain Deha,
à 560 ni d'altitude. Relevé effectué en niai 1950.
I
Strate I:
Recouvrement %
Hauteur (m)
Quercus siaber
Strate II:
Recouvrement %
Erica arborea
Cistus salviae f olies
Phillyrea inedia
M yrtus CommunhS
Calyco tome villosa
Crataegus monogyna
Daphne gnidium
Arbutus unedo
Cytisus triflorus
20
4.5
2.3
70
30
6 .7
3.4
I .2
50
3,3
3.3
H-
I.2
III
5
4
1.2
90
2.2
1.2
I.2
1.2
3.4
1.2
-}-
-{-f-
-{-
-}-
1.2
1.2
Cistus monspeliensis
Lavandula stoechas
Lonicera impie xa
Genista trisco pidata
Chamaerops humilis
Genista ulicina
Helian the n u u u tuberaria
Erica seo paria
Halimium halimi f olium
II
-
}-
2.2
1.2
-}°Jo
-^^--
1.2
1.1
-^3.2
3.4
LA VÉGÉTATION FORESTIkRE DE LA KROUMIRIE
Strate III:
Fryngivan Bovet
Calamintha cl ino podium
Ranunculus flabellatus
Pulicaria odora
Fedia cornucoplae
Galium tunetanum
f
+
+
+
+
+
+
+
+
I.I
+
+
Nous avons trouvé en outre:
Dans le relevé n° 1: Hyoseris radiata, Linum usitatissintum, Biscutella
lyrata, Coronilla valentina, Tetragonolobus biflorus, Betonica officinalis.
Dans le relevé n° 2: Cgnosurns elegans, Rubia peregrina, Sintethis planif olia.
Dans le relevé n° 3: Thapsia villosa, Ampelodesma mauritanice, Hypericum. australe, Phelipaea sp. Aira caryophyllea, Filago gallica, Vulpia sciuroides, Carex distachya, Run ium. mauritanicum, Thrincia tuberosa, Hypochaeris
aetnensis.
.
Ces groupements de dégradation installés sur boisements incendiés peuvent se présenter sous un autre faciès caractérisé par l'abondance du Ciste de Montpellier. Les deux relevés suivants ont été
faits en avril Iß53, le premier dans la forêt du Feidja au lieu dit
Rhaim, à 470 m d'attitude (incendié en 1951), le second sur le versant Nord du Djebel Hairech, au Nord de Souk el Arba, à 35o m
(l'altitude environ, en face de la mine (le Chouichia.
Cistus monspeliensis
Erica arborea
Calycotome villosa
Phillyrea media
Aira caryophyllea
Centaurium umbellatuIn
Pulicaria odore
Thrincia tuberosa
F_ryngin m Bovei
Cerastiuul glomeratusn
Anagallis coerulea
Valerianella microcarpa
Festuca coerulescen.s
Anarrhinu n bellidifolium
Hypochaeris aetnensis
3.3
3.3
I.I
2.2
+
+
+
+
I.I
2.2
+
+
+
+
I.I
+
+
+
+
I. I
1.1
2.2
I.I
+
2.2
+
I.I
I.I
-}+
Nous avons trouvé en outre:
Dans le relevé n° I : Medicago sp. cf turbinata, Myosotis hispida, Ettphorbia pterococca, Sherardia arvensis, Scorpiurus subvillosus, Polycarpon tetra-
92
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA I{ROUMIRIE
phyllum, Plantago lagopus, Fedia cornucopiae, Euphorbia exigua, Hypericum
australe, Galactites torrentosa; Biscutella lyrata, Euphorbia peplus, Tetragonolobus biflorus, Cardamina hirsuta, Quercus suber, Cytisus triflorus, Rubia
peregrina, Sanguisorba minor, Asparagus acutifolius, Lonicera implexa, Trifolium tomentosum, T. nigrescens, T. loevigatum, T. striatum, Scilla lingolata, Sc. peruviana, Filago gallica, Moenchia erecta, 'Lavandula stoechas, Linoria reflexa, Galium tunetanum, Juncus bufonius, Olea oleaster.
Dans le relevé n° 2: Senecio leucanthemifolius, Veronica arvensis, C ynosrArus échinatus, Ranunculus flabellatus, .!Ilium sp., Quercus suber, Chiera perfoliota, Pistacia lentiscus, Orchis papilionacea, Rumex bucephalophorus.
Ces groupements sont à rattacher à la classe des Cisto-Lavanduletea où les lichens, en l'occurrence, Cladonia endivaefolia et Cladonia furcata jouent un rôle très important, alors que les caractéristiques forestières comme Quercus suber, Phillyrea media, Pistachia
lentiscus, Rubia peregrina, Lonicera irnplea, n'entrent que pour
une faible part dans la constitution du groupement.
Si les stades de dégradation par incendie apparaissent assez clairement, il reste à expliquer comment certaines espèces sont favorisées par l'incendie, notamment dans la famille des légumineuses
avec les genres Medicago, Trifoliurn ou le Cytisus triflorus dans
certains faciès de basse montagne, et la famille des Cistacées avec
les genres Cistus et Halimium ; il y aurait lieu d'étudier, semble-t-il,
les relations entre l'époque de l'incendie et celle de la maturité des
graines, la résistance des graines au feu et leur germination sur les
sols incendiés.
D'autre part, il faut attribuer aux incendies fréquents qui ont
dû parcourir le massif avant la gestion par le service forestier, la
place relativement modeste qu'occupe actuellement le chêne zéen
qui a cédé le terrain au profit du chêne-liège. Il s'agit là d'un aspect
de la dégradation en pays méditerranéen qui, comme l'a écrit
M. ROL [97], se traduit, à la suite d'une aggravation des conditions
de sécheresse, par la remontée des essences des étages inférieurs.
Dans la forêt non mise en valeur par le démasclage, le chêne-liège
est particulièrement bien armé pour résister au passage du feu. Au
contraire, l'incendie provoque une mortalité quasi-totale du chêne
zéen. Le chêne-liège a pu ainsi occuper des stations où le climax
est manifestement la forêt de chêne zéen. Ceci explique que dans
certains relevés effectués dans la forêt de chêne-liège, la strate herbacée comprenne des espèces de la forêt de chêne zéen. Le
relevé n° 2 (p. 82) que nous avons donné en est un exemple.
Inversement, on assiste actuellement, en raison de la protection
contre les incendies, à un reflux général du chêne zéen qui s'installe facilement dans certaines parcelles de chêne-liège de l'étage
des basses montagnes, perce le couvert et élimine le chêne-liège.
Le chêne zéen se conduit réellement comme une espèce constructive de son association et, clans les stations qu'il est en train de
LA VLGETATION FORESTIf:RE DE LA I{ROUMIRIE
93
réoccuper, il n'est pas encore suivi des autres espèces de son association.
Le partage de l'étage des basses montagnes entre la forêt de
chêne-liège et la forêt (le chêne zéen est de ce fait imprécis, tant à
cause des conditions écologiques et en particulier l'exposition et
l'ensoleillement très nuancés en terrain accidenté, que des conditions
historiques de l'influence humaine.
C. - LA COUPE
L'enlèvement d'une forte proportion des arbres constituant la
strate la plus élevée entraîne une profonde perturbation de l'ensemble du groupement végétal.
Ainsi, clans la forêt de chêne zéen, avec un sous-bois généralement clair, l'ouverture du boisement provoque l'enherbement massif
du sol particulièrement riche en humus. Aux espèces nitratophiles
déjà préexistantes à la coupe qui se développent brusquement, s'ajoutent de nombreuses espèces ubiquistes. Cette couverture herbacée
puissante qui dépasse 0,50 n1 de hauteur lorsqu'elle est soustraite
au pâturage, constitue un obstacle au maintien des semis de chêne
zéen qui ne donnent la première année qu'un plant de 0,1.0 m environ. Les trois relevés suivants préciseront la composition floristique de cette formation herbacée. I.e premier a été effectué en 1952,
d'ans la forêt de Chihia, à 740 m d'altitude, à l'exposition Nord,
clans un boisement de chêne zéen, âgé de 130 à 150 ans, de 12 à
1 5 m de haut, off une coupe exploitée (le 1945 à 1950 sans mise en
défens, n'a laissé qu'un recouvrement de 20 % clans la strate I.
Le second a été effectué en 1952, dans une parcelle de chêne zéen
d'âges divers, coupée à blanc étoc pendant la saison (l'hiver 19501951 et soustraite en même temps au pâturage, dans la forêt du
Tegma, à 56o in d'altitude, à l'exposition Nord-Est. Le troisième,
effectué dans la mente localité, mais en 1953, et dans une autre
partie de la parcelle exploitée :
I
Strate I:
Oueri us I firbecki
II
III
2.5
Strate II'
Rubus sp
Strate III:
_Promeus ivadriteusis
Anagallis cocrulca
Hypochaeris aetnensis
,Cerastivan glomeratum
I.2
1 .1
3.3
I.1
+
+
+
+
+
+
I. I
+
+
94
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
Andryala sinuata
Urginea inaritima
Asphodelus micro carp us
Galactites tomentosa
Thrincia tuberosa
Tri f olium ligusticurtt
Cynosurus polybracteatus
Cynosurus elegans
Trifolium campestre
Geranium lanuginosum
Geranium molle.
Asperula loevigata
Calamintha dino podium
Valerianella microcarpa
Veronica arvensis
Lath_yrus sphaericus
Specularia falcata
Lotus ornithopodioides
Agrimonia eupatoria
Vulpia myuros
Brunella vulgaris
Polycarpoit tetrap;hyllum
Trifolium repens
--1-
+
+
I.I
+
1.1
1. I
I.1
+
+
+
-1-
1.1
T. T
1.1
+
1.1
+
+
+
+
+
+
-{-
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
1.1
+
+
+
+
2.2
+
1.1
+
+
1.1
Les espèces suivantes ont en outre été trouvée:
, Chrysanthemum myconis
(I.I),Hyoseris radiata (i.i), Arisaruin vulgare (i.i), Galium tunetanum, Fedia
cornucopiae, Sherardia arvensis, Moenchia erecta, Galium aparine, Scleropoa
rigida, Vulpia sicula (2.2), Gaudinia fragilis (2.2), Trisetaria panicea (LI),
Aira caryophyllea (I.I), Cynocrambe prostataf (Li), Euphorbia pterococca, Helianthemumn guttatum, ,Brunella alba, Touras commuais, Briza maxima, Cyclamen africanum, Chlora perfoliata, Carex glauca, Mentha aquatica.
Dans le relevé n° 2: Agrostis salmantica (3.3), Brachypodium silvaticuna,
Trifolium glomeratum, T. striatun;, Loliuna. rigidum, Cytisus triflorus, Geranium purpureuna, Vicia sativa, V. gracilis, Campanula dichotom<a, Clematis
flammula, Mentha pulegium, Torilis nodosa, Liman gallicum.
Dans le relevé n°' 3: Plagias virgatus, Bellis anima, Linaria reflexa, Fumaria capreolata, Filago gallica, Filago germanica, Crataegus monogyna.
Dans le relevé n° i : Bromas commutatus (i.i)
Les compagnes forestières telles que Cyclamen africanum, As per u.la loevigata, Specularia falcata Agrimonia eupatoria, Clematis
flarnmula, Brachypodium silvaticuttt sont encore présentes dans les
relevés 2 et 3. Mais elles sont perdues au milieu de nombreuses espèces à grande dissémination comme Bromus madritensis, Vulpia
sicula, Gaudinia fragilis.
En outre, de nombreuses espèces caractéristiques de la classe Cisto Lavanduletea et de l'alliance Helianthemion guttati sont déjà
installées, notamment dans le relevé n° i où la coupe date de 5
95
LA VÉGÉTATION FORESTILRE DE LA KROUMIRIE
à 6 ans. Ce sont :
Andryala sinir.ta Lathyrus sphaericus, Briza
maxima, Aira caryophyllea, Helianthemum guttatuin, Trifolium glo]raeratum, Limon gallicu]rt Filago gallica.
,
,
Il faut donc supposer que le lessivage et l'érosion d'un sol forestier découvert pendant quatre ou cinq ans sont suffisamment importants pour entraîner, après la phase de développement exubérant de la flore nitratophile, l'installation des espèces cbes pelouses
de dégradation.
La formation de ces pelouses a d'ailleurs été provoquée intentionnellement si l'on peut dire, sur les tranchées pare-feu, ouvertes
précisément par l'exploitation à blanc étoc de toute la végétation
forestière sur des largeurs de 120, 30 ou 50 m, où les rejets des arbres et des arbustes sont systématiquement enlevés par recépage tous
les trois ans. Il faut ajouter que l'érosion agit particulièrement sur
ces tranchées qui suivent de préférence les lignes de crête. C'est
dans ces conditions que nous avons trouvé les meilleurs exemples
de l'association que nous décrirons par la suite, caractérisée par
Paroniclria echinata et Plantage scerraria.
Pour préciser l'évolution de la végétation forestière dans le cas
d'une telle destruction, nous donnerons les deux relevés suivants
effectués dans la forêt d'Ain Draham, VIIIe série, à 720 ni d'altitude, à l'exposition Sud, le premier à 40 nt à l'intérieur d'un boisement de chêne-liège. le second sur une tranchée pare-feu bordant
ce boisement, clone dans des conditions de station très semblables:
I
Strate I - recouvrement
hauteur
Oxcrcus suber
Strate I1 - recouvrement
75 %
4.5
¡o
3.2
lr'blttus 0uedo
j1 Vrtlfs (011!1]]ll111S
r.2
J)aphne gnidiuil]
Rnb14s Sp
C1'tisus tri f bortc.c
Iìrica scoparia
Cistus salviaefolius
Strate LII - recouvrement
I'rtlicaria odora
Cynosurus elegans
Hypochaeris aetnensis
o
8 -io m
Erica arborea
Pteridiun! a!j]tilirnrn!Y
II
1.2
I.2
2.2
3.3
1.2
1.2
I.2
I.2
—
—
-^-
-j-I.2
15 %
LI
I.I
1.1
1.1
96
LA VÉGÉTATION I+ORESTIERE DE LA KROUMIRIE
Brunella vulgaris
Galium ellipticum
Geranium purpureum
Carex glauca
Fedia cornucopiae
Daucus laserpitioïdes
Ranunculus macrophyllus
Aira caryophyllea
Torilis nodosa
G alium tunetanum
Andryala sinuata
Cerastium glomeratum
Sherardia arvensis
Asperula loevigata
Calamintha clinopodium
Plantago serraria
Linum gallicuan
Filago gallica
Helianthemuan guttat um
Rumex bucephalophorus
Galium parisiense
Trifolium bocconi
Filago germanica
Trifolium campestre
Evax pyginaea
Trif oliu^n ligusticu^n
Radiola liuoïdes
Hypericum australe
Cynosurus polybracteatus
Meu.tha pulegium
Sanguisorba ininor
muncus capitatus
Romulca bu.lbocodium
Paronvehia echinata.
Aira tenorii
Silene gallica
ilm edicag o murex
Tri folium glomeratum
Segina apetala
Ceutaurium maritimum
1.1
1.1
1.1
-{-}-
+
-{-
+
-i-{-f-}-^-^-}-
-{2.2
-^I.I
I. I
-^-^1.1
-}I. I
I.I
-{^-}-}-{-}-^+
-I-}-
-}-{-{-}-}-{-
L'exploitation du boisement a entraîné ici la destruction du sol
forestier et l'installation de la pelouse caractéristique sur sol gréseux.
LA VEGÉTATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
97
CHAPITRE XV
LES GROUPEMENTS DE DÉGRADATION
SUR FLYSCH NUMIDIEN
I) LE MAQUIS A ARBOUSIER
Le passage et l'incendie dans la forêt de chêne-liège et peut-être
la seule action d'e l'érosion sur les pentes après déforestation entraînent l'installation d'un maquis à Arbutus unedo dominant. Ce
type de boisement est très répandu en Proumirie par taches pouvant atteindre plusieurs dizaines d'hectares.
Les quatre relevés qui permettront de le caractériser ont été
effectués dans les localités suivantes:
Relevé n° i — Forêt d'Ain Draham - VII° série. au-dessus de la route
de Souk el Arba à Ain Draham, à r km environ au Sud du col du Camp
de la Santé.
Relevé n° z — Forêt de l'Oued Zéen, parcelle X, en bordure de la piste
d'Ain Chouiffa.
Relevé n° 3 — Forêt de Tabarka, à proximité de la piste dite de Khound
el Zéen, sur une croupe, avant d'atteindre: le boisement de chêne zéen.
Relevé n'' 4 — Forêt des Chihia, III' série, parcelle D, à proximité de la
tranchée pare-feu dite d'Ain Touicha.
Numéro eles relevés
Altitude (en ni)
Exposition .
Inclinaison (en degrés) ...
Recouvrement Strate T ..
Strate TI .
Strate III
Quercus suber •
Quercus Mirbecki
Arbutus unedo
Phillyrea media
Daphne gnidium
I
2
3
4
630
NO
25
500
N
380
N.E.
5
6qo
O
3
Io
—
Io
IO
50
90
5
90
5
Ioo
6o
5
5
2.2
3.3
3.3
2.2
2.2
1.1
1.2
3.3
1.1
2.2
5.4
3. 2
+
98
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
Lonicera implexa
Rubia peregrina
Smilax aspera
Viburnum titios
Carex distachya
Erica arborea
Myrtes co7nnaunis
Calvcotome villosa
Eryngium Dovei
+
+
I.I
43.3
2.2.
Calivan tunetanunc
Cistes salviaefolios
C''tisits tri f lorlts
Carex glauca
4-
Gaiio7n ellipticuni
Crataegus nnonogyna
Robos fru ticosus
I.5
-}-
+
+
-----
Pulicaria odora
+
+
2.2
I.2
+
I.2
2.3
+
-f-4--
2.2
-i+
+
+
--H
I.I
I. T
-
f—
+
-4--
-}1.2
+
-{-
En outre, les espèces suivantes n'ont été trouvées que dans un
seul eles relevés cités :
Genista triscupidata (2), Genista ulicina (2), Aira Tenorii (2), Thrincia
tuberosa (T), Biscutetla hyrata (r), Sherardia arvensis (1), Bri.-a maxima (4),
Centaurium umbellatum (I), Simethis planifolia (i), Ampelodesma mauritanica (2), Asphodelus microcarpns (4), Scilla numidica (z), Fedia cornucopias
(T), _Arisarum volgare (3), Tanins commuas (3), Cynosurus elcgans (4), Cerastinm glomeratum (i) Daucus laserpitioides (i), Cardamine hirsuta (i),
Trifolium sp. cf . campestre (t), Selagiuella denticulata (t), Calamintha cliuopodium (2).
,
Dans la composition floristique de ce groupement n'entre aucune
autre espèce que celles de la forêt de chêne-liège à cytise. Les caractéristiques de la classe Quercetea ilicis et de l'ordre Quercion
ilicis sont bien représentées avec une importance marquée de Arbutus unedo.
La strate arborescente, avec ()ucrcus sube7- et plus rarement quelques pieds de Qu crcits _illirbecéi est toujours très claire ou totalement absente. Sa hauteur est médiocre, ne dépassant pas '6 mètres.
Au contraire, la strate arbustive composée essentiellement de _Arbutus unedo et Erica arborea, avec, plus accessoirement, Myrtes contmunis, Phillyrea media, Calycotonte villosa, et quelquefois une
grande abondance de Smilax aspera, constitue un taillis de 2 à 4 m
de hauteur, extrêmement dense et pratiquement impénétrable. Ce
maquis élimine la strate herbacée où seules se rencontrent avec une
fréquence notable les espèces telles que Pulicaria odora, Eryngiurn
Rovei.l, Galiunt •tunetanttìn- et Carex glauca. Les espèces annuelles
ne s'y introduisent qu'à la faveur de légères trouées dans la strate
arbustive. En outre, les espèces que nous avons considérées comme
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA hROUMIRIE
99
caractéristiques de l'étage des basses montagnes dans les groupements forestiers, sont absentes, à l'exception de Cyticus triflorns
et Galium ellibticuin. Les espèces nitratophiles, fréquentes sur les
sols forestiers riches en humus, disparaissent également. Cet appauvrissement se traduit par la diminution du nombre moyen d'espèces par relevé qui n'est ici que de i8, alors qu'il est d'e 33 dans.
le tableau de la forêt de chêne-liège à cytise. Ainsi, le maquis à Arbousier se distingue de la forêt de chêne-liège par un appauvrissement en espèces et par la dominance de Arbutus unedo. Tl n'y a pas
d'espèces différentielles et, selon la nomenclature phvtosociologique
en usage, il faudrait le considérer comme un faciès.
Mon NTER a décrit en Provence cristalline f 1 91 une sous-association à Arbtrtrrs unedo •et Erice arborea du Ouercetum galloprovinciale Br. Bl. qui est tout à fait semblable au faciès à Arbutus
unedo de Kroumirie. Cette sous-association dont BRAUN- Br.ANOUET
a fait un faciès Ericetosum (In Ouercetum Galloprovinciale [ 1 91
représente également un stade de dégradation qui peut évoluer vers
la lande à Erica arborea et 1TTrtrrs cornrrrunis.
Cependant, ce maquis peut évoluer progressivement vers la reconstitution de la forêt de Chêne-liège ou de Chêne zéen, s'il n'est
pas parcouru à nouveau par l'incendie. Le relevé n° 4 (p. 97) est
un exemple de cette évolution favorable où la strate arborescente
de Chêne-liège et de Chêne zéen se dégage lentement du maquis
qu'elle finira par dominer. Le même phénomène de régression rie ce
maquis peut être observé par exemple dans la forêt de l'Oued Zéen,
au contact de la forêt pleine de Chêne-liège et par endroit de Chêne
Zéen, le maquis à Arbousier recule progressivement. Il est facile
d'aider cette reconstitution par une exploitation très modérée du
taillis d'Arbousier, tendant à dégager les Chênes-lièges qui profitent ainsi en l'absence momentanée de concurrence. Par contre, à
la suite de passages répétés d'incendies, et surtout de p â turage, le
maquis à Arbousier évolue vers la lande à Frica scoparia et 7_avanrlrrla stocchas.
2)
T.a
LANDE A
Frica m'Oh/1 ia
ET
Las'arrditla stoe°cha,r
La lande à Fric, sco»aria et Lavarrdvla stoechas représente un
stade de dégradation plus poussé. La strate arborescente est toujours réduite et la strate arbustive, haute de I à 2 ni, est ouverte.
Le sol, contrairement à celui du maquis à Arbousier. est dénudé
par place et les lichens s'installent là où l'horizon humifère y
disloqué. Cette lande, malgré sa physionomie apparemment homogène, est souvent d'une constitution complexe, car elle abrite les
groupements de l'Isoetion disséminés dans une mosaïque de stations
de petites dimensions ne dépassant pas quelques mètres carrés. Les
I00
LA VEGÍìTATION FORESTIÈRE DE LA I{ROUMIRIE
treize relevés figurant dans la partie droite du tableau V ont été
effectués dans les localités suivantes (numérotage du tableau) :
Relevé n° 5 — Forêt de chêne-liège, à 4 km de Tabarka, à Zoo m de la
route de Tabaraka à Ain Draham, sur une terrasse d'alluvion constituée pat
les argiles et grès du Numidien remaniés, terrain particulier très pâturé.
Relevé n° 6 — Forêt de chêne-liège, près de l'ancien poste forestier de
Bordj Sidi Messaoud, circonscription de La Calle (Algérie).
Relevé n° 7 — Forêt 'de Tabarka, lande à l'entrée de la piste de Rhound
el Zen, sur la route de Tabarka à La Calle.
Relevé n° 8 — Forêt de Mekna ,' boisement à proximité de la piste de Ras
Rajel à Mn Kass, sur le versant du lieu dit Argoub el Rich.
Relevé n° 9 — Forêt d'Ain Draham, VII° série, à l'intérieur de la bouche
formée par la route de Souk el Arba !à Ain Draham, au lieu dit Ain Deba.
Relevé n° Io — Tranchée pare-feu dite du R'dir, formant limite entre les
forêts d'Ain Draham VIII° série et de l'Oued Zéen. Végétation épuisée par
le recépage périodique pour l'entretien de la tranchée.
Relevé n° il — Lande dans une clairière dans la parcelle A de la forêt
d'Ain Draham, Ire série, sur un sol rocheux.
Relevé n° 12 - Lande dans la forêt d'Ain Draham, VIIIe série, à proximité de la piste forestière conduisant ou poste de l'Oued Zéen.
Relevé n° 13 — Forêt de l'Oued Zéen, parcelle C, à 2 km après le lieu
dit R'dir, à proximité de la piste forestière conduisant au poste de l'Oued
Zéen.
Relevé n° 14 — Forêt des Chihia, IIe série, près de la piste forestière
dite de Beja, 1,5 km avant l'embranchement conduisant au poste d'Ain Hameraia.
Relevé n° 15 — Forêt d'Ain Draham, IVe série, sur le versant Sud du
Djebel Bir, sur une croupe à proximité de la piste forestière dite du M'eridj,
Relevé n° 16 — Forêt d'Ain Draham, IV° série, sur le versant Nord du
Kef el Louadja, au-dessus du chemin conduisant à Ain Attouajnia.
Relevé n° 17 — Forêt des Chihia, III° série, sur le versant Sud du Fid
el Haiek, au-dessus de la piste conduisant au poste forestier d'Ain Snoussi.
ComPosITl(Ix FLORisTuQuE. — Dans ce groupement certaines espèces de l'association clinlacique sont encore abondantes, telles que
Qoertüs cuber, I'hilly'rca media, Arbtrtus r u rcdo et Daphnc gnidilrm.
Toutefois, les caractéristiques du Ouercion-ilicis du groupe des phanérophytes grimpants telles que Lonicera iirple_ra, Rubia peregrina,
Smilax aspera, Asparagus acutifolius et Cleivatis flammula, y sont
rares. On y trouve également les espèces différentielles de l'étage
inférieur comme Pistacia lentiscos, Olea oleastcr et Teucrium fruticans, car le groupement ne se développe pas uniquement dans l'éta^e des basses montagnes.
La composition floristique est caractérisée par la présence de
Erica scoparia, I_avandula. stoeclur., Haliirium halimifolium, HeliaWthemnWr tubaranio, et des Lichens, notamment Cladonia endivaefolia et Cladonia furcata, que nous n'avons pas notés dans les
relevés mais dont la présence est constante. Notons que Eniea arborea et Cistus salviaefolius, malgré leur abondance, ne peuvent être
LA VEGETATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
IOI
retenus comme caractéristiques car ces deux espèces sont aussi fréquentes dans la forêt de chêne-liège à cytise.
Ce groupement est très proche de l'association à Erica scoparia
et Lavandula stoechas (Ericeto-lavanduletum stoechidis) décrite par
BRAUN-BLAN(UET clans la plaine languedocienne I'91. L'origine du
groupement, les conditions de sol sont tout à fait semblables, mais
il présente toutefois des différences floristiques. En effet, parmi les
caractéristiques de 1'Ericeto-lavanduletum stoechidis, Carex oedipistyla et Orchis pista ne font pas partie de la flore tunisienne. Il
en est de même, parmi les caractéristiques de l'alliance, de Callatna
vulçaris. D'autres compagnes sont également absentes en Kroumirie comme Phill\'rca auqusifolia, Teucriuttt chatnacdris, I)orycnivatt
su f fruticosutn, Brachipodiutu ratnosnna, etc... Par contre, nous avons
retenu Halintittm halimi/oliutu et Helianthe71Rein tuberaria, cette
dernière espèce plus fréquente d'ans ce groupement que dans l'association à Paront'chia cchinatcr et Plantacjo serraria décrite plus
loin qui serait à rattacher à l'Hclianthcntion guttati.
Cette lande àErica scoparia et Lavandula stoechas est largement
représentée en Kroumirie. Elle couvre des surfaces importantes,
en particulier clans les forêts de l'Oued Zéen, des Chihias et les
différentes séries de la forêt d'Ain Draham. Le boisement en
Chêne-liège y est très dispersé et sa production est extrêmement
faible. II paraît vain d'attendre une reconstitution naturelle de la
forêt climacique par une simple protection. La remise en valeur
est subordonnée, à notre avis, à une restauration du sol par les
procédés de lutte contre l'érosion selon des modalités à rechercher,
compte tenu de la forte pluviosité du climat et de l'imperméabilité
du sol.
3) LA LANDE A Frisa mta.lti,flora
Si la lande à Frisa scoparia constitue le stade de dégradation le
plus fréquent de la forêt climacique, aussi bien dans l'étage des
basses montagnes que clans l'étage inférieur, dans les parties les
plus chaudes et probablement sur les sols les plus argileux, ce groupement est remplacé par tine lande à Frisa multiflora dont nous
donnerons quatre relevés, figurant au tableau V, effectués dans
les localités suivantes:
Relevé n° I — Brousse à Ouercus coccifera et Erica multiflora, à proximité de la, route de Tabarka à La Calle, à 2,5 km de, Tabarka, au lieu dit
Kef el ed Bouma.
Relevé n° 2 — Au col de Sidi Mechrig dans la forêt des Nefza, 2 km
avant la plage de Sidi Mechrig.
Relevé n° 3 — Brousse 'à Ouercus coccifera, sur la route de Tabarka à
La Calle, à 2 km de Tabarka, stade de dégradation encore plus poussé que
le relevé n° i.
Relevé n° 4 — Foret de Fernana, ancienne parcelle 3, au lieu dit Ras el
R'mel. Cette station n'est pas sur flvsch numidien, mais sur les argiles à
cargneules du trias.
IO2
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
TABLEAU V
LANDES A ERICACEES
Lande à Erica scoparia
et Lavandule stoechas
Larde à
Erica multiflora
Numéros des relavés
Altitude
Exposition
Inclinaison (en de)
Hauteur de la strate I (en m)
e
o
II (en m)
Recouvrement strate I (en %)
II (en %)
1
210
N
10
0,8
0
90
2
50
1,5
0
90
3
220
N
15
0,6
0
80
4
320
S
5
4
1
5
100
5
50
O
3
4
1
20
60
6
50
0
5
1
10
70
7
420
N.E
20
4-5
1-3
25
20
8
240
N
25
4-5
1
40
50
9
490
S
2
3
0,8
2
60
10
510
O
0
4
0,3
2
20
11
540
S
10
1
30
12
500
0
4
1,5
2
80
13
520
-
0
0
3-4
1,5
5
80
2
1
5
80
Caractéristiques de la classe Quercetea-Ilicis Br. Bl. 1947 et de l'ordre Quercetalia-Ilicis Br.
2.2
*
Quercus Buber
1.1 2.3 1.2 1.2 3.3
Phillyrea media
1.2 1.2 1.2
1.2 1.1
1.1 1.2
1.1
+
*
2.2 1.2
Arbutus unedo
1.2 2.2 1.2 1.2
+
+
+
+
Daphne gnidium
1.1
o
+
+
Lonicera implexa
+
Rubia pe re grina
+
1.2
1.1
Carex distachya
- Espèces de l'étage inférieur .
Quercus coccifera
4.4
Pistacia lentiscus
1.1
+
Taucrium fruticans
Olea oleaster
Chamaerops humilie
- Différentielles des associations.
Erica multiflora
2.2
Erica scoparia
Lavandula atoechas
Halimium halimifolium
Helianthemum tuberaria
- Compagnes
Erica arbore a
Ngrtus communs
Cistus salviae£olius
Palicaria odora
Calycotome villosa
Eryngium Bovei
Ranunculus flabellatus
Simethis planifolia
Thrincia tuberosa
Ampelodesma mauritanien
Cistus monspeliensis
Genista triscupidata
Genista elimina
Genista aspalathoides
Aira Tenorii
Asphodelus microcarpus
Cytises trifloree
Polygala niceensis
Centaurea umbellatum
Carex glauca
Evax
pygmasa
Hypericum australe
2.3
1.1
1.1
1.1
2.2
+
+
+
16
680
N,E
15
2
1
20
70
17
640
S.0
2
3
2
5
90
B1, (1931) 1936.1.1 1.1 1.2 1.1
1.2 1.2 1.1 1.2
1.2 4.4 2.2 3.2
+
+
1.1
+
+
+
+
+
1.1
2.2
1.1
+
1.1
2.2
+
+
+
+
+
*
+
1.1
*
1.2
+
+
2.2
3.3
1.2
1.2
1.2 4.3 4.3
1.1 1.1
2.2
1.2
1.2
2.2
1.2
2.2
2.2
1.1
1.1 1.1 1.1
+
+
2.2
1.2
1.2
1.2
2.2
1.1
1.2
+
1.2
1.2
3.4 2 . 2
1.1
2.2
2.2
o
1.1
1.1
+
+
1.1
1.1
1.2
e
+
.
+
1.1
4.4 4.4
2.2
+
+
+
1.2
2.2
+
+
+
+
1.2
1.1
+
2.2
1.2
1.1
+
+
1.2
1.1
+
+
+
+
+
2.2
2.2
+
3.2
1.2
1.2
1.1
+
1.1
2.2
1.2
2.2
+
1.1
+
+
1.2
1.1
1.1
+
1.2
+
2.3 2.2
1.1 1.2
+
1.1
+
1.2
+
*
+
1.1
1.1
1.1
1.1
*
+
+
+
1.2
+
1.1
1.1
+
+
+
+
1.1
+
+
1.2
+
+
+
1.1
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
*
+
+
1.1
+
+
+
+
1.1
+
+
+
+
1.1
+
1.2
+
15
700
S
15
4
2
5
80
3.4 2.3
+
2.2
34
590
-
+
+
1.1
+
Espèces présentes clans les relevés, non portées au tableau ci-dessus, suivies du numéro des relevés où elles se trouvent: Fumana thymifolia (1, 3, 6);
Filago gallica (1, so, 16) ; Brachypodium distachyon (3, II, 16) ; Briza maxima (11, 14, 07); Centaurea tagana (15, 16, 17) ; Smilax aspera (8, 15) ; Anagalis coerulea (I, i6) ; Galium, ellipticum (13, 16) ; Coronilla valentina (2, 7) ;
Biscutella lyrata (i, 6) ; Sherardia arvensis (I, Io) ; Romulea bulbocodium
(I, 16) ; Vulpia myuros (i i, 17) ; Scorzonera undulata (6, io) ; Rubus ulmifolius (8, 03); Euphorbia pterococca (6, 8) ; Linum gallicum (i2 16) ; Galium
,
LA VEGETATION FORESTII?RE DE LA IïROUMIRIE
I03
Ce groupement a l'aspect physionomique d'une lande très claire
ne dépassant pas 0,60 à o,8o n de hauteur ; elle s'installe au milieu
de la forêt dégradée de Chêne Kermès comme le montrent les relevés n° I, 2 et 3 ou de Chêne-liège (relevé n° 4). Sa répartition
géographique est caractéristique : on ne la trouve que dans l'étage
inférieur, en bordure du littoral (relevés I, 2 et 3) et exceptionnellement sur certains terrains du trias à basse altitude (relevé n° 4).
On peut donc dire qu'elle représente un stade de dégradation des
parties les plus sèches (le l'étage inférieur. Cette localisation confirme ce que l'on sait de la physiologie de Erica nmltiflora. 1491).
C'est ainsi que clans les parcelles du Trias de la forêt de Fernana,
le groupement s'installe uniquement sur les versants Sud. Sur les
versants Nord, le grouperaient (le dégradation est encore le maquis
á Arbousier. Ainsi à Ras cl R'mel, à quelques dizaines de mètres
de l'endroit où a été effectué', le relevé n° 4 du tableau V, nous
avons ainsi noté, sur une pente inclinée dit Nord un maquis clair niais
typique. à Arbousier :
Strate I - recouvrement :
Quercns suber
io
%
-
hauteur : 6 ni :
2.2
Strate II - recouvrement : 8o °%, - hauteur :
Arbut,.rs nnedO
Pistacia tetitisciiS
Phillyrca media
l [yrtiis coinanunis
Erica arborea
2.2
2.2
I.2
1.2
I .I
2
ni :
Cistuu,s niOnspeliensis
Cistes salvi.aefolius
Rubia peregrina
Asparagus acutifolius
Smilax aspera
i .T
I.I
I. I
I. I
I.I
Ainsi que Thrincia tuberosa, Eryngium Bovei, Ranunculus flabellatus, Belli,s silvestris, Carex glauca, Puliraria adora, Scilla lingnlata, Arisarum vulgare, Calycotoine villosa.
tunetanum (r, 3, 17) ; Linum usitatissimurn (5, 6) ; Radiola linoïde.s (5, to);
Scilla autumnalis (4, 9) ; Aira caryophylla (io, i i) ; Asparagus acutifolius (8) ;
Clematis flammula (8) ; Viburnum tinus (8) ; Cistus polymorphus (2) ; Allium
roseum (2) ; Urginea maritima (i) ; Rumex bucephalophorus (Io) ; Paronychia echinata (io) ; Paronychia argentea (io) ; Centaurium maritimum (H);;
Anthoxantum odoratum 06); Scilla numidaca (4) ; Fedia cornucopiae (6) ;
Rosa sempervirens (8); Melica minuta (8) ; Arisarutn vulgare (8) ; Ruscus
hypophyllum (8) ; Brunella vulgaris (8) ; Thapsia villosa (i6) ; Festuca ccerulesce.ns (16) ; Carex olbiensis (i6) ; Andryala sinuata (i6) ; Teucrium scoro
donia (i6) ; Linum corymbiferum ((7); Chrysanthemum myconis (8) ; Betonica officinalis (5) ; Inula viscosa (3) ; Senecio leucanthemifolius (4) ; Convolvulus sp. (6) ; Arum italicum (8) ; Moernchia erecta no); Urginea fugax
no); Trifolium subterraneum (io) ; Juncus capitatus no); Hypochaeris glabra (Io) ; Schcenus nigricans no); Orchis tridentata sp. lactea (Io) ; Iscetes
hystrix (io); Trifolium bocconi, T. angustifolium, T. campestre, T'. glomeratum, T. arvense (Ii); Hypocheris Aetnensis (ii); Gastridium lendigerum
(ii); Pinus pinaster (7).
I04
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
La présence et l'abondance de Erica multiflora distingue fort bien
ce groupement de la lande à Erica scoparia.
Ce groupement serait toutefois à rattacher au Lavanduletalia
stoechid'is et non au Rosmarino-Ericion qui est représenté avec ses
caractéristiques telles que Rosmarinus officinalis Coris monspeliensis, Stachelina dubia, Globularia alypum dans des conditions écologiques très différentes en Tunisie (v. p. 113).
,
4) LA FORÉT DE PIN MARITIME
C'est principalement à la lande à Erica scoparia et Lavandula
stoechas qu'il faut rattacher les boisements de Pin maritime occupant
une surface approximative (le 6 000 ha sur le versant maritime,
entre Ioo et 400 m d'altitude, clans la forêt de Tabarka, entre Tabarka et la frontière algérienne. Le même boisement se continue
d'ailleurs en territoire algérien.
Dans le tableau, IV, Pinus pinaster figure ainsi dans le relevé
n° 7. Pour préciser la structure de ces boisements, nous donnerons deux relevés effectués dans la même région, à proximité de
la route (le Tabarka à La Calle, le premier à 18o ni d'altitude à
l'exposition Sud, le second à 270. ni d'altitude à l'exposition Sud Sud-Est.
II
I
Pinus pinaster
1 .1
Caractéristique de la classe Quercetea ilicis
et de l'ordre Quercetalia ilicis
Quercus cuber
3.3
I.2
Arbutus unedo
I.2
Phillyrea media
I.1
Smilax aspera
I.I
Lonicera implexa
I.I
Daphne gnidium
Li
Rubia peregrina
Différentielles de l'étage inférieur
I.2
Pistacia lentiscus
1. I
Chamaerops humilis
Teucrium fruticans
3.3
2 .3
I.2
I.I
I.I
I.I
I.2''
I.I
Caractéristiques de lande à Erica scoparia
et de la lande à Erica multiflora
1. 1
2.2
Erica ,scoparia
I.I
1.1
Lavandula stoechas
I.I
Halimium halimifolinm
Erica multiflora
3.3
LA VÉGÉTATION FORESTIYRE DE LA
KROUMIRIE
I05
Compagnes :
Erica arborea
Myrtus cominunis
Crataegus nionogyna
Genista ulicina
Cistus salviaefolius
Thrincia tuberosa
Sinaethis planifolia
Micronieria graeca
Carex glauca
Pulicaria adora
Calamintha elinopodiunt
Radi,ola linoïdes
Ranunculus f labellatus
Convolvulus Durandal
Anapelodesina niauritanica
Coronilla juncea
Centauriunt unibellatuin
Linuna gallicusn
Galium tunetanuin
2.2
1.2
1.2
1.2,
1.2
I.I
-{-
+
^-1.1
-}-}-{-{+
+
-}-
-}-}+
-}-I-^-
+
}
Le Pin maritime se comporte ici comme une essence envahissante
clans la lande à éricacées et il n'y a pas de groupement du Pin maritime proprement dit. Sa spontanéité a «ailleurs été mise en doute. Il semble toutefois que la répartition géographique en Afrique
du Nord de la race du littoral, depuis Bougie jusqu'à Tabarka et
même sur la côte Nord du Cap Bon où l'on en trouve quelques
pieds, corresponde à des exigences écologiques précises (I).
Son intérêt forestier n'est nullement négligeable puisqu'il est le
seul résineux (le la région. Il est parfaitement possible (le le maintenir en mélange avec le Chêne-liège. La sensibilité du boisement à
l'incendie constitue évidemment un gros risque.
5) LA PELOUSE A
Plantai«) serraria et Paronychia echinata
Dans les groupements de dégradation déjà mentionnés, les espèces
ligneuses sont toujours dominantes. Cependant, la dégradation petit
aller jusqu'à la disparition de ces espèces. Le sol est alors occupé
par une pelouse. Ce type de végétation est répandu dans les clairières, sur d'anciens terrains cle culture ou de parcours, et l'on petit
dire qu'il a été réalisé systématiquement sur toutes les tranchées
pare-feu où la végétation forestière est périodiquement soit recépée
soit dessouchée.
(i) Cf. Pin maritime ou pin mésogéen par Mlle de FERRE. Comptes rendus
du Congrès des Sociétés Savantes de Paris et des départements. Toulouse,
1 953, pp. 253-256.
Io6
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA I{ROUMIRIE
Le tableau V précise la composition floristique de ce groupe-
ment.
Relevé n° 1 — Pelouse de dégradation à proximité de la route forestière
du Feidja, à 450 m d'altitude, au milieu des broussailles de Phillyrea inedia,
Pistacia lentiscus, Cistus naonspeliensis et Lavandula stoechas.
Relevé n° 2 — Tranchée de la frontière algéro-tunisienne, à 5o m de la
route de Babouch à Lacroix; les restes de la végétation forestière se réduisent à Cistus salviaefolius.
Relevé n° 3 — Pelouse sur sol sableux dans une clairière avant le pont de
Sidi Youssef, à proximité de la route forestière de Magen Safi à Ain Zana.
Relevé n° 4 — Pelouse dans une clairière ayant servi de lieu de débardage
dans la forêt de l'Oued Zéen, 1,5 km avant le poste de l'Oued Zéen.
Relevé n° 5 — Pelouse occupant une clairière dans la parcelle A, forêt
d'Ain Draham, 1P° série.
Relevé n° 6 — Tranchée pare-feu suivant la crête du Djebel Bir, faisant limite libre. entre les forets d'Ain Draham, IV` et V° séries au-dessus de
la ferme du Méridj.
Relevé n° 7
Tranchée pare-feu du col des Vents, à proximité d'Ain
Draham, à l'Est du Djebel Bir. Relevé effectué avec restes de végétation
ligneuse (Erices arborea, Daphne gnidiuum, Calycotome villosa).
Relevé n° 8 — Même localité que précédemment, à une altitude légèrement supérieure, sans restes de végétation ligneuse.
Relevé n° 9 — Tranchée pare-feu suivant la crête du Djebel Fersig, dite
de Dar 'Laoula, près d'Ain Draham.
Relevé n° Io — Tranchée-pare-feu de la crête du Kef el Bakram, près
du poste forestier d'Ain Salem, foret des Chihias, Ir° série.
Relevé n° 11 — Pelouse de dégradation sur les tranchées pare-feu avant
le poste forestier d'Ain Salem, en venant par la piste de Magen Safi.
Relevé n° 12 — Pelouse à l'intérieur d'une parcelle clôturée près de Babouch, soustraite au pâturage depuis deux ans.
Relevé n° 13 — Tranchée pare-feu sur la crête du Djebel Tegma, à la
frontière algéro-tunisienne.
Relevé n° 14 — Lande à Pteridium aquilinumn, avec restes de végétation
broussailleuse (Calycotomie villosa, Crataegus inonogyna, Daphne gaidium) sur .
le versant Est du Djebel Adissa. Pâturage intense.
Relevé n° 15 — Lande à Pteridium aquilinum, avec végétation broussailleuse (Calycotome villosa, Crataegus monogyna, Rubus discolor, Olea oleaster)
plus abondante que dans le relevé n° 14, sur la route forestière de Djebel
Adissa, à 2,5 km de la route G.P. 17. Ce relevé qui ne se trouve pas sur le
flysch numidien mais sur le trias, est tout à fait semblable à celui effectué
sur marnes et grès du numidien (n° 14).
Relevé n° i6 — Tranchées pare-feu au Djebel Tegma, sur la piste reliant
les postes forestiers d'Ain Serouia et du Fedden, sur la frontière algéro-tunisienne.
Relevé n° 17 — Clairière dans la forêt d'Ain Draham, Ir° série, parcelle A.
Ce groupement se présente sous deux aspects différents:
Le faciès à Poe bulbosa correspondant aux pelouses constamment
pâturées par le bétail, toujours de faible hauteur, ele o,o5 à 0,20 m
environ.
Le faciès à Pteridiuin aguilinan t où la fougère forme une véritable strate au-dessus des autres espèces herbacées, qui s'installe
d'ans les stations les plus fraîches.
LA VÉGÉTATION FORESTl7,1.L DE LA KROUMIRIE
107
Ce groupement a été signalé par BRAUN-BLANOUET [15]. Sa
composition floristique est caractérisée par la présence des espèces
des arènes siliceuses dont la plupart sont des caractéristiques de
l'ordre Heliantheutetalia guttati: ce sont Pilago gallica, Helianthemum yuttaturn, /ira caryophvllca, Si.lene gallica, Toppis barbata,
Hypochaeris glabra, Rumex 11/1fcep11(1lophorus, Limon gallicum, Galium parisiense, Brai maxima. ,Ainsi que les trèfles de petites
dimensions comme Trifoliunt hocconei, T. cherleri, T. scabrurn.
Il s'y ajoute des espèces dont la biologie permet leur maintien
malgré le pâturage. C'est le cas de Trifoliunr subterranctrnr dont le
réensemencement est assuré par la plante mère, de Plantago serraria,
et d'Hypochaeris radicata dont les feuilles en rosettes ne peuvent
être saisies par le bétail, de Pua bulbo.sa qui s'accroche au sol par
plaques, quoique les parties aériennes soient constamment broutées.
Ces pelouses peuvent être transformées facilement en pâturage
intéressant par un simple aménagement du parcours, favorisant
l'enrichissement en graminées et un complet développement des
légumineuses. Le relevé suivant a été effectué au mois de juin dans
une prairie sur sol mouilleux, a proximité de l'Inspection des forêts d'Ain Draham, soustraite au pâturage chaque année depuis
le mois de février jusqu'à l'époque de la fauche (juin).
Recouvrement : foo % - hauteur : 0,5o â o,6o m.
Caractéristiques cíe l'ordre Helianthemetalia guttati
Silette gallica
1.1
Calima. parisiense
Rumex bucephalophortts .
Liuurn. gallicuur
-{-
hrifa 'maxima
Stach vis arvenis
I.1
+
Caractéristiques de l'association Parc)nichin echinata
et Plat•rtago serraria
l'lanlago serraria
1.1
Romulaca bulbocodiunt
3.4
Mucus carota
Hc'dicago tuberculata
Ifedicag 0 murex
Lotus hispidus
Compagnes :
hulpia sicula
Agrostis stolohif era
Roa trivialis
Cvnosurua paluhracteatus
BrLIa minima
Loliunt rigidum
Arra citpaniana
Avena barbata
Broaius êorut11Utatus ....
Pua annua
.
1.1
I.I
+
}
+
}
}
LOtuS anegnstissinius
nenis viscosa
Trifoliunr canuj'c,stre
7'rifoluut tigusticuan
Trif olittnu nigresce92s
Trifoliun2 jasininianuvn
-{-
3.3
I.I
I.I
-l2.2'
-f..
+
I. T
-}-
▪
TABLEAU VI
PELOUSE A PARONYCHIA ECCHINATA
ET PLANTAG O SERRARIA
,
Faciès à Pua balboae et Plantage Bellardi
Numéros des relevés
1
Altitude
Exposition
Pente (en do)
340
2
S
3
4
440 520 520
o
S
N
5
550
N.0
2
50
6
680
E
5
90
0
25
7
800
E
2
10
3
2
5
60
40 80
40
95
0
0
O
0
o
0
25
25 25 25
4
4
Caractéristiques de l'ordre Holianthematalia guttati Br. Ni. 1940.
+
Fillago gallica
2.2 +
Helianthemum guttatum
+
1.1 1.1 2.2
Aira caryophyllea
a
a
Silane gallica
+
+
Tolpis bariate
e
2.2 1.1
Hypochaeris glabra
a
e
a
Trifolium Bocconi
+
Rumex bucephalophorus
Trifolium glomeratum
1.1
e
Linum gailicu-i
e
Gallon parisienne
Trifolium Cherleri
1.1
Trifolium subterraneum
1.2
Brina maxima
+
*
+
Andryala sinuata
Stachyc arvensis
Recouvrement de la strata ITS
strate II
Surface des relevés (en m2)
4
25
•
1.1
+
1.1 1.1
Compagnes principales
Anagallis coerulea
Trifolium campestre
Sherardia arvensis
Brachypodium distachyon
Trifolium angustifolium
Pelicaria odora
Hypochaeris aetnensis
Vulpia eu-myuren
Vulnia sciuroides
Fumava thymifolia
Hedypnoise polymorpha
Cynosurus polybracteatus
Ranunculus flabellatus
Eryngium Bavai
.Trifolium nigrescens
Veronica a rvense
Trifolium arvense
Gastridium londigerun
Cistus salviaefolius
Dactylis glomerata
Gaudinia fragilis
Daphne gnidium
Hypochaeris radicata
Anthemis arvense
Scorpiurus subvillosus
Biscutella lyreta
Chrysanthemum mycosis
Medicago tuberculata
Calycotome vi llosa
Trifolium stellatum
Euphorbia exigua
Asphodelus microcarpos
Aegilops ovata
Carex glauca
Galion tunetanum
Hyoseris radiata
+
1.1 + 1.2
4
11 ] 12
13 14' 15 16 17
860 620 750 470 590 670 550
N
N
E
E N.0
8
8
0
0
15
5
5
90 90 80 60 90 70 50
O
0
80 50 50 30 10
4 25 100 100 100 100 100
-
1.1
1.1 1.1
1. 1 +
1. 1
1.1
1.1 3.3
•
1.2
2.2
Caractéristiques de la pelouse à Paronychia echinata et Plantago serrarla.
Paronychia echi.nata
+
1.1
1.1 1.1
a
Plantago Bellardi
+
2.2 2.2 2.2 2.2 1.1
Plantago Barrarla
1.1 +
3.3 2.2 2.2 3.2 1.1
+
Evax pygmaea
+
1.1 +
1.1 +
+
Trifolium scabrum
+
+
+
Centaurium maritimum
+
+
+
+
1.1 a
Romuiaea bulbocodium
+
+
+
Moenchia erecta
+
Différentielles de faciès
Poa bulbosa
Pteridium aquilinum
Facies à Pteridium aquilinum
8
10
9
820 800 830
S.E. 0
2
0
4
90 80 80
O
0
0
2.3
1.2
1.1
1.1
1.1
+
1.2
1.1
+
+
+ 1.1
+
+
+
+
+
+
o
+
+
a
a
1.1 +
+
23
1.1
+
4.5
•
1.1
1.1
1.1
+
+ 2.2 +
+
+ 1.1 +
1.1
a
2. 3
1.1
1.1
1.1
+
+
+ 2.2
+
+
2.2 4.4 2.3
1.1
1.1
1.1
1.1
+
1.
1.1
1.1
+ 1.1 +
+
1.1
+
+
a
+
+
+ 2.2 +
1.1
+
•
+
+
+
+
2.2
1.2
1. 1
1.2
+
+
1.1
1.1
+
+
1. 1
1.1
1.1 2.2
1.1
+
+
+
1.2
1.2
+
+
1.1
3.2
+
1. 1
+
2.2 3.3
+
2.3
+
+
+
+
2.2
2.2
•
1.2
+
2.2 2.2 1.1
•
1.1
+
2.2
LA VÉGÉTATION FORESTIÉRE DE LA KROUMIRIE
Gaudinia fragilis
Ramtncltbts Juacrophyllus .
Lychnis leata
Hypochacris radiata
Cichoriu771 intybus
Galactites tomentosa
Echiuin creticum
Centaurea napifolia
Anagallis coerulea
Carex gauca
4-
Juncus congloryneratus
1.I
I09
...
LI
Chrysanthemum myconis .
Plantago lanceolata .. ,
2.2
L_ythruiU 771eonanthuJn
+
+
Hypochacris actnensis
Linaria elatine
Sherardia arvensis
Pulicaria o d ora
+
-j-
Mentira pulegioia
Oenanthe anom ala
-4+
...
...
...
-f2.2
2.2
4-
-f+
+
+
+
+
6) LES GROUPEMENTS A ISOETES
Comme nous l'avons dit précédemment, sur les sols fortement
érodés, à l'intérieur des landes à Erica seo paria ou à Erica multiflora
aussi bien que dans les pelouses à Plantago serraria et Paronychia
Espèces présentes dans les relevés, non portées au tableau ci-dessus, suivies du numéro des relevés où elles se trouvent: Présence = 3: Trifolium
tomentosum (4, 6, 12) ; Filago germanica (9, 9, 13) ; Vulpia ciliata (5, II, 17) ;
Ampelodesma mauritanica (i, 15, 16) ; Urginea maritima (I, 12, if) ; Myrtus
communis (6, 9, 16) ; Echium creticum (2, Io, 15) ; Avena barbata (2, I1, 14) ;
Mentira pulegium (3, 9, 17) ; Thrincia tuberosa (1, 6, 7) ; Dactylis glomerata
(7, 1 3, )4); Brunella alba (7, 9, I3); Hypericum australe (8, 15, r6); Galactites tomentosa (Io, 12, 14) ; Tillaea muscosa (4, 6, 9) ; otus angustissimus
(4, 5, 6) ; Scorzonera undulata (I, 7, 9) ; Daucus laserpitioides (7, 8, 9). Présence = 2: Juncus capitatus (6, 7) ; Fedia cornucopiae (1 , 15) ; Urospermum Dalechampi (2, )5); Euphorbia cuneifolia (5, 6) ; Helianthemum tuberaria (6, i6) ; Juncus pygmaeus (I, 6) ; Isoetes sp. cf. Duriaei (1,6) ; 'Trisetaria panicea (7, )3); Sagina apetala (8, 13) ; Linaria elatine (9, 14) ; Bromus commutatus (it , Ja) ; Bromus madritensis (i1, t3); Aira cupaniana (11,
13) ; Thapsia villosa (13, 16) ; Trifolium ligusticum (13, 16) ; Crataegus monogyna (54, r5); Allium roseum (12 , 15) ; Daucus muricatus (12, 14) ; Campanula rapunculus (14, 15) ; Medicago murex (15, 16) ; Cerastium glomeraturn (15, 16) ; Centaurea napifolia (15, 16). - Présence = 1 : Polycarpon tetraphyllunt (4); Cistus monspeliensis (1); Lavandula staechas (1); Urginea
fugax 0); Cerastium anomalum (1) ; Juncus bufonius (1) ; Scorzonera undulata 0); Erica arborea (7) ; Andropogon distachyon 0); Cynodon dactylos (2) ; Allium sp. (2) ; Thrincia hispida (2) ; Juncus pygmaeus (3) ; Ge:
ranium molle: (54) ; Parentucellia latifolia (6) ; Dianthus sp. (6) ; Scleropoa
rigida (6) ; Lotus edulis (6); Poa annua (I); Simethis piani folia 0); Ophrys
bombyliflora (1) ; Selaginella denticulata (i); Aira Tenorii (r6); Quercus
suber 06); Genista triscupidata 06); Brunella vulgaris ([6); Centaurium
ulnbe1latwn (i6); Polygala niceensis (16); Agrostis stolonifera (1); Rubus
ulmifolius (15) ; Ole.a oleaster (r5); Linum usitatissimum 05); Plantago Lanceolata (12) ; Lolium rigidum (12) ; Bellis annua (12) ; Stachys hirta 03);
Hypericum ciliatum 03): Hypericum perforatum (13) ; Asperula laevigata
(13); Calamintha clinopodium (13); Achillea ligustica (13); Luzula Forsteri
(13) ; Viola silvestris (i3) ; Aristolochia pallida 03); Vicia sativa (13) ; Scolymus grandiflorus 04); Oenanthe anomala (14) ; Holcus lanatus ()4) ; Anthoxanthum odoratuni 05); Galium saccharatum 05); Linaria reflexa 05);
Rubia peregrina (r5); Ornithopus compressus (3).
IIO
LA VÉGÉTATION FORESTIL'RE DE LA IíROUMIRIE
echinata, chaque fois, que le sol est mal drainé, apparaissent sur des
surfaces très petites, souvent inférieures à I m 2 et dépassant rarement quelques mètres carrés, des groupements caractérisés par la
présence d'isoétes occupant le fond des légères dépressions qui restent inondées ou tout au moins très humides pendant toute la période hivernale. Dans la lande à Erica scoparia, sur le bord de ces
dépressions, se développe un tapis de mousses et de lichen
(Cladonia). Les relevés dans ces stations sont difficiles en raison des
variations saisonnières marquées de la végétation. Il y a en effet une
forte proportion de géophytes dont les parties aériennes sont fugaces,
certaines de ces espèces telles que Scilla autuinnalis, Urginea fugax,
Leucoium automnale ont un développement automnal. Triglochin
Taxi f lora se maintient plus longtemps pendant l'hiver. D'autres comme Ophioglossum lusitanicu m et Roanulaea bulboecodium se développent en février puis se dessèchent dès les premières chaleurs. Au
contraire, les therophytes ne se( développent qu'au printemps, au moment où l'humidité du sol diminue, mais où précisément les parties
aériennes des géophytes disparaissent ; c'est le cas de Cicendia f ilif ormis, Radiola lino'ides, des Joncs annuels de petites dimensions
comme Juncus pygmaeus, J. capitatus ou. J. tenageia. Il est donc
difficile dans ces conditions, d'avoir des relevés complets. Ce groupement, dont nous donnerons quatre exemples, a des exigences écologiques très particulières et caractérise les sols fortement érosés des
argiles du Numidien.
.
Relevé n° i — Forêt d'Ain Draham VIII' série, près de l'embranchement
de la route de l'Oued Zéen - altitude 5io m, au milieu de la lande à Erica
scoparia, E. arborea, Halimium halimifoliusn Lavandula stoechas. Relevé effectué au mois de mar. Les annuelles à l'état de jeunes plantules n'ont pu
être notées.
Relevé n° 2 — Forêt de Fernana - légère dépression humide dans une clairière dans le boisement de chêne-liège - altitude : 300 m.
Relevé n° 3 — Forêt de l'Oued Zéen - sur la tranche pare-feu dite de Bon
Maiza - altitude : 590 m.
Relevé n° 4 — Forêt d'Ain Draham, VIII' série - dans une station très
proche de celle du relevé n° I. Relevé effectué au début du mois de mai. Le
sol est encore légèrement humide.
,
Caractéristiques de la classe et de l'ordre Isoetalia Br. Bl. 1931
et Isoeto-nanojuncetea Br. Bl. et Tx 1943
Mentha pulegiuvn
Juncus bu f onius ...
Juncus capitatus ... ......
Juncus pygniaeus .. , ......
Cicendia f ili f ormis
Radiola linoides ... .....
Juncus tenageia
I
II
1.i
I.I
III
IV
1.1
-}-
-}-
-{-
I.i
-}-}-
-}-
-{-
LA VÉGÉTATION FORESTIERE
DE LA KROUMIRIE
III
Caractéristiques pr('s1t11,C'es de l'association
Isoetes h,ystrix
2.2
Urginca fugar
2.2
Oplaioglossuni lusitanicuni
Leucoiunz ant amuele
Sagina apetala
Airo psis tenella
I.I
+
1.1
+
+
+
+
Conipagnes:
Roinulaca biilbocodiain
Scilla autumnnalis..
Sinaetimis bicolor
+
+
SCorconcra undulata
I.I
Asplaodelus mnicrocarpus
Aloenchia erecta
Fila go galica
Rellis annua
Cerastium anomnaluui
Lotus hispidus
I.I
+
+
1.1
+
+
-f -
+
Fva - pvgmnca
En outre, les espèces suivantes n'ont été trouvées qu'une seule
fois dans les relevés
Trifolium filiforme (i), Trifolinnz sirbterranenm (2), Cerastivm glonaeratiaoa (2), Hclianthr;num guttatnm (2'), ßi.rcutclla l'rata (2) Vnlpia niyuros (3),
Poa anuna (3), Euphorbia exigua (3), Paron^'chia echüiata (3), Trifolium
bocconei (3), T. scabriam (3), Rnm.cx bice/'hnlopliorns (3), Tillaea musco
Calina} parisiense (4), Schoeuus aigrirons (4)-sa(3),Albumroe4 :
glauca (4).
Brisamn(4),Cex
Ce groupement serait très proche de l'association à Isoetes Dur ani et Juncus capitatus décrite dans le Languedoc et en Provence
par BRAUN- BLANQUET x171. Isoetes Duriaci et Isoetes hystrix se
rencontrent d'ailleurs dans les mêmes stations en Kroumirie. Un
groupement semblable à Lsoctes hystrix a été identifié en Algérie
par CITEVASSUT et OUEZEL 12s1.
I 1
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
CHAPITRE XVI
LES GROUPEMENTS DE DÉGRADATION
SUR LES FORMATIONS GÉOLOGIQUES
AUTRES QUE LE FLYSCH NUMIDIEN
Quoique nous ayons limité l'essentiel de notre étude aux groupements végétaux sur flysch numidien, il nous a été possible de
constater les différences profondes que présentent les formes de
dégradation de la végétation forestière sur d'autres formations géologiques. Comme nous avons eu précédemment l'occasion de le signaler, il existe des forêts de chêne-liège sur trias. Nous en avons
déjà cité des exemples dans un faciès à Pteridium aqulinum dominant. Si la forêt de chêne-liège est principalement représentée sur
le flysch numidien, elle n'y est pas rigoureusement cantonnée. C'est
ainsi que, incluse dans le massif de Kroumirie, au Nord de Ghardimaou, la presque totalité de la forêt des Ouled Ali, IIe série, est
installée sur des terrains apparaissant clans une boutonnière ouverte au travers de la nappe de flysch numidien et appartenant soit
au trias soit , pour certains calcaires marneux, au Campanien.
Rappelons que c'est précisément dans cette forêt que l'on trouve
le seul peuplement pur de chêne vert en Kroumirie sur une qua,
rantaine d'hectares et, sur la limite de ce boisement, un mélange
de chêne vert et de chêne-liège. Il n'est malheureusement pas possible de préciser ce qu'a pu être le groupement climacique de cette
forêt de chêne-liège très particulière car le peuplement y est très
dispersé et a été parcouru à plusieurs reprises récemment par des
incendies. Actuellement, la végétation forestière se compose d'un
peuplement très clair de chêne-liège, rarement en bouquets, avec
quelques pieds de Pin d'Alep, accompagné (l'une strate arbustive
assez importante.
Mais c'est surtout l'abondance du Diss (Anipelodesma mauritani.ca) qui donne à ces parcelles une physionomie très typique.
Le relevé suivant a été effectué à 75o ni d'altitude, stir un versant Sud-Est, aved une inclinaison de 20 ° , dans un des bouquets
de chêne-liège les mieux conservés à proximité de la piste forestière, à 500 m avant le poste cltt Bessouagui.
LA VÉGÉTATION FORESTII RE DE LA KROUMIRIE
I13
Strate I - recouvrement : Io % - hauteur: 5-6 ni:
2.3
Strate II - recouvrement : 70 % Ouerces su ber
Pistacia lentiscus
Calycotoane villosa
Genista triscupidata
Erica inultiflora
Daphne gnidium
Cistes salviac f olies
Strate III - recouvrement
Buplevruni sp. cf . rigidifie.
il entica sp. cf . aquatica
Centaurea tagana
Scilly peruviana
Eryngiun2 Bovei
Galiunc tunetanuna
Leuzea conifera
1.1
2.2
I.I
2.1
1.2
+
--H
1
à
2 111:
Plcillyrca inedia
Ampelodesnca mauritanica
Fumano thv'mifolia
Lonicera implexa
Rhamnus alaternus
Asparagus. acutifolius
Coronilla jicncea
1.2
3.4
I_I
1.1
I.I
-
{-
1.2
: 20 %:
1.3
1.2
I.I
+
2.2
f
+
Rubia peregrina
Polygala niceen.cis
Sanguisorba minor
Galien? aparine
Centaerium unibellatum.
Pelicaria adora
Limon coryanbif erem ...
++++++
Oorercus cuber
Nous avons noté en outre, clans une petite surface plus découverte, Ebenus pinnatus, Cistes polymorphes, Anemone palmata,
Teucrium polieaoo, Ajuga iva, Asperula cynanchina.
Le relevé suivant a été effectué dans une station plus dégradée
sur une coupe plus sèche et caillouteuse, à peu de distance :
Erica multiflore
limpelodesnoa naauritanica
Globelaria alypaaarr
Fumana th i•nii f olia
Furnana cricoïdes
Furnana laevipes
Cistes salviaefolies
Cistes polymorphes
Orchis papilionacea
Evax pygmaea
Thymus capitatus
3.2
2.3
r.1
I.2
-^-^I.2
+
+
-}-
+
Thymus vulgaris
Calycotonce villosa
Coronilla jencea
Tbenus pinnatus
Aira caryophylea
Valerinella anicrocarpa
Asperela cynanchia
Odontites tribouti
Onobrychis sp .
Argyrolobiunc linnaeanuvn
+
+
+
+
+
+
+
+
Ce relevé, malgré l'absence de Rosanarin.us officinalis est, avec
Globularia alypuíi, Furrcana cricoïdes, Coronille juncea, Leuzea coniza, à rapporter à l'alliance du Rosmarino-ericion.
Enfin, en dehors de la Kroumirie, dans la dorsale tunisienne, il
existe encore demaigres restes de végétation forestière avec chêneliège, sur trias également. Nous en avons vu deux stations intéressantes, la première à Sidi el Ayadi, à 58o ni &altitude, sur une
I 1
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
croupe à proximité du domaine du Thibar, entre Souk el Khemis
et Teboursouk, la seconde au Fedj el Adoum, entre Teboursouk et
le Kef. Nous y avons noté les espèces suivantes:
Quercus suber
Pinus halepensis
Juniperus oxycedrus
Ampelodesma inauritanica
Rosmarinus o f ficivalis
Globularia alypunn
Thymus vulgaris
Cistus salviae f olies
Calycatome villosa
Pistacia lentiscus
Phillyrea media
Erica nlultiflora
Daphne gnidium
Pulicaria odora
Cistus polymorphus
Arbutus unedo
Oleo oleaster
Furnana ericoïdes
Arisarum vulgare
I
2
1.1
1.1
1.1
2.2
3.3
2.2
I.I
1.1
i.i
I.I
-}-
I.1
I.I
I.I
-{-
I.1
-}-
-{
+
-}-
-^-
-}-
-{-
La composition floristique montre qu'il faut rattacher ces relevés
à l'alliance du rosmarino-ericion, avec comme caractéristiques Rosmarinus of ficivalis Globularia alvpuni et Fines halepensis. Comme en témoignent les quelques pieds rescapés de Quercus suber, ces
groupements de dégradation proviendraient d'une forêt de chêneliège de l'étage de l'oleo-lentisque qui aurait occupé les terrains triasiques de la sorsale. Ainsi, selon des témoignages, le chêne-liège
existait il y a encore peu d'années au Djebel Djouaouda, par exemple au Nord de la route de Teboursouk au Kef.
D'autre part, dans les parties dégradées des (lunes, nous avons
noté une pelouse appartenant à une association de l'Helianthemum
gu•ttati différente de celle décrite sur le flysch numidien dans l'étage
des liasses montagnes.
Les relevés reportés clans le tableau suivant ont été effectués dans
les localités ci-après:
Relevé n° I — Pelouse pàturée sur terrain sableux à 1,5 km du
I15
LA VÉGÉTATION FOREST' i RE DE LA KROUMIRIE
rivage, su r la piste conduisant an poste forestier de Berkoukech ìt
l'Est (le Tabarka.
Relevé n° 2 -- Pelouse sur Aunes entre les broussailles de chêne
kermès et HaliWr.ii2iii batimifoliuiii, près de Bordj Ali Bey (circonscription forestière de La Calle - Algérie).
Relevé n° 3 — Pelouse sur sable dans les dunes de Tabarka,
entre les bouquets de Qucrcus eQtöfera, Chamaerops bniuili.i. Halimiuen haliirifolium, Daphne gnidi.nrrn..
Relevé n° 4 — Pelouse pâturée à la limite des dunes de Tabarka,
au lieu (lit Sidi Bader.
Caractéristiques de l'ordre Helianthemation Br. 1940
Rumex bucephalophorns
Filago gallica
Ornithopus conlpressrls .
Helianthernnru guttaturrn
Tolpis barbota
Staclvvs arvernsis
Trifoliurnn cherleri
Trifoliurn. subterraneum.
-1-
3
3
4
r.I
2.2
+
1.1
-}I.I
-}-
H-
I. I
I.I
-}-
+
I.I
2.2
+
Différentielles par rapporti à l'association Paronvclria-echinata
et Plantago Bellardi
Silone hispida
llfalcornia parviflora
Crepis bu lbosa
Spergnla arvensis
Coryrnephorus articulatus
+
+
+
+
+
+
I.I
+
2.2
2.2
I. I
1.1
+
+
I.I
Espèces de l'association à Par onychia ecirinata,
et Plantago Bellardi
Romnlaea bulbocodil n n
Lotus angustissirrlus
Plart-tago Bellardi
t.r
+
I.I
+
2.2
I.I
2.2
Coinpagnes
Evax t'yganae
Paranychia echinata
V ulpia myuros
Euphorbia exigua
M edicago solciroli
2.2
+
2.2
2.2
I16
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
Tillaea muscosa
Sherardia arvensis
Vulpia myuros
Valerianella microcarpa ..
Helianthemum tuberaria ..
Sagina apetala
Veronica arvensis
Alliuo-n roseum
Ranunculus f labellatus
Asterolinum stellatum
Hypochaeris aetnensis
Cynodon dactylon
Erodium circutarium
Trifolium striatum
Bellis annua
Hyoseris scabra
Hypochaeris radicata
Plantago lagopus
Paronychia argentea
Senecio leucathemi f olius
Cerinthe major
Linaria sp.
Linum usitatissirnum
Plantago arenaria
-E+
-{-}-
I.1
-^-f -}--^-{-^--{-
-{1.1
1.1
2.2
3.3
-
-}-
-}-}-{-f-}-{-}-
-{-
Ce groupement est extrêmement voisin de la sous-association à
Ornithopus compressus de l'association à Corynephorus articulatus
et Helianthemum guttatum, reconnue par BRAUN-BLANOUET dans
la plaine languedocienne, stade de dégradation terminal de la chênaie d'Yeuse sur sol siliceux.
LA VLGL.TATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
I17
CONCLUSIONS
S'il était possible de présenter d'ans un, seul tableau d'ensemble les
relevés effectués dans les forêts de hroumirie, en les classant suivant leurs altitudes, les différents étages altitudinaux apparaîtraient
d'eux-mêmes, par le regroupement de certaines espèces dont la présence est liée à des conditions écologiques étroitement dépendantes
de l'altitude. A défaut d'un telle présentation, le schéma ci-après
permet de résumer la constitution de la végétation.
Etage montagnard
Etage inférieur
Etage de basses montagnes
groupe I
groupe II
groupe III
groupe IV
groupe V
Forêt de Chêne Zéen
avec Iles aquifolinrn
Forêt de
Chêne Zéen
Forêt de
Chêne-liège
à Cytise
Forêt de Chêne-liège
à Lentisque
Forêt de Chêne Kermès
En dehors des espèces ubiquistes, ou tout au moins celles que
nous pouvons considérer comme telles, si, dans la limite de la ré-
1I8
LA VEGETATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
gion étudiée, elles apparaissent avec la même fréquence quelle que
soit l'altitude, il est possible de distinguer:
I. Un groupe d'espèces thermophiles, caractéristiques de l'étage
inférieur telles que Pistaría lentiscus, Olea oleaster et, sur le versant maritime, Chamaerops huonilis et Teucrimn fruticans.
2. Un groupe d'espèces liées aux groupements forestiers et aux
sols humifères qui les accompagnent dans l'étage des basses montagnes, telles Lutiula Forsteri, Galiu.att elli[licum, C,tisus triflorus,
Teucrivare scorodonia. Helica minuta, Brachy/'odiuln silvaticum, Asperula laevigata, Brunella vulgaris.
3. Un groupe d'espèces euméditerranéennes considérées comme
caractéristiques (les associations (le la classe Quercetea-ilicis, qui
apparaissent avec une fréquence sensiblement égale dans l'étage inférieur et dans l'étage des basses montagnes, où cependant elles se
raréfient dans la forêt (le chêne zéen et qui disparaissent d'ans
l'étage montagnard proprement (lit : Rubia peregrina, Smilax aspera,
Daphne gnidiunt, Clematis flanitnula, Rhatnnus alaternus, Viburntant tinos, Asparagus acutifo.tius, Pltilhvrea media.
4. Un groupe (l'espèces très humicoles qui trouvent leur optimum
dans la forêt (le chêne zéen et que nous avons considérées comme
caractéristiques de ce groupement, clans l'étage (les basses montagnes et, semble-t-il, dans l'étage montagnard.
5. Un groupe d'espèces hvg - ophiles dont l'affinité médio-européenne et subatlantique est la plus marquée, qui ne se trouvent que
clans l'étage montagnard et dans la ripisilve à Alnus glutinosa, telles
Ilex aquifolium, Sanicula europaea, Veronica montana, Stellaria
h ol ostea.
La végétation apparaît ainsi comme une combinaison de ces différents groupes, les combinaisons les plus fréquentes correspondant aux groupements que nous avons décrits: forêt de chêne kermès et de chêne-liège à lentisque dans l'étage inférieur, la forêt
de chêne-liège à cytise et la forêt de chêne zéen dans l'étage des
basses montagnes, la forêt de chêne zéen montagnarde.
Tels sont donc les types de forêts que le forestier doit mettre en
valeur en les maintenant en état d'équilibre, équilibre toujours fragile en pays méditerranéen où l'incendie, le pâturage, l'abus d'exploitation provoque l'installation des groupements de dégradation.
maquis à Arbousier. lande à Ericacées ou pelouses dont les nossibilités économiques sont extrêmement faibles.
Il nous paraît souhaitable que les groupements végétaux de la
Kroumirie, expression des différentes conditions (le station, poissent
servir de cadre à l'expérimentation forestière en vue d'une mise en
valeur encore plus intensives des belles forêts de Kroumirie.
LA VÉGÉTATION FORESTIf:RE DE LA KROUMIRIE
I19
ANNEXE I
LISTE DES ESPÉCES TROUVÉES DANS LES RELEVÉS
Ophioglossacée.s
Osmondacées
Polypodiacées
Aspléniées
Pteridiées
Isoetacées
Selaginellacées
Equisetacées
Cupressacées
Pinacées
Juncaginacées
Alismatacées
Graminées
Ophioglossum Lusitanicum L.
Osrnunda regalis L.
Dryopteric aculeata (L.) O. Kuntze = Aspidiurn aculeatum. Döle.
Picchu tu i spicant
(L.) Roth.
Aspleniunt obovatuna Viv = .4•. Lanceolatum Huds.
A. adiantum-ni..rum L.
Athyrium Fili.v-femina (L.) Roth.
Gyinnogramrna leptophylla (L.) Desv.
Pteridium aquilinum (L.) Ruhn.
Polypodium volgare L. ssp. serration (Willd) Christ.
Isoetes velata A. Br.
I. Duriaei Bory.
I. Hystrix Dur.
Sclaginella denticulata (L.) Lie.
F_gnisctunr maximum Lamk.
Callitris articolata (Cahl Murb.
Juniperus oxycedrns L. ssp. macrocarpa (S et Sm) Ball,
J. phoenicea L.
Pinos halepensis Mill.
Pinos pinastcr Soland = Pinos maritima Lamk.
Triglochin Taxiflora Guss.
Alticnm plantago-aquatica L.
.. l.ndropo,gon di.cfachy us L.
Tlremeda triando Forsk.
Phalaris nodosa L.
Anthoxantatm odoratuni L.
Agrostis stolonifera L. = A. alba.
A. sahnantica (Lag.) Runth = A. pallida D.C.
Gastridium. ventricosum Ganan Sch. et Th. (= G. Lendigervm L.)
Laguru.c ovatuc L.
Cynodon dactylou (L.) Oers.
A.
Ampclodesma mauritanica (Poir.) Dun et Sch.
Tenar Vahl.
Flolens lanatus L.
IT. sctosus Trin. = H. annuus Salzm.
Coryncphorus articulatus (Desf.) P. Beauv.
Trisctaria flavescens (L.) Maire.
T. parviflora (Desf.) Maire.
T. panicea (Lamk.) Maire.
Avena barbata Brot.
Avena sterilis L. ssp. macrocarpa (Moench) Brig.
Gaudinia fragilis (L.) P. Beauv.
4•ira Tenorei Guss.
A. caryophyllea L.
I20
Graminées
LA VÉGÉTATION FORESTILRE DE
LA KROUMIRIE
A. cupaniana Guss. = A. uniaristata Lag. et Rodr.
Airopsis tenella Coss. et Dur. = A. globosa Desv.
Sieglingia decumbens (.) Bernh.
Melica minuta L. ssp. major (Parl.) Trab. = M. minuta
var.
latifolia
Coss.
Scleropoa rigida (Li) Gris.
Cynosurus plybracteus Poir. = C. cristatus L. var. polibracteus Goss et Dur.
C. echinatus L.
C. elegans Desf.
Dactylis glomerata L.
Poa annua L.
P. bulbosa L.
P. trivialis L.
Briza maxima L.
Glyceria fluitans (L.) R. Br.
Festuca coerulescens Desf.
F. Drymeia Mert. et K.
Vulpia myuros Gmel.
V. sciuroides (Roth) Rouy.
V. ciliata Lk.
V. sicula (Prel.) Lk.
Bromos madritensis L.
B. commutatus Schrad. = B. racemosus L. ssp. commutatus Maire et Weill.
Brachypodium distachinm (L.) R. et Sch.
Brachypodium silvaticum (Huds.) R. et Sch.
Lolium rigidum Gaud.
Aegilops ovata L.
Cypéracées
Cyperus kalli (Forsk.) Burb = C. capitatus Vaud
= C..rchoenoides Gris.
Scirpus cernuus Vahl = S. savii Sch. et Mauri.
Heloecharis multicaulis Dietr.
Schoenus nigricans L.
Carex divulsa Good. = C. nniricatos L. ssp. divulsa
(Stokes) Syme.
C. remota L.
C. distachya Desf. = C. longiscta Brot.
C. glauca Murr. = C. serrulata Biv.
C. pendula Huds. = C. maxima Scop.
C. depressa Lk.
C. olbiensis Jord.
C. selvatica Huds.
C. punctata
Gaud.
Palmiers
Chamaerops huniilis L.
Aracées
.^•rurn italicum Mill.
Arisarum volgare Targ.-Tozz.
Ambrosinia Bassii L.
Joncacées
.Toncu.r Tenageia Ehrh.
.T. bufonius
L.
J. conglomera tus L.
L. pygmea Rich. et Thuill.
J. bulbosus
J. capitatus
L.
Weig.
Luzula Forsteri (Sm.) DC.
T . campestris (L.) DC.
LA VEGP1'ATION FORESTIERE DE LA KROUMIRIE
Liliacées
Asphodelus rnicrocarpus Viv.
S. bicolor Kunth.
Simethis planifolia (L.) G. et G.
Alliusn roseun L.
A. triquetrum L.
A. subhirsutum L.
Scilla lingulata Poir.
S. Aristidis Coss.
S. Peruviana L.
Scilla autumnalis L.
S. numidica Poir.
Urginea vial-lima (L.) Bak. = Sella maritima L.
U. ondulata (Desf.) Steinh.
U. fogar (Moris) Steinh.
Ornithogalum urnbellatum L.
O. arabicum L.
Ruscos hypophyllum L.
R. aculeatus L.
Asparagus acutifolius L.
Smilax aspera L.
Amaryllidacées
Diocoréacées
Iridacées
Orchidacées
Betulacées
Fagacées
Leucoium autunnale L.
Tamils common's L.
Gladiolus bysantinus Mill.
Romulaca bulbocodiurn (L.) Sch. et Mauri.
Oph ys bombylifera.
Orchis tridentata Scop. sap. Lactea.
O. papilionacea L.
Serapias lingua L.
Platantheraoifolia Rich.
Limodoruna abnrtivurn (L.) Sw.
Alous glutinosa (L.) Gaertn.
Quercus Mirbecki Durieu.
Q. suber L.
Q. ilex L. •
Salicacées
Ulmacées
Moracées
Polygonacées
Euphorbiacées
Q. coccifera L.
Sali.- pedicellata Desf.
Umaus campestris L.
Ficus carica L.
Runicx bucephalophorus L.
E_uphorbia pterococca Brotero.
E. cuneifolia Guss.
E. anaygdalo'ide.r L.
E. exigua L.
E. Peplus L.
E. peploides Gonan.
Aristolochiacées
Thymeleacées
Lauracées
Thelygonacées
Caryophyllacées
I2I
Aristolochia pallida Willd.
Daphne gnidium L.
Lasrrus nobilis L.
Cynncrambe prostata Gaertn.
Paronychia echinata Link.
P. argentea (Pourr.) Link.
Polycarpon tetraphyllum L.
Sperqula arvensis L.
Moehringia pentandra Gay.
Stellaria Holostea L.
I22
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
S. media (L.) Vill.
Moenchiaa erecta (L.) Gaertu. = Cerastium crectum Goss,
et G.
Cerastium auornalurn Wallst et K.
C. glomeratum Thuill.
Sagina apetala Ard.
Silene laeta (Ait.) A. Br.
S. gallica L.
S. colorata Poir.
S. Nicaeensis All.
Lychnis macrocarpa .Munti.
Renonculacées
Fumariacées
Crucifères
Cistacées
Anemone palmata L.
Ficaria calthaefolia Rehb.
F. ranunculoides Roth.
Ranunculus flabellatus Desf.
R. rnacrophyllus Desf.
Clematis flammula L.
Cl. cirrosa L.
Fumaria capreolata L.
Lepidium glastifolium Desf.
Biscutella lyrata L.
B. radicata Coss. et Dur.
Allaria officinalis Andrz.
Nasturtium officinale R. Br.
Cardamine hirsuta L.
Malcomia parviflora D.C.
Helianthemum guttatum. L. s.l.
H. tuberaria (L.) Miller.
Halirnium halirnifolium = Helianthemus halinrifolius (L.)
Willd.
Tamaricacées
Violacées
Hypericacées
Crassulacées
Rosacées
Fumana Levipes Spach.
F. viscida Spach.
F. thymifolia (L.) Verlot
F. ericoides (Car.) Pau. •
Cistus monspeliensis L.
C. salviaefolius L.
C. polymorphus Willk.
Tamarix gallica L.
Viola odorata L.
V. Riviniana Rehb.
Hypericurn perfoliatum L.
H. ciliatum Lam.
H. australe Ten.
H. audrosaemvm L.
Sedurre cepaea L.
Tillaea muscosa L.
Umbilicus pendulinus D.C.
Rosa sempervirens.
Agrimonia eupatoria L.
Sanguisorba minor Scop.
Re bus ulmifolius Schott.
Potentilla micrantha Ramond.
P. reptans L.
Geum urbanum L.
Crataegus monogyna Jacq.
Prunus avium L.
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
Légumineuses
Ceratonia siliqua.
Argyrolobium Liruiaeanum Walp.
Spartium junceum L.
Genista aspalathoides Poiret.
G. ulicina Spach.
G. triscupidata Desf.
Calycotome villosa (Poir.) Link.
Cytisus triflorus L'Héritier.
Ononis viscosa L.
Medicago Soleiroli Dubr.
M. tuberculata Willd.
Medicago murex Willd.
Trifolium campestre Schreb.
T. filiforme L.
T. subterraneum L.
T. tomentosum L.
T. glomeratum L.
T. nigrescens Viv.
T. Bocconei Savi.
T. striatum L.
T. scabrum L.
T. arvense L.
T. ligusticum Balbis.
T. angustifolium L.
T. cherleri L.
T. stellatum L.
T. isthmocarpum Brot. = T. jaminianum Boiss.
T. Loevigatum Desf. = T. strichou L.
Lotus corniculatus L.
L. edulis L.
L. hispidus De.sf.
L. angustissimus L.
L. ornithopodioides L.
Tetragonolobus biflorus Seriane.
P.roralea bituminosa L.
Scorpiurus subvillo.rus L.
Coronilla scorpioides (L.) Roch.
C. juncea L.
Myrtacées
(lenotheracées
Linacées
Geraniacées
C. valentina L.
Vicia disperma D.C.
V. tetrasperina (L.) Wench.
V. sativa L.
V. gracilis Loisel.
V. leucantha.
Lathyrus niger (L.) Bernh.
L. sphaericus Retz.
Reta in Bovei Spach.
Ebenus pinnata Desf.
Myrtus communis L.
Circaea Lutetiana L.
Radiola linoides Roth.
Linum gallicum L.
Limon corymbiferum Desf.
Geranium purpureum Vill.
G. lucidum (Bauhin) L.
G. molle L.
G. lanuginosum Link.
I23
124
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
Polygalacées
Anacardiacées
Aquifoliacées
Rhamnacées
Vitacées
Araliacées
Ombellifères
Ericacées
Primulacées
Convolvulacées
Borraginacées
Scrofulariacées
Acanthacées
G. atlanticum. Boissier et Reut.
Erodium cicutarium (L.) L'Hérit.
Polygala Nicaeensis Risso.
Pistacia lentiscus I.
P. terebinthus L.
Ilei aquifolium L.
Rhamnus alaternus L.
Vitis vinifiera L.
Hedera helix L.
Sanicula europaea L.
Eryngium Barrelieri Gay.
E. Bovei Boissier.
Tondis nodosa (L.) Gaertner.
Orlaya m.aritima Koch.
Smyrnium olusatrum L.
Smyrnium perfoliatum (L.) Miller.
Bupleurum rigidum L.
Bunium mauritanicum Batt. et H.
Oenanthe anomala Cosson et Durieu.
Kundmannia sicula L.
Thapsia villosa L.
Mucus muricatus L.
D. laserpitoides.
D. gummifer Lmk.
Heliosciadium nodiflorum (L.) Lag.
Arbutus unedo L.
Erica scoparia L.
E. arborea L.
E. multiflora L.
Asterolinum stellatum (L.) Hg. et Lk.
Cyclamen africanum Boiss et Reut.
Anagallis crassifolia Thore.
Anagallis coerulea Schreher.
Convolvulus tricolor L.
C. Durandoi Pomel.
C. althaedides L.
C. sepium L.
Myosotis hispida Schlecht.
Echium creticum Coste.
Cerinthe major L.
Linaria elatine L.
L. triphylla (L.) , Millei.
L. reflexa (L.) Desf.
L. striata D.C.
.4.narrhinum bellidifolium (L.) Desf.
Scrofularia scorodonia L.
Veronica cymbolaria Bodard.
V. montana L.
V. arvensis L.
Odontite.s Tribouti Grenier et Paillot.
Ononis viscosa (L.) Rehb.
Parentucellia latifolia (L.) Caruel.
P. viscosa (L.) Carcel.
Acanthus mollis L.
LA VEGTTATION FORESTI E EE DE LA EROUMIRIE
Labiacées
Globulariacées
Plantaginacées
Ajuga reptans L.
A. iva Schreber.
Teucrium scorodonia L.
T. polium (L.) Ray.
T. fruticans L.
Prasium majus L.
Scutellaria columnae Al lioni.
Lavandula stoechas L.
Brunella alba Pallas = B. laciniata L.
B. vulgaris L.
Lamium purpureum L.
L. album L.
Lanzhou flexuosum Tenore.
Stachys arvensis L.
S. hirtus L.
Betonica officinalis L.
iblicromeria graeca L.
Calamintha clinopodium (L.) Moris.
Thymus capitatus Hoffm.
Thymus vulgaris L.
Mentha pulegiuna L.
lI. aquatica L.
ll. rotundifolia L.
Rosmarinus officinalis L.
Globularia alypnm L.
Plantago macrorrhiva Poiret.
P. coronopus L.
PI. Bellardi Allione.
Pl. serraria L.
Pl. lanceolata L.
Pl. arenaria W. et K.
Gentianacées
Ciccndia filifonnis (L.) Delarbre.
Chora perfoliata L.
Centaurinm n nbellatum Gilibert.
('nta urja )fl maritimum (L.) Fritsch.
Apocynacées
Oléacées
1V (riuni ulcander L.
Trajinasuxyphylla ?Vl. Bieb.
Phillyrea media L.
P. angustifolia L.
Olea silvestris Miller.
Jasminum fruticans L.
Rubia peregrina L.
Vaillantia muralis (L.) D.C.
Galivan elongation (Presl.) Beck.
G. saccharatum Allioni.
G. parisiense L.
G. aparine L.
G. ellipticum Willd.
G. tunetunum Poiret.
Asperula cynanchina (Bauhin) L.
A. levigata L:
Crucianella maritima L.
Sherardia arvensis L.
Viburnum Tinus L.
Lonicera implexa Aiton,
Rubiacées
Caprifoliacées
125
126
LA VÉGÉTATION FORESTI I?RE
Valerianacées
Dipsacacées
Campanulacées
Lobeliacées
Composées
DE LA KROUMIRIE
Valerianella microcarpa Lois.
Fedia cornucopiae (L.) Gaertner.
Centranthus calcitrapa (L.) D.C.
Scabiosa rutaefolia.
S. inaritima L.
S. stellata L.
Campanula alata Desf.
C. rapunculus L.
C. dichotama L.
Specularia falcata (Ten.) A.D.C.
Laurentia iYTichelii DC.
Bellis annua L. var. radicaras Coss et Dur.
Bellis silvestris Cyrillo.
Evax pygmaea (L.) Persoon.
Filago gallica L.
F. germanica L.
mula viscosa (L.) Aiton.
Pulicaria odora. (L.) Rehb.
Achillae ligustica Allioni.
Chrysanthemum myconis L.
Petasites fragans Presl.
Senecio delphinif olius Vahl.
Senecio leucanthernifolius Poiret.
Doronicum atlanticum.
Galactites tomentosa .Moench.
Centaurea tagana Brot.
Centaurea sphaerocephala L.
C. napifolia L.
Leuzea conifera (L.) D.C.
Tolpis barbata (L.) Gaerner.
Hyoseris radiata L.
H. scabra L.
Scolymus grandiflorus Desf.
Hedypnois polymorpha D.C.
Hypochaeris Aetnensis (L.) Bentb et H.
H. glabra L.
H. radicata L.
Urosper)num Dalechompi (L.) Schmidt.
Thrincia tuberosa (L.) D.C.
T. hispida Roth.
Scorzonera undulata Vahl.
Crepis! patula Poiret.
C. bulbosa (L.) Tausch.
Andryala integrifolia L. (_ .A. sinuata L.)
Lactuca muralis L.
Plagius virgatus D.C.
Cichorium intybus L.
LA \7:GÉTATION FORESTIERE
1)E LA EROUMIRIE
I27
ANNEXE II
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94.
QUEZEIcr
132
LA VEGETATIOI FORESTILRE DE LA KROUMIRIE
SUMMARY
1 rountiria represents a remarkable and natural region situated in
the northern part of Tunisia. It covers the northern section of the
i\Iedjerda Valley, bordered by the ;-Mediterranean Sea ; it is limited
on the west side by the algerio-tunisian frontier, at Lschkeul Lake.
With a maximum altitude of 1 202 ni, this mountainous region owns
its originality because of peculiar soil and climate conditions.
The numidian flysch formation;, mainly composed of clay and
sandstone substratum, cover a fairly large area. Climate is quite
rainy and the annual mean precipitations is therefore reaching
more than, 600 mni in every station, with a maximum of 1 530 mm.
These ecological factors help in explaining the actual importance
of the forest in spite of an abusive human action.
The plain forest types were studied by the phytosociological
methods.
The Quo-ells coccifera forest and a forest type characterized by
Ouerct-rs Suber occur at the lower altidudinal level. This zone is
also characterized by the presence of the following plant species :
Pis.tacia Lentiscus and C7tatuaerops Iiionilis.
On the other part, the forest of Qtrercus Saber with Cytisits
tri f lords as the most important plant species, and the forest of
Quercus ]Tirbecki, grow on leached and humic soils, of the low
mountainous region.
A few stations found above 1 000 in could be related with to a
montane level, which is characterized by the Querctts _ITi.r'becki.
forest, the presence of Iles agoifolittnt and a mid-european flora.
The presence of some regular rivers results in the development
of a riparian forest of Aliitts yhttinosa, providing shelter to the
most hygrophitic species. This vegetal community is very similar
to the alder stands occurring in Mid-Europa.
But pasturing and fire are responsible for the formation of some
degraded communities ; bush of Arbuttt,s Unedo; moor of Erica
lttitltiflora for the lower level ; and moor of Erica scoparia for the
low mountainous zone, where grassland of Plontago serraria is also
formed
A good knowledge of these units cf vegetation and of their evolution should provide greater consideration for the forest : the most
important resource of the concerned region.
LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE DE LA KROUMIRIE
133
ZUSAMMENFASSUNG
Im nördlichen Teil Tunesiens, bildet Krumerien ein bemerkenswertes natürliches \Vuchsgebiet. Dieser bergige Gegend, deren
höchste Erhebung 120© w ü.1I ; erreicht, erstreckt sich zwischen
der -Mittelileerkiiste und deal i\Iedjerda'stal, und von der Algerisch-tunesischen Grenze bis beim See Ischkeul. Klima und Boden
verursachen die Sonderbarkeit dieser Gegend.
Die Formationen des « numedischen Flysch », mit ihren Sandstein und Tonböden, haben tatsächlich eine grosse Verbreitung. Das
].Klima ist verhältnismässig regenreich. Die jährliche Niederschlags
Menge übersteigt stets 600 min. Und erreicht einen Scheitelwert
von 1 530 mm. Diese ökologischen Bedingungen erklären die auch
heute noch vorhandene Bedeutung, die der \Vald trotz der zerstörenden Wirkung des Menschen hier innehat.
Die hauptsächlichsten Waldtypen sind mit phytosoziologischen
Massnahmen bestimmt worden.
In cien Tieflagen, die floristisch durch die Gegenwart von Pistacia lentiscus und Chauiaerops hititrai.lis gekennzeichnet sind, treffen
sich der Querces coccifera. AV'ald und ein Waldtyp mit Quercus
staber. In der Höhenstufe der unteren Berghänge auf humusreichen
und ausgelaugten Böden entwickelte sich ein Querces suber. Wald,
vergesellschaftet besonders mit Cvtisus triflorus, und ein Quercus
Mirbccki Wald.
Einige Standorte über 1 000 in können einer Bergstufe angeschlossen werden, gekennzeichnet durch Quercus i1irbecki mit Ile1.- aquifoliurn und einer Flora mit mitteleuropäischen Zügen.
Sodann erlaubt das Vorhandensein einiger stets Wasser führender Flusslaufe die ,Ausbildung einer Uferflora mit fl1uus glutinosa,
die über den wasserliebendsten Arten stockt. Diese Gesellschaft
ähnet sehr mitteleuropäischen Erlenwäldern.
Indessen haben Waldweide und Feuer die _Ausbildung der natürlichen Pflanzgesellschaften einer Degradation zugeführt : Buschwald
mit Arbutus uuedo, Heide mit Erica rnultiflora in den unteren
Lagen der Berghänge, sowie steppenartigGebiete mit Plantago
serraria.
Die Kenntnis dieser Pflanzgesellschaften und ihrer Entwicklung
kann dazu beitragen, die Wertverbesserung dieser Wälder, die
einen wesentlichen Reichtum der Gegend darstellen, intensiv voranzutreiben.
Fio. 2.
Aspect de la forêt de Chêne-liège dans l'étage des basses montagnes (parcelle A - 5e série de la forêt du Feidja). — Le sous-bois est éliminé par la
forte densité du peuplement et par le pacage intensif.
(Cliché L. GEORGE.)
FIG. 4.
Aspect de forêt de Chêne-liège surpâturée (forêt de Fernana).
(Cliché L. GEORGE.)
FIG. 5.
Aspect de la forêt de Chêne Zéen. Bouquet de réserves, restant après le
passage de deux premières coupes ayant enlevé le plus gros matériel (forêt
du Feidja, 4` série, canton de l'Oued Iroug, parcelle E).
(Cliché L. GEORGE.)
Fm. 6.
Exploitation d'une coupe de nettoiement dans un perchis de Chêne Zéen
façonnage des traverses en forêt.
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CARTE N° 1
-
KROUMIP IE
RELIEF ET HYbROGRAPHIE
Lchellc 1/500
CARTE N°
-
GEOLOGIE ET PLU VMS] TE
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Crétacé
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