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LA FERTILISATION COMME REMÈDE AU DÉPÉRISSEMENT DES FORÊTS EN SOL ACIDE :

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LA FERTILISATION COMME REMÈDE AU DÉPÉRISSEMENT DES FORÊTS EN SOL ACIDE :
LA FERTILISATION COMME REMÈDE
AU DÉPÉRISSEMENT
DES FORÊTS EN SOL ACIDE :
ESSAIS DANS LES VOSGES
EMMEMISO'
MEN
M . BONNEAU - G . LANDMANN - M . ADRIAN
Au début des recherches sur le dépérissement, à la fin de 1984, une relation nette avait été
établie entre carence magnésienne et calcique et intensité du dépérissement et notamment du
jaunissement (Landmann et al ., 1987) . Afin de vérifier expérimentalement cette relation, une série
d'essais de fertilisation a été mise en place dans les Vosges en 1985 sur des peuplements
adultes de Sapin ou d'Épicéa souffrant à des degrés divers de jaunissement et de défoliation.
En 1986, de nouvelles expérimentations ont été effectuées sur de jeunes plantations d'Épicéa ou
de Sapin atteintes du jaunissement caractéristique qui sévit dans les montagnes acides : les
aiguilles de deux ans et davantage sont jaunes, tandis que les aiguilles de l'année sont, sauf cas
extrême, normalement vertes.
Les résultats provisoires de ces essais à la fin de 1988 ont donné lieu à une publication
(Bonneau et al ., 1991), à laquelle cet article apporte des conclusions plus actuelles et aborde
l'évolution des sols et de la nutrition.
ESSAIS SUR PEUPLEMENTS ADULTES
Huit essais ont été mis en place, la majorité au printemps 1985, l'un à l'automne 1985, sur des
peuplements d'âge et de conditions écologiques variables . Le tableau I (p . 208) donne la liste et
les principales caractéristiques de situation et d'état de ces peuplements qui souffraient de
dépérissement à des degrés divers, soit très léger (essai de Rouffach), soit moyen, soit très
sévère (essai de Vologne) . Dans tous, sauf Rouffach, les arbres présentaient un certain degré de
jaunissement, le plus typique de ce point de vue étant cependant l 'essai du col du Louchbach.
Les sols correspondants sont tous très acides (pH à l'eau de 3,2 à 4,5 en A I , de 3,8 à 4,6 en B),
faiblement pourvus en calcium échangeable (0,2 à 3,4 m .eq ./100 g en A I , 0,07 à 0,50 en B) et en
magnésium échangeable (0,07 à 0,44 m .eq ./100 g en AI , 0,02 à 0,09 en B) . Ils sont en même
temps très alumineux (0,3 à 10 m .eq . d'Al échangeable en A,, et 2,5 à 9,9 en B) . Le plus
favorable (Ca/Al et Mg/Al élevés) est celui de Rouffach, les plus mauvais ceux de Remiremont,
Mortagne et Vologne .
207
Rev. For. Fr . XLIV - 3-1992
M . BONNEAU - G . LANDMANN - M . ADRIAN
Tableau I
Liste des essais sur peuplements adultes dans les Vosges.
Composition des aiguilles au début de l'expérimentation, perte moyenne d'aiguilles (D),
pourcentage d'arbres ayant une note de jaunissement supérieure ou égale à 1 (J)
Nom de l'essai
Roche-mère
Composition foliaire 1985
(% matière sèche)
N
P
1,31
0,18
D
J
0,65 0,68 0,13
16
12
0,68
0,18
0,06
37
16
K
Ca
Mg
Rouffach
Sapin
Granite à biotite
de Wintzenheim
Vologne
Sapin
Grès permien
Remiremont
Sapin
Grès vosgien mélangé
de limon
1,31
0,19 0,77
0,21
0,05
21
26
Mortagne
Sapin
Grès intermédiaire
et grès vosgien
1,35
0,11
0,75
0,31
0,07
25
10
Russ
Granite acide de Kagenfels
,1 ,26
0,16 0,43
0,31
0,12
23
22
1,33
0,14 0,67
0,28 0,06
26
35
1,49
0,15 0,72
0,15 0,06
21
40
1,49
0,14 0,70
0,15 0,04
26
99
1,23 0,15
Sapin
Grendelbruch
Sapin
Granite acide de Kagenfels
Grossmann
Grès vosgien
Épicéa
Louchbach
Épicéa
Granite acide du Valtin
Traitements appliqués
Cinq traitements ont été communs à tous les essais . Leur choix part du principe que les sols
vosgiens sont, la plupart du temps, extrêmement pauvres et acidifiés et que c'est sur les
roches-mères les plus pauvres (grès, granites leucocrates) que le dépérissement, et notamment
le jaunissement, est le plus intense . II paraît donc logique de faire d'un apport de calcium,
capable de diminuer l'acidité du sol et sa teneur en aluminium échangeable, la base du
traitement . Mais il était essentiel de tester aussi l'effet du magnésium et intéressant de connaître
l'effet éventuel des autres éléments nutritifs majeurs : azote, phosphore et potassium . Les cinq
traitements suivants ont été appliqués :
-
Témoin.
- Traitement Ca : 2 500 kg/ha de calcaire broyé (Récalcit) et 400 kg de chaux vive afin
qu'une partie du calcium soit sous forme soluble . Ce traitement apporte au total 1 520 kg de
CaO dont 400 sous forme rapidement soluble.
- Traitement CaMg : 2 500 kg de ' Récalcit magnésien », à 12 % de MgO, mélange de
calcaire broyé et de chaux magnésienne, et 400 kg de chaux magnésienne vive, soit 590 kg de
CaO sous forme rapidement soluble, 1 000 kg sous forme peu soluble et 450 kg de MgO sous
forme soluble . Ce traitement diffère donc du précédent par la présence de magnésium, mais
aussi par la plus forte quantité de calcium et de magnésium sous forme soluble.
- Traitement NPKCaMg : à un apport de Ca et Mg identique à celui du traitement précédent, on a ajouté 200 kg/ha d'azote (ammonitrate à 34,5 %), 200 kg d'acide phosphorique
(superphosphate triple) et 150 kg de K2 0 (sulfate de potassium).
208
La fertilisation comme remède au dépérissement des forêts en sol acide : essais dans les Vosges
— Traitement KMg : 500 kg/ha de Kalimagnésia (appelé aussi Patentkali), sulfate double de
potassium et de magnésium . Ce traitement, qui s'écarte délibérément du postulat de la nécessité du calcium dans la fertilisation, était motivé par l'action bénéfique du Kalimagnésia observée dans certains peuplements de Bavière, mais il était peu logique car la nutrition du Sapin et
de l'Épicéa dans les Vosges est déjà caractérisée par un déséquilibre au détriment du magnésium et ce type d'engrais, qui dose 30 % de K2 O et 10 % de MgO, risque de l'accentuer.
D'autres traitements complémentaires ont été appliqués dans certains traitements : engrais
calcomagnésien granulé (Duwa-Pearl, noté DP), chaux vive, chaux magnésienne à forte dose,
engrais uniquement magnésien (Granumag, mélange de sulfate et d'oxyde de magnésium,
essayé dans l'essai du Louchbach et noté SMg).
Plutôt que d'essais, il vaut mieux parler de tests car le nombre de répétitions est faible :
généralement deux, parfois une seule, parfois trois, ceci s'expliquant par la difficulté de trouver,
dans des forêts pour la plupart naturelles, des surfaces suffisamment grandes et homogènes, à
la fois vis-à-vis du sol et du peuplement.
Suivi des essais
En ce qui concerne la défoliation, une première notation rapide en classes de 1 à 5 suivant les
procédures employées dans le réseau « bleu » de placettes d'observation a été effectuée à
l'automne 1985 . Elle a été considérée comme trop peu détaillée pour qu'on puisse en tirer des
conclusions et on a donc procéder à la fin de l'été 1986 à une nouvelle notation en niveaux de
pertes d'aiguilles de 5 en 5 %.
En ce qui concerne le jaunissement, on a adopté une appréciation globale du feuillage selon
cinq notes :
0 : aucun jaunissement
1 : 1 % à 9 % d'aiguilles jaunes
2 : 10 % à 24 % d'aiguilles jaunes
3 : 25 % à 59 % d'aiguilles jaunes
4 : 60 % à 100 % d'aiguilles jaunes
C'est cette notation de 1986 qui sera considérée comme notation initiale, ce qui ne conduit
probablement qu'à une faible sous-estimation de l'évolution, étant donné la courte durée
d'action de la fertilisation de 1985 à 1986.
Deux autres notations ont été effectuées par la suite, l'une à la fin de l'été 1988, l'autre à la fin
de l'été 1990, selon les mêmes méthodes et par les mêmes opérateurs . Chaque fois, quatre
critères d'évolution de la santé des peuplements ont été considérés :
a) l'état de défoliation moyen du peuplement ;
b) la note de jaunissement moyenne ;
c) le nombre d'arbres dont le pourcentage de défoliation avait soit augmenté, soit diminué de
plus de 10 % (par rapport au nombre d'arbres « détériorables >, ou « améliorables »), ou de plus
de 20 % (1990) ;
d) le nombre d'arbres dont la note de jaunissement avait soit augmenté, soit diminué de 1 (par
rapport également au nombre d'arbres détériorables, c'est-à-dire de note inférieure à 4, et au
nombre d'arbres améliorables, c'est-à-dire de note égale ou supérieure à 1).
Les deux critères c) et d) ont fait l'objet d'un test de Chi 2 destiné à savoir si le pourcentage
d'arbres améliorés ou détériorés était significativement différent du témoin dans les divers
traitements . Ce test peut être effectué pour chaque essai car il porte sur un nombre d'arbres . Au
contraire, la note moyenne de défoliation ou de jaunissement ne peut pas se prêter à un test
209
Rev. For. Fr . XLIV - 3-1992
M . BONNEAU - G. LANDMANN - M . ADRIAN
statistique par essai en raison du faible nombre de répétitions . La seule interprétation possible
est celle qui porte sur l'ensemble des essais, chacun d'eux étant considéré comme une
répétition.
Par ailleurs, des prélèvements d'aiguilles (aiguilles de l'année en cours, aiguilles de 2' année et
parfois aiguilles de 4' année) ont été effectués dans tous les traitements et dans tous les essais
en 1985, 1987 et 1989.
En 1989, on a refait, dans quatre essais, de nouveaux prélèvements de sol afin de voir comment
le pH et la garniture ionique avaient évolué.
Enfin, dans l'un des essais, celui du col du Louchbach, on a suivi en détail, depuis 1988, non
seulement l'évolution du sol mais aussi la composition des eaux gravitaires qui s'écoulent à
travers le sol, dans le témoin et dans les deux traitements CaMg et NPKCaMg.
Résultats concernant la santé des peuplements
• Défoliation
Les traitements NPKCaMg et DP ne sont pas très différents de ceux du traitement CaMg, et le
traitement KMg a eu un effet faible mais pas toujours négatif comme nous le pensions a priori.
Nous ne commentons donc, en général, dans ce qui suit, et pour simplifier, que les résultats
obtenus dans les traitements Ca et CaMg.
Pourcentage du nombre d'arbres
Tableau Il
dont le feuillage s'est amélioré de 1986 à 1990
En ce qui concerne l'évolution du nombre
(taux de défoliation diminué de 20 % ou plus)
d'arbres défoliés, nous n'évoquerons que
les résultats de 1990, en nous limitant aux
T
Ca
CaMg
arbres améliorés, car il n'y a eu finalement,
même dans les témoins, que peu d'arbres
Rouffach (20) (')
20
0
55
qui se soient détériorés . Pour le pourcenNS
NS
tage absolu de défoliation, nous donnerons
52
60
Vologne (37)
18
les résultats de 1986, 1988 et 1990.
Le tableau Il (ci-contre) donne le pourcentage d'arbres dont la densité du feuillage
s'est améliorée (dont la défoliation a diminué) de plus de 20 % en valeur absolue,
pour chaque essai, chaque traitement et
pour l'ensemble des essais, avec degré de
signification du Chi 2 .
On constate d'abord que, dans presque
tous les essais sauf à Remiremont, l'amélioration spontanée des témoins a été sensible depuis 1986, puisque 20 à 50 % des
arbres ont vu leur taux de défoliation diminuer très nettement . Les traitements Ca et
CaMg ont eu un effet significativement
positif sur la masse foliaire dans cinq essais
sur huit et leur action est très significative
dans l'ensemble des essais . Le traitement
Mg seul, appliqué dans l'essai du Louchbach, n'a pas favorisé la refoliation des
arbres .
+++
+++
5
29
++
31
++
Mortagne (25)
25
49
+
27
NS
Russ (23)
43
33
NS
18
NS
49
70
+
53
NS
Grossmann (21)
36
74
+++
82
+++
Louchbach (26)
41
73
NS
80
NS
Ensemble des essais .
29
51
+++
46
+++
Remiremont (21)
Grendelbruch (26)
. . . .
+ : significatif à 5 % ; ++ : significatif à 1 % +++ : significatif à
1 %n.
Les chiffres entre parenthèses qui suivent le nom de l'essai
indiquent le taux de défoliation moyen en 1986.
(')
210
La fertilisation comme remède au dépérissement des forêts en sol acide : essais dans les Vosges
Le pourcentage d'arbres dont la défoliation a augmenté, qui était assez élevé en 1988, est
devenu extrêmement faible en 1990, que ce soit dans les placettes témoins ou dans les
placettes fertilisées ; aussi, ne l'avons-nous pas mentionné dans les tableaux.
Le tableau III (ci-dessous) indique non pas le nombre d'arbres dont le pourcentage de défoliation
a augmenté ou diminué, mais le taux de défoliation dans chaque essai et dans chaque
traitement en 1986, 1988 et 1990 . L'amélioration a généralement été faible de 1986 à 1988, et
c'est seulement de 1988 à 1990 qu'on note une augmentation de la masse foliaire, beaucoup
plus sensible après fertilisation . La prise en considération du taux absolu de défoliation corrige
parfois la conclusion des tests statistiques indiquée au tableau II : c'est le cas de l'essai du
Louchbach où la présence d'une seule répétition conduit à appliquer les tests sur un petit
nombre d'arbres, ce qui diminue les chances de conclusion significative.
Tableau III
Pourcentage moyen de défoliation en 1986, 1988, 1990
T
Ca
CaMg
1986
1988
1990
1986
1988
1990
1986
1988
1990
Rouffach
16
20
8
16
18
10
23
17
12
Vologne
37
46
30
37
47
18
35
43
14
Remiremont
21
21
18
23
15
11
28
12
8
Mortagne
24
41
13
27
30
9
27
37
13
Russ
18
14
7
22
14
10
24
10
12
Grendelbruch
26
18
11
27
19
8
22
14
8
Grossmann
24
12
11
23
9
4
21
8
3
Louchbach
38
39
30
21
11
5
25
16
3
Ensemble des essais
25
26
16
24
20
9
25
20
9
Dans l'ensemble des essais, tous les traitements apportant du calcium, c'est-à-dire Ca, CaMg,
NPKCaMg et Duwa-Pearl, sont significatifs au seuil de 1 %, tandis que KMg n'est pas significatif . Il est remarquable que l'apport de Mg ou de N + P + K + Mg n'apporte en moyenne aucun
effet supplémentaire par rapport à Ca . Ceci doit être rapproché de l'amélioration générale de la
nutrition magnésienne, spontanée dans les témoins (voir ci-après) et résultant probablement,
dans les traitements Ca, de l'échange entre Ca et Mg sur le complexe absorbant et d'une
minéralisation de l'humus favorisée par l'apport de calcium, deux phénomènes qui libèrent du
magnésium dans les solutions du sol . Si l'on considère les essais individuels, l'effet de CaMg
est parfois nettement meilleur que celui de Ca (Vologne, Remiremont), parfois moins bon
(Mortagne) . L'effet bénéfique d'un apport de phosphore ou d'azote, qui avait pu être noté en
1988 dans les essais de Mortagne et Vologne, ne se maintient en 1990 que dans l'essai de
Mortagne (9 % de défoliation dans NPKCaMg contre 13 % dans le témoin et 13 % dans CaMg).
• Jaunissement
La plupart des essais ne présentaient qu'un faible taux de jaunissement à l'origine des expériences, à l'exception de l'essai du Louchbach, situé sur un granite très acide . Beaucoup de
peuplements se sont améliorés spontanément : 70 à 80 % des arbres ont vu leur note de
211
Rev. For. Fr . XLIV - 3-1992
M . BONNEAU - G . LANDMANN - M . ADRIAN
jaunissement (s'échelonnant de 0 à 4) s'améliorer, c'est-à-dire décroître de 1 ou davantage . Seul
l'essai du Louchbach, fortement atteint, ne s'est que faiblement amélioré, et même (tableau V,
p . 213), si un certain nombre d'arbres ont vu leur note de jaunissement diminuer, un nombre
égal s'est détérioré . Le faible nombre d'arbres suffisamment jaunis au début de l'expérience
pour que leur note puisse s'améliorer donne peu de chances aux tests statistiques d'être
significatifs dans chaque essai pris individuellement et on ne décèle d'effet réellement positif
que dans les essais de Remiremont et du Louchbach . Dans le premier, les traitements apportant
à la fois Ca et Mg (CaMg, NPKCaMg et DP) sont significativement meilleurs que le témoin, alors
que le traitement Ca a un effet plutôt négatif . Dans l'essai du Louchbach, Ca, CaMg et
NPKCaMg apparaissent comme équivalents tandis que le traitement SMg, purement magnésien,
est nettement moins favorable, comme c'était déjà le cas pour la masse foliaire . Le traitement KMg semble aussi nettement moins bon, et même, pour certains essais et pour l'ensemble
des essais, son effet est négatif, ce qui est explicable par le fait qu'il accentue le déséquilibre
nutritionnel entre K et Mg . Ce n'est que dans l'essai du Louchbach qu'on note un effet positif de
ce traitement.
Le tableau IV (ci-dessous) donne la valeur absolue des notes de jaunissement moyennes . On voit
que les traitements Ca et CaMg, qui apportent calcium ou calcium et magnésium, sont nettement
efficaces, supprimant presque totalement le jaunissement . Ce tableau permet aussi de voir que
la fertilisation n'a eu son plein effet qu'après 1988 . Même dans de bonnes modalités de
traitement, on note une dégradation de la situation à cette époque (Vologne, Mortagne) . L'apport
simultané de calcium et de magnésium est parfois meilleur que Ca seul (Remiremont, Louchbach, Grendelbruch).
Tableau IV
Évolution du jaunissement de 1986 à 1990
T
Ca
CaMg
1986
1988
1990
1986
1988
1990
1986
1988
1990
Rouffach
0,10
0,00
0,00
0,18
0,00
0,00
0,28
0,00
0,00
Vologne
0,34
1,04
0,13
0,20
1,14
0,02
0,22
0,96
0,00
Remiremont
0,37
0,34
0,33
0,14
0,12
0,18
0,31
0,04
0,01
Mortagne
0,28
0,92
0,04
0,02
0,68
0,00
0,08
0,67
0,02
Russ
0,25
0,10
0,02
0,17
0,11
0,00
0,22
0,04
0,04
Grendelbruch
0,37
0,14
0,28
0,60
0,25
0,10
0,40
0,08
0,02
Grossmann
0,68
0,02
0,12
0,42
0,02
0,00
0,37
0,00
0,00
Louchbach
2,00
1,52
2,00
1,50
0,12
0,12
1,70
0,17
0,04
Ensemble des essais
0,55
0,51
0,36
0,40
0,30
0,04
0,44
0,24
0,02
La notation primaire des arbres est la suivante :
0 :
pas d'aiguilles jaunes
% d'aiguilles jaunes
d'aiguilles jaunes
2 : 10 à 24
4 : 60 à 100 %
1 : 1 à 9 °/U
3 : 25 à 59
d'aiguilles jaunes
% d'aiguilles jaunes
Le tableau V (p . 213), établi pour le seul essai du Louchbach, le plus atteint de jaunissement,
permet d'apprécier encore plus l'effet de la fertilisation en donnant la possibilité de considérer,
pour le témoin et les divers traitements, en même temps l'amélioration et la détérioration de
couleur .
212
La fertilisation comme remède au dépérissement des forêts en sol acide : essais dans les Vosges
Essai du col du Louchbach
Pourcentage d'arbres dont la note de jaunissement
s'est améliorée ou détériorée de 1 ou davantage
Tableau V
T
Ca
Ça Mg
NPKCaMg
KMg
Mg
% améliorés
22
100
100
100
92
60
% détériorés
30
0
0
0
4
0
Influence de la fertilisation sur la nutrition minérale
Les figures 1 et 2 (ci-dessous) représentent les teneurs en Ca et Mg des témoins en 1985, des
témoins en 1989 et des arbres des traitements CaMg en 1989 ; ces figures sont très évocatrices
de l'évolution temporelle, plus nette pour Mg que pour Ca, et de l'effet de la fertilisation . Les
figures 3 et 4 (p . 215) illustrent le parallèle entre composition minérale des feuilles et défoliation
ou jaunissement . On peut déduire de ces figures que :
— La nutrition magnésienne et calcique s'est très nettement améliorée dans les témoins de
la plupart des essais de 1985 à 1989 et notamment dans ceux où elle était la plus faible au
départ (figures 1 et 2) . Ceci laisse évidemment supposer que, dans les années 1983 à 1985, les
carences en Mg et Ca associées au jaunissement et dont les causes premières sont la pauvreté
initiale et l'acidification des sols ont été exacerbées par un phénomène particulier, probablement
climatique (succession de printemps très pluvieux avec fort lessivage du sol et d'étés très
chauds et très secs) .
Figures 1 et 2
TENEURS EN MAGNÉSIUM (figure 1, à gauche) ET EN CALCIUM (figure 2, à droite) DES AIGUILLES DE 2 e ANNÉE,
en fonction des teneurs des aiguilles de l'année courante, dans les essais adultes
pour les témoins en 1985 et 1989, et les traitements Ca Mg en 1989.
Gre : Grendelbruch ; Gro : Grossmann ; Lo : Louchbach ; Mo : Mortagne ; Re : Remiremont ; Rou : Rouffach ; Rus : Russ ; Vo : Vologne.
Mg aig. 2e année (%)
Ca aig . 2e année (%)
Re •
0,20
*Rus •Gre
/v 0 Rus
j /
• • Vo
Rus
0,10
1,0
1
Reo)
Ca Mg 1989
Re
•
//
/
%~ Lo f Rou •
R/ou'
~
Mo ///
/ Gre
T 1989
O
/ Gro/O
~
0,5
'ho
/
i Vo0 ORe
♦ T 1985
• Mo
0 Gro
1
tFiu
q.Lo
Vo *Gre/
~• • Gro
0,05
• Lo
0,01
0,05
0,10
Mg aig . I fe année (%)
0 .15
0,20
213
Rev . For. Fr. XLIV - 3-1992
0,1
Re
0,5
Ca aig . I re année (%)
1,0
M.
BONNEAU -
G.
LANDMANN -
M . ADRIAN
- La corrélation entre défoliation 1986 et teneur des aiguilles de l'année en magnésium en
1985 est excellente, ce qui, étant donné le petit nombre de peuplements étudiés, choisis parmi
ceux dont le dépérissement était net, n'est pas représentatif de l'ensemble du Massif vosgien où
la corrélation défoliation - teneur en magnésium n'était pas significative (Landmann, 1988) . Elle
est nettement moins bonne entre défoliation des témoins en 1990 et teneur en magnésium en
1989, ce qui rend l'appréciation du besoin de fertilisation plus difficile en année normale
(figure 3, p . 215) . La corrélation est moins bonne, mais se conserve mieux pour le calcium . En ce
qui concerne le jaunissement, la relation, non linéaire, mais assez étroite, avec la teneur en
magnésium en 1985 disparaît presque totalement en 1989-1990 (figure 4, p . 215) . La relation
jaunissement - teneur en calcium est médiocre.
- La fertilisation calcique a très nettement amélioré la nutrition en calcium et assez souvent
la nutrition magnésienne ; ceci explique le très net effet de ce traitement dans le reverdissement
des arbres, effet presque aussi bon que celui de la nutrition CaMg . La fertilisation calcique et
magnésienne améliore encore davantage la nutrition magnésienne sans abaisser notablement le
taux de calcium.
Les teneurs en Ca et Mg de l'essai de Grossmann, qui sont les plus faibles des essais où le
jaunissement a totalement disparu, peuvent être retenues comme limites encore compatibles
avec une santé convenable des épicéas adultes : 0,4 % de Ca et 0,10 % de Mg dans les aiguilles
de l'année.
Évolution de la composition du sol et des solutions du sol
Le tableau VI (ci-dessous) indique pour quatre des huit essais, pour les placeaux témoins et
pour les placeaux fertilisés en calcium et magnésium (CaMg), la teneur du sol en 1989 en Ça",
Mg", Al"' et pH à différentes profondeurs . Quatre ans après la fertilisation, le complexe
absorbant de ces sols est très fortement enrichi en calcium jusqu'à 5 cm de profondeur, de
manière encore très perceptible jusqu'à 20 cm, mais plus au-delà de 25 cm . Le magnésium
marque plus profondément et l'enrichissement est perceptible jusqu'à 30 cm . Parallèlement à
l'augmentation des teneurs en calcium et en magnésium, le taux d'aluminium échangeable
régresse très nettement jusqu'à 5 cm, plus discrètement de 5 à 30 cm, et le pH augmente
jusqu'à 20 cm . Cependant, même de 10 à 20 cm, les rapports Ca/Al restent encore trop faibles
(0,06 à 0,16) alors que l'on estime qu'ils devraient atteindre 0,10 à 0,20 . Le rapport Mg/Al (0,03
à 0,10 dans les placeaux fertilisés) se rapproche davantage d'un minimum souhaité de 0,05.
H
eau
Mortagne
Remiremont
Grossmann
Louchbach
0-5 cm
Ca
Mg
Al
eau
Ca
Mg
10-20 cm
Al
PH
Ca
Mg
Al
T
3,8
0,9
0,33
4,2
3,8
0,1
0,07
3,6
4,1
0,1
0,03
4,7
CaMg
5,2
15,7
1,60
1,1
4,4
2,3
0,48
2,6
4,9
0,35
0,11
3,4
T
3,6
1,3
0,65
9,5
3,8
0,2
0,20
9,3
4,4
0,1
0,06
5,5
CaMg
5,4
22,1
2,9
0,4
4,5
3,3
0,90
5,9
4,6
0,3
0,20
5,0
T
3,3
2,4
0,76
4,6
3,5
0,4
0,14
2,3
3,7
0,1
0,04
1,8
CaMg
4,2
18,0
2,85
0,7
3,8
1,6
0,65
1,7
3,8
0,3
0,18
1,8
T
3,2
1,1
0,44
10,6
3,5
0,2
0,11
13,1
CaMg
4,9
12,1
3,13
1,9
3,8
0,6
0,45
9,9
214
La fertilisation comme remède au dépérissement des forêts en sol acide : essais dans les Vosges
Défoliation 1986 (%)
40
•
Lo
Défoliation 1990 (%)
40
• Vo
Vo
30
t
30
Lo
Gre
•
Gro
20
• Mo
Re
Rus
.
Re
20
•
Rou
10
10
Mo
Gro •
• •
Gre
Rou
0,08
0,12
Mg aig . 1985 (%)
0,04
0,08
Rus
•
Mg aig. 1989 (%)
0,12
0,04
0,16
Gre Grendelbruch ; Gro Grossmann ; Lo : Louchbach Mo Mortagne Re Remiremont ; Rou : Rouffach ; Rus : Russ Vo : Vologne.
Jaunissement 1986
Jaunissement 1990
2
2
Lo
Lo
1,5
1,5
• Gro
0,5
Gre
i
Vo
0
0,04
Re
.
•
Mo
0,08
25 - 30 cm
pH
eau
Ca
Mg
Al
Ca/Al Mg/Al
4,4
0,1
0,02
5,5
0,018 0,004
4,4
0,1
0,05
3,6
0,027 0,014
4,6
0,1
0,02
3,7
0,027 0,005
4,6
0,1
0,09
3,7
0,027 0,024
3,7
0,09
0,03
3,3
0,027 0,009
3,8
0,15
0,09
2,1
0,071 0,042
3,9
0,07
0,01
11,9
0,005 0,001
4,1
0,13
0,08
8,8
0,014 0,009
0,5
Rus
• Rou
•
o
0,04
0,12
0,16
Mg aig . 1985 (%)
Re
Rou
•
0,12
Rus• •I
0,16
Mg aig . 1989 (%)
Figures 3 et 4
TAUX DE DÉFOLIATION (figure 3, en haut)
ET NOTES DE JAUNISSEMENT (figure 4, en bas)
EN 1986 (à gauche) ET 1990 (à droite)
en fonction de la teneur en magnésium des aiguilles des années courantes
1985 et 1989 (en % de la matière sèche) dans les essais sur adultes.
Placeaux témoins.
Tableau VI Évolution du pH et de la teneur du sol en Ca, Mg et Al
échangeables, après fertilisation, à différents niveaux du sol de quatre
essais sur peuplements adultes dans les Vosges en m . eq./100 g
215
Rev . For. Fr. XLIV - 3-1992
Gre
Vo •
Gro t • Mo
0,08
M. BONNEAU - G . LANDMANN - M . ADRIAN
L'essai de Grossmann au sol très sableux est celui où ces deux rapports se sont le plus
améliorés.
Dans l'essai du col du Louchbach, on a suivi également de manière continue depuis 1988 la
composition des eaux gravitaires du sol à différents niveaux . La teneur en Ca est augmentée
dans les placeaux fertilisés, mais davantage dans le traitement NPKCaMg que dans le traitement
CaMg (effet d'entraînement de l'azote apporté par les engrais qui a été en partie lessivé sans
être utilisé) . La teneur en Mg des solutions s'est considérablement élevée dans les deux
traitements et à tous les niveaux, tandis que la concentration en aluminium a fortement
régressé . Les rapports ioniques Ca/Al et Mg/Al ont aussi largement augmenté, assurant aux
racines de meilleures conditions de fonctionnement, sans cependant que le rapport Ca/Al
devienne supérieur à 0,66 (rapport molaire supérieur à 1), valeur réputée comme seuil de nonnuisance aux racines, plus profondément que 5 cm . Le rapport Mg/Al qui, entre 15 et 60 cm de
profondeur, varie de 0,7 à 1,2 dans le traitement CaMg, contre 0,04 à 0,08 dans le témoin, a,
quant à lui, été porté par la fertilisation à des valeurs optimales.
Cette étude des eaux gravitaires fait ressortir plusieurs autres points importants :
— À 60 cm de profondeur, l'élimination du calcium par les eaux de drainage n'est guère
plus forte dans le traitement CaMg que dans le témoin, alors que les concentrations en
magnésium triplent . Les éliminations d'éléments fertilisants par drainage sont plus sensibles
dans le traitement NPKCaMg ; l'azote apporté par la fertilisation et peut-être l'ion SO 4
du
sulfate de potassium peuvent agir comme vecteurs . Une évolution plus prononcée de l'humus
grâce à l'azote apporté augmente aussi probablement la production d'azote nitrique comme le
montre d'ailleurs la concentration des nitrates à 60 cm de profondeur . On peut estimer à 2,5 kg
dans le traitement CaMg, 10 kg dans le traitement NPKCaMg, la quantité de calcium éliminée
Essence
Roches
mères
T
Mg
Walscheid (FD, parcelle 64)
Épicéa
Grès vosgien
2
2
Ban d'Étival (FD, parcelle 18, 1 fe série)
Épicéa
Grès interm .
2
2
Prey (FC, parcelle 1)
Épicéa
Grès interm .
2
Sainte-Marie-aux-Mines
Épicéa
Granite
du Brézouard
2
Ban-sur-Meurthe (FC, parcelle 27) Épicéa
Granito-gneiss
1
Munster (FC, parcelle 43)
Épicéa
Granite
2
2
Schirmeck (FC, parcelle 44) Sapin
Brèche
volcanique
2
2
Ban-de-Sapt (FC, parcelle 2)
Épicéa
Grès vosgien
3
Ville de Strasbourg (parcelle 11)
Sapin
Granite
2
Rieversemont (Groupement forestier)
Épicéa
Granite
2
2
Le Tholly (FC, parcelle 2) Épicéa
Granite
2
2
Andlau-Ilsbach (FD, parcelle 31)
Épicéa
Schistes de Viné
2
2
216
CaMg
NCaMg
2
1
1
1
1
1
2
1
2
La fertilisation comme remède au dépérissement des forêts en sol acide : essais dans les Vosges
annuellement dans l'eau de drainage, et à 1,5 et 6 kg respectivement les pertes de magnésium,
chiffres relativement faibles par rapport aux quantités apportées : 1 135 kg de Ca et 270 kg
de Mg .
- Le drainage de nitrates n'augmente pas après une fertilisation CaMg et ne s'accroît que
légèrement après fertilisation NPKCaMg : 30 kg d'azote environ dans le traitement CaMg et dans
le témoin, 40 kg dans NPKCaMg, ceci représentant des teneurs en nitrates de 17 à 22 mg par
litre, inférieures à la moitié du seuil de potabilité.
ESSAIS SUR JEUNES PLANTATIONS
Traitements appliqués
Douze essais ont été installés au printemps 1986 dans les plantations jaunissantes de Sapin ou
d'Épicéa de 5 à 10 ans situés sur grès, granites ou rhyolithes pauvres . Généralement un seul
traitement (en plus du témoin), parfois deux, ont été appliqués dans chaque essai et le type de
traitement a été choisi en fonction de la composition chimique des aiguilles qui révélait toujours
une déficience en magnésium, mais parfois en calcium, plus rarement en azote . En dehors des
témoins, les traitements appliqués ont été :
-
Mg: 120 g par plant de Granumag (mélange de sulfate et d'oxyde de magnésium à 50 %
de MgO) ;
- CaMg : 230 g de Duwa-Pearl (mélange de carbonate de calcium et de chaux magnésienne granulée), soit 83 g de CaO et 43 g de MgO par plant ;
- N + CaMg : au traitement précédent sont ajoutés 63 g de
nitrate de calcium, soit 10 g d'azote par plant.
Teneurs 1986 (% de MS)
N
Mg
Ca
V
J
V
J
1,79
1,65
0,42
0,35
0,060 0,035
0,40
0,030
0,36
0,040 0,025
1,77
1,87
1,70
0,52
1,64
V
0,48
J
0,04
2,19
2,26
0,50
0,27
0,080
0,070
1,99
1,87
0,48
0,41
0,060
0,050
1,61
1,80
0,58
0,030
1,72
0,28
0,033
1,67
0,44
0,035
1,56
0,24
0,020
0,10
0,040 0,030
1,60
0,17
Dans l'essai de Sainte-Marie, dit « essai azote ', on a comparé
quatre engrais azotés différents, chacun à trois doses (10, 20,
40 g de N par plant), avec ou sans fertilisation magnésienne :
sulfate d'ammonium à 21 % de N ; ammonitrate à 33,5 % ;
ammonitrate calcique à 20 % de N et 23 % de CaO ; nitrate de
calcium à 15,5 % de N et 28 % de CaO.
Cet essai avait pour but non pas de tester un remède au
jaunissement, mais d'étudier dans quelle mesure les apports de
différentes formes d'azote favorisent l'expression de la carence
magnésienne . Le tableau VII (ci-contre) donne la liste des essais
et des caractéristiques des plantations.
Tableau VII
Liste des essais sur jeunes plantations.
Traitements et analyses foliaires des témoins à l'origine (automne 1986)
Les nombres dans les colonnes indiquent le nombre de placeaux de chaque traitement
présents dans l'essai.
FC : forêt communale ; FD : forêt domaniale T : témoin ; V : plants verts J : plants jaunes.
217
Rev . For . Fr. XLIV - 3-1992
M . BONNEAU - G . LANDMANN - M . ADRIAN
Résultats
Les plants ont été notés en six classes A, B, C, D, E, F dans un ordre de jaunissement
croissant ; les classes A et B correspondent à des plants verts ou peu jaunissants ; les classes E
et F à une situation très grave où le jaunissement a évolué en rougissement, brunissement et
chute des aiguilles.
Traitements Mg, CaMg, N + CaMg
La figure 5 (ci-dessous) donne, pour l'ensemble des 11 essais, le résultat de ces trois traitements . Comme chaque essai ne comporte, le plus souvent, qu'un seul traitement, la figure
comporte un témoin propre à chaque traitement ; l'effet du traitement est représenté pour
chacune des années 1986, 1987 et 1988.
Figure 5 EFFET DES TRAITEMENTS Mg, Ca Mg ET CaMg + N SUR LE JAUNISSEMENT
DE JEUNES PLANTATIONS RÉSINEUSES JAUNISSANTES DANS LES VOSGES
(%)
T
Mg
T
Ca Mg
T
CaMg+N
B
A
1986
87 88
Plots n= 10
86 87 88
86 87 88
86 87 88
86 87 88
86 87 88
10
9
9
2
2
n : nombre de placettes du traitement considéré dans l'ensemble des essais
T : témoins associés à chacun des traitements
L'application d'un engrais magnésien soluble (Granumag) semble avoir un effet plus rapide que
l'application du mélange calcaire + chaux magnésienne (Duwa-Pearl) puisque cet effet est visible, dès la seconde année, par une proportion plus forte de plants des classes A et B et une
proportion moins forte de la classe F . En 1988, après trois saisons d'action des engrais, les
traitements Mg montrent un net avantage sur les traitements CaMg . Une application d'azote en
plus de CaMg (effectuée sur des plantations dont l'analyse foliaire révélait une insuffisance
d'alimentation azotée) renforce l'effet de CaMg puisque le pourcentage de plants des classes A
et B s'établit après trois ans à 75 %, même pourcentage que dans les traitements CaMg sans
azote, malgré une plus forte proportion de plants jaunissants en 1986 . On note également, dans
les traitements Mg, un léger effet sur la croissance.
L'effet sur la couleur coïncide avec une nette augmentation de la teneur en magnésium des
plants traités, dès la deuxième année (figure 6, p . 219) ; elle passe de moins de 0,04 % dans les
témoins en 1986 à 0,06 % en 1988 dans les traitements CaMg et CaMg + N, et à 0,08 % dans le
traitement Mg, alors que dans les témoins, qui se sont cependant légèrement améliorés de 1986
à 1988 (comme dans les essais sur adultes), elle reste voisine de 0,04 % . La teneur en calcium
varie peu et décroît même légèrement dans les traitements Mg.
218
La fertilisation comme remède au dépérissement des forêts en sol acide : essais dans les Vosges
Essais « azote » de Sainte-Marie-aux-Mines
Les apports d'azote ont entraîné une détérioration de la nutrition magnésienne qui a persisté
plus de deux ans . L'évolution du jaunissement a été cohérente avec celle de la nutrition : l'état
sanitaire des plants fertilisés est resté stationnaire (traitement 10 g) ou s'est détérioré (traitement 40 g), alors que les témoins voyaient leur état s'améliorer nettement . Lorsque l'apport
d'azote est accompagné d'un apport de magnésium, la nutrition magnésienne se rétablit et
s'améliore même par rapport au témoin.
Des observations récentes ont montré que l'effet négatif de l'apport azoté a disparu quatre ans
et demi après fertilisation et que le jaunissement a totalement disparu dans le traitement
Mg + N, même à la dose 40 g.
Conclusions
De ces essais, on peut conclure :
— lorsqu'elle est appliquée à de jeunes peuplements présentant un jaunissement net, dû à
une carence en magnésium, une fertilisation magnésienne ou calco-magnésienne réduit assez
rapidement le jaunissement ;
— l'effet de la fertilisation magnésienne sur la croissance est faible et ne devient significatif
que sur des plantations très dépérissantes ;
— un apport d'azote supplémentaire par rapport aux dépôts atmosphériques actuels, pourtant assez faibles dans les Vosges, a un effet négatif, qui peut être différé dans le temps (pour
des raisons encore mal comprises), sur la nutrition en magnésium et sur la couleur des aiguilles
dans les sols très acides . La charge critique nuisible est donc très faible ;
— une fertilisation magnésienne annule l'effet nuisible des apports azotés.
CONCLUSIONS — DISCUSSION
L'état des forêts dépérissantes en sol acide où la malnutrition est un facteur défavorable
s'ajoutant éventuellement à d'autres causes (Bonneau, 1989) peut, dans presque tous les cas,
être très nettement amélioré par fertilisation . Une fertilisation magnésienne appliquée en surface
autour de chaque plant s'est révélée très efficace sur les jeunes plantations jaunissantes . Par
contre, sur les peuplements adultes, une fertilisation calcique ou calco-magnésienne est nettement plus performante .
Figure 6
TENEUR EN MAGNÉSIUM ET EN CALCIUM (EN % DE LA MATIÈRE SÈCHE) DES AIGUILLES DE L'ANNÉE
dans les différents traitements appliqués à de jeunes plantations jaunissantes des Vosges .
0,8
(% M .S .)
.eNcKe
CALCIUM
lll
0,4
T
Plots n = 10
0,0
CaMg+N
T
2
2
n nombre de placettes du traitement considéré dans l'ensemble des essais.
Mg
10
T
9
Ca Mg
9
219
Rev. For. Fr. XLIV - 3-1992
T
10
Mg
10
T
9
Ca Mg
9
T
2
CaMg
2
+N
M . BONNEAU - G. LANDMANN - M . ADRIAN
Lés essais effectués ont mis aussi en évidence un rétablissement spontané de beaucoup de
peuplements qui va de pair avec une nette amélioration de la nutrition magnésienne, moins
nettement de la nutrition calcique, depuis 1985 . La pollution acide n'ayant pas sensiblement
diminué depuis cette date, le phénomène suggère une interaction climatique dans l'alimentation
des peuplements en calcium et magnésium.
Il subsiste des difficultés dans le choix des peuplements à fertiliser . Le diagnostic foliaire, et
notamment la teneur en magnésium des aiguilles qui montrait, en 1985, une bonne corrélation
avec la défoliation et un parallélisme assez net avec le jaunissement, se révèle, après le
rétablissement général qui a eu lieu spontanément, moins fiable : certains peuplements à bonne
teneur en magnésium conservent aujourd'hui un certain degré de défoliation et de jaunissement
et ont nettement bénéficié de la fertilisation . D'autres, à nutrition assez faible, se sont rétablis
presque totalement et la fertilisation n'y a pas procuré d'avantage supplémentaire sensible.
Malgré ces incertitudes, il semble raisonnable de préconiser la fertilisation des peuplements
adultes qui répondent aux critères suivants :
— localisation sur des roches-mères pauvres : granites acides, grès vosgiens ;
— défoliation de l'ordre de 20 % ou jaunissement atteignant 10 % des aiguilles au moins
sur certains arbres ;
— défoliation ne dépassant pas 40 % car au-delà le succès est très incertain et il vaut
mieux alors employer la fertilisation sur le jeune peuplement qui succédera au peuplement adulte
actuel ;
- rapport Ca/Al du sol (en rapport d'équivalents d'éléments échangeables) inférieur à 0,15
dans l'horizon Al et 0,05 dans les horizons minéraux ; rapport Mg/Al inférieur à 0,04 dans
l'horizon A l et à 0,010 dans les horizons minéraux ;
— teneur des aiguilles de l'année inférieure à 0,09 % de Mg et/ou 0,4 % de Ca ou teneur
des aiguilles de 2 e année inférieure à 0,07 % de Mg et/ou 0,5 % de Ca.
Une analyse du sol et des aiguilles est donc nécessaire avant toute décision.
Dans les peuplements adultes remplissant ces conditions, la fertilisation recommandée consiste
en un apport de 1 500 kg de CaO et 300 kg de MgO . Dans nos essais, une partie de ces
fertilisants (25 % de CaO et 100 % de MgO) étaient apportés sous forme soluble (chaux vive).
On peut penser que des formes totalement insolubles (dolomie finement broyée) auraient un
effet aussi favorable à long terme mais sans doute plus lent . L'apport de magnésium en plus du
calcium, qui n'augmente pas sensiblement le prix des opérations, nous parait prudent pour
l'avenir, même si les essais n'ont pas toujours démontré son intérêt immédiat.
Pour les jeunes plantations, on peut retenir comme critère essentiel la présence de jaunissement . Les normes de composition foliaire des peuplements adultes peuvent être adoptées mais,
en ce qui concerne le sol, il semble qu'il faille adopter des seuils supérieurs : Ca/Al inférieur à 1
dans les horizons A, et à 0,15 dans les horizons minéraux ; Mg/Al inférieur à 0,4 dans les
horizons A l et à 0,04 dans les horizons minéraux (rapports en m .eq .), (Landmann, 1988).
Sur ces jeunes plantations on peut employer une fertilisation individuelle à base de magnésium
(60 g de MgO sous forme de sulfate ou d'un mélange de sulfate et d'oxyde) . Mais il faudra la
compléter par un apport de calcaire dolomitique broyé pour assurer un effet à long terme . On
peut aussi envisager d'employer les mêmes engrais que dans les peuplements adultes et de les
appliquer en plein, surtout si la plantation a déjà quelques années et n'a plus besoin d'être
dégagée.
Ajoutons que, sur la base de ces expériences, des opérations en vraie grandeur ont été
effectuées au printemps 1991 dans les Vosges . Par ailleurs, une cartographie des peuplements
220
La fertilisation comme remède au dépérissement des forêts en sol acide : essais dans les Vosges
jaunissants d'un secteur de 6 000 ha à partir de photographies aériennes a été effectuée et une
cartographie, à partir des observations au sol, de l'ensemble du massif est en cours . Sur ces
bases, on devrait pouvoir préciser quels sont les types de roches-mères les plus sensibles au
jaunissement et faciliter ainsi le choix des régions où des fertilisations ultérieures sont le plus
recommandables.
Le fait que le jaunissement des peuplements coïncide le plus souvent avec une faible alimentation magnésienne et calcique est en accord avec les résultats obtenus en Forêt-Noire (Liu,
1988 ; Liu et Huettl, 1991) . Nos collègues d'Outre-Rhin fixent le seuil de carence « dramatique >>
pour l'Épicéa à une teneur en magnésium des aiguilles de l'année inférieure à 0,07 %, mais leurs
travaux montrent que des jaunissements très sensibles peuvent exister jusqu'à 0,14 % . En ce qui
concerne le calcium, le jaunissement devient important pour des teneurs inférieures à 0,4 %,
mais la corrélation est moins étroite qu'avec le magnésium . II y a donc une bonne compatibilité
avec les critères que nous donnons dans cet article . Liu et Trueby (1988) considèrent que,
lorsque la teneur du sol descend au-dessous de 0,2 m .eq . de Mg pour 100 g dans les trente
premiers centimètres, la carence en magnésium devient aiguë ; ce critère de la teneur en Mg
leur paraît plus valable que le rapport Mg/Al . Il n'y a pas d'incompatibilité non plus avec nos
résultats puisque, dans l'essai du col du Louchbach, où le jaunissement est très accentué, on a
0,44 m .eq . de Mg dans l'horizon A, et 0,09 dans l'horizon A 2 (moyenne de 0,26).
Le désaccord est par contre net en ce qui concerne les traitements préconisés . Les essais de
chaulage anciens n'ont pas montré d'amélioration des peuplements (Aldinger, 1986), ce qui est
contraire à ce que nous observons . Mais nos essais sont récents : l'effet du calcium sur la
nutrition magnésienne (par minéralisation de la matière organique ou phénomène d'échange)
peut ne pas durer . C'est pourquoi nous préconisons, malgré tout, l'emploi d'engrais calcomagnésiens, sauf éventuellement pour un premier traitement de jeunes plantations où le simple
apport d'un sel ou oxyde de magnésium peut s'envisager.
Par crainte de renforcer la percolation de nitrates vers les nappes, les chercheurs allemands
conseillent l'apport de sulfate de magnésium et non celui d'un produit calco-magnésien . II est
vrai que, dans un certain nombre d'essais allemands (Sauter et Meiwes, 1990), un drainage
accru de nitrates a été observé . II est donc nécessaire de mieux établir les conditions qui font
que le calcium entraîne ou non un renforcement de la nitrification . Dans les Vosges, nous
n'avons pas observé de risque à ce sujet (Mohamed Ahmed et al., 1990) . II en est de même
dans les Ardennes (Dubs, 1988) . D'après Sauter et Meiwes, il n'y a pas de risque dans les sols à
mor ou dysmoder, mais le phénomène peut se produire dans les sols à moder ou mull . Ne pas
apporter de calcium nous paraît un non-sens écologique dans des sols aussi acidifiés que ceux
des Vosges ou de l'Ardenne primaire et, à moins que des études ultérieures ne révèlent un
risque qui ne nous est pas apparu jusque là, la fertilisation calco-magnésienne nous parait
préférable .
M . BONNEAU G . LANDMANN M . ADRIAN
Laboratoire Sols et Nutrition des Arbres forestiers
INRA - CENTRE DE RECHERCHES FORESTIÈRES
CHAMPENOUX
54280 SEICHAMPS
Remerciements
Nous remercions vivement la Commission des Communautés européennes - Direction générale VI, la Direction
technique de l'Office national des Forêts, la Direction de l'Espace rural et de la Forêt pour leur soutien
financier, ainsi que le personnel ONF des Vosges pour son aide dans la réalisation de ces essais.
221
Rev . For. Fr. XLIV - 3-1992
M . BONNEAU - G. LANDMANN - M . ADRIAN
BIBLIOGRAPHIE
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LA FERTILISATION COMME REMÈDE AU DÉPÉRISSEMENT DES FORÊTS EN SOL ACIDE : ESSAIS DANS LES VOSGES (Résumé)
Dans le cadre des recherches françaises sur le dépérissement des forets, l'intérêt de la fertilisation en tant que moyen de rétablir
la santé des peuplements dépérissants, a été testé : huit essais sur des peuplements adultes de Sapin et d ' Épicéa et douze
essais sur jeunes plantations ont été réalisés en 1985 et 1986 . Ils comportent pour l'essentiel des amendements calciques ou
calco-magnésiens dans lesquels une partie du calcium et du magnésium est apportée sous forme soluble (chaux vive) . Les
dernières mesures effectuées à l'automne 1990 mettent en lumière plusieurs résultats importants : 1) même dans les placeaux
témoins l ' état des peuplements adultes s ' est amélioré depuis 1985, en relation avec un relèvement spontané de l'alimentation
magnésienne et calcique ; 2) l'effet de la fertilisation est presque toujours positif, à la fois sur la restauration d ' une plus forte
masse foliaire dans les peuplements souffrant de défoliation et sur le reverdissement des adultes et plantations atteints de
jaunissement ; la disparition de celui-ci est presque totale après traitement ; 3) les amendements seulement calciques testés sur
adultes sont, pour le moment, aussi efficaces que les amendements calco-magnésiens, bien que le jaunissement soit lié surtout à
une carence magnésienne ; 4) l'apport d'un engrais purement magnésien sur jeunes plantations a un effet plus rapide qu'un
apport calco-magnésien ; 5) dans l'un des essais, conçu spécialement, on a montré l'effet nocif d'un apport excédentaire d'azote
seul, en absence d'apport calcique et magnésien.
FERTILISATION AS A REMEDY TO FOREST DECAY ON ACID SOILS : EXPERIMENTS IN THE VOSGES MOUNTAIN AREA (Abstract)
As part of French research on forest decay, fertilisation was tested as a way to restore the health of tree stands . Eight trials with
mature fir and spruce stands, and 12 trials with young plantations were conducted in 1985 and 1986 . Mainly calcic and calcicmagnesium amendments were used with the calcium and magnesium parts applied in soluble form as quick lime . The last
experiments in autumn 1990 brought out several important results : 1) even in the control areas, the mature stands have improved
since 1985 as the magnesium and calcium supply spontaneously increased ; 2) fertilisation nearly always has a positive effect
both on restoring a denser leaf mass in stands suffering from defoliation and on regreening mature plants and plantations
suffering from yellowing (yellowing nearly completely subsides through this treatment) ; 3) lime applications on mature stands up
to now have shown to be as effective as calco-magnesian amendments, although yellowing is essentially linked to a magnesium
deficiency ; 4) on young plantations, straight magnesium fertilisers have a more rapid effect than calco-magnesian fertilisers ; 5) in
a specially designed experiment, in the absence of calcium and magnesium, an excessive application of pure nitrogen had a
detrimental effect.
DIE DUNGUNG ALS MITTEL GEGEN DAS WALDSTERBEN AUF SAUREN BODEN : VERSUCHE IN DEN VOGESEN
(Zusammenfassung)
lm Rahmen der franzosischen Untersuchungen über das Waldsterben wurde der Einflu8 der Düngung als Mittel zur Wiederherstellung der absterbenden Bestànde getestet : 1985 und 1986 wurden acht Versuche an ausgewachsenen Tannen- und Fichtenbestànden und zwolf Versuche an jungen Pflanzungen angestellt . Die Dungemittel bestanden im wesentlichen aus Kalium oder
Kalium-Magnesium wovon Bin Teil in lüslicher Form (ungelôschter Kalium) zugeführt wurde . Die letzten Messungen vom Herbst
1990 rücken einige wichtige Ergebnisse ins Licht : 1) Selbst der Zustand der ausgewachsenen Bestànde hat sich auf den
Testflàchen seit 1985 verbessert, im Zusammenhang mit Biner spontanen Steigerung der Kalium- und Magnesiumzufuhr ; 2) Die
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La fertilisation comme remède au dépérissement des forêts en sol acide : essais dans les Vosges
Auswirkungen der Düngung sind fast immer positiv, sowohl was die Wiederherstellung einer gr&sseren Blattmasse in den an
Nadelverlust leidenden Bestanden angeht als auch das Wiedergrünwerden ausgewachsener Bestande und geldwerdender Pflanzungen ; letztere Erscheinung ist nach der Behandlung fast ganz verschwunden ; 3) Die Zufuhren von Kalium in den ausgewachsenen Bestanden erweisen sich bisher genauso wirksam wie der Kalium-Magnesiumdünger, obwohl das Gelbwerden vor allem auf
einen Magnesiummangel zurückgeht ; 4) Die Zufuhr eines reinen Magnesiumdüngers in den Jungbestanden hat eine schnellere
Wirkung als eine Kalium-Magnesiummischung ; 5) In einem speziell ausgearbeiteten Versuch wurde die schadliche Wirkung einer
übermalligen Stickstoffzufuhr ohne Beigabe von Kalium und Magnesium aufgezeigt.
LA FERTILIZACION COMO REMEDIO AL DETERIORO DEL BOSQUE EN LOS SUELOS ACIDOS EN LOS VOSGOS (Resumen)
En el cuadro de las investigaciones francesas sobre el deterioro de los bosques, el interés de la fertilizaci6n en tanto que medio
para restablecer la salud de las repoblaciones en decaimiento, ha sido sometido a prueba : ocho ensayos sobre repoblaciones
adultas de pinos y epiceas y doce ensayos en plantaciones jdvenes han sido realizados en 1985 y 1986 . En lo esencial implican
abonos calcicos o calcio-magnésicos en los cuales una parte del calcio y del magnesio va adicionada bajo forma soluble (cal
viva) . Las ültimas medidas efectuadas en el otono de 1990 ponen en evidencia varios e importantes resultados : 1) Incluso en los
sitios testigo el estado de las repoblaciones adultas se ha mejorado desde 1985, en relaciOn con una mejora espontanea de la
alimentaci6n magnésica y câlcica 2) El efecto de la fertilizaci6n es casi siempre positivo, a la vez sobre la restauraci6n de una
masa mayor foliar en las repoblaciones que sufren de desfoliaci6n y sobre el reverdecimiento de los adultos y las plantaciones
afectadas por el amarilleo ; la desaparici6n de este es casi total después del tratamiento ; 3) Los abonos solamente calcicos
comprobados en adultos son, por el momento, tan eficaces como los abonos calcio-magnésicos, aunque el amarilleo esté ligado
sobre todo a una carencia magnésica 4) El anadido de un abono puramente magnésico a las j6venes plantaciones tiene un
efecto mas rapido que la aportaci6n calcio-magnésica ; 5) En uno de los ensayos, concebido especialmente . se ha mostrado el
efecto nocivo de un anadido excedentario de azote solo, en ausencia de la aportaci6n calcica y magnésica.
UNE OEUVRE EXCEPTIONNELLE :
DIE FICHTE * (L'ÉPICÉA)
du Professeur Dr. H . SCHMIDT-VOGT
Tout savoir et faire savoir sur l'Épicéa : at mieux, sur les 36 espèces du genre Épicéa, qui
occupent quelque 200 millions d'hectares dans l'hémisphère boréal de l'Alaska à Vladivostok, en
passant par l'Europe et le Népal ; la passion scientifique et technique pour les Épicéas — et
bien sûr, au premier chef, pour notre Épicéa commun, Picea abies (L .) — est devenue, peu à
peu, oserons-nous dire, la « raison de vivre » du professeur Schmidt-Vogt, professeur de
sylviculture (maintenant retraité) à la Faculté forestière de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne),
depuis qu'en 1947 il eut soutenu sa thèse sur cette espèce ligneuse d'importance capitale.
C'est en 1964 que l'auteur commença à rassembler les premiers éléments d'une « monographie
de l'Épicéa » monumentale (4 tomes), qui devait le tenir en haleine durant plus de vingt-cinq ans.
II sut entraîner à sa suite des collaborateurs de première grandeur, venant de différents pays,
tels Liese, Rehfuess, Gussone, Thomasius, Keller, mais aussi de plus modeste stature dont nous
nous honorons d'être.
Quatre volumes, totalisant 2 598 pages, et quelque 13 000 références bibliographiques !
* Die Fichte, par Professeur Dr . Dh . c . SCHMIDT-VOGT,
assisté de différents collaborateurs ; deux tomes, en quatre volumes reliés, format 25,5 x 17 cm.
Édition Paul Parey, Hambourg et Berlin - SpitalerstraBe 12, D-2000 HAMBURG 1.
Tome I - première édition, 1976 ; deuxième édition, 1986, 647 pages.
Tome II/1, 1986, 563 pages.
Tome II/2, 1989, 607 pages.
Tome II/3, 1991, 781 pages, 105 tableaux, 342 photographies et graphiques.
Prix : DM 296, ce volume .
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Rev . For . Fr. XLIV - 3-1992
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