...

CROISSANCE ET AMÉNAGEMENT DE LA FUTAIE JARDINÉE DU JURA :

by user

on
Category: Documents
1

views

Report

Comments

Transcript

CROISSANCE ET AMÉNAGEMENT DE LA FUTAIE JARDINÉE DU JURA :
CROISSANCE ET AMÉNAGEMENT
DE LA FUTAIE JARDINÉE DU JURA :
STRATÉGIES DE GESTION
ET STRUCTURE DES PEUPLEMENTS
J . BUONGIORNO - J .-L . PEYRON
J .-M . VALDENAIRE - M . BRUCIAMACCHIE
PROBLÉMATIQUE
Le Jura comprend de nombreuses forêts publiques et privées, gérées depuis longtemps en futaie jardinée . Les peuplements correspondants sont constitués principalement de Sapin (Abies alba Miller),
en mélange avec une proportion variable d'Épicéa (Picea abies Karsten), et en association avec
divers feuillus parmi lesquels domine le Hêtre (Fagus silvatica L .) . Il est admis que cette situation
résulte d'une action forestière de longue date, impulsée par des personnalités telles que Gurnaud et
ses disciples (Pardé, 1991).
Ces peuplements fournissent des références appréciables dans le domaine des systèmes dits jardinés, irréguliers ou inéquiennes, dont ils permettent une analyse approfondie . Cette dernière est d'autant plus fondamentale que peu de recherches ont été conduites dans de telles structures de
peuplement, en particulier en raison de leur complexité . L'objectif est ici de développer une réflexion
sur la gestion à long terme de ces peuplements jardinés, et d'en tirer des conclusions opérationnelles
fondées sur des bases quantitatives.
Le seul choix d'une structure jardinée de peuplement ne suffit pas en effet à d'abord réaliser, puis
pérenniser, un état d'équilibre souvent précaire . Afin de se laisser guider par des références symbolisant l'état d'équilibre ou de déséquilibre des peuplements, deux méthodes ont été ou sont encore
utilisées : l'une est fondée sur la notion de norme, l'autre sur celle de typologie.
Les démarches passées ont souvent consisté à établir des courbes "normales" de fréquences des
diamètres ou normes (De Liocourt, 1901 ; Schaeffer et al ., 1930) . Celles-ci n'ont cependant pas
donné toute satisfaction (Bruciamacchie, 1993) . Plusieurs raisons viennent expliquer ce fait :
— les normes reposent d'abord largement sur une démarche empirique selon laquelle l'état
jardiné est déterminé visuellement ; or un tel raisonnement est statique, tandis que la dynamique du
peuplement joue un rôle important dans l'appréciation de l'équilibre ; si bien qu'il s'avère souvent que
les états normaux ne peuvent être maintenus à l'identique dans le temps sous l'action du forestier et
ne sont donc pas stationnaires ;
— les normes ne sont ensuite fondées que sur trois paramètres : la catégorie de diamètre la
plus grosse (diamètre d'exploitabilité), le nombre de tiges dans cette catégorie, et le décrément de
49
Rev . For. Fr . XLVIII - 1-1996
J . BUONGIORNO - J .-L . PEYRON - J .-M . VALDENAIRE - M. BRUCIAMACCHIE
De Liocourt qui mesure la proportionnalité entre les effectifs de deux classes successives de diamètre ; mais l'unicité pour toutes les grosseurs d'un tel décrément n'est justifiée que par la simplicité
ou la perfection de la courbe d'allure exponentielle qui en résulte.
Au cours des années récentes, les travaux ont surtout porté sur l'élaboration de typologies de peuplements . C'est le cas par exemple pour le Haut Jura (Herbert et Rebeirot, 1985 ; Bruciamacchie,
1993), et pour le second plateau (Rebeirot, 1993 ; Herbert, 1994) . Ces typologies présentent un
grand intérêt descriptif et cartographique ; fondées sur une appréciation visuelle rapide, elles évitent
la réalisation d'inventaires longs et fastidieux ; susceptibles d'être mises en oeuvre en de multiples
endroits, elles fournissent des informations sur l'hétérogénéité interne des parcelles . Elles se sont
d'ailleurs rapidement diffusées parmi les forestiers concernés . Elles contribuent de plus largement à
l'élaboration des aménagements et plans simples de gestion en facilitant la description de l'état
actuel des peuplements, puis en guidant le choix d'un état objectif jugé le plus satisfaisant, d'où
découlent les interventions qui conduiront progressivement de l'un à l'autre de ces deux états (ONF,
1994).
Le développement de typologies adaptées aux peuplements jardinés représente une avancée notable
par rapport aux anciennes normes . Cependant, ni les normes traditionnelles, ni les typologies ne permettent d'affirmer formellement que la structure choisie comme objectif puisse être indéfiniment maintenue (stationnarité) ; elles ne sont pas conçues non plus pour produire des prédictions assez
précises sur le rythme auquel chaque peuplement évolue ; enfin, l'état objectif dont elles facilitent le
choix ne peut être précisément évalué économiquement dans la mesure où le facteur temps, et donc
le rythme de croissance, jouent un rôle fondamental en économie.
L'étude présentée ici a pour ambition d'apporter des réponses aux quelques limites mentionnées cidessus . Il convient pour cela de s'appuyer tout d'abord sur une analyse véritablement dynamique de
la futaie jardinée, c'est-à-dire sur un modèle de croissance . Celui-ci fournit en effet les moyens de
calculer la valeur de critères de gestion, qu'ils soient de nature économique ou plus écologique . De
tels critères servent de support à la définition de stratégies de gestion à long terme, qui peuvent être
très diverses et ainsi adaptées aux souhaits de multiples propriétaires . Il devient alors possible de
déterminer, pour chaque stratégie, l'état qui la caractérise le mieux à long terme, ainsi que la récolte
associée . Enfin, comme lors de l'utilisation des normes ou des typologies, de cet objectif à long terme
sont tirées les conclusions pour la gestion actuelle . On voit que la principale innovation de cette
démarche réside dans la méthode utilisée pour décider d'un état objectif à long terme.
UN MODÈLE DE CROISSANCE SIMPLE
POUR DES PEUPLEMENTS INÉQUIENNES ET MÉLANGÉS
Il n'existait au départ aucun modèle de croissance utilisable pour la futaie jardinée du Jura . Il fallait
donc en construire un . Il a été élaboré à partir des données de gestion de 44 parcelles de forêts
domaniales ou communales gérées par l'Office national des Forêts (ONF) dans la région de SaintLaurent-en-Grandvaux, situées en partie sur le second plateau du Jura, en partie sur les pentes intermédiaires . À ce stade de la démarche, il ne paraissait pas opportun de se référer à une quelconque
typologie des peuplements qui aurait constitué une importante perte d'information . Au contraire, il
s'avérait utile de conserver le maximum de variabilité en utilisant les données brutes pour calculer
les paramètres de la croissance.
Les données comprennent pour chaque parcelle :
— un inventaire du peuplement sur pied par classes de diamètre et par essences aux temps t i
et t 2 , t i étant généralement voisin de l'année 1970 et t 2 de l'année 1990,
— l'effectif par classes de diamètre et par essences des tiges enlevées entre t i et t 2 en coupes
réglées d'une part, sous forme de produits accidentels d'autre part.
50
Technique et
forêt
Chacun de ces inventaires ou résultats de martelage permet de distinguer trois essences ou catégories d'essences et neuf classes de diamètre, soit au total 27 catégories . Les essences considérées sont le Sapin, l'Épicéa, et les feuillus qui seront assimilés par commodité au Hêtre . Les classes
de diamètres sont fondées sur une amplitude de 5 cm et vont de la classe 20 (de 17,50 cm à
22,49 cm) à la classe 60 et plus (à partir de 57,50 cm).
Le modèle de croissance analyse les transferts d'arbres en 5 ans d'une classe de diamètre à l'autre
entre les éclaircies . L'évolution d'une catégorie d'essence du peuplement peut ainsi être schématiquement représentée par la figure 1 (ci-dessous) . Elle repose sur trois types de variables :
— la probabilité de transition en 5 ans d'un arbre d'une classe de diamètre à la suivante ; elle
décrit l'accroissement des arbres, notamment en grosseur ; elle dépend, dans le modèle, de l'essence, de la classe de diamètre initiale et de l'état de densité du peuplement, caractérisé par la
surface terrière globale :
— le recrutement ou passage à la futaie en 5 ans dans la classe 20 : il est exprimé en fonction
de l'essence considérée, de son effectif et de la surface terrière de chacune des trois essences :
— la probabilité de mortalité en 5 ans des arbres de chaque catégorie ; elle est plus difficile à
apprécier en raison du manque de données ; son estimation à partir des produits accidentels a
montré qu'elle était plus sensible à la grosseur des arbres qu'à l'état de densité du peuplement
apprécié par la surface terrière globale.
À ce processus biologique, qui se développe entre les coupes, s'ajoutent les interventions humaines
qui sont également représentées sur la figure 1 par l'intermédiaire de la récolte . L'interaction entre
les essences a lieu essentiellement au niveau du recrutement qui dépend non seulement de l'essence considérée mais aussi des autres essences . La présence par ailleurs dans le peuplement
d'une essence plutôt qu'une autre va influer sur la croissance de l'ensemble des essences . Une description complète de ce modèle a été publiée par Buongiorno et al. (1995).
Figure 1
SCHÉMATISATION DE LA CROISSANCE D'UN PEUPLEMENT FORESTIER INÉQUIENNE OU JARDINÉ
Accroissement biologique influant sur la grosseur des tiges
Recrutement
Mortalité
Mortalité
classe
20 cm
classe
25 cm
Récolte
Récolte
Mortalité
Mortalité
Récolte
Récolte
Les trois analyses des probabilités de transition d'une classe à l'autre, du recrutement et de la mortalité, permettent de simuler l'évolution probable d'un peuplement par périodes de 5 ans . Le fonctionnement a posteriori de ce modèle sur les données qui ont servi à l'établir n'a pas mis en évidence
de biais significatif des prévisions par rapport aux observations, à l'exception du recrutement en
Hêtre qui apparaît légèrement sous-estimé.
La figure 2 (p . 52) montre à titre d'exemple l'évolution prédite en 10 ans pour la moyenne des parcelles ayant servi à construire le modèle . On y observe un vieillissement normal en l'absence de
coupes, qui apparaît différent pour les résineux et les feuillus.
51
Rev . For. Fr . XLVIII - 1-1996
J.
BUONGIORNO - J .-L . PEYRON - J .-M . VALDENAIRE -
M.
BRUCIAMACCHIE
Les résineux constituent une population déjà relativement vieillie ; la croissance s'y manifeste surtout
par une réduction du recrutement dans la première classe, et par une accumulation de gros bois dans
la dernière . Le Hêtre correspond à une population plus jeune, pour laquelle le phénomène marquant
est surtout le développement des bois moyens.
ÉVOLUTION SUR DIX ANS PRÉDITE PAR LE MODÈLE DE CROISSANCE
POUR LA MOYENNE DES PARCELLES OBSERVÉES
Figure 2
Epicéa
Sapin
Hêtre
- état initial
_ _ état final
0
20
30
40
50
60
20
30
40
50
60
20
30
40
50
>
60
Classes de diamètre (cm)
Il est évidemment peu probable qu'un tel modèle puisse représenter parfaitement l'évolution naturelle
sur plusieurs siècles d'un peuplement laissé à lui-même puisque ce cas sort manifestement du
domaine des parcelles de gestion observées . Mais il est indispensable de vérifier que le comportement à long terme — dit asymptotique — du modèle n'est pas aberrant, ce qui a été fait sur 500 ans
pour le peuplement représentatif de la moyenne de ces parcelles, dans l'hypothèse d'une absence
d'interventions . Les résultats de cette simulation s'avèrent plausibles . La figure 3 (ci-dessous) représente ainsi l'évolution à très long terme de la surface terrière de chacune des trois catégories d'essences et de l'ensemble . On y devine l'effet des phases classiques de vieillissement, régularisation
et accumulation de vieux bois, auxquelles succèdent logiquement l'ouverture de trouées dues aux
chablis, et le rajeunissement qui en découle . L'ensemble oscille dans un intervalle de surface terrière
convenable, entre 14 et 36 m 2 à l'hectare . Ce comportement satisfaisant à long terme vient ainsi
conforter l'utilisation d'un tel modèle pour l'analyse de diverses stratégies de gestion.
Figure 3
ÉVOLUTION À TRÈS LONG TERME DE LA SURFACE TERRIÈRE
POUR LA MOYENNE DES PARCELLES OBSERVÉES EN L'ABSENCE D'INTERVENTION
(graphique présenté sous forme cumulée)
40
52
Technique et forêt
DES CRITÈRES DE GESTION DE NATURE ÉCONOMIQUE OU ÉCOLOGIQUE
Une forêt remplit toujours plusieurs fonctions, et on conçoit aisément l'existence d'une certaine variabilité parmi les propriétaires forestiers vis-à-vis des critères à utiliser pour planifier leur gestion forestière . Il ne serait pas réaliste de considérer que tous les propriétaires agissent de la même façon, et
l'aménagement forestier consiste en grande partie à poursuivre les objectifs du propriétaire forestier
sous les contraintes caractérisant la forêt . Cette pluralité d'objectifs a été prise en compte en distinguant, comme base de réflexion, deux types extrêmes de comportement : l'un d'ordre économique,
l'autre de nature plus écologique . Ce choix n'est évidemment pas exclusif d'autres critères, au
demeurant fort nombreux, qui pourraient également être utilisés . Leur mise en oeuvre modifierait les
résultats, mais l'esprit de la démarche resterait le même.
Un propriétaire donné a souvent une certaine difficulté à décrire les fondements de sa stratégie.
À bien des égards, les critères de gestion se constatent plus qu'ils ne se décrètent . Leur nature implicite provient souvent du caractère multi-usage de la gestion forestière . Les propriétaires sont ainsi
amenés à considérer simultanément et à concilier plusieurs critères pour en extraire une sorte de
compromis de gestion . La combinaison des deux catégories précitées de critères permet alors de
représenter aussi ce type de comportement.
Trois critères principaux de gestion sont ici utilisés :
— le Bénéfice Actualisé Net du matériel sur pied à l'Équilibre que nous appellerons (BANÉ)
— le Taux Interne de Rentabilité à l'Équilibre (TIRÉ) ;
— l'effectif MlNlmal des différentes catégories d'essences et de diamètre (MINI).
Le BANÉ correspond à la somme infinie des bénéfices actualisés dégagés par la gestion, après
déduction de la valeur de consommation (valeur mobilière) du stock de bois sur pied :
(1)
BANÉ = R
D
P I VI
r
où
R : valeur des récoltes annuelles,
D : montant des coûts de gestion,
r . taux d'actualisation (que nous prendrons égal à 3 %),
indice des catégories d'essences (i = 1, 2, 3),
j
indice des classes de diamètres (j = 1, 2, . . ., 9),
P si : prix des bois de l'essence i et dimension j.
V i : volume de bois, à l'équilibre, de l'essence i et de dimension j.
Dans l'expression (1), le premier terme du membre de droite représente la valeur en bloc de la forêt,
calculée par la somme infinie actualisée des revenus nets annuels R – D . Cette valeur comprend
celles du fonds et de la superficie . Ainsi, pour une valeur donnée de la forêt, ce critère minimise la
valeur du bois sur pied immobilisé . Inversement, pour une valeur donnée du bois sur pied immobilisé, il maximise la valeur de la forêt . De façon plus générale, il étend au maximum la différence entre
la valeur de la forêt et la valeur du bois immobilisé.
Un taux interne de rentabilité se définit comme le taux qui annule le bénéfice actualisé correspondant . Le TIRÉ est donc tout simplement le taux qui annule le BANÉ, c'est-à-dire qui rend la valeur
en bloc de la forêt égale à la valeur de consommation du peuplement :
TIRÉ=R – D
1P ii V u
(2)
Il s'agit d'un critère concret pour les gestionnaires mais qui doit être utilisé plus comme indicateur
que comme objectif de gestion . Sa maximisation . par exemple, n'est pas nécessairement équivalente
à celle du BANÉ, qui est le critère fondamental .
53
Rev. For . Fr. XLVIII - 1-1996
J . BUONGIORNO - J .-L . PEYRON - J .-M . VALDENAIRE - M . BRUCIAMACCHIE
Ces deux critères de gestion sont fondés d'une part sur les prix des bois sur pied qui ont été établis
à partir des grandes ventes de l'Office national des Forêts dans la région d'étude, d'autre part sur
les coûts de gestion estimés.
La figure 4 montre l'évolution des prix au mètre cube pour chaque catégorie d'essence et de dimension considérée, en distinguant les coupes normales des récoltes de produits accidentels.
Figure 4
PRIX DES BOIS SUR PIED UTILISÉS
(Source Office national des Forêts . Division de Saint-Laurent-en-Grandvaux)
Sapin
Épicéa
Hêtre
500
n
coupes
chablis
â
100
0
-H
.
20
30
I
L
~
40
50
- 60
20
30
T -
40
50
60
Q
T
20
30
50
-60
Classes de diamètre (cm)
En ce qui concerne les coûts de gestion, seuls ont été introduits les coûts occasionnels de martelage, de mise en vente et de contrôle des coupes . En effet, les coûts annuels modifient le niveau
absolu des résultats, mais pas leur valeur relative, si bien qu'ils peuvent être négligés sans qu'il en
résulte une quelconque conséquence majeure sur le choix de la stratégie.
Enfin, le taux d'actualisation est pris égal à 3 % en termes réels (hors inflation) . Ce taux est légèrement supérieur au rendement réel des emprunts d'État sur les trois dernières décennies, la différence
pouvant être justifiée par des risques plus élevés dans les investissements forestiers que sur les
emprunts d'État.
Le critère de diversité, MINI, s'écrit tout simplement :
MINI = Min(N ii )
(3)
où N ii est le nombre de tiges de l'essence i et de dimension j.
II reste égal à 0 tant qu'une catégorie au moins ne contient aucune tige . Dans la situation moyenne
des parcelles de gestion observées, la catégorie la moins fournie se trouve dans le Hêtre où la classe
60 cm et plus de diamètre ne contient en moyenne que 0,1 tige par hectare . On a donc
MINI = 0,1 tige/ha pour l'état actuel.
Augmenter l'effectif de la catégorie la moins fournie revient en général à diminuer l'effectif des catégories les plus riches et donc à aller dans la direction d'un certain équilibre des différentes catégories entre elles . Ce dernier critère traduit donc la diversité en essences et en dimensions des
peuplements . Il est par ailleurs très corrélé au critère de Shannon et Wiener, très couramment utilisé
en écologie quantitative pour mesurer la diversité, et qui pourrait être mis en oeuvre aussi ici
(Buongiorno et al., 1995) .
54
Technique et
forêt
MINI a le grand avantage d'être facilement utilisable dès qu'on possède une description dendrométrique du peuplement . La question qui se pose est de savoir dans quelle mesure il caractérise une
véritable diversité écologique ou biodiversité . Ses prétentions dans le domaine restent évidemment
limitées . Cependant, la diversité dendrométrique du peuplement peut, sous certaines conditions et en
première analyse, être reliée à la diversité faunistique ou floristique, en particulier lorsqu'on reste au
niveau d'un peuplement donné . Aux États-Unis par exemple, Temple et al. (1979) ont clairement
montré une corrélation entre l'hétérogénéité de la structure et des essences d'un peuplement d'une
part, la richesse ornithologique d'autre part . En France, des analyses ornithologiques vont dans le
même sens (Frochot, 1971 ; Müller, 1985 et 1993) . L'utilisation d'un tel critère de diversité n'est donc
pas une simplification outrancière, et elle permet d'introduire dans la stratégie des sujétions non
directement économiques . Il convient de remarquer par ailleurs que ces considérations ne préjugent
évidemment pas de la biodiversité au niveau de l'ensemble d'une forêt qui pourrait être régulière ou
jardinée, et où les lisières et zones ouvertes joueraient par exemple un rôle important.
DÉFINITION DES STRATÉGIES DE GESTION À LONG TERME
À partir du modèle de croissance élaboré pour la circonstance, et des critères de gestion, économiques et écologique, qui viennent d'être présentés et discutés, il devient possible de définir et de
calculer des états objectifs pour la moyenne des parcelles de gestion étudiées . Comme cela a initialement été rappelé, un état objectif possède deux propriétés principales . Il est tout d'abord stationnaire, c'est-à-dire qu'il se perpétue à l'identique dans le temps avec une périodicité qui est celle
de la rotation des coupes . L'état stationnaire est donc tel que la production du peuplement est entièrement compensée par les prélèvements et la mortalité . Dans une forêt vierge, il correspond au
climax écologique . Dans une forêt aménagée, il assure un rendement soutenu perpétuel . Le raisonnement porte ici sur des périodes de 5 ans, par commodité, mais le problème pourrait facilement être
adapté à une rotation différente des coupes.
L'état objectif est ensuite optimal selon les critères que le gestionnaire s'est fixé . Divers états stationnaires, chacun correspondant à une stratégie particulière déterminée par un ou plusieurs critères
de gestion, sont donc recherchés.
Chaque stratégie peut être formulée de manière à maximiser une fonction objectif sous une ou plusieurs contraintes éventuelles . En général, la fonction objectif correspond à l'un des critères énumérés, et l'on ajoute le cas échéant une contrainte en fixant une valeur plancher à l'un des autres
critères . Les stratégies testées sont ainsi présentées dans le tableau I (ci-dessous) . Les résultats
s'expriment en nombre de tiges présentes d'une part, prélevées d'autre part, dans chaque catégorie
d'essence et de dimension.
Tableau I
Présentation et dénomination des différentes stratégies testées
BANÉ
(Fact ./ha)
TIRÉ
(%)
MINI
(tiges/ha)
Référence
– 2 100
2,8
0
Économie
Max.
Nom des stratégies
Max.
Diversité
Économie et diversité
2
Max .
3,0
Diversité et économie
55
Rev . For. Fr . XLVIII - 1-1996
Max .
J.
BUONGIORNO - J .-L . PEYRON - J .-M. VALDENAIRE -
M.
BRUCIAMACCHIE
L'état actuel moyen des parcelles utilisées s'est avéré non stationnaire ; il a par conséquent été remplacé par l'état stationnaire le plus voisin (1 ) . La définition de la stratégie de référence revient donc
à rechercher l'état stationnaire le plus proche de l'état actuel.
La stratégie "Économie" consiste à maximiser le critère économique BANÉ.
Pour la stratégie "Diversité", c'est l'effectif MINI de la catégorie la moins fournie qui est maximisé.
La stratégie "Économie et diversité" consiste à maximiser le bénéfice actualisé BANÉ, mais à la
condition d'avoir au moins deux tiges dans chaque catégorie d'essence et de dimension.
Inversement, la stratégie "Diversité et économie" consiste à maximiser l'effectif minimal MINI sous
réserve que le taux interne de rentabilité TIRÉ soit au moins égal à 3 %.
La méthode d'optimisation utilisée est la programmation linéaire en raison de sa simplicité (Peyron,
1992 ; Bruciamacchie, 1993) . L'exigence de linéarité des problèmes traités (fonction objectif et
contraintes) crée cependant deux difficultés :
— il n'est pas possible d'optimiser un critère dont la formulation mathématique serait très complexe, ce qui vient limiter la diversité des stratégies susceptibles d'être traitées par cette méthode ;
— le modèle de croissance n'est pas linéaire car les probabilités de transition d'une classe à
l'autre dépendent de la surface terrière ; pour cela, le problème initial a dû être décomposé en sousproblèmes, chacun correspondant à un niveau spécifique de surface terrière après coupe ; la solution globale correspond alors au meilleur résultat de ces sous-problèmes ; les niveaux
correspondants de surface terrière après coupe ont été choisis au pas de 5 m 2/ha entre 10 et
30 m 2 /ha.
CARACTÉRISATION DE L'ÉTAT OBJECTIF ET DE LA RÉCOLTE OPTIMALE
CORRESPONDANT À CHAQUE STRATÉGIE
La mise en ceuvre des cinq stratégies qui viennent d'être présentées conduit à cinq états objectifs
très différents mais qui possèdent en commun leur caractère stationnaire . La distribution des effectifs par catégorie d'essence et de diamètre apparaît sur les figures 5 à 8 sur lesquelles se retrouve
la stratégie de référence (avec une échelle variable des ordonnées selon la figure).
La figure 5 (p . 57) permet de comparer l'état moyen des parcelles observées et l'état de référence.
Ce dernier s'avère beaucoup moins chargé en matériel sur pied que l'état actuel, notamment en ce
qui concerne le Sapin dont le nombre de tiges est diminué de près du tiers et la surface terrière de
près de 40 % . On remarque par ailleurs que le diamètre d'exploitabilité de cette essence s'établit
entre 45 et 50 cm.
La figure 6 (p . 57) caractérise la stratégie d'économie . Les résultats sont très abrupts car il s'agit
d'une stratégie centrée sur un seul critère . Il apparaît ainsi que :
— le Sapin est éliminé au profit de l'Épicéa en raison de l'hypothèse de prix légèrement inférieurs pour une croissance équivalente ; du strict point de vue économique, et sous réserve des hypothèses sous-jacentes, l'Épicéa s'avère donc plus intéressant ;
— le Hêtre n'est conservé que dans le jeune âge ;
- le diamètre d'exploitabilité de l'Épicéa s'avère extrêmement bas, vers 40 cm.
(1) Soit un état caractérisé par une distribution (Ky des effectifs par catégories ; on entend par état le plus voisin de celui-ci, un état
caractérisé par une distribution (N',d minimisant la somme :
I N'
56
–NI,
Technique et forêt
Figure 5
RÉPARTITION DES TIGES PAR CATÉGORIES APRÈS COUPE POUR L'ÉTAT MOYEN
DES PARCELLES OBSERVÉES ET L'ETAT STATIONNAIRE LE PLUS VOISIN, PRIS COMME RÉFÉRENCE
Sapin
40
Épicéa
Hêtre
D
q État moyen
q Référence
30
20
7
10
L
U
0
r
-20
30
40
50
60
20
30
40
[
50
rr
60
Trq F-17:1
20
30
40
50
ii, 60
Classes de diamètre (cm)
Figure 6
RÉPARTITION DES TIGES PAR CATÉGORIES APRÈS COUPE POUR L'ÉTAT DE RÉFÉRENCE
ET L'ETAT RÉSULTANT DE LA STRATEGIE ÉCONOMIQUE DE MAXIMISATION DU BANE
Sapin
100
Épicéa
Hêtre
q
L
80
Référence
Économie
20
o
20
30
40
50
-•
60
20
30
4
40
J
50
E
-60
;-
20
4
30
40
50
- 60
Classes de diamètre (cm)
Figure 7
RÉPARTITION DES TIGES PAR CATÉGORIES APRÈS COUPE POUR L'ÉTAT DE RÉFÉRENCE
ET L'ETAT RESULTANT DE LA STRATEGIE "ÉCOLOGIQUE" DE MAXIMISATION
DE LA DIVERSITÉ EXPRIMÉE PAR LE MINI
Sapin
Épicéa
Hètre
40
Référence
D Diversité
30
10
0 r
r
20
30
40
20
4 L
1
-
50
r= 60
30
40
50 > 60
Classes de diamètre (cm)
57
Rev . For. Fr . XLVIII - 1-1996
20
30
40
50 --= 60
J.
BUONGIORNO - J .-L . PEYRON - J .-M . VALDENAIRE -
M.
BRUCIAMACCHIE
En dépit du caractère brutal que représenterait une telle sylviculture, devant laquelle on peut
comprendre la réticence des gestionnaires, il est clair qu'un résineux de 40 cm est économiquement
mûr et exploitable, ce qui peut constituer un précieux renseignement . Du reste, quelques sylvicultures appliquées dans le Jura sont peu éloignées de celle-ci, abstraction faite de la prédominance de
l'Épicéa sur le Sapin . Cette dernière n'est d'ailleurs pas le résultat le plus marquant dans la mesure
où elle repose en grande partie sur les données de prix qui tendent à attribuer à l'Épicéa, dans le
contexte actuel global de la ressource, une plus-value qui peut toujours être discutée.
La figure 7 (p . 57) illustre quant à elle l'optique de la diversité . Les tiges se trouvent alors très réparties . On observe en particulier que :
— le Sapin et l'Épicéa sont distribués de façon quasi identique ;
— les effectifs du Hêtre varient peu selon la classe car la croissance en diamètre du Hêtre ne
s'est pas avérée dépendre significativement de la taille des arbres ;
— dans les trois cas, la récolte concerne quelques perches et surtout des arbres de 60 cm de
diamètre.
La figure 8 (ci-dessous), enfin, présente les deux compromis envisagés entre économie et diversité.
On note qu'il est possible de parvenir presque au même résultat en poursuivant un objectif économique sous une contrainte de diversité (ici au moins deux tiges dans chaque catégorie) ou en maximisant la diversité sous une contrainte de rentabilité (taux supérieur ou égal à 3 %) . II s'agit
évidemment d'un cas particulier et bien d'autres intermédiaires entre les deux stratégies précédentes
pourraient être imaginés.
Figure 8
RÉPARTITION DES TIGES PAR CATÉGORIES APRÈS COUPE POUR L'ÉTAT DE RÉFÉRENCE
ET LES ÉTATS RESULTANT DES DEUX COMPROMIS STRATÉGIQUES ENTRE L'ÉCONOMIE ET LA DIVERSITÉ :
2 (économie et diversité)
maximisation du BANÉ pour MINI
3 % (diversité et économie)
maximisation de la diversité représentée par le MINI, pour TIRE
Sapin
Épicéa
Hêtre
60
Référence
q Économie et diversité
40
Diversité et économie
2
l
20
30
40
50
60
20
Îtif~lbr~zo~
30
40
50
60
Liprnrq
20
30
40
~
rC~ r-P m
60
50
Classes de diamètre (cm)
Le tableau II (p . 59) rassemble les principales caractéristiques des cinq stratégies élaborées . Outre
la similitude des deux compromis, les seuls points communs entre ces stratégies sont la valeur de
la mortalité qui est de l'ordre de 0,1 m 2 /ha/an dans tous les cas, et celle de la surface terrière optimale après coupe, qui est de 15 m 2 /ha (compte tenu du fait que seules les valeurs de 5 m 2 en 5 m 2
ont été testées) . Les autres caractéristiques sont très dissemblables . La possibilité varie par exemple
dans un rapport de 1 à 2,5 entre les deux stratégies extrêmes . Le taux interne de rentabilité va quant
à lui du simple au double . Ce tableau n'a évidemment pas pour objectif de proposer une stratégie
plutôt qu'une autre, et n'est d'ailleurs pas exhaustif . II permet cependant de prendre conscience de
l'importance d'une réflexion dans ce domaine, que la relative inertie de la croissance forestière aurait
parfois tendance à faire oublier .
58
Technique et forêt
Tableau II
Récapitulatif des principales caractéristiques des cinq stratégies
Caractéristiques
Référence
Économie
Diversité
Economie
Diversité
Diversité
Économie
Surface terrière après la coupe (m 2/ha) .
15,0
15,0
15,0
15,0
15,0
Surface terrière coupée (m 2/ha)
2,5
4,2
1,6
2,6
2,7
Possibilité (m 3/ha/an)
5,2
8,5
3,4
5,5
5,5
-2100
26 400
-18100
-800
0
2,8
5,9
1,7
2,9
3,0
0
0
3,2
2 .0
1,9
BANÉ (F/ha)
TIRÉ (%)
MINI (tiges/ha)
CONCLUSIONS
Cette approche est fondée sur un modèle de croissance très simple élaboré pour la circonstance.
Certes, des modèles sans doute plus précis et sophistiqués pourraient être construits, mais celui-ci
s'est avéré à la fois utile sur le plan de la démarche d'aménagement forestier et intéressant par la
mise en valeur de données simples de gestion qu'il permet . Bien que les données utilisées soient
celles de l'Office national des Forêts, il est clair que le cheminement suivi est beaucoup plus général
et concerne tout propriétaire attaché à une réelle gestion à long terme de son patrimoine forestier.
On déduit d'une telle analyse qu'il est tout à fait envisageable de définir des états objectifs fondés
sur des bases quantitatives, qui soient à la fois stationnaires et optimaux, et que l'optimalité considérée peut correspondre à des stratégies très variées dont trois types ont été décrits :
— optimisation d'un critère de gestion (économique ou écologique) au détriment de toute autre
considération
— optimisation d'un critère de gestion sous la contrainte d'autres critères (stratégie économique
et écologique, stratégie écologique et économique) ;
— recherche de l'état stationnaire le plus proche d'un état arbitraire donné.
Ces états objectifs peuvent être très significativement différents des normes définies au début du
siècle (De Liocourt, 1901 ; Schaeffer et al . . 1930).
Avec une telle démarche, la stratégie à suivre devient un objet de réflexion . Or il n'est pas évident
qu'elle soit toujours très claire dans l'esprit des propriétaires et des gestionnaires . Elle est en effet
souvent négligée sous l'effet du poids de l'héritage du passé, alors même qu'elle devrait justement
se projeter dans l'avenir . Souvent multiple, cette stratégie doit cependant être décomposée en ses
éléments constitutifs afin d'évaluer l'importance et le sens de chacun . II est par exemple arrivé que
des forestiers souhaitent exploiter des Sapins ou Épicéas de 40 cm de diamètre pour aller vers un
état plus équilibré, mais se refusent à le faire en redoutant un sacrifice d'exploitabilité . L'approche
présentée ici a permis de montrer que les tiges de cette dimension sont proches de l'exploitabilité et
qu'en conséquence aucun sacrifice économique ne doit être craint . D'autres considérations pourraient restreindre leur exploitation, mais pas les sujétions économiques.
59
Rev . For. Fr . XLVIII - 1-1996
J . BUONGIORNO - J .-L. PEYRON - J .-M . VALDENAIRE - M . BRUCIAMACCHIE
Une fois la stratégie élaborée et l'état objectif défini, les conditions de leur mise en oeuvre doivent
être envisagées . Dans la plupart des cas, il s'agit d'une part d'intervenir dans les catégories plus fournies que celles correspondant à l'état objectif, d'autre part de le faire à un rythme et avec un mode
de sélection définis par le sylviculteur.
On voit bien finalement que le choix d'une structure jardinée n'implique pas qu'un équilibre sera automatiquement et facilement trouvé . Il existe suffisamment de contre-exemples pour s'en convaincre.
En revanche, si les normes passées n'ont pas donné toute satisfaction en raison de leur caractère
arbitraire, tant vis-à-vis de l'éventualité d'un équilibre que des souhaits du propriétaire, il est tout à
fait possible aujourd'hui de caractériser des états objectifs adaptés et efficaces à condition d'avoir
auparavant clairement défini la stratégie à adopter .
J .-L . PEYRON
Enseignant Chercheur
ÉCOLE NATIONALE DU GÉNIE RURAL,
DES EAUX ET DES FORETS
J . BUONGIORNO
Professeur au Département de Foresterie
UNIVERSITÉ DU WISCONSIN
associé à la Station d'Économie et Sociologie rurales
de l'INRA
14 . rue Girardet
F-54042 NANCY CEDEX
MADISON (ETATS-UNIS)
Professeur associé à I'ENGREF en 1993
J .-M . VALDENAIRE
Chef de Division
à l'Office national des Forêts
Saint-Lau rent-en-G randvaux
actuellement
Ingénieur Chargé de la Communication
et de la Valorisation
INVENTAIRE FORESTIER NATIONAL
Domaine des Barres
F-45290 NOGENT-SUR-VERNISSON
M . BRUCIAMACCHIE
Enseignant Chercheur
ÉCOLE NATIONALE DU GÉNIE RURAL.
DES EAUX ET DES FORETS
14, rue Girardet
F-54042 NANCY CEDEX
Remerciements
Cette analyse a été supportée essentiellement par l'École nationale du Génie rural, des Eaux et des Forêts et
l'Office national des Forêts (Région Franche-Comté) . Les auteurs tiennent à remercier MM . M . Badré . M . Buffet,
G . Buttoud, J . Guillard, D . Normandin, J .-C . Pierrat . et J .-C . Hervé pour leurs précieuses remarques qui ont largement contribué à l'amélioration d'un texte qui n'engage cependant que ses auteurs.
BIBLIOGRAPHIE
BUONGIORNO (J .), PEYRON (J .-L .) . HOULLIER (F .), BRUCIAMACCHIE (M .) . Growth and management of mixedspecies, uneven-aged forests in the French Jura ' implications for economic returns and tree diversity . — Forest
Science, vol . 41, n° 3, août 1995.
BRUCIAMACCHIE (M .) . — L'État normal en jardinage .
Revue forestière française, vol . XLV, n° 4, 1993, pp . 441-451.
60
Technique et forêt
FROCHOT (B .) . — Écologie des oiseaux forestiers de Bourgogne et du Jura . — Université de Dijon, 1971.
144 p . (Thèse de Doctorat).
HERBERT (I .) . — Gestion des futaies jardinées dans le Jura .
Bulletin technique de l'ONF, n° 26, 1994, pp . 9-20.
HERBERT (I .), REBEIROT (F .) . — Les Futaies jardinées du Haut-Jura . — Revue forestière française, vol . XXXVII, n° 6,
1985, pp . 465-481.
LIOCOURT (F . de) . — Sapinières .
Nancy : École nationale des Eaux et Forêts, 1901 . — 82 p.
MULLER (Y .) . — L'Avifaune forestière nicheuse des Vosges du Nord ; sa place dans le contexte médioeuropéen . —
Université de Dijon, 1985 . — 318 p . (Thèse de Doctorat).
MULLER (Y .) . — Expertise avifaunistique de la forêt du Romersberg . — Fénétrange : Conservatoire des Sites lorrains,
1993 .
49 p.
OFFICE NATIONAL DES FORETS . — Les Futaies irrégulières résineuses du Massif jurassien, aménagement et gestion.
Besançon : Office national des Forêts - Direction régionale de Franche-Comté, 1994.
PARDÉ (J .) .
La Méthode du Contrôle, d'hier à aujourd'hui . — Revue forestière française, vol . XLIII, n° 3, 1991, pp . 185202.
PEYRON (J-L .) . — Présentation illustrée d'une méthode de planification de la gestion forestière et de détermination de
l'effort de régénération . — Revue forestière française, vol . XLV, n° 1, 1993, pp. 59-74.
REBEIROT (F .) . — Les Futaies jardinées du deuxième plateau et des pentes intermédiaires du massif jurassien . —
Besançon Société forestière de Franche-Comté, 1993 . — 33 p . + annexes.
SCHAEFFER (A .), GAZIN (A.), D'ALVERNY (A .) . — Sapinières ; le jardinage par contenance (méthode du Contrôle par
les courbes) . — Paris : PUF, 1930 . — 100 p.
TEMPLE (S .A .), MOSSMAN (M .J .), AMBUEL (B .) . — The ecology and management of avian communities in mixed hardwood - coniferous forests. In : Management of north central and northeastern forests for nongame birds ; workshop
proceedings . — USDA Forest Service . General Technical Report, North Central Experimental Station NC-51, 1979,
pp . 132-153 .
61
Rev. For . Fr . XLVIII - 1-1996
Fly UP