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BILINGUISME ET TERRITORIALITÉ : L'AMÉNAGEMENT LINGUISTIQUE AU QUÉBEC ET AU CANADA Linda Cardinal

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BILINGUISME ET TERRITORIALITÉ : L'AMÉNAGEMENT LINGUISTIQUE AU QUÉBEC ET AU CANADA Linda Cardinal
Linda Cardinal
École d'études politiques, Université d'Ottawa
BILINGUISME ET TERRITORIALITÉ :
L'AMÉNAGEMENT LINGUISTIQUE
AU QUÉBEC ET AU CANADA
Comment encourager le bilinguisme sans compromettre la diversité linguistique ? Quelles sont les politiques linguistiques les plus susceptibles de contribuer à
renverser ou à neutraliser les rapports de force défavorables aux langues nationales ou menacées par la mondialisation linguistique en cours (autrement dit, menacées par Tangíais) ? Les réponses à ces questions sont
multiples, fragmentées en fonction des contextes invoqués. Nombreux sont les acteurs politiques - municipalités, administrations régionales, gouvernements nationaux, organisations non gouvernementales, organismes
internationaux... - qui souhaitent mettre en valeur les
avantages du bilinguisme et de l'apprentissage des
langues, et faire adopter des politiques favorables à la
pérennité des minorités linguistiques. Faut-il encore
reconnaître que l'aménagement linguistique n'est pas
une simple technique servant à accommoder les langues
mais que des rivalités entre les groupes linguistiques au
sein des contextes dans lesquels ils évoluent influencent
aussi la formulation des politiques à leur intention (De
Swaam, 2001). Ainsi compris, le choix d'une politique
linguistique n'est pas neutre. Il renvoie à des débats et à
HERMÈS n, 2008
des rapports de forces. Par ailleurs, en ne cessant de
débattre des distinctions entre le bien et le juste en
matière d'aménagement linguistique au sein de la théorie
politique, l'on a peut-être trop facilement oublié que les
politiques linguistiques adoptées par les Etats répondent
aussi à des enjeux concrets (Kymlicka et Patten, 2003).
Le Canada et le Québec constituent de véritables
laboratoires permettant d'approfondir ces questions.
Nous allons en discuter plus en détail dans ce texte, mais
au préalable il nous importe d'expliquer davantage les
grandes lignes de notre approche.
La mondialisation linguistique
Le débat en cours sur le bilinguisme et l'avenir des
langues nationales et minoritaires dans le contexte de
la mondialisation est venu rappeler l'importance du
principe de territorialité (c'est-à-dire qu'une langue a
besoin d'un territoire pour s'épanouir) comme cadre
pour la formulation d'une politique linguistique.
Parmi les commentateurs les mieux connus de la
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Linda Cardinal
question, Philippe Van Parijs (2000) en fait un des
quatre principes à prendre en compte afin de soustraire les langues nationales et minoritaires des pressions exercées par l'anglais sur celles-ci. Les trois
autres principes visent essentiellement à préciser les
obligations des pays anglophones envers les milieux
non anglophones qui investissent dans l'enseignement
de l'anglais, ainsi que les devoirs des personnes
hautement qualifiées qui s'installent à l'étranger.
Van Parijs estime que les migrants arrivant dans un
pays étranger doivent s'intégrer à la langue nationale et
que ces personnes pourront adopter une lingua franca
autre que l'anglais si le principe de territorialité est
appliqué de façon conséquente. Mais, si les personnes
hautement qualifiées privilégient les pays anglophones,
il est convaincu que les Etats dont la langue principale
n'est pas l'anglais n'auront d'autres choix que de procéder à un nivellement par le bas au plan économique (par
exemple, la réduction des impôts souvent exigée par les
investisseurs) et d'assouplir les exigences de connaissance de la langue nationale au profit de l'anglais. Dans
un tel contexte, le développement économique pourrait
même s'avérer incompatible avec certaines formes de
justice sociale car l'immigration exercerait une pression
trop forte sur l'État providence. La survie des langues
nationales ou menacées serait-elle contraire à la justice
multiculturelle ? Sans pouvoir répondre de façon définitive à cette question, force est de constater que la formulation des politiques linguistiques, à l'ère de la mondialisation, ne peut pas être détachée des débats plus
larges sur l'avenir des Etats nationaux, la justice distributive et la reconnaissance de la diversité.
Bilinguisme et territorialité
Il revient à Jean Laponce (2007) d'avoir échafaudé
une des théories les plus complètes sur les rapports
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entre langue et politique, qui est particulièrement utile
pour analyser les incidences de la mondialisation sur les
langues nationales et minoritaires. Dressant un bilan de
ses travaux menés dans plusieurs pays, dont la Belgique,
le Canada, l'Espagne, la France, le Québec, la Suisse et
la Scandinavie, depuis plus de trente ans, il propose sept
lois ou « régularités ». Ce sont les lois de Babel, de
Pentecôte, de Rousseau, de l'amour qui tue, du marché,
de Lyautey et de Michels (voir annexe). Puisant ses références dans la Bible, la science politique, la science des
organisations, la sociologie et la géographie, chacune de
ces lois renvoie à une tendance lourde qu'il faut prendre
en compte. Laponce met, notamment l'accent sur le rôle
de l'environnement social, culturel, politique et économique, sur les rapports entre les groupes linguistiques et
sur les comportements de leurs locuteurs.
Ainsi, il parle d'un effet Babel pour décrire la
mondialisation et sa tendance à l'élimination des
langues au profit de l'anglais, même s'il reconnaît qu'il
n'est pas encore l'unique lingua franca du monde (voir
aussi De Swaam, 2007). À 1 'extérieur des pays anglophones, il se crée des univers d'unilinguisme qu'il
importe de mieux comprendre - pensons aux suggestions de Van Parijs - afin d'évaluer leur capacité de
rivaliser avec l'anglais.
Laponce invite à réfléchir au degré de coexistence
ou de bilinguisme souhaitable dans une société donnée.
À l'effet Babel, il oppose un effet Pentecôte qu'il associe
à un bilinguisme de coopération ou de collaboration, en
opposition à un bilinguisme de compétition. Le bilinguisme de coopération est caractérisé par la spécialisation des fonctions qu'il voit se développer dans
plusieurs domaines, dont celui de la publication scientifique. Par contre, pour être efficace, ce type de bilinguisme doit être assorti d'une politique garantissant une
zone de confort ou des espaces d'unilinguisme destinés
à renforcer les langues minoritaires sur leurs territoires.
Encore faut-il que leurs locuteurs y transmettent aussi la
HERMÈS n, 2008
Bilinguisme et territorialité : l'aménagement linguistique au Québec et au Canada
langue à leurs enfants, l'utilisent au quotidien et se
mobilisent afin d'en faire une langue publique.
Pour sa part, la loi de Rousseau sert à témoigner du
rôle de l'éducation dans le maintien et la transmission de
la culture tout comme la « loi de l'amour qui tue » vise à
évaluer les effets de l'exogamie sur la transmission ou
l'élimination des langues. À ce chapitre, force est de
reconnaître que moins les locuteurs utiliseront leur langue
à l'extérieur du foyer, moins ils seront performants sur le
marché des langues. La loi du marché est brutale envers
les langues minoritaires. Confrontés au fait que les anglophones font très peu les frais du bilinguisme, les minoritaires ont intérêt à apprendre plusieurs lingua franca afin
de chercher à se rendre indispensables sur les plaques
tournantes des réseaux de communication.
Finalement, les lois de Lyautey et de Michels témoignent de l'influence de l'Etat et des politiques linguistiques sur l'avenir des langues. Un Etat qui se fera le
champion des langues contribuera davantage à leur
espérance de vie que celui qui prônera le libre marché
linguistique. Laponce considère que seules les langues
qui feront l'objet d'une intervention soutenue de la part
de l'État pourront survivre à la mondialisation linguistique. Celle-ci devra notamment être guidée par le
principe de territorialité.
Les enjeux de l'aménagement
linguistique au Canada et au Québec
Comment le Canada et le Québec se démarquentils dans le débat sur la mondialisation linguistique ?
Quelle place accordent-ils au principe de territorialité ?
En 1969, le Canada adopte une politique linguistique fondée sur le principe de personnalité. Celle-ci
reconnaît aux Canadiens le droit individuel à des services gouvernementaux dans la langue officielle de leur
HERMÈS 51, 2008
choix. Par contraste, en 1974, le Québec adopte la loi 22
qui fait du français la langue officielle sur son territoire.
Elle impose l'usage du français dans l'affichage public,
oblige les entreprises à appliquer des programmes de
francisation, exige que les enfants issus de l'immigration
fréquentent l'école française et accorde la priorité au
texte français des lois. En 1977, le gouvernement adopte
la loi 101 (Charte de la langue française) et élargit encore
plus la portée des mesures déjà adoptées par le passé.
Ainsi, l'État québécois privilégie une politique basée sur
le principe de territorialité afin de renforcer la langue
française sur son territoire (Cardinal, 2006).
Certes le fédéralisme canadien peut accommoder
plusieurs régimes linguistiques. Toutefois, les approches privilégiées dans le domaine de l'aménagement
linguistique au Canada et au Québec renvoient à des
débats sur l'avenir du français et à des rivalités entre les
peuples fondateurs qui débouchent sur des mesures
révélatrices de l'état du rapport de forces entre eux.
Ainsi, l'État fédéral s'inspire d'un projet d'État-nation
bilingue afin de contrer la territorialisation du français
au Québec et de l'anglais dans le reste du Canada, mais
également car la majorité anglo-canadienne ne veut pas
d'un pays biculturel. Celle-ci exige aussi une protection
accrue de la minorité anglophone du Québec, notamment parce qu'elle se méfie de l'approche territoriale
de l'État québécois. Or, ce dernier se représente
comme le seul État francophone en Amérique du
Nord, et nombreux sont ceux qui réclament la pleine
reconnaissance de cette responsabilité de la part de
l'État fédéral.
Jusqu'à présent les deux approches ont coexisté,
certes en tension l'une avec l'autre, mais elles ont
constitué le meilleur compromis possible entre les francophones et les anglophones. L'adoption de la loi 101 a
contribué à limiter les effets de la loi sur les langues officielles au Québec étant donné qu'elle y fait la promotion
de l'anglais. Par ailleurs, la loi canadienne a aussi permis
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Linda Cardinal
d'embaucher plus de francophones au sein de la
fonction publique fédérale.
Aujourd'hui, le rapport de force entre les deux
groupes fondateurs du Canada semble toutefois caractérisé par un nouveau déséquilibre déterminé, en partie,
par le phénomène de la mondialisation. L'anglicisation
constante des espaces publiques canadien et québécois,
les besoins grandissants du pays en main-d'œuvre,
l'immigration croissante de personnes qui n'ont pas le
français comme langue maternelle, le développement
d'une économie du savoir et de l'innovation, principalement en anglais, constituent autant de facteurs qui en
témoignent. Déjà que la faiblesse de plus en plus prononcée du français à l'extérieur du Québec est une
source de préoccupation, la pression qu'exerce dorénavant la mondialisation sur les régimes linguistiques
canadien et québécois oblige à constater que les législations existantes ne contribuent peut-être plus suffisamment à l'équilibre des langues fondatrices du pays.
Aussi, l'on ressent le besoin de réexaminer les modèles
guidant l'aménagement des langues française et anglaise
au Canada et au Québec, et d'entreprendre une
réflexion plus large sur leur coexistence avec les autres
langues parlées par la population.
Si Van Parijs considère que la justice sociale et la
migration sont difficilement compatibles, la compréhension des rapports entre les deux au Canada est tout
à fait différente (Banting, Courchesne et Seidle, 2008).
D'une part, le pays s'est construit grâce à l'apport
d'immigrants ayant contribué au développement de
l'Etat providence ; d'autre part, l'État providence au
Canada a été mis en place grâce à la rivalité entre les
francophones et les anglophones, notamment entre le
Québec et le reste du Canada. En outre, les politiques
sociales du gouvernement québécois ont souvent incité
le gouvernement fédéral à niveler par le haut (Béland et
Lecours, 2007). L'approche de Van Parijs peut cependant nous aider à préciser les effets de la pression de
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l'anglais au Canada, notamment sur la capacité du
Québec à intégrer les immigrants. Comme l'ont révélé
les médias canadiens à l'été 2007, on demande de plus
en plus aux immigrés travaillant au Québec de parler
l'anglais dans une société où le principe de territorialité
devrait garantir le respect du français comme langue de
travail.
Si l'on ne cesse de constater l'intérêt des francophones pour la langue anglaise, les données du dernier
recensement canadien qui ont été dévoilées à l'automne
2007 indiquaient toutefois que le pourcentage de francophones de langue maternelle vivant au Québec venait
de passer sous le seuil de 80 %, face à l'augmentation
des allophones (personnes qui n'ont ni le français ni
l'anglais comme langue maternelle). Or, même si elles
peuvent utiliser le français dans l'espace public, ces
personnes sont considérées comme des Québécois
bilingues ou multilingues bien davantage que comme
des francophones, notamment parce que la majorité
d'entre elles n'a toujours pas adopté le français à la maison ou comme langue d'usage. L'angoisse linguistique
des Québécois est vite revenue à la surface et plusieurs
réclament dorénavant de nouvelles mesures de francisation des immigrants, notamment à Montréal, et un
renforcement du principe de territorialité.
Par ailleurs, dans un article du quotidien Le Devoir,
le chroniqueur Michel David, affirmait que le gouvernement du Québec n'impose aucune obligation linguistique aux investisseurs étrangers, en majorité de Chine
et du Moyen-Orient (David, 2008). Il indiquait également que depuis trente ans l'État québécois, quel que
soit le parti politique au pouvoir, refuse, pour des raisons économiques, d'imposer la francisation des entreprises de 50 employés ou moins. Ces pratiques s'ajoutent dès lors aux tensions déjà existantes entre le projet
canadien de bilinguisme et l'approche territoriale du
Québec, et contribuent à la dévalorisation du français
au titre de langue internationale.
HERMÈS 51, 2008
Bilinguisme et territorialité : l'aménagement linguistique au Québec et au Canada
Conclusion
Le débat sur la mondialisation linguistique invite à
une nouvelle économie politique des langues que les
cas du Canada et du Québec permettent d'illustrer de
façon éloquente. Ces dernières années, la politique
québécoise, en raison de son utilisation du principe de
territorialité, a fait les frais de la critique à l'intérieur
d'un rapport de force pas toujours favorable au
Québec. Les commentateurs libéraux ont maladroitement associé le principe territorial à une forme de
contrainte sur les droits individuels. Or, au préalable,
rien ne permet de conclure qu'une utilisation intelligente du principe territorial soit contraire au respect
des droits individuels. Les analyses de Van Parijs et de
Laponce servent notamment à rappeler l'importance
de l'environnement ou du contexte dans le domaine de
la formulation des politiques linguistiques. Leur insistance sur le principe de territorialité permet aussi de
réaffirmer que le choix d'une langue n'est pas, de façon
paradoxale, que question de choix. Au contraire, pour
les minoritaires, celle-ci fait aussi partie de la construction du soi. Elle renvoie à du débat, à du pouvoir et à
du collectif.
Le Canada et le Québec ont, depuis les années
1960, conçu la coexistence du français et de l'anglais sur
la base de principes en tension, mais en mesure de
coexister tant et aussi longtemps que le principe de territorialité pouvait agir de contrepoids à l'approche personnaliste. La mondialisation linguistique, les données
récentes sur la situation du français au Canada et au
Québec ont fait réapparaître des angoisses qui suggèrent le besoin de revoir les rapports entre bilinguisme
et territorialité au pays. Une combinaison de la loi de
Babel (unilinguisme compris comme territorialisation)
avec celle de Pentecôte (bilinguisme de collaboration) et
HERMÈS 51, 2008
celle de Lyautey (puissance) pourrait permettre de formuler de nouvelles politiques linguistiques canadienne
et québécoise garantissant une pérennisation du français au Canada. Ainsi, pour que le français demeure attirant au Québec, il devra pouvoir évoluer, rester vivant
et surtout demeurer profitable à l'usager comme langue
de pouvoir. Plus le français sera privilégié par les Etats
canadien et québécois et les entreprises, plus il gagnera
en importance.
Plus le gouvernement qui la promeut sera puissant,
plus la langue sera puissante. C'est ainsi que les langues
forment une hiérarchie. Les plus fortes contrôlent les
instruments d'influence - école, marché - et ont tendance à évincer les langues minoritaires. Une langue
minoritaire, pour se protéger, se doit d'être politique et
de posséder les institutions essentielles à sa protection :
l'école, le pouvoir économique, le pouvoir politique...
Dans ces conditions, force est aussi de constater que
l'avenir du français en Amérique du Nord se joue au
Québec, car il est le seul Etat francophone sur le continent. Il est probable que sa survie dépendra soit de la
création d'un État souverain francophone, soit d'une
redéfinition du fédéralisme canadien qui ferait une plus
large place au principe territorial.
Finalement, un changement de modèle au Canada
devrait servir à reconnaître davantage la nécessaire territorialisation du français afin de garantir sa pérennité.
Une bonne politique linguistique devrait tenir compte
de ce phénomène incontournable et toujours viser le
plus possible à renforcer la concentration des langues
sur leurs propres territoires. Le français étant plus faible
que l'anglais, le gouvernement canadien ne devrait pas
hésiter à instituer des zones non contestées d'utilisation
du français. Pour sa part, le Québec ne doit pas hésiter
à poursuivre dans cette même voie et promouvoir
davantage le français dans tous les secteurs.
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Linda Cardinal
RÉFÉRENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
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recherche en politiques publiques, 2008. Voirie site <www.irpp.org>.
BÉLAND, D . , LECOURS, A., « Federalism, nationalism, and social
policy decentralisation in Canada and Belgium », in LOUGHLIN, J.,
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D E SWAAM, A.,
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st
CARDINAL, L., « Les enjeux de la diversité linguistique au Canada et
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DAVID, M., « Le prix à payer », Le Devoir.com, édition du samedi 26
et du dimanche 27 janvier 2008. Voir le site <www.ledevoir.ca>.
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KYMLICKA, W . , PATTEN, A.,
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196 p.
LAPONCE,
VAN PARIJS, P., « The ground floor of the world: on the socioeconomic consequences of linguistic globalization », Revue internationale de science politique, vol. 21, n°2, 2000, p. 217-233.
ANNEXE
Les sept lois de Laponce
Loi de Babel. Cette première loi est la plus importante des lois régissant les rapports entre les langues. Remontant à la
Bible, elle associe l'unilinguisme à une norme. L'effet Babel à l'ère de la mondialisation signifie que les langues en contact
se dévorent les unes les autres. Elle correspond à un bilinguisme de compétition.
Loi de Pentecôte. Cette deuxième loi, également d'origine biblique, symbolise la possibilité d'un bilinguisme de coopération. Au lieu de s'entre-tuer, les langues s'aménagent à la fois des espaces d'unilinguisme et de plurilinguisme.
Loi de Rousseau. Cette loi, du nom du philosophe, insiste sur le rôle de l'éducation dans le maintien et la transmission
d'une langue.
Loi de Vamour qui tue. Également appelée la « loi Laponce », elle met en valeur les rapports entre les langues au sein de
la famille.
Loi du marché. Cette loi porte sur l'environnement économique dans lequel les langues en contact évoluent. Elle sert à
mesurer les avantages et les désavantages de l'apprentissage d'une langue seconde par rapport à la langue maternelle.
Laquelle permettra aux locuteurs d'une langue d'accéder à un meilleur emploi ?
Loi de Lyautey. Du nom du maréchal Lyautey, cette loi met l'accent sur le pouvoir ou l'autorité publique d'une langue.
Selon le maréchal, une langue est un dialecte avec une armée et une marine.
Loi de Michels. Cette loi sert à préciser la régularité des rapports hiérarchiques entre les langues et, notamment à
approfondir la question de l'asymétrie du bilinguisme.
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