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COMPTE RENDU ORNITHOLOGIQUE CAMARGUAIS

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COMPTE RENDU ORNITHOLOGIQUE CAMARGUAIS
COMPTE RENDU ORNITHOLOGIQUE CAMARGUAIS
POUR LES ANNÉES 1 986- 1 987
Jean BOUTIN et Yves CHERAIN
Réserve Nationale de Camargue, La Capelière, F- 13200 A rles
Ce compte-rendu fait suite à ceux publiés depuis 1 930 dans La Terre et la Vie.
Il est une synthèse, parfois rapide, des travaux sur les oiseaux menés dans le delta
par les différentes équipes de biologistes (C.N. R . S . , Tour du Valat, Réserve
Nationale). Il rassemble également toutes les observations saillantes qui nous ont
été communiquées pendant ces deux années. Nous remercions tous les observa­
teurs qui nous les ont transmises. Comme dans le compte-rendu précédent, le
dépouillement des observations et la synthèse de ce travail ont été effectués par la
Réserve de Camargue ; les chapitres particuliers mentionnant un nom d'auteur ( 1 )
restent sous l a responsabilité d e celui-ci .
Les principaux observateurs furent : André Blasco (A.B.), Jean Boutin (J.B.),
Yves Chérain (Y.C.), Eric Coulet (E.C.), Patrick Grillas (P. G.), Heinz Hafner
(H . H .), Graham Hirons (G. H.), Luc Hoffmann (L.H.), Alan Johnson (A.J.),
Hubert Kowalski (H.K.), Richard Lansdown (R.L.), Alain Le Dreff (A.L.D.),
Jean Laurent Lucchesi (J . L . L.), Pascal Misiek (P. M.), Serge Nicolle (S.N.),
Georges Olioso (G.O.), Bruno Pambour (B.P.), Olivier Pineau (O.P.), Alain
Tamisier (A .T.), Jean-Paul Taris (J .P.T.), Emmanuel Vialet (E.V.), Jonathan
Wallace (J.P.W.) et John Walmsley (J .W.). Seules leurs initiales sont mentionnées
dans le texte. La localité ne sera précisée que lorsqu'elle est extérieure à l'île de
Camargue.
APERÇU CLIMA TIQ UE DES ANNÉES /986 et 198 7 (2)
Le fait climatique marquant de ces deux années est la rigueur de leurs hivers
qui fait suite à la vague de froid de 1 985. Ainsi, la température est descendue en
dessous de
7 c en février 1 986 et en dessous de
10 c en janvier 1 987.
Contrairement aux années précédentes, 1 986 et 1 987 sont des années plutôt
humides, les précipitations importantes eurent lieu en fin d'hiver et à l'automne
dans les deux cas, et entraînèrent des inondations au printemps, particulièrement
-
o
-
o
( 1 ) Ces chapitres ont été rédigés par A. Johnson, H. Hafner, G. Olioso, B. Pambour, A. Tamisier,
J. Walmsley.
(2) Données de Pierre Heurteaux.
Rev. Eco/. ( Terre Vie) , vol. 44, 1 989
1 65
-
TABLEAU I
Caractéristiques climatiques des années 1986 et 198 7 en Camargue.
R E G I M E T H E R M IQ U E
Moyennes mensuelles des
températures en oc
Minimum
Maximum
Moye nne
P R E C I PITAT I O N S
Hauteur annuelle e n m m
Nombre de jours de pluie
1 986
1 987
M o ye n n es
1 944·1 987
9,59
1 9 ,09
1 4 ,34
9,1 5
1 8 ,87
1 4,01
9,51
1 9 ,06
1 4 ,26
745
81
650
76
598
75 ,8
en 1 986. Enfin, se confirme pour ces deux années la tendance à une diminution de
la fréquence du mistral (N-0) en Camargue au bénéfice du vent marin (S-E), se
traduisant par un ensoleillement médiocre et un décifit de l'évaporation.
VA G UE DE FROID
La vague de froid de l'hiver 1 985/86 s'est surtout manifestée dans la première
quinzaine de février 1 986. Elle a été d'assez courte durée et n'a entraîné le gel que
de la moitié du Vaccarès. Son impact sur la faune est resté relativement limité,
mais elle a permis l'observation en Camargue d'espèces peu fréquentes comme le
Harle piette Mergus a/bel/us ou le H arelde de Miquelon Clangula hyemalis. Par
contre, l'hiver 1986/87 s'est révélé beaucoup plus meurtrier, du fait de l'intensité
du froid pendant le mois de janvier, entraînant le gel des trois quarts du Vaccarès
et de tous les étangs pendant deux semaines, et surtout du fait des fortes chutes de
neige, exceptionnelles pour la Camargue. On a ainsi observé une mortalité
importante chez les passereaux sédentaires, dont la disparition quasi-complète des
populations de Bouscarle de Cetti Cettia cetti, et de Cisticole des joncs Cisticola
juncidis, la Mésange à moustaches Panurus biarmicus voyant, quant à elle, ses
effectifs fortement réduits. Ce phénomène a été surtout sensible dans l'île de
Camargue, les populations de petite Camargue et du plan du Bourg étant
beaucoup moins touchées. En 1 988 les populations de ces trois espèces ne sont pas
encore revenues à leurs niveaux antérieurs et ce malgré un hiver 1 987/88
particulièrement doux. Notons enfin que cette vague de froid, contrairement à
celle de 1 984/85, a eu peu d'impact sur les populations de flamants roses
Phoenicopterus ruber et d' Ardeidae.
É VOL UTION DE LA SALINITÉ D U VA CCA RÈS
La tendance, observée depuis fin 1 980, à une resalure de l'étang du Vaccarès,
s'est trouvée stoppée par les précipitations importantes de 1 986 et 1 987. Ainsi, la
1 66
-
salinité (0'1)
niveau (cm)
40
35
30
30
20
25
10
0
20
80
15
-10
10
-20
5
-30
0
-40
Figure 1.
-
Evolution comparée du niveau et de la salinité du Vaccarès
entre septembre 1 980 et décembre 1 987.
salinité qui avoisinait 33 g/1 début 1 986 est passée en dessous de 20 g/1 fin 1 987,
cette tendance se confirmant en 1 988.
COMP TE REND U ORNITHOLOGIQ UE
GAVIIDAE
Quinze observations de Plongeon imbrin Gavia immer en deux ans confir­
ment la régularité de l'hivernage de cette espèce. Le Plongeon arctique Gavia
arctica demeure rare avec 6 observations seulement au cours de l'hiver 1 985/86.
Quant au Plongeon catmarin Gavia ste/lata on remarquera le faible nombre
d'observations (9), toutes en 1 986.
PODICIPEDIDAE
Des changements importants sont à noter dans le statut régional de plusieurs
espèces de cette famille. Ainsi, le Grèbe jougris Podiceps griseigena devient un
oiseau régulier en petit nombre (cf. Blondel et Isenmann, 1 98 1 ), avec 8 individus
différents observés ces deux années ; même statut pour le Grèbe esclavon Podiceps
auritus avec 8 o bservations concernant 1 7 individus, dont une seule durant l'hiver
1 986/87 (H . K . , J . L . L . , B . P . , Crouzier, Brunet, A ves) .
Le Grèbe huppé Podiceps cristatus et le Grèbe à cou noir Podiceps nigricollis
voient leur fréquentation augmenter sur le Vaccarès depuis sa resalure : 1 000 in­
dividus le 22 novembre 1 986 (J. L . L.) et 1 050 le 16 novembre 1 987 (Y. C . , E.V. ,
B . P . , S. Pambour) pour le premier ; 3 000 le 22 novembre 1 986 (J.L.L.) et 2 960 le
1 6 novembre 1 987 (Y. C . , E . V . , B . P . , S. Pambour) pour le second.
-
1 67
-
PROCELLARIIDAE
Deux observations seulement de Puffin yelkouan Puffinus p. yelkouan avec un
maximum de 34 individus (A. L.D., A ves) montrent la rareté de cette espèce (cf.
Blondel et Isenmann, 1 98 1 et Compte rendu ornithologique 1 984/ 1 985).
ARDEIDAE
A) Reproduction des hérons arboricoles (Heinz Hafner)
Nous disposons maintenant de données précises pour 20 années consécutives
( 1 968- 1 987) (Tableau Il). Deux tendances nettes se dégagent : baisse des effectifs
de hérons bihoreaux Nycticorax nycticorax (Spearman Rank, rs
. 5 2 p < 0,05),
et augmentation des hérons gardebœufs Bubulcus ibis (rs
.85 p < 0,0 1 ) . Les
populations des deux autres espèces sont apparemment restées stables au cours de
cette période de vingt ans. Toutefois, les effectifs d'aigrettes garzettes Egretta
garzetta nicheuses sont sujets à de très fortes fluctuations périodiques. Une des
priorités des études sur les hérons, est maintenant de déterminer quels sont les
facteurs écologiques qui régissent ces changements.
=
=
B) Reproduction des hérons nichant en roselières (John Walmsley)
Ce rapport comprend les recensements de populations nicheuses de hérons
cendrés A rdea cinerea et de hérons pourprés A rdea purpurea sur la côte française
méditerranéenne, pour les années 1 986 et 1 987. Deux survols ont été effectués
chaque année pour dénombrer les nids situés dans les roselières, et tous les lieux
de nidification connus ont été visités. Les colonies ont été répérées et photogra­
phiées ; simultanément on a estimé le nombre de nids . Un dénombrement final des
nids a été fait à partir de diapositives en couleurs.
Héron cendré : Après une augmentation au cours des années 1 967 à 1 983, la
population nicheuse est passée de 438 couples en 1 984 au chiffre record de
905 couples en 1986 (cf. Tableau III) .
Le nombre des colonies occupées a également augmenté. Les résultats des
comptages effectués de 1 980 à 1 987 sont résumés dans le tableau III, et classés en
trois régions : la Camargue où niche le plus gros de la population ; le Plan du
Bourg/Petite Camargue et le Languedoc Roussillon.
Héron pourpré : Au cours des quatre dernières années, la population nicheuse
est restée relativement stable : de 1 000 à 1 300 couples. Le nombre et la taille des
colonies occupées varient selon les années en fonction des différents aménage­
ments. La taille des roseaux et le drainage ont une influence directe sur la
répartition et le nombre des hérons nichant dans cette région. Le tableau IV
résume le résultat des comptages effectués de 1 980 à 1 98 7 .
C ) Passage et hivernage
Une observation d'Aigrette des récifs, phase sombre, Egretta gularis du
1 septembre au 16 octobre 1 986 au Pont de Gau (Lamouroux et al. ) , ainsi que
1 68
-
TABLEAU Il
Dénombrements annuels de hérons arboricoles nicheurs.
Eg retta
ANNEE
aarzetta
NOMBRE DE NIDS
A rdeola
B u b u lcus
N ycticorax
ral loides
ibis
nycticorax
49
18
1 04
1 01
115
50+
75+
113
89
60
47
98
75
79
74
84
48
65
56
95
2
2
22
26
56
52
98
1 28
1 72
308
31 9
31 4
464
283
468
407
352
74
70
85
1 430
1 1 90
1 445
1 330
2300++
1 6 45
1 700
1 8 80
1 31 5
1 2 25
1 498
1 335
1 2 24
1 44 1
2251
2456
1 931
1 01 6
1015
1 2 38
1 968
1 969
1 970
1 97 1
1 972
1 973
1 974
1 975
1 976
1 977
1 978
1 97 9
1 980
1 981
1 982
1 983
1 984
1 985
1 986
1 987
940
595
600+
545
465
346
448
544
61 6
578
488
642
604
531
697
390
253
277
232
335
TABLEAU III
Héron cendré 1980- 198 7 : Nombre de couples nicheurs.
0
An née
1 980
1 98 1
1 982
1 983
1 984
1 985
1 98 6
1 987
=
nombre de colonies occupées dans chaque région.
C a m a ra u e
550
6
7
7
643
542
1 6)
1 8T
437
492
624
327
491
10
12
19
P lan d u Bourg
L a n g u edoc
Petite Camara u e
Ro ussi l l o n
61
1
2
2
208
6
1
23
60
1 53
248
1 86
-
0
0
2
14
0
2
0
3
3
1
3
5
6
6
1 69
0
0
3
-
2
2
1
Total
438
51 5
61 4
687
438
700
905
728
7)
9)
11
15
19
26
24
24
TABLEAU IV
Héron pourpré 1980-198 7 : Nombre de couples nicheurs.
0
nombre de colonies occupées dans chaque région.
=
Année
1 980
1 98 1
1 982
1 983
1 984
1 985
1 986
1 987
Camargue
375 3
252 6
41 0 6
203 8
235 1 4)
363 1 2)
359 7
377 9
Plan du Bourg
Petite Camargue
681 2
650 4
957 4
1 038 5
781 6
599 4
390 4
688 6
Languedoc
Roussillon
220 3
1 65 4
507 4
400 4
229 5
44 2
273 3
1 92 3
Total
1 276 (8)
1 067 1 4
1 874 1 4
1 641 1 7
1 245 25
1 006 1 8
1 022 1 4
1 257 1 8
plusieurs observations d'une Aigrette garzette sombre Egretta garzetta l e 30 juin
1 986 et entre le 7 mai et le 1 7 juillet 1 987 (H . K . , Y.C.).
L'hiver 1 987/88 exceptionnellement doux s'est traduit par la présence de 1 à
2 Hérons pourprés Ardea purpurea en novembre et décembre 1 987 (4 observa­
tions) (O.P., A.L.D., A.B., A ves), et par une observation tardive de Héron crabier
Ardea ralloïdes le 21 octobre 1 987 (O.P.). Présence tardive également du Blongios
nain Ixobrychus minutus avec une observation les 20 et 26 septembre 1 986 (H .K.,
Betty) et le 1 9 septembre 1 987 (H .K.). Hivernage d'au moins 15 butors étoilés
Botaurus ste/laris en 1 987/88 dans les marais du Plan du Bourg (J . L . L . ).
L'hivernage régulier de la Grande aigrette Egretta alba semble désormais une
chose acquise entre août et avril. Le maximum d'observations a lieu entre
novembre et décembre. Trente-cinq individus ont été observés simultanément
(A.T.) et l'ensemble de l'hivernage pourrait concerner une quarantaine d'indivi­
dus. Une observation tardive en mai 1 986 (G.O.). Rappelons que l'hivernage de
5 à 1 0 hérons bihoreaux Geunes surtout) est régulier depuis 1 977/78, même au plus
froid de l'hiver 86/87 (2 observations O.P., J . B . ) .
Aigrettes garzettes Egretta garzetta e t hérons garde-bœufs Bubulcus ibis
furent peu nombreux pendant les deux hivers froids 1 985-86 et 1 986-87
(Tableau V) .
CICONIIDAE
L'augmentation du nombre d'observations de ces deux espèces reste d'actua­
lité. Notons un groupe de 8 Cigognes noires Ciconia nigra du 30 août au
3 septembre 1 987 (Hellio, H.K.), deux observations en juillet 1 986 (J.W. , L . H . ) et
deux observations lors de la migration prénuptiale (A.J., Goselink). En ce qui
concerne la Cigogne blanche Ciconia ciconia, il a été observé une forte migration
entre le 22 juillet et le 1 4 septembre 1 987, dont un groupe de 21 le 26 août
(Lambert) et un de 43 le 14 septembre (A. B . ) .
-
1 70
-
TABLEAU V
Effectifs d'A igrettes gazettes et de Hérons garde-bœufs
dans les dortoirs de Camargue de 1973 à 1987 (données Heinz Hafner) .
HIVER
1 973-74
1 974-75
1 975-76
1 976-77
1 977-78
1 978-79
1 979-80
1 980-81
1 98 1 -82
1 982-83
1 983-84
1 984-85
1 985-86
1 986-87
.
DECEMBRE
B u b u lcus
Eg retta
ibis
garzetta
1 62
860
856
308
325
454
839
771
755
935
1 06 0
1 037
385
938
JANVIER
Eg retta Bubulcus
ibis
garzetta
30
1 03
1 66
1 86
447
203
287
1 45
245
1 23
61 2
210
1 55
0
201
750
572
1 87
291
1 25
497
355
535
1 1 59
1 205
10
339
34
64
1 33
261
1 83
500
450
1 1 83
51 1
339
320
41 6
91 9
1 61
73
FEVRIER
Bubu lcus
Egretta
ibis
garzetta
375
773
599
36
1 30
1 72
110
298
851
726
801
966
1 22 0
0
75
23
259
1 76
488
205
237
1 71
1 68
0
4
0
.
.
- dénombrement mcomplet
THRESKIORNITHIDAE
Notons 8 observations d'Ibis falcinelle Plegadis falcinellus, un individu le
10 octobre 1 986 (A.J. , J.W.) 3 le 1 7 novembre 1 986 (J .B. et al.), un le 30 juin 1 987
(Goselink) 2 juvéniles le 27 août 1 987 (H .K., G.O. et al.), un du 1 er au 7 septembre
1 987 (Bigorne et al.), un le 1 er septembre 1 987 (R.L., Salathé), 2 le 5 septembre
1 987 (Rothan) et 3 le 30 octobre 1 987 (H .K.).
Pour la Spatule blanche Platalea leucorodia on recense 9 observations : un
individu en avril (Blasco, B.P.), 2 en août (Lamouroux, H . K . et al.), un en mai
(S.N.P.N.), un en juillet (R.N.C., Goselink), 2 en septembre (J.L.L., O.P.,
Monnier) et un en décembre (O.P., J.P.W.).
PHOENICOPTERIDAE (A . Johnson)
Le Flamant rose Phoenicopterus ruber se reproduit toujours seulement dans
l'Etang du Fangassier, dans les salins de Giraud. Les effectifs nicheurs ont été de
20 000 et 1 7 500 couples en 1 986 et 1 987 et les poussins à l'envol au nombre de
8 590 et 2 200 respectivement (comptages sur photographies aériennes). Il s'agit
des deux plus grandes colonies jamais enregistrées dans la région méditerranéen­
ne. Le nombre de jeunes issus de la colonie de 1 986 constitue également un record.
Par contre, la faible réussite de 1 987 peut être attribuée en grande partie à un
-
171
-
ballon d'enfant en forme de poisson, coloré et argenté, que le vent a poussé sur
l'îlot de reproduction au moment des éclosions. Ce ballon est resté accroché,
flottant dans le vent pendant plusieurs heures avant de continuer son trajet. Trois
à quatre mille nids sont restés vides après son passage, les goélands ayant
beaucoup profité de la situation.
Jusqu'à une centaine de goélands rôdent souvent autour de la colonie de
flamants qui, depuis 1 9 8 3 , est implantée en deux parties, l'une sur l'îlot érigé
spécialement à leur intention en 1 9 70, et l'autre sur la digue à proximité.
Le programme de baguage des poussins s'est poursuivi avec 599 et 600 oi­
seaux marqués respectivement les deux années.
En janvier 1 9 87 une centaine de flamants sont morts durant la vague de froid,
dont un individu porteur d'une bague posée au Lac Rezaiyeh en Iran.
ANATIDAE
La présence régulière d'un groupe de cygnes tuberculés Cygnus olor (maxi­
mum 1 0 individus) au They de Roustan (A. L . D . et al.) s'inscrit certainement dans
le cadre d'une colonisation de plusieurs sites provençaux (Saint-Chamas, Berre,
. . . ). L'observation de 1 05 cygnes de Bewick Cygnus colombianus bewickii dont
1 5 juvéniles le 3 1 janvier 1 9 86 à Basses-Méj anes (H.K.) représente un chiffre
record pour la Camargue. Un groupe de 1 7 individus le 25 janvier 1 9 8 6 sur la
Tour du Valat pourrait concerner des individus différents . Observation de
70 individus le 3 1 décembre 1 9 8 6 (H.K.) et de 63 le 1 er décembre 1 9 8 7 (Carbon­
naux). A noter l'observation le 1 7 mars 1 9 8 7 dans le Gard de 46 individus partant
en migration vers le nord (A.J.).
Des oies ont été présentes les trois hivers avec un maximum de 27 oies
cendrées Anser anser le 22 janvier 1 9 8 6 (J.W., L.H.), de 3 5 le 7 janvier 1 9 8 7 (J.W.)
et de 3 9 le 16 décembre 1 9 8 7 (Orsini) . Grâce à des bagues colorées, l'origine
suédoise d'un de ces oiseaux a pu être prouvée (J. Walmsley à paraître) .
Trois observations d'oies rieuses Anser albifrons, 6 individus le 2 février 1 9 8 6
(H .K. et Duhautois), 7 le 1 3 février 1 9 8 6 (J. L.L.) (ces deux observations concer­
nent peut-être le même groupe), enfin une observation étonnante le 1 9 mai 1 9 8 7
(T.d.V.). Les oies des moissons Anser fabalis ont par contre été rares avec deux
observations de 7 individus le 2 1 janvier 1 9 8 7 et de 1 3 le lendemain (H .K.). La
Bernache nonnette Branla leucopsis vue le 5 février 1 9 8 7 (Duhautois) pourrait être
issue d'élevage. Origine sauvage non établie également pour trois observations de
Tadorne casarca Tadorna ferruginea dont : un individu le 1 4 avril 1 98 6 (A.B.), 2
le 6 novembre 1 9 8 7 (Nectoux), enfin 3 individus tués à la chasse en novembre
1 987.
A noter la visite en Camargue de trois canards n'appartenant pas à la faune
du paléarctique occidental : un mâle de Sarcelle à faucille Anas falcata du
29 novembre au 2 1 décembre 1 9 86 (J. B . et al.), une Nette à bec rosé Netta
peposaca du 2 au 22 janvier 1 98 6 (J.W.) mais l'origine sauvage de ces oiseaux n'est
pas certaine ; enfin un mâle de Sarcelle d'hiver sous-espèce américaine Anas crecca
carolinensis du 3 1 décembre 1 9 8 7 au 6 j anvier 1 9 8 8 (G.O.), observation homolo­
guée.
Trois observations de fuligules nyroca Aythya nyroca en novembre et
décembre 1 98 6 (J.W., Bredin, P.M., J.L. L.) et une en décembre 1 9 8 7 (Feh). Un
hybride de Fuligule milouin Aythyaferina et de Fuligule morillon Aythya fuligula
1 72
-
a été déterminé le 28 novembre 1 986 (P.M.). Date étonnante pour un mâle adulte
de Macreuse noire Melanitta nigra observé le 8 juin 1 987 (H .K.).
La vague de froid de j anvier 1 986 est peut-être à l' origine de la venue d'une
femelle de Harle piette Mergus albe!lus le 1 6 janvier 1986 (H.K.) et des trois
observations de Harelde de Miquelon Clangula hyemalis entre le 1 er janvier et le
1 er avril 1 986 (B.P., Renaudin, Vidal, Crouzier) . Observation de 53 harles huppés
Mergus serrator au total sur trois sites le 2 1 décembre 1 986 (H . K . , A.D., Vachez) .
TADORNINI
(J . Walmsley)
Tadorna tadorna
A) Reproduction
Les tadornes de Belon ont niché avec succès les deux années, malgré les hivers
rigoureux de 1 984/85 et 1 985/86. Avant la saison de nidification 1 986, les effectifs
de tadornes en France méditerranéenne étaient de l'ordre de 1 700 à la mi-mars.
Parmi eux, 76,5 % de la population étaient concentrés dans les principales zones
de reproduction, en Camargue et en Petite Camargue. Les comptages dans les
salins de Giraud et d'Aigues-Mortes ont dénombré 1 6 1 familles et 1 346 poussins.
Une forte prédation par les goélands leucophée a été responsable du faible taux de
reproduction dans les salins d'Aigues-Mortes, où seulement 48 familles et
329 poussins ont été dénombrés.
B) Baguage et reprises
Aucun Tadorne de Belon n'a été bagué durant ces deux années, cependant
des reprises et observations de bagues de couleurs posées en Camargue antérieu­
rement nous parviennent régulièrement. En 1 986, deux reprises ont été faites en
France (Gard : 1 , Somme : 1 ), et 8 observations locales d'oiseaux porteurs de
bagues de couleurs. En 1 987, deux oiseaux bagués ont été observés dans les salins
d'Aigues-M ortes pendant la saison de reproduction ; plus tard dans l'année
(sept. 1 987), un d'entre eux a été revu sur les lieux de mue en Mer du Nord, dans
le Waddenzee Allemand (Walmsley, 1 987).
C) Hivernage
Les nombres records de Tadornes comptés dans la région : 2 745 en février
1 986 et 3 590 en février 1 987 sont à mettre en relation avec les hivers rigoureux.
HIVERNAGE DES CANARDS ET DES FOULQ UES
(A . Tamisier, C.E.P. E./C.N.R.S.)
Comme chaque hiver depuis 1 964/65, les dénombrements d'Anatidés et de
foulques sont réalisés sur l'ensemble de la Camargue (du golfe d'Aigues-Mortes
au golfe de Fos) par des survols complets effectués au milieu de chaque mois entre
-
1 73
-
septembre et mars. Ces dénombrements fournissent une estimation exhaustive des
effectifs dont la fiabilité a été testée (Dervieux et al. , 1 980) et permettent des
comparaisons rendues robustes par la constance de la technique employée et de
l'identité de l'observateur.
Résultats : saison 1 986/87
Dès les premiers mois de la saison, les effectifs des différentes espèces de
granivores sont nettement inférieurs à ceux des années précédentes. Inversement
ceux des espèces herbivores (chipeaux, siffleurs et foulques), et des milouins
atteignent, surtout en novembre, des valeurs élevées . En novembre, les effectifs
totaux sont de 1 00 000 canards et 4 1 000 foulques. Mais en décembre, les effectifs
de toutes les espèces diminuent de 20 % , alors qu'en moyenne ils augmentent de
5 % de novembre à décembre. La vague de froid accélère le processus de fuite :
- effondrement total des effectifs de sarcelles d'hiver, chipeaux, souchets et
milouins,
- effondrement partiel des effectifs de siffleurs, nettes rousses et foulques,
- stabilité des colverts.
Au plus fort de la vague de froid, alors qu'il reste moins de 30 000 canards et
15 000 foulques, 40 % des oiseaux trouvent refuge tout le long des deux bras du
Rhône : ce sont, essentiellement les colverts, les siffleurs et les foulques. Les autres
sont observés par petits groupes sur la glace, sur la rive nord du Vaccarès ou dans
les rares trous d'eau disponibles ça et là.
Le 5 février, alors que tout est dégelé, le peuplement retrouve à peu près sa
taille et sa composition attendue (sauf pour les sarcelles d'hiver) par rapport aux
valeurs précédant la vague de froid.
Saison 1 987/88
Les effectifs de canards, toutes espèces confondues, nettement plus faibles
pendant les trois premiers mois de la saison, et surtout en novembre, qu'en
moyenne depuis 24 ans, ont légèrement dépassé les 1 00 000 en décembre avant de
régresser comme d'habitude jusqu'en mars.
Cette diminution d'effectifs qui commence dès le mois de j anvier est en effet
régulièrement observée en Camargue depuis 1 964 comme sur la majorité des sites
méditerranéens, traduisant le départ des premiers canards vers leurs lieux de
reproduction. Cette situation est perturbée seulement pendant les vagues de froid
(en décembre ou j anvier) qui peuvent provoquer :
1 ) soit un départ d'oiseaux vers des zones plus méridionales,
2) soit un stationnement forcé sur place en attente du redoux,
3) soit un apport d'oiseaux ayant fui la sévérité des conditions climatiques
dans des zones plus septentrionales.
En Camargue, les deux premiers cas sont les plus fréquents (cf. la saison
précédente).
En l'absence de vague de froid, la diminution des effectifs entre décembre et
janvier est en moyenne de 1 6,9 % et elle porte sur toutes les espèces à l'exception
du Fuligule morillon, toujours très faiblement représenté (2 % du total des
Anatidés en Camargue) et dont les effectifs sont maximaux en février. Chez les
foulques, le nombre le plus élevé en décembre (près de 36 000) tranche avec les
1 74
-
effectifs des autres mois, légèrement inférieurs à la moyenne. Comme chez les
canards, on observe ici une chute caractéristique des effectifs entre décembre et
janvier :
1 7, 5 % en moyenne pour les années sans vague de froid. Cette
diminution d'effectifs correspond aux premiers départs des oiseaux vers leurs lieux
de reproduction.
-
Rôles respectifs des paramètres chasse et salinité dans l'effondrement du peuple­
ment
Le recul fourni par les 24 années successives de dénombrements permet de
dire que de 1 975/76 à 1 987/88, l'importance des stationnements de canards
hivernant en Camargue ou transitant par cette région a subi une chute graduelle
de 4,6 % par an (r
0,807, P < 0,0 1 ) malgré un léger rehaussement des
effectifs au cours de la dernière saison (Fig. 2, Tab. VI).
=
-
Ind ice annuel
d'abo ndance
1 60
Anatidés
,.,
1 40
1 20
••
......,1
,,,1
1
,
77
78
80
60
40
indice
1 00
= moyenne
des années
20
1 964 à 67
0
-
Figure 2.
Evolution des effectifs d'Anatidés et de foulques hivernant en Camargue. L'indice
d'abondance est calculé à partir de la moyenne des sept mois (septembre à mars) de chaque saison,
rapportée aux valeurs moyennes des trois premières années.
Au mieux, pourrait-on dire que l'on a atteint depuis 4 ans des valeurs
« plancher » qui se situent autour de 60 à 65 % de la valeur initiale. Quatre espèces
contribuent à cette relative stabilité dans les bas niveaux : le Chipeau, le Siffleur,
le Souchet et le Milouin. Le redressement simultané des effectifs de foulques
conduit à penser que les espèces herbivores sont globalement moins défavorisées
que les autres, les aménagements hydrauliques réalisés dans pratiquement toutes
les chasses leur étant particulièrement favorables.
La Camargue demeure donc très en dessous de sa capacité d'accueil pour les
canards, ne serait-ce que par ce que l'on en connaît grâce aux effectifs des années
1 970/75 : 1 50 000 à 1 80 000 oiseaux. Et l'on a vu (Tamisier, 1 987) que cette
diminution d'effectifs est indépendante de la perte d'habitats pourtant très
importante ( 1 000 ha par an depuis 40 ans) puisque à surface disponible égale, la
chute d'effectifs observée reste de l'ordre de 30 % pour les 9 dernières années.
1 75
-
TABLEAU
VI
Indices d'abondance des différentes espèces d'A natidés
et des foulques hivernant en Camargue.
Colvert
Sarce lle d'hiver
Pilet
Chipe au
Siffleur
Souchet
M ilouin
Morillon
Nette rousse
1
Total anatidés
Foulque
1
69
70
48
81
25
1 71
45
51
83
67
86
70
71
91
94
19
95
56
1 05
1 00
90
79
1 00
63
90
1
1 09
1
1 34
1 03
1
1 43
1
111
1 00
1
1 03
1
74
75
1 38
110
63
283
94
1 73
110
28
121
73
74
1 36
1 32
22
235
78
93
1 98
40
82
72
73
1 23
1 70
32
420
92
1 49
1 36
81
117
71
72
117
99
41
341
80
119
117
83
1 03
réfé r e n c e
6 4 à 67
1 00
1 00
1 00
1 00
1 00
1 00
1 00
1 00
1 00
1
121
90
1
119
76
1
75
76
1 37
1 38
42
338
131
221
1 67
44
1 28
76
77
73
1 03
6
374
74
99
59
51
1 01
77
78
56
1 08
30
273
61
1 09
63
27
96
78
79
85
131
25
294
59
1 35
48
14
77
79
80
55
117
37
360
56
1 61
52
32
1 00
80
81
73
1 15
24
361
66
1 50
76
29
110
81
82
61
110
30
390
68
1 38
39
9
131
82
83
48
83
5
366
69
1 33
42
28
70
83
84
48
91
18
332
70
1 34
53
33
89
84
85
39
58
21
1 97
56
1 23
31
25
54
85
86
48
62
20
1 36
66
81
58
36
48
86
87
51
56
18
200
43
88
78
16
41
87
88
57
60
21
301
68
1 02
83
47
42
141
89
82
98
88
96
87
74
79
56
64
58
67
96
1 03
91
86
71
88
94
72
68
49
79
90
96
1
(r
=
Pour les foulques, cette diminution est peu sensible et non significative
0,353, P > 0, 1 0) .
-
L'analyse d e la distribution précise des oiseaux e n Camargue e t d e l'évolution
de cette distribution au cours de la dernière décennie permet de préciser les rôles
respectifs de deux facteurs importants, la sécurité et la salinité, dans la variation
de ces effectifs. Trois grands types de milieux sont sélectionnés : les réserves salées
(en fait, le territoire de la réserve nationale de Camargue), les réserves douces
(milieux doux bénéficiant d'un statut de réserve de droit ou de fait) et les chasses
(milieux doux) . Les salins (salés et chassés), pratiquement vides de canards, ne
sont pas pris en compte ici .
On observe que les canards sont plus nombreux (en terme de densité
nombre moyen hivernal de canards par ha) sur les réserves douces et les réserves
salées que sur les chasses, les écarts étant respectivement d'un facteur 7 et I l pour
1 987/88 (Ta b. VII).
=
En moyenne 70 à 80 % des canards sont sur les réserves. En soi, cette
constatation ne surprend pas à cause des dérangements occasionnés par la chasse.
Mais l'évolution de cette distribution de 1 978/79 à auj ourd'hui révèle deux
phénomènes nouveaux :
a) les stationnements de canards sur les espaces chassés régressent en valeur
absolue de façon très significative (r
0,928, P < 0,0 1 ) . Ils régressent aussi en
pourcentage des effectifs totaux de Camargue : la densité moyenne de canards y
a chuté presque de moitié : elle est actuellement réduite à 0,3 1 ind. fha ;
=
-
b) dans le même temps, les stationnements ont diminué sur l'ensemble des
réserves, de façon à peine significative sur les réserves salées (r
0,623,
P < 0,05) et de façon non significative sur les réserves douces (r
0,433,
p > 0, 1 0) .
TABLEAU
=
-
=
-
VII
Densités moyennes des canards et des foulques sur les trois grands types
de milieux pendant la période 78- 79/86-87 et en 87-88.
Très peu nombreux sur les chasses, les canards sont actuellement
sept fois plus abondants dans les réserves salées et onze fois plus dans les réserves douces.
ANATI DES
Statut
R ES E R V E S
CHASSES
Milieu
Surface
(ha)
doux
moyenne
FOULQUES
moye nne
1 978-79
1 9 86-87
1 987-88
3,51
0 ,64
0 ,59
2 ,23
2,08
0,4
0 ,67
0 , 57
0,31
0 ,29
0 , 33
1 978-79
1 986-87
1 987-88
7000
3,42
salé
1 30 0 0
doux
25000
1 77
-
En valeur relative, les réserves salées abritent un pourcentage constant du
peuplement hivernal camarguais et les réserves douces recueillent un pourcentage
croissant qui est passé de 25 à plus de 45 % (Fig. 4) .
Cette différence entre les deux types de réserves, également attestée par les
valeurs de densité (Tab. VII) met en évidence l'effet négatif de la salinité sur les
stationnements de canards : l'accroissement de teneur en sel observé sur les étangs
de la Réserve Nationale depuis la fin des années 1 970 a fait fuir 1 5 à 20 000 ca­
nards qui y étaient stationnés le j our.
Dans le même temps, la perte d'oiseaux sur les espaces chassés, beaucoup
plus importante, ne saurait être reliée à un problème de sel puisque ces espaces
sont alimentés en eau douce. Elle doit plutôt être considérée comme la consé­
quence d'un accroissement graduel de la pression de chasse qui a actuellement
dépassé le seuil de tolérance et induit une désertion progressive de ces espaces
(Tamisier, 1 987).
Le cas des foulques est similaire en tous points, mais à un moindre degré : on
sait que ce rallidé est moins sensible que les Anatidés à toutes formes de
dérangement (Tamisier et Saint Gérand, 1 98 1 ) .
pourcentage du
peuplement total
Camargue
effectifs sur
espaces chassés
20000
1 60 0 0
1 20 0 0
•
.. '•,
,
28
-, �0�0\
0- o
'
\ o��\
•
'•
,
Effe c t i fs
24
' ·- ' 1
•••
22
20
1
8000
4000
26
Pource ntage
18
\·· · · · . . �,Q��
/
'•,
16
14
12
10
8
0
Figure 3.
78/79 79/80 8 0/8 1 8 1 /8 2 82/83 83/84 84/85 85/86 8 6/87 8 7/88
6
-
Régression significative (P < 0,0 1 ) des effectifs de canards stationnés sur les espaces
chassés, en valeur absolue et en pourcentage du peuplement total de Camargue.
En conclusion, les données de ces deux dernières années aident à comprendre
le rôle et le niveau d'action de 2 paramètres, chasse et salinité, sur l'effondrement
des effectifs observés depuis 1 3 ans ; la salinité, en phase d'accroissement sur les
étangs de la réserve depuis la fin des années 1 970 a accentué l'affaiblissement de
la capacité d'accueil de la Camargue qui est liée à une pression de chasse devenue
excessive : si le preferendum écologique des canards (pour les espèces qui nous
intéressent ici) est dans les milieux doux plutôt que salés (cf. également Saint
1 78
/\
effectifs sur
rése rves en
milieux doux
40000
35000
1
25000
z
\
Effootil•
/•· · ····.... .
o-0�
..
.. ..
.
o--..: o
0
/'.
�
0
30000
20000
pourcentage du
peuplement total
Camargue
1 5000
,
,·
t ..
·
���� - ���
",
1
,,
,�
•
·
··..
.. ..
.
40
...
.
.
.
•
10
5000
0
30
20
Pourcentage
1 0000
50
78/79 79/80 8 0/8 1 8 1 /8 2 8 2/83 83/84 84/85 85/86 86/87 8 7/88
0
Figure 4. - Stabilité des effectifs de canards stationnés sur les Réserves douces
et accroissement de leur importance relative par rapport au peuplement total de Camargue.
effectifs sur
rése rves en
milieux salés
45000
•
40000
01
35000
30000
25000
20000
1 5000
pou rcentage du
peuplement total
Camargue
V ' )'•
1
•
��·::,;-a
�
Effectifs
1 \0-o�0 /o
""""
•· • •
•••
•
'1
0
Pou rcentage
-
0
1
1 . .. ........
....
•
50
40
30
,•
,/
1 0000
20
10
5000
0
60
78/79 79/80 8 0/8 1 8 1 /82 82/83 83/84 84/85 85/8 6 86/8 7 8 7/88
0
Figure 5. - Régression significative (P < 0,05) des effectifs de canards stationnés sur les réserves
salées et stabilité de leur importance relative par rapport au peuplement total de Camargue.
1 79
-
Gérand, 1 985), ces oiseaux ont avant tout besoin de sécurité qu'ils trouvent dans
les espaces non chassés, qu'ils soient doux ou salés. C'est cette sécurité qui leur
manque actuellement le plus en Camargue. Dans ce contexte, une éventuelle
tentative de dessalement des eaux de la réserve, par quelque moyen que ce soit et
sans préjuger de la signification biologique d'une telle opération, ne saurait
rétablir que bien faiblement la situation puisque le manque à gagner sur les eaux
salées de la réserve nationale n'est que de 1 à 1 , 5 ind.fha, soit moins de 20 % du
peuplement total en Camargue.
En revanche, une diminution de la pression de chasse permettrait de
réhabiliter en premier lieu les espaces chassés, mais aussi l'ensemble des milieux
camarguais puisque c'est la totalité du quartier d'hiver qui est appauvri par ce
facteur : la Camargue, de même que les autres grands quartiers d'hiver du bassin
occidental de la Méditerranée, abrite actuellement, à surface égale, 5 à 7 fois
moins d'oiseaux (Anatidés et foulques) que le seul quartier d'hiver où la chasse est
totalement absente (lac d'Ichkeul, Tunisie) (Tamisier et al. , 1 987). Cette situation
n'est d'ailleurs pas spécifique à la Méditerranée puisque Trolliet ( 1 986) vient de
montrer que la chasse est le facteur limitant des populations de canards hivernant
en France.
L'indispensable rehaussement de la capacité d'accueil de la Camargue passe
donc avant tout par une réduction de la pression de chasse selon les modalités
(notamment chasse d'octobre à janvier) qui ont été définies en fonction d'un
argumentaire biologique précis (Tamisier, 1 987) et qui vont dans le sens d'un
alignement sur la réglementation en vigueur dans la plupart des pays de la
Communauté Européenne et d'une mise en conformité avec la Directive de
Bruxelles.
ACCIPITRIDAE
Notons l'arrivée précoce d'un Milan noir Mi/vus migrans le 23 février 1 986
(A.J., H . K.) et le départ tardif d'un Circaète Jean-le-Blanc Circaetus ga/lieus le
I l décembre 1 986 (Groupe Tunisien d'Ornithologie). Le Pygargue à queue
blanche Haliaëtus albicilla a été présent les trois hivers : un individu du 1 2 j anvier
au 1 8 février 1 986 (J. B . , H.K., Y.C., L . H . , H . H .), un individu du 6 décembre 1 986
au 1 er janvier 1 987 (E.C., B.P., Carbonnaux) et un individu le 29 décembre 1 987
(A ves) . Deux données homologuées d'un mâle adulte de Busard pâle Circus
macrourus les 4 et 8 avril 1 986 (B.P., J.L.L.). Ce sont les quatrième et cinquième
citations camarguaises. Un Balbuzard pêcheur Pandion haliaëtus observé à une
date notable le 22 juillet 1 988 (P.G.). Notable également l'observation d'un jeune
Percnoptère d'Egypte Neophron percnopterus en migration le 7 septembre 1 987
(J. B . , E.V.), ce qui confirme une migration séparée des adultes et des jeunes .
Quatre espèces d'Aigles ont été notées, ainsi l'Aigle royal A quila chrysaëtos
présent le 28 février 1 986 (H.K.), et les deux hivers dans les Alpilles (Millischer et
al.). L'Aigle criard Aquila clanga devient un hivernant exceptionnel avec seule­
ment une observation homologuée : un immature le 1 er janvier 1 987 (Carbon­
naux). Sept observations seulement d'Aigle de Bonelli Hieraaëtus fascia tus, tous
immatures. Enfin 39 observations d'Aigle botté Hieraaëtus pennatus, dont un tiers
en phase sombre, confirment la régularité de cette espèce (Fig. 6) et attestent une
modification de son statut soit au niveau du nombre, soit au niveau de la
distribution (cf. Compte rendu ornithologique 1 984/85). L'origine des oiseaux
observés n'est pas connue.
1 80
-
contacts
cumulés
5
4
3
2
Janv.
Fév.
Mars
Avril
Mai
Juin
Juil.
Aoûl
Sept .
Oct.
Ngv.
Déc.
Figure 6. - Contacts mensuels cumulés d'Aigle botté pour 1 986 et 1 987.
Dix-huitième et dix-neuvième observations d'Autour des palombes A ccipiter
gentilis pour la Camargue, le 1 er mai 1 986 (J .P.W.) et le 20 août 1 986 un juvénile
(J. L.L.).
On remarque le nombre touj ours élevé d'observations de Faucon pélerin
Fa/co peregrinus (29 en deux ans) (cf. Compte rendu ornithologique 1 984/85).
Quatorze observations de Faucon kobez Fa/co vespertinus ont été collectées
dont trois concernant la migration postnuptiale, un mâle le 25 août 1 986 (H.K.),
un mâle le 12 août 1 98 7 (H .K.) et 2 le 23 septembre 1 987 (J.W.). Une observation
de Faucon d'Eléonore Fa/co eleonorae Ie I l juillet 1 986 en Crau (Cheylan).
GRUIDAE
L'hiver 1 986 est marqué par l'hivernage d'un groupe de 7 grues cendrées Grus
grus (tous les observateurs) et le passage d'un groupe de 70 individus le 1 2 mars
1 986 (Didon et al.). En outre, il a été noté neuf observations de un à 9 individus
entre le 1 7 octobre 1 987 et le 1 4 décembre 1 987 (O.P., H . K . , J . B . , Y.C., P.G.,
J . L . L.).
RALLIDAE
Outre les observations régulières de Marouette ponctuée Porzana porzana
pendant la migration, notons deux contacts en hiver les 3 1 décembre 1 986 (G.O.)
et 18 février 1 98 6 (J .P.T.). Un Râle des genêts Crex crex a été capturé le 1 0 mai
1 987 à Beauduc (G.O.).
0TIDIDAE
Une Outarde canepetière Otis tetrax a été observée le 1 7 août 1 987 (Pilard) .
Cette espèce, bien que commune en Crau, n'est que rarement observée dans le
delta.
-
181
LIMICOLAE
Le 9 mars 1 986, un Petit gravelot Charadrius dubius était noté (A.J.), ce qui
est une date précoce pour l'espèce. Notable également le groupe de 250 pluviers
dorés Pluvialis apricaria vu le 20 décembre 1 98 7 (J .L.L. ). La Bécassine sourde
Lymnocryptes minimus a été observée huit fois sur les lieux les mieux suivis du
delta, preuve que la rareté des contacts n'est due qu'à la difficulté de l'observer.
Une des dates paraît précoce : le 24 juillet 1 987 (A. L.D.). Le Chevalier stagnatile
Tringa stagnatilis reste une espèce régulière mais peu fréquente avec vingt
observations en deux ans et un maximum de 1 1 individus le 1 2 juillet 1 987
(Chavigny).
Trois espèces nord-américaines égarées ont été signalées : un Bécasseau
tacheté Ca/idris melanotos du 19 au 29 j uillet 1 986 (A.J., G. H . , H .K . , J.W.), il
s'agit de la quatrième citation de cette espèce en Camargue ; un Bécasseau rousset
Tringites subruficollis le 9 mai 1 986 (Pike) ; enfin de nombreux contacts de
phalaropes de Wilson Phalaropus tricolor : une femelle nuptiale du 5 au 25 avril
1 986 (G.O.T., Badstuber et al.), un mâle le 1 9 j uillet 1 986 (Michelet, O.P.). Pour
1 987, un individu du 28 juin au 2 1 juillet (Chavigny et al.), 2 individus le 30 j uillet
1 987 (J.LL., O.P.), 2 individus dont un en plumage nuptial du 2 au 1 6 août (H.K.,
J.W. et al.) et un individu en plumage d'hiver le 30 août 1 98 7 (Pilard) . Les données
de 1 987 ne concernent certainement que 2 individus.
Enfin trois espèces d'origine asiatique rares ou exceptionnelles ont été vues.
Une Glaréole à ailes noires Glareola nordmanni a été identifiée au milieu d'un
groupe de 50 glaréoles à collier Glareola pratincola ; elle a été observée du 3 1 mai
au 1 4 juin 1 987 (J.W. et al. à paraître) . Il s'agit de la troisième observation de cette
espèce en Camargue (Walmsley, 1 970, 1 976) et la huitième citation pour la
France. En 1 986, un maximum de 60 glaréoles à collier a été signalé et 30 en 1 987.
Un couple a niché à la Tour du Valat en 1 986 (J.W.).
Le Bécasseau falcinelle Limicola fa/cine/lus a été homologué deux fois :
1 individu le 1 7 août 1 986 (Taurin) et 1 individu du 30 juillet au 6 août 1 987
(J.L.L., O.P.).
Enfin, la Bargette de Terek Xenux cinereus a donné lieu à deux contacts : un
individu les 24 et 25 mai (G. H . , J.W. , J . L . L.) et un du 6 au 1 0 septembre 1 987
(Bruguiere, Engel).
Le Phalarope à bec étroit Phalaropus lobatus a été noté dix fois dont sept en
juillet-août. Une observation tardive le 9 octobre 1 987 (O.P.) et une observation
à la migration prénuptiale le 23 avril 1 98 6 (J.L.L.). Quatre contacts de Bécasseau
maubèche Ca/idris canutus lors de la migration postnuptiale, toutes en 1 987, dont
un groupe de 1 00 individus le 29 juillet (A.L.D.).
Enfin, une date remarquable pour l'Echasse blanche Himantopus himanto­
pus : 2 individus le 27 décembre 1 987 (J .W., R.L.).
LARIDAE
A) Dénombrements et reproduction de Laridés et de Limicoles nicheurs
(J. Walmsley et A. Johnson)
A l'occasion d'une réunion du Groupement d'Intérêt Scientifique Oiseaux
Marins (G.I.S.O.M.) en mai 1 986, il a été décidé de dénombrer toutes les colonies
1 82
-
côtières, au cours des saisons de reproduction de 1 987 et 1 988. Nous avons
accepté la responsabilité des secteurs du Gard (Salins d'Aigues-Mortes), de la
Camargue et de l'Ile Plane (archipel de Riou) au large de Marseille. Le
programme englobe la réserve de Camargue ainsi que celle des Impériaux.
Les colonies côtières sont recensées tous les 3 ans. Bien que 1 986 et 1 987
n'aient pas été des années de recensement, nous disposons néanmoins de quelques
données.
Il est difficile de connaître exactement le succès de reproduction du Goéland
railleur Larus genei chaque année, la crèche se déplaçant et les jeunes prenant
l'envol très loin de l'îlot de reproduction.
En 1 986, 27 jeunes ayant déj à pris l'envol ont été observés dans les Salins de
Giraud . Dans ceux d'Aigues-M ortes, une colonie a échoué, tandis qu'une autre de
35 couples a réussi à élever 40 poussins jusqu'à l'envol.
En 1 987, l'énorme colonie de Salin de Giraud (Tableau XIII) semble avoir eu
un taux de réussite bien faible, 39 poussins seulement ont été retrouvés à 3 km du
site de reproduction. Dans les salins d'Aigues-Mortes 35 poussins issus de 23 nids
ont pris l'envol .
TABLEAU
XIII
Recensement des nids et poussins (p . ) de plusieurs espèces nicheuses rares
dans les salines de Salin de Giraud et d'A igues-Mortes.
La rus g e n e i
La r u s
melanocephalus
Gelochelidon
n i l ot i c a
1 986
1 987
Ile de Camargue
Sali ns d'Aigues Mortes
27 p.
61
1 70
23
Ile de Camargue
Sali ns d'Aigues Mortes
32
3
13
0
Ile de Camargue
Salins d'Aigues Mortes
0
447
250
23
B) Hivernage et passage
Sept individus, dont 6 immatures, de mouettes tridactyles Rissa tridactyla ont
été vus le 20 avril 1 98 6 (B.P.). Le nombre maximal de goélands cendrés Larus
canus observés simultanément a augmenté avec 70 individus le 5 février 1 986 au
Salin de Berre (J. L.L.). Le Goéland d'Audouin Larus audouinii a donné lieu à trois
observations homologuées (d'un même individu ?) le 3 mai 1 986 (P. M . , Wittmer),
le 1 1 juin 1 986 (J . L . L . , A.J.) et le 4 juillet 1 986 (J.L.L., G.H.). Ceci est à mettre en
liaison avec la présence d'une très importante colonie récemment installée dans le
delta de l'Ebre (Espagne) . Le Goéland marin Larus marinus n'a été noté que deux
fois : un adulte les 1 9 et 25 octobre 1 986 (B.P., H .K.) et 2 immatures le
26 décembre 1 986 à Entressen (Aves). Enfin le Goéland railleur Larus genei a été
-
1 83
-
vu plusieurs fois en période hivernale : 8 individus le 9 novembre 1 986 (P. M .), 1 0
et I l novembre 1 986 (J.L.L.), 3 le 2 4 novembre 1 986 (P.M .), 8 le 2 0 décembre
1 986 (J.L.L.) et un le 22 décembre 1 986 (Aves) ; enfin un le 8 février 1 987 (J. L.L.)
et 10 le 21 février 1 987 (J.L.L.) attestent soit d'un retour précoce d'hivernage ou
d'une tentative d'hivernage sur place malgré un hiver rigoureux.
La Sterne caspienne Hydroprogne caspia a été présente aux migrations post
et prénuptiale avec un maximum de 76 individus le 1 7 septembre 1 987 (B.P.).
Enfin, notons deux observations tardives d'une Sterne naine Sterna a/bifrons le
1 8 octobre 1 987 (Dhermain) et d'un adulte de Sterne hanse! Gelochelidon nilotica
le 27 octobre 1 9 86 (H.K.).
STERCORARIIDAE
Outre les labbes parasites Stercorarius parasiticus réguliers parfois en nombre
important, 1 0 individus les 3 1 mars 1 986 (De Thier) et 20 août 1 986 (J. L . L . , A.J.),
notons la présence de 2 grands labbes Stercorarius skua le 30 juillet 1 986 à
Beauduc (Bompar), et deux observations de Labbes pomarins Stercorarius
pomarinus : le 30 juillet 1 986, 2 individus (Bompar) et le 1 9 novembre 1 987, un
individu ( S N.).
.
ALCIDAE
Observation exceptionnelle de 9 individus de Guillemot de Troil Uria aalge le
24 février 1 987 à Carry-le-Rouet (A. L . D . ) .
APODIDAE
Les deux espèces ont été notées à des dates tardives : le 5 octobre 1 986
(J.L. L., S.N.) un Martinet noir Apus apus et un Martinet pâle Apus pallidus les l
et 5 novembre 1 986 (Gauthier, H.K.) et le 1 0 décembre 1 986 (H . K . , Badstuber).
UPUPIDAE
Une Huppe fasciée Upupa epops observée le 8 février 1 986 (Y.C.) en pleine
vague de froid et un individu précoce le 29 j anvier 1 98 7 (Michel), date record pour
cette espèce.
HIRUNDINIDAE
L'Hirondelle de rocher Ptyonoprogne rupestris, exceptionnelle en Camargue
(4 observations avant 1 986) a été vue cinq fois en 1 986, avec 4 individus le 1 6 mars
1 986 (G. H . , A.J.), 3 le 1 7 mars 1 986 (G. H . , J.W.), 3 le 22 mars 1 98 6 (B.P.), un le
-
1 84
-
1 6 octobre 1 986 (J. B . , Y.C.) et 3 le 23 octobre 1 986 (H .K.). Trois données
concernent l'Hirondelle rousseline Hirundo daurica : 2 individus le 29 avril 1 986
(H.K.), un le 4 mai 1 986 (Ladet), et 3 le 4 mai 1 987 (Squires et Evans). Signalons
enfin l'observation précoce d'un mâle d'Hirondelle de cheminée Hirundo rustica le
3 février 1 987 (H .K.).
MOTACILLIDAE
Une observation hivernale de Pipit des arbres Anthus trivialis le 12 janvier
1 986 (A.J.). Observation remarquable d'une Bergeronnette printanière Motacilla
flava le 1 6 janvier 1 986 (A.J.). Les sous-espèces jlavissima et feldegg, rarement
signalées dans le delta, en particulier la seconde citée une seule fois (Blondel et
Isenman, 1 98 1 ), ont été observées le 20 avril 1 986 (B.P.) pour la jlavissima et le
9 mai 1 987 (J. L . L . , Panivello) pour la feldegg. Une Bergeronnette des ruisseaux
Mo tacilla cinerea, rare en j anvier, a été observée du 6 au 28 janvier 1 986 (H .K.).
PRUNELLIDAE
Six accenteurs alpins Prune/la co/laris ont été observés le 6 novembre 1 987 à
Beauduc (André).
MUSCICAPIDAE
Une observation précoce de Traquet motteux Oenanthe oenanthe le 2 mars
1 986 (Y.C.) et deux observations tardives le 3 1 octobre 1 987 (O .P.) et le
28 décembre 1 987 (Balança, Bougeard). La Locustelle tachetée Locuste/la naevia,
rare au printemps, a été observée le 8 mai 1 986 (G.O.) et capturée deux fois les 1 1
et 1 2 mai 1 986 (J . Pineau) . Trois phragmites aquatiques Acrocephalus paludicola
ont été capturés à la Capelière (B.P.) le 2 1 août 1 987 et les 1 er et 1 9 septembre
1 987, ainsi qu'une Rousserole verderolle Acrocephalus palustris le 30 septembre
1 987 (B.P.). L'Hypolaïs ictérine Hippolais icterina est noté quatre fois en mai, les
1 er, 1 5 et 1 6 mai 1 986 et le 9 mai 1 987 (S.N., G.O., J . L. L.). Une Fauvette
babillarde Sylvia curruca a été capturée le 1 2 mai 1 986 (J. Pineau) . L'hivernage de
la Fauvette à lunette Sylvia conspicillata a été confirmé durant l'hiver 1 987/88 sur
la Réserve nationale (E.C.) avec un maximum de 7 individus le 3 1 décembre 1 987
notés sur un quadrat couvrant 1 00 hectares.
Une observation homologuée de Pouillot à grands sourcils Phylloscopus
inornatus à la Capelière le 1 er novembre 1 987 (G. O.). Notons trois observations
d'un individu de Gobemouche à collier Muscicapa albicollis au printemps, le 29
avril 1 987 (J.P.W.), le 1 er mai 1 987 (Linklay) et le 8 mai 1 987 (G.O.). Un mâle de
Merle bleu Monticola solitarius a été observé le 5 février 1 987 à la Tour du Valat
(O.P.).
Baguage des passereaux (G. Olioso, B . Pambour)
De 1 959 à 1 973, le baguage des Passereaux fut une des activités majeures de
la Station Biologique de la Tour du Valat. Depuis 1 984, G. Olioso entreprit
-
1 85
-
chaque année quelques opérations isolées. Dès cette époque, la Réserve Nationale
de Camargue affirma sa volonté de voir renaître cette activité en accueillant les
bagueurs parallèlement à l'organisation de stages de formation.
1 986 et 1 987 marquèrent le renouveau de cette activité, dans le cadre du
programme national de recherches ornithologiques du C . R . B . P. O . , avec des
totaux respectifs de 3 52 1 et I l 083 captures (données : Centre Régional de
Baguage de Provence ; bagueurs : B. André, C . Bagnolini, M . Bouillot,
J.C. Bouvier, J.P. Cantera, D. Goy, J . L . Lucchesi, G. Olioso, B. Pambour,
O. Pineau, J. Pineau, J. Taurin). Alors que la Tour du Valat concentrait ses efforts
de captures dans les milieux boisés, les bagueurs, dans le cadre du programme
européen « ACROPROJECT » (sur l'étude des stratégies des migrations des
passereaux paludicoles) ont principalement exploité les phragmitaies, ce que
traduisent les forts pourcentages de passereaux paludicoles bagués : 56,9 % en
1 986 et 70 % en 1 987.
Ainsi en deux années, ce sont 1 302 bergeronnettes printanières, 1 65 bous­
caries de Cetti, 25 1 luscinioles à moustache A crocephalus melanopogon,
1 05 phragmites des joncs Acrocephalus schoenobaenus. 896 rousserolles effarvates
Acrocephalus scirpaceus, 78 rousserolles turdoïdes et 322 mésanges à moustaches
qui furent baguées. L'espèce la plus représentée fut le Bruant des roseaux
Emberiza schoeniclus, avec 3 1 20 captures. Les deux années, la capture de ces
espèces s'est principalement effectuée dans la roselière du Vaccarès, sur la Réserve
Nationale de Camargue et aussi au marais du Ligagneau (Conservatoire du
Littoral en 1 987). La Réserve Nationale de Camargue avec les Centres Régionaux
de Baguage de Provence et Rhône-Alpes coordonnent le programme « ACRO­
PROJECT » sur l'ensemble de la vallée du Rhône.
Notons le contrôle le 3 1 octobre 1 98 7 d'un adulte de Rousserolle turdoïde
Acrocephalus arundinaceus, en plumage neuf avec mue active des rémiges primai­
res et secondaires, qui avait été baguée sur place 54 j ours auparavant (B.P.), alors
qu'il présentait à cette époque le plumage usé et terne typique. La mue du contour
et des rectrices avant la migration est bien connue (Leisler, 1 977), par contre celle
complète des rémiges n'a jamais été observée alors qu'elle est fréquente chez la
sous-espèce orientalis au Japon (Esaki, 1 984) . Une faible minorité d'oiseaux
commence toutefois à muer leurs rémiges en Europe (P. Isenmann corn. pers. fide
J.W.).
Outre les Acrocephalidae, un effort important est entrepris depuis 1 986 sur la
Mésange rémiz (3 002 captures), afin d'étudier l'origine des migrateurs en forte
augmentation depuis quelques années et la phénologie de leur transit (cf. Lucchesi
et al. , sous presse). Les populations transitant par la Camargue proviennent
principalement d'Europe centrale avec pour limite septentrionale le sud de la
Suède, les Républiques soviétiques baltes et à l'est la Tchécoslovaquie et la
Hongrie.
LANIIDAE
On note seulement six observations de Pie grièche à poitrine rose Lanius
minor en mai pendant la migration. Sa nidification doit être désormais considérée
comme très rare.
1 86
-
CORVIDAE
Un individu de Corneille mantelée Corvus corone sous-espèce cornix a été
observé le 1 er mai 1 987 (Dronneau, Gandoux) .
STURNIDAE
Notons deux observations de martins roselins Sturnus roseus, dont trois
citations seulement étaient connues jusqu'en 1 986. Ainsi, un individu tué à la
chasse le 24 octobre 1 987 (Liader) déterminé par H . K . , et un individu homologué
le 1 2 avril 1 987 (Hoenninger) .
PLOCEIDAE
Cinq moineaux domestiques Passer domesticus, sous espèce italiae ont été
observés le 5 septembre 1 986 (O.P.) un le 7 décembre 1 987 (J. B . ) et un Moineau
espagnol Passer hispaniolensis le 1 2 avril 1 987 (H .K.). Première donnée camar­
guaise pour le M oineau soulcie Petronia petronia concernant 4 individus observés
à la Capelière et au Salin de Badon le 14 janvier 1 987 pendant la vague de froid
(E.V. et R.N.C.).
EMBERIZIDAE
Cette même vague de froid de janvier 1 987 a permis de nombreuses
observations d'Emberizidae et de Fringillidae rarement notés dans le delta.
Un groupe important de l 500 bruants proyers Emberiza calandra observés le
9 décembre 1 987 au Ligagneau (J.L.L.). Deux observations de Bruant fou
Emberiza cia les l 5 j anvier 1 987 et 1 3 mars 1 987 (E.V., J.W.) et un Bruant nain
Emberiza pusilla observé le 9 décembre 1 987 au Ligagneau (J. L . L.). 8 bruants
lapons Calcarius lapponicus ont été déterminés le 28 décembre 1 987 en Crau
(Balança, Bougeard) . Un Bruant des neiges Plectrophenax nivalis observé le
1 7 novembre 1 987 (Bompar) .
FRINGILLIDAE
Invasion exceptionnelle de Pinsons du nord Fringilla montifringilla lors de la
vague de froid, avec de nombreux contacts dont 50 individus le 1 5 janvier 1 987
(E.V. et R.N.C.) et plus de 1 00 le 1 8 janvier 1 987 (H .K.). 2 beccroisés des sapins
Loxia curvirostra ont été notés en 1 986, un le 1 er juillet et un le 1 6 juillet (H .K.).
SUMMARY
This bird report covers the years 1 986- 1 987 and is a sequel to the bi-annual
reports begun in the 1 930's of the maj or ornithological events recorded in the
1 87
-
Camargue and neighbouring Crau and Alpilles. Severa! researchers present the
results of long-term monitoring programmes and there are observations of rare
species (but only those accepted by the Rareties Committee) or the more regular
ones recorded in unusual numbers, or outside the normal dates of presence in the
region.
There were spells of severely cold weather in February 1 986 and again, for
the 3rd consecutive winter, in January 1 987, this latter being the more severe of
the two . Flamingos and egrets suffered Jess than in January 1 98 5 but passerines
were hard hit, particularly Cetti's and Fan-tailed warblers and Bearded Tits.
Rainfall over the two years was quite high and as a result the salinity of the
Vaccarès lagoon dropped from 33 g/1 to only 20 g/1 by the end of 1 987.
Ali european grebes have been recorded in the delta and their numbers have
increased on the Vaccarès where 1 000 or more Great-crested and around 3 000
Black-necked were censused both years. The Grey Heron breeding population
continues to increase and there were a record 89 1 pairs censused in the Camargue
area in 1 986. In winter the Great White Heron is now a regular visitor with up to
35 individuals. Storks are still regular on migration with 8 Black and 43 White in
autumn 1 987.
Record numbers of flamingos were again breeding in 1 986 and 1 987 with
20 000 and 1 7 500 pairs respectively and a record 8 590 chicks raised in 1 986. In
1 987, only 2 200 chicks were raised because of disturbance caused by a child's
balloon blown onto the breeding island during hatching. The banding programme
continues and 600 chicks were marked each year. During the cold spell of January
1 987 about 1 00 flamingos died, one of the victims being marked with an Iranian
ring from Lake Rezaiyeh.
Waterfowl counts revealed record numbers of Shelducks in February, with
2 745 in 1 986 and 3 590 in 1 987. The Mute Swan breeding population continues
to increase in the area and the Bewick's peaked at 1 0 5 in January 1 986. A small
flock of Grey-lag Geese now winters in the Camargue and one bird has been seen
wearing a Swedish ring. Midwinter counts of ducks and coots have now been
made over 24 consecutive seasons. Although Gadwall and Shoveler numbers have
increased in recent years the overall numbers of ducks have decreased for the
thirteenth consecutive winter. This decline is attributed mainly to excessive
hunting and an increase in the salinity of Camargue lagoons.
Other notorious winter visitors to the delta have been Sea and Booted Eagles
in 1 986 and 1 987, and 7 cranes in 1 986. Amongst the rarer waders is the 4th record
of a Pectoral Sandpiper, a spring report of Buff-breasted Sandpiper and severa!
observations of Wilson's Phalarope, Terek Sandpjper and Black-winged Pratin­
cole. Finally, a record 1 93 pairs of Slender-billed Gulls bred in 1 98 7 and 35 pairs
of Mediterranean gulls in 1 986.
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