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NOTE SUR LA RÉACTION INDIVIDUELLE DU HÊTRE À DIFFÉRENTES INTENSITÉS D'ÉCLAIRCIE

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NOTE SUR LA RÉACTION INDIVIDUELLE DU HÊTRE À DIFFÉRENTES INTENSITÉS D'ÉCLAIRCIE
NOTE SUR LA RÉACTION
INDIVIDUELLE DU HÊTRE
À DIFFÉRENTES INTENSITÉS D'ÉCLAIRCIE
ET À DIFFÉRENTS ÂGES
J . BOUCHON - J .-F .
DHOTE -
L.
LANIER
Depuis une quinzaine d'années surtout, après une longue période où l'intérêt économique limité
du Hêtre en tant que bois d'oeuvre l'avait trop fait négliger, les connaissances sur cette essence,
et la sylviculture à lui appliquer, ont considérablement progressé.
Ce renouveau d'intérêt s'est concrétisé en 1981 par la publication d'une monographie (1) qui fait
le point sur les acquis actuels . La répartition et l'écologie de l'espèce, sa physiologie, la
sylviculture à lui appliquer, ainsi que sa production, les caractéristiques de son bois, son
amélioration génétique, les dégâts subis, l'aménagement à lui appliquer sont les thèmes qui
constituent les principaux chapitres de l'ouvrage.
Mais la recherche effectuée dans ces divers domaines est en évolution constante et les
dispositifs installés dans nos hêtraies livrent progressivement des résultats complémentaires.
Des progrès sont possibles dans tous ces domaines de connaissances (2 ) ; nous nous sommes
plus particulièrement attachés à ceux qui pouvaient être faits dans la conduite des peuplements.
Ainsi, les avis divergent sur l'aptitude du Hêtre à réagir aux éclaircies, certains praticiens
pensant qu'elle se conserve très longtemps, d'autres que des hêtres ayant poussé longtemps
très serrés étaient incapables de se refaire un houppier . Or, cette question est essentielle pour
le praticien.
Il apparaît en effet chez le Hêtre, davantage encore que chez beaucoup d'essences, que l'effet
des traitements sur la qualité du bois est considérable : les travaux de nombre d'auteurs (Keller
et al., 1976 ; Polge, 1980) ont montré en particulier que les qualités recherchées dans le bois de
Hêtre, pour ses emplois nobles, déroulage entre autres (faibles retraits, densités et duretés)
étaient obtenues avec des sujets à houppier bien développé, du type classiquement rencontré
en taillis-sous-futaie.
(1) Le Hêtre . — ouvrage collectif (40 auteurs) sous la direction de E . Teissier du Cros . — Paris : Institut national de la Recherche
agronomique, 1981 . — 613 p.
(2) Voir dans ce même numéro, l'article de E . Teissier du Cros, pp . 29-38.
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J. BOUCHON - J .-F .
DHOTE -
L.
LANIER
ouverture du
cloisonnement
cultural
repérage des
repérage des
candidats
tiges d'avenir
TRAVAUX :
dégagements de semis
dégagements de fourrés et nettoiements
1
sélection inter- et intra-spécifique
=-= '
I
SEMIS
o
COUPES DE MISE EN LUMIÈRE
10
20
30
'
éclaircie
espacement progressif des tiges
tiges d'avenir
COUPES D'ÉCLAIRCIES
COUPES
40
- 11
50
r
Bien mieux, les contraintes de croissance (Ferrand, 1982) sont également liées au traitement en
futaie . Plus celle-ci sera dense, plus le bois obtenu sera tendu.
Pour obtenir en un temps court, vers 100-120 ans, les diamètres d'exploitabilité importants, de
bois sans noeuds, recherchés par les dérouleurs en particulier, il est nécessaire de bien dégager
les houppiers et donc de faire pousser les hêtres vite.
Ceci était d'autant plus clair qu'on savait d'autre part que le ' coeur rouge » était une tare liée à
l'âge ; dès lors, tout militait en faveur d'une accélération sylvicole de la croissance en diamètre,
quitte à perdre sur la longueur des fûts.
Tous ces recoupements en faveur d'une sylviculture dynamique aboutissaient à la proposition de
traitement idéal » ci-dessus (figure 1), idéal en ce sens que ce traitement revient à faire pousser
en futaie des hêtres ayant une morphologie proche de celle obtenue en taillis-sous-futaie.
L'étude de ce schéma montre qu'une phase particulièrement importante se situe, dans la vie
d'une hêtraie, entre 25 et 50 ans, c'est-à-dire aux alentours du tiers de la vie des peuplements.
D'autre part, Schâdelin (3) avait souligné depuis longtemps que les phases initiales de régénération et de dégagements-nettoiements devaient être conduites activement, c'est-à-dire avec des
soins répétés permettant de disposer à l'hectare, à l'époque de la première éclaircie, de 3 à
5 000 arbres ayant une hauteur dominante d'une dizaine de mètres . Il sera aisé de choisir parmi
eux et de conduire, avec des éclaircies vigoureuses, les 100 ou 120 tiges de qualité optimale
devant aller au terme de la révolution.
Pour guider le sylviculteur dans ses choix, dans les modalités d'éclaircies (fréquence, intensité,
type), nous disposions déjà des résultats de nombreuses expériences, certaines très anciennes
(plus de 100 ans) installées dans diverses hêtraies européennes : Fardé (1980) rappelle les
principaux enseignements acquis sur ces places d'expérience françaises et confirmés par les
chercheurs des pays voisins : suisses, allemands ou belges.
On sait ainsi que, pour que l'éclaircie profite aux arbres sélectionnés, il faut que ceux-ci
puissent encore se refaire rapidement un houppier important . C'est généralement pendant la
phase d'accroissement maximal en hauteur que cette aptitude à occuper l'espace disponible est
la meilleure . Mais jusqu'à quel âge cette aptitude se conserve-t-elle ? Se perd-elle en fonction
du traitement antérieur ? Concerne-t-elle tous les « types » d'arbres ? Ou alors les dominants
seulement, comme tendraient à le montrer les résultats de Badoux (1939) et encore Delvaux
(1964) pour lesquels la stabilité sociale, c'est-à-dire la hiérarchie acquise très tôt dans la vie des
peuplements, n'est que peu influencée par les éclaircies ultérieures.
(3)
Dans le bas-perchis non nettoyé, la bataille qui décide, en grande partie, de la valeur du peuplement, est déjà terminée
40
60
1
Biologie et forêt
Figure 1
TRAITEMENT IDÉAL D'UNE HÊTRAIE (traitée à la révolution de 120 ans).
préparation
du sol
tiges d'accompagnement
D'ÉCLAIRCIES
II
70
fin de
l'opérationespacement
COUPES D 'HYGIÈNE . ..
1~—
80
90
attente
d'une lainée
. .. ET PRÉPARATION À LA REGÉNERATION
100
110
120 ans
Afin de vérifier ces différents points, d'optimiser le choix des « arbres d'avenir « (date, critère de
ce choix) et les éclaircies à conduire après ce choix (intensité, type, rotation), un dispositif a été
installé en forêt de Haye (Meurthe-et-Moselle) en 1975/76 présentant les caractéristiques
suivantes.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
(Voir annexe 1, p . 47 pour la localisation des parcelles).
Dans une zone assez homogène, quant aux qualités de la station, au relief et à l'exposition, où
le Hêtre est très largement dominant, sinon pur, un certain nombre de placettes a été choisi
dans différentes classes d'âge (37, 48, 58 et 70 ans d'âge moyen des arbres fin 1976).
Le dispositif lui-même est constitué de 320 arbres (placettes mono-arbres) répartis dans les
diverses classes d'âge par groupes de 40 unités : deux groupes dans la classe 37 ans, un
groupe pour 48, trois groupes pour 58 et deux groupes pour 70 ans respectivement . L'âge ayant
été déterminé a posteriori, après la première éclaircie marquée, une importante variabilité a été
notée à l'intérieur des placettes, ceci étant dû bien évidemment à l'origine des peuplements,
tous issus de régénération naturelle, et ayant donc pu « traîner « pendant 15 à 20 ans, parfois
davantage.
Ces conditions sont « normales « en futaie « régulière « de Hêtre, mais il est nécessaire d'en
tenir compte dans l'interprétation des résultats.
Les 320 arbres ont été choisis en fonction de critères morphologiques positifs, ceux dont le
sylviculteur tient compte lorsqu'il sélectionne ses arbres d'avenir . Critères retenus :
— arbres dominants (quelques co-dominants ont été intentionnellement conservés dans
l'étude) ;
— houppier équilibré ou du moins pas trop comprimé ;
— tige rectiligne, verticale, ayant une forme convenable et un élagage correct.
Le diamètre n'a pas été retenu comme caractère prioritaire, puisque précisément l'un des
objectifs de l'étude était d'estimer la capacité de réaction d'arbres co-dominants à des éclaircies tardives et nécessairement fortes à ce stade . Il faut noter toutefois qu'aucun arbre
longtemps dominé et donc de faible diamètre n'a été retenu, dans la mesure où aucun
sylviculteur ne se fait d'illusions sur l'avenir de tels individus.
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1-1989
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DHOTE -
L.
LANIER
Autour de chacun des 320 arbres retenus, une placette circulaire de un are a été délimitée, de
mème qu'une couronne circulaire de un are supplémentaire.
Chaque arbre a été repéré, numéroté et classé selon des critères de dominance maintenant
classiques (annexe 2, p . 48) et selon divers caractères (fourchaison, présence de tares, hauteur
des premières branches vivantes . . .) résumés en annexe 3, p . 49.
Les mesures suivantes ont été effectuées sur l'arbre central choisi :
circonférence à 1,30 m en cm,
mesures a, b . . . à g selon schéma (cf . annexe 3),
mesure de la projection horizontale de la couronne.
Ces mesures ont été complétées par la prise de clichés photographiques (verticaux et obliques)
avant et après éclaircie, afin de conserver des images « objectives » de chaque cas de figure
représenté (cf . planche-photos ci-contre).
Intensités des éclaircies (hiver 1975-1976)
Cinq niveaux d'éclaircie ont été retenus :
0 - témoin, éclaircie nulle ;
3 - les trois arbres les plus gênants ;
1 - l'arbre le plus gênant pour l'arbre retenu ; 4 - tous les arbres de la placette à l'exclusion
du sous-étage.
2 - les deux arbres les plus gênants ;
RÉSULTATS
Dans la suite du texte, les symboles h, g et k seront utilisés pour représenter respectivement la
hauteur, la surface terrière et la surface de la projection horizontale de la couronne . L'année de
référence sera 1976 et les indices correspondront aux années d'observation ; ainsi g 81 sera la
surface terrière en 1981.
I sera employé pour les accroissements et IR pour les accroissements relatifs.
Ainsi, IRh 81 = 100 (h 81 – h 761 sera l'accroissement en hauteur entre 1976 et 1981 rapporté
l\
h76
J
à la hauteur initiale h 76.
État initial des peuplements
On a cherché à caractériser l'état initial des peuplements en 1976 en mesurant sur les
320 arbres :
— la surface terrière g 76,
— la hauteur h 76,
-
la surface de la projection horizontale de la couronne k 76.
Une analyse discriminante faite sur les divers groupes de 40 arbres montre que les deux lots des
classes d'âge 35 ans sont très proches et qu'un des groupes de 56 ans est très proche du lot
de 45 ans, autrement dit, que les hauteurs, les surfaces terrières et les surfaces de couronnes
n'y sont pas différentes . On a donc procédé à des regroupements d'arbres de dimensions
voisines .
42
Biologie et forât
1
2
3
4
Dispositif d'étude de l'éclaircie. Expérimentation 1975-1976.
1 - état du peuplement avant éclaircie
en janvier 1977 ;
2 - état du peuplement après éclaircie
en avril 1977 ;
3 - reprise de croissance de l'arbre
très nette en février 1980 ;
4 - état du peuplement avant éclaircie
en décembre 1981 ;
5 - état du peuplement après la nouvelle éclaircie de l'hiver 1981-1982.
Photos R. CANTA I.N.R.A . NANCY CHAMPENOUX.
5
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Parcelles
Age moyen fin 1976
Nombre d'arbres
113
110
36 et 117
67 et 68
70 ans ± 16 ans
58 ans ± 9 ans
53 ans ± 15 ans
37 ans ± 9 ans
80
80
80
80
Tout le reste des résultats portera sur ces 4 lots de 80 arbres qui avaient fin 1976 en moyenne
37, 53, 58 et 70 ans . À l'intérieur de ces 4 lots, chacune des 5 intensités d'éclaircie est donc
représentée par 16 arbres . L'analyse de variance montre qu'avant la première éclaircie, il n'y a
pas de différences significatives entre les groupes d'arbres choisis pour représenter les 5 intensités d'éclaircie et ceci aussi bien pour la hauteur h 76 que pour la surface g 76 et la surface de
couronne k 76.
Les hauteurs croissent avec l'âge et la comparaison avec les courbes de croissance fournies par
les tables de production semble indiquer qu'il n'y a pas de différence de fertilité entre les
4 groupes de 80 arbres.
Les deux tableaux suivants donnent d'une part le rayon moyen en mètres des couronnes des
groupes de 16 arbres par âge et par éclaircie, et l'accroissement de ce rayon de 1976 à 1981.
Rayon moyen des couronnes (en m)
Parcelles
Age moyen fin 1976
0 arbre
Éclaircie
113
110
70
58
2,41
36 et 117
53
67 et 68
Moyenne
37
2,17
1,95
1,21
1,93
1,34
1,93
1 arbre
2,28
2,27
1,84
2 arbres
2,24
2,08
1,77
1,41
1,87
3 arbres
2,27
1,98
1,75
1,45
1,86
tous les
arbres
2,42
1,94
2,09
1,51
1,99
2,32
2,09
1,88
1,38
1,92
Moyenne
Accroissement sur le rayon des couronnes (en m) de 1976 à 1981
Parcelles
Age moyen fin 1976
Éclaircie
Moyenne
113
110
70
58
36 et 117
53
67 et 68
Moyenne
37
0 arbre
0,27
0,59
0,34
0,36
0,40
1 arbre
0,52
0,61
0,50
0,56
0,55
2 arbres
0,54
0,83
0,56
0,68
0,65
3 arbres
0,62
0,66
0,63
0,71
0,66
tous les
arbres
0,74
0,92
0,80
0,76
0,80
0,54
0,72
0,57
0,62
0,61
44
Biologie et forêt
On observe une très forte influence de l'intensité d'éclaircie sur l'accroissement du rayon des
couronnes et un effet de l'âge relativement peu important ; ceci est un résultat important : dans
le domaine d'observation de 37 à 70 ans, les houppiers des arbres réagissent fortement aux
éclaircies et de manière aussi rapide quel que soit l'âge.
Croissance des arbres en fonction de l'âge et de l'intensité d'éclaircie
• Accroissement absolu en surface terrière : 1g 85_ g 85 — g 76
On observe sur les accroissements en surface terrière une très forte influence de l'âge et de
l'intensité d'éclaircie . Seule l'éclaircie a un effet sur l'accroissement de la surface de la
couronne.
Compte tenu de la variabilité importante des dimensions à l'intérieur des groupes de 16 arbres
de même âge et ayant subi la même intensité d'éclaircie, on a préféré par la suite fournir les
résultats sur les accroissements relatifs.
h 81 — h 76)
• Accroissements relatifs en hauteur : IRh 81 = 100 (
h 76
On observe une forte influence de l'âge sur l'accroissement relatif en hauteur . S'il n'y a guère de
différences entre les 3 groupes de 80 arbres les plus âgés qui ont des taux de croissance de 9 7 et 7 %, par contre le groupe le plus jeune a un taux de croissance de 17 % . II n'y a pas
d'influence de l'éclaircie sur la croissance en hauteur . Ce dernier résultat, malgré les intensités
d'éclaircies très différentes, est conforme à ce qu'on attendait . L'éclaircie n'ayant pas d'effet,
l'influence due à l'âge vient simplement du fait qu'on se situe à des périodes de la vie de l'arbre
à croissance rapide pour les parcelles de 37 ans et à croissance déjà très ralentie pour les
3 autres groupes.
s Accroissements relatifs de la surface terrière g et de la surface des couronnes k
/
76)
IRg85= 1001g8g76
IRk
Mg 81 = 100 (
)
g 8 g 76 7 6
k76 76)
Pour ces trois accroissements, on observe une forte influence à la fois de l'âge et de l'éclaircie,
les peuplements les plus jeunes et les éclaircies les plus fortes conduisant à des taux de
croissance plus élevés . Ce résultat était attendu.
On observe également que les taux de croissance en surface de couronne IRk 81 sont plus
élevés que les taux de croissance en surface terrière . Une fois que le houppier a occupé l'espace
disponible, les taux de croissance de la couronne deviennent négligeables . On en déduit donc
que la réaction du houppier aux éclaircies est plus brutale que le redémarrage de l'accroissement
du tronc à 1,30 m . Par contre, une fois que l'occupation de l'espace est faite, l'effet de l'éclaircie
se prolonge sur l'accroissement du tronc, alors qu'il disparaît sur le développement du houppier.
• Influence de l'intensité d'éclaircie sur les rythmes annuels de croissance
Remarque préliminaire : ces observations ont été faites lors d'une seule saison de végétation et
n'ont donc pas de caractère de généralité.
Des rubans microdendrométriques ont été posés sur 60 arbres pour juger de l'effet de l'intensité
d'éclaircie sur les rythmes annuels de croissance des arbres ; on n'observe pas d'influence sur
la date de démarrage de la végétation ; en revanche, si on observe la date à laquelle 95 % de
l'accroissement radial sont obtenus, cette date passe du 4 septembre pour les éclaircies nulles
au 15 septembre pour les éclaircies fortes . Tout se passe comme si on avait un allongement de
la saison de végétation .
45
Rev. For. Fr. XLI -1-1989
J. BOUCHON - J .-F .
DHOTE -
L.
LANIER
• Études complémentaires
L'intensité d'éclaircie ne semble avoir pour le moment aucune influence sur les risques de
chablis, l'apparition ou la disparition de tares comme le chancre ou l'apparition de Cryptococcus . Par contre, les éclaircies semblent provoquer, notamment dans le jeune âge, l'apparition de
gourmands et de descentes de cimes sur les arbres peu vigoureux éclaircis fortement ; ce
résultat, prévisible d'ailleurs, serait à confirmer . Les photographies (voir planche-photos, page
43) devraient pouvoir permettre une étude fine du développement des houppiers en fonction de
l'espace libéré par les arbres enlevés en éclaircie.
Enfin, dans les deux parcelles les plus jeunes, on a observé des pertes de dominance sur
certains arbres de place, et ceci quelle que soit l'intensité des éclaircies.
RÉSUMÉ - CONCLUSIONS
Une expérience d'éclaircie sur 4 peuplements de Hêtre d'âges étagés de 37 à 70 ans a montré
que, même à un âge assez avancé, les houppiers réagissent rapidement et fortement aux
éclaircies . Ce développement du houppier, accompagné secondairement d'un allongement de la
saison de végétation, explique les gains importants de croissance radiale . Des éclaircies fortes
et précoces sont donc recommandées pour le Hêtre ; la sélection d'arbres de place ne semble
cependant guère possible avant 35 à 40 ans, des inversions de rang social ayant été observées
dans les parcelles les plus jeunes . Enfin, tous ces résultats ayant été obtenus sur des placettes
mono-arbres, il resterait également à les confirmer en peuplements pleins.
J . BOUCHON - J .-F . DHOTE
Station de Sylviculture et de Production
CENTRE DE RECHERCHES FORESTIERES (INRA)
CHAMPENOUX 54280 SEICHAMPS
avec la collaboration technique
de Messieurs Garros, Ravart et Mosnier .
L . LANIER
Professeur de Sylviculture
ÉCOLE NATIONALE DU GÉNIE RURAL
DES EAUX ET DES FORETS
14, rue Girardet
54042 NANCY CEDEX
BIBLIOGRAPHIE
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der schweizerische Anstalt für das forstliche Versuchswesen, tome 21, 1939, pp . 59-145.
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pp . 109-142
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forestières, vol . 39, n° 3, 1982, pp . 187-218.
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(Meurthe-et-Moselle) . — Champenoux : INRA - Centre national de Recherches forestières - Station de
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national des Forêts, n° 12, 1980, pp . 31-39.
SCHADELIN (W .) . — L'Éclaircie, traitement des forêts par la sélection qualitative . — Neufchâtel : Ed . V . Attinger, 1938 . — 111 p .
46
Biologie et forêt
ANNEXE 1 : EMPLACEMENT DES PEUPLEMENTS EXPÉRIMENTAUX
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J . BOUCHON - J .-F . DHOTE - L . LANIER
ANNEXE 2 : DESCRIPTION DES ARBRES
Caractères de dominance
4 classes ont été distinguées suivant l'altitude atteinte par le bourgeon terminal de l'arbre par
rapport au peuplement dominant :
l
2 4
2
.
~
1 3 2 4 1
1
2
2
,
, .
2 4 2 3 2
~,
1
2
1. arbre dominant : bourgeon terminal nettement au-dessus de la surface chlorophyllienne
supérieure.
2. arbre codominant : bourgeon terminal dans l'étage dominant.
3. arbre dominé : bourgeon terminal dans la partie inférieure des houppiers de l'étage dominant.
4. sous-étage : bourgeon terminal nettement en dessous du couvert dominant.
Niveau de la fourche
On considérera qu'on est en présence d'une fourche si les deux branches qui se séparent ont à
peu près la même dimension et font à peu près le même angle avec la verticale . Le niveau sera
estimé en quarts de la hauteur totale :
1 : fourche comprise entre le pied de l'arbre et le quart de la hauteur totale, etc . ..
2, 3, 4 : fourches comprises respectivement dans le deuxième, troisième ou dernier quart.
5 : pas de fourche.
Notation sur la présence de chancre dans la cime et la présence de Cryptococcus
arbre sain : 1
arbre chancreux : 2
arbre à Cryptococcus : 3
arbre chancreux à Cryptococcus : 4
autre maladie : 9
Ces opérations ou notations ne sont faites que pour les arbres des classes de dominance 1 à 3
définies ci-dessus . Les arbres du sous-étage intérieurs à la placette sont simplement marqués
d'un trait oblique à la peinture .
48
Biologie et forêt
ANNEXE 3 : MESURES APRÈS ÉCLAIRCIE
1. Photographie hémisphérique des cimes.
2. Photographie oblique (grand angulaire) prise depuis un point repéré par sa distance et son
azimuth par rapport à l'arbre ; cette photo oblique doit pouvoir donner une idée du développement vertical des cimes, de l'angle d'insertion des branches, de la flexuosité des tiges, etc . ..
3 . Mesure de la projection horizontale de la couronne de l'arbre de place ; on déterminera les
huit projections horizontales des points de la couronne au N, NE, E, SE, S, SW, W, NW par
rapport à la projection du centre de la couronne.
4 . Mesures sur l'arbre de place :
— circonférence : mesure du diamètre le plus grand et du plus petit
(mesure du méplat) ;
la
— mesures des niveaux suivants :
a/ hauteur totale
b/ de la couronne (niveau où la cime
est la plus large)
c/ du premier défaut ouvert sur la tige
(chicot, trou, blessure, bourrelet non refermé, moustache de chinois à bouche
ouverte, etc . . .)
d/ base du feuillage
e/ base des branches du houppier
f/ première branche vivante
g/ première branche morte.
— angle d'insertion des branches du bas du houppier :
1 : horizontales (100 à 75 grades)
2 : obliques (75 à 50 grades)
3 : verticales (angle avec la tige inférieur à 50 grades).
— caractères de la tige :
tares : voir code annexe 2, dernier paragraphe, ci-contre.
rectitude : la rectitude sera mesurée à l'aide d'une perche de 4 m dont le pied sera appliqué au
pied de l'arbre à 20 cm au-dessus du sol ; on cherchera par tâtonnement l'emplacement pour
lequel la distance horizontale cd entre le milieu de cette perche et l'arbre est maximale : cette
mesure indiquera la flexuosité (cf . schéma, p . 50) . Les points a et b seront marqués à la peinture
sur l'arbre en vue de mesures ultérieures . La rectitude ne sera mesurée que sur les arbres des
parcelles 67, 68, 36 et 117 .
49
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DHOTE -
L.
LANIER
—
caractères des branches:
• présence de fourches
— on mesurera le niveau de la fourche
— on indiquera si la fourche est en U ou
à angle aigu avec entrécorce
• l'arbre présente-t-il des gourmands ?
• on notera également l'éventuelle mauvaise aptitude à l'élagage (angle d'insertion aigu et grosses branches mortes)
—
Les âges des parcelles ont été
évalués par comptage de cernes sur les
souches après la première éclaircie . Les
nombres de souches sur lesquelles ces
comptages ont été faits sont respectivement
pour les parcelles
67, 68, 36, 117, 110 et 113
de
73, 75, 65, 70, 94 et 142.
POUR
GARDER
EN BON ETAT
LA
COLLECTION
DE
LA
Revue forestière française
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QUI CONSERVE INTACTS TOUS LES NUMÉROS D'UNE ANNÉE
Très belle présentation, couleur verte, impression or sur le dos
sans
millésime
prix : 45 f
(PORT ET EMBALLAGE COMPRIS)
40 F à partir de 3 unités
Les commandes sont à envoyer à l'adresse suivante :
Revue forestière française - 14, rue Girardet, 54042 NANCY CEDEX
Paiement au C .C .P . Nancy 5 .400 .64 D au nom du Régisseur de l'École Nationale
du Génie Rural des Eaux et des Forêts
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