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Cat. Isidore de Séville et la ... Paris, 21983, p. 678.)

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Cat. Isidore de Séville et la ... Paris, 21983, p. 678.)
CHRONIQUES ET COMPTES RENDUS
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Ch. XXV, 1. 12-13: cf. Salluste, Cat. 1 , 2 ? (Cette possible réminiscence est signalée
par J. Fontaine, Isidore de Séville et la culture classique dans VEspagne wisigothique,
Paris, 21983, p. 678.)
Ch. XXVI, 1. 2-7 : cf. Diff. I, 371 (116).
Ch. XXVIII, 1. 28-32: cf. Eccl. off. II, 24, 3.
Ch. XXXIII, 1. 10, operibus : la variante operis semble préférable.
Ch. XXXV, 1. 22-25 : cf. Sent. III, 28, 1.
Ch. XXXVIII, 1. 17, uoce g estu : les mss. se répartissent ainsi: uocem £Xpy / uoce y/,
gesta Ì^Xpy + 1 branche de y/ (A) / gestu 2e branche de y/ (PfBF). Voce gesta paraît être le
meilleur choix.
Ch. XL, 1. 3-4 : cf. Etym. II, 24, 5 et Lib. num. 5, 23.
Ch. XLI, 1. 2-3 : cf. Lib. num. 5, 23.
Ch. XLI, 1. 7, maie usae : passage suspect car attesté seulement par y/ (et par Tt, mais
il s’agit probablement d’une contamination : cf. p. 233*). Néanmoins il est renforcé par le
parallèle avec Sent. II, 34, 1, qui comporte les mêmes mots.
Ch. XLI, 1. 21-24: cf. aussi Aile g. 164 et Quaest. in Deut. 16, 3-4.
Ch. XLI, 1. 46-47 : cf. Syn. I, 36.
Ch. XLI, 1. 52, penitudine : la tradition ms. penche très nettement en faveur de pleni­
tudine. Il est vrai que Cassien (Inst. 9, 10, non mentionné dans l’apparat des sources)
emploie l’expression paenitudine delictorum, mais rien n’empêche Isidore d’avoir légè­
rement modifié sa source (il se peut aussi qu’il ait eu un ms. de Cassien comportant la
variante plenitudine).
Ch. XLI, 1. 65-67 : cf. Diff. I, 124 (504).
Les lecteurs de ce compte rendu auront compris que si j ’ai choisid’entrer dans le
détail des variantes manuscrites, ce n’est pas par
esprit chicanier,maisenraisonde
l ’énorme intérêt de cette édition critique.
Jacques
E lfassi
Scripta de uita Isidori Hispalensis episcopi : Braulionis Caesaraugustani episcopi Renotatio librorum domini Isidori, Redempti clerici Hispalensis Obitus beatissimi Isidori
Hispalensis episcopi, Vita sancii Isidori ab auctore anonymo saeculis xi-xii exarata,
cura et studio Jose Carlos M artín , Tumhout, Brepols, 2006 (Corpus Christianorum.
Series Latina 113B), 454 p.
Ce livre comporte trois textes sur Isidore de Seville : la Renotatio librorum domini
Isidori écrite par Braulion de Saragosse, qui en donne la première «bibliographie»;
Y Obitus beatissimi Isidori Hispalensis episcopi dû à un clerc de Séville par ailleurs
inconnu, nommé Redemptus, qui est le principal et presque le seul témoignage conservé
sur les derniers jours d’Isidore; et enfin une Vita sancii Isidori anonyme, composée en
Espagne au x ie ou xn e siècle, qui utilise à la fois la Renotatio, Y Obitus et la notice consa­
crée à Isidore par Ildefonse de Tolède dans son De uiris illustribus (c. 8 ). L’édition de
la Renotatio reprend, en y apportant trois légères modifications (indiquées et expliquées
p. 189-191), celle de 2002 qui a déjà été recensée dans cette revue (voir ALMA 61, 2003,
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JACQUES ELFASSI
p. 343-345); l’édition de YObitus est la première édition critique de l’opuscule; enfin,
la Vita était auparavant inédite, de sorte qu’il s’agit ici de l’édition princeps. Chacun
des textes présente un grand intérêt historique: la Renotatio est une source extrême­
ment importante sur l’activité littéraire d’Isidore (source qui pose d’ailleurs de difficiles
problèmes d’interprétation: la liste de Braulion est-elle chronologique? que signifie
exactement la notice sur les Étymologies et que peut-elle nous apprendre sur la compo­
sition de cette œuvre?); YObitus est un récit authentique, comme le démontre J.C. M.
en le comparant notamment à toutes les sources wisigothiques sur le rite de la pénitence
in extremis ; enfin, la Vita constitue un jalon, inconnu jusqu’à présent, entre Braulion,
Redemptus et Ildefonse, et la Vita ss. Leandri, Isidori Hispalensis, Fulgentii Astigitani
et Braulionis Caesaraugustani (BHL 4810), qui date du xm e s. J. C. M. juge (p. 394)
que cette Vita s. Isidori manque d’originalité, car elle se contente de juxtaposer trois
sources: il a incontestablement raison, néanmoins l ’association d’une bibliographie et
d’un récit de mort n’est pas sans intérêt littéraire ; en tout cas, elle correspond davantage à
ce qu’on attend d’une Vie au Moyen Âge que les notices relativement sèches de Braulion
et Ildefonse.
L’ensemble du volume comporte 454 pages : sur ces 454 pages, la Renotatio en occupe
seulement 9 (69 lignes de texte), YObitus 10 (87 lignes) et la Vita 8 (108 lignes). C ’est
dire l’importance des introductions et des notes de J.C. M. : il n’a négligé aucun aspect
de ces opuscules, ni historique, ni littéraire, ni philologique. La très longue introduction
à la Renotatio constitue la meilleure synthèse actuelle sur Braulion, et les notes à cette
même Renotatio sont d’un intérêt majeur pour tous les spécialistes d’Isidore. Les quel­
ques remarques qui suivent ne doivent donc pas être considérées comme des critiques,
mais plutôt comme la preuve du caractère extrêmement stimulant de ce livre.
R Cazier pensait que les Homiliae in Euangelia de Grégoire le Grand était une des
sources des Sententiae, il y voyait même la preuve irréfutable que la Renotatio de Brau­
lion ne rangeait pas les œuvres d’Isidore selon l’ordre chronologique (puisque dans le
De uiris illustribus Isidore dit qu’il ne connaît pas encore les Homiliae in Euangelia,
et que les Sententiae sont placées avant le D e uiris illustribus dans la Renotatio). Or
cet argument, apparemment très fort, a été remis en question par R. Étaix, car celui-ci a
montré qu’à l’exception de trois passages extraits de l’homélie 34, les parallèles repérés
par P. Cazier sont très douteux. J.C. M. n’ignore pas les critiques de R. Étaix mais curieu­
sement, sans justifier sa position, il donne raison à P. Cazier contre R. Étaix (p. 6 8 ). Il
suffit pourtant de mettre côte à côte les passages des Sententiae et leur prétendues sources
citées par P. Cazier pour se rendre compte que, comme l ’a dit R. Étaix, les parallèles sont
très limités.
Autre argument de J.C. M. contre le caractère chronologique de la Renotatio : selon
lui, il serait impossible qu’en seulement quatre ans (613-616), Isidore ait composé six
œuvres, D e natura rerum, Liber numerorum, A llegoriae, D e haeresibus, Sententiae et
Chronica. « Ces œuvres sont bien nombreuses pour avoir été écrites dans un laps de temps
si réduit. Cette simple réflexion aurait dû susciter depuis longtemps la méfiance des cher­
cheurs à propos du fameux critère chronologique de la Renotatio» (p. 71). Mais si ce
problème n’avait jusqu’à présent suscité la méfiance de personne... c ’est peut-être qu’il
n’y avait pas de problème. Sans doute la rédaction de six œuvres en quatre ans suppose-telle une grande capacité de travail, mais elle n’est pas exceptionnelle : on connaît relative­
ment bien la chronologie des œuvres de Cicéron ou d’Augustin, et l’on sait qu’il ne leur
CHRONIQUES ET COMPTES RENDUS
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était pas du tout impossible de composer six œuvres (et même plus !) en quatre ans. En
tout cas, cet argument n’a pas le caractère probant que semble lui donner J.C. M.
Comme ALMA est avant tout une revue de lexicographie médiolatine, je terminerai
ce compte rendu en soulignant l’intérêt de l’étude linguistique de YObitus (p. 348-363).
Sont à signaler l ’usage (attesté ailleurs) de sinere avec la valeur de desinere (suivi de l’in­
finitif, « cesser de»), d'agere avec la valeur intransitive de «rendre un service » (à moins
qu’il ne faille, comme le premier éditeur, J. Grial, corriger le texte et suppléer < gratias >
agere), et - peut-être - d ’expone re (aliquid ab aliquó) avec l’acception de « demander,
solliciter» (mais la tradition manuscrite est divisée: avec prudence, J.C. M. préfère la
leçon expo scerei à exponeret). Les particularités de la langue de Redemptus sont relati­
vement banales (confusion entre accusatif et ablatif après la préposition in, indicatif dans
la proposition interrogative indirecte, etc.), mais l’une d’entre elles semble, sinon propre
au latin hispanique, du moins particulièrement répandue en Espagne : l’usage du génitif à
la place du datif (aux références signalées par J.C. M. p. 353 n. 17, déjà nombreuses, on
peut ajouter B. Löfstedt, « Spanische Glaubensbekenntnisse », Aevum 72, 1998, p. 232).
Jacques E lfassi
Pascale B ourgain , avec la collaboration de Marie-Clotilde Hubert , Le latin médiéval,
Tumhout, Brepols, 2005 (L’atelier du médiéviste 10), 578 p.
La parution de ce livre, très attendu, constitue un événement pour tous les médiévistes.
Il devrait rapidement changer la perception qu’ont encore trop souvent du latin médiéval
certains non spécialistes ; il provoquera certainement des vocations, car la connaissance
intime et l’amour que les deux auteurs ont de la langue médiolatine, ainsi que de la litté­
rature et des textes documentaires qu’elle a produits, impriment à leur livre une sorte de
clarté et d’évidence, et une ferveur contagieuse. Pour y pénétrer, nul besoin d’être grand
clerc ; il s’adresse néanmoins à ceux qui ont déjà des connaissances relativement assu­
rées en latin (classique), et qui souhaitent pouvoir passer aux textes médiévaux. Des trois
parties qui le composent, les deux premières sont théoriques et la troisième pratique :
on est introduit par une «Petite histoire du latin médiéval », qui retrace l’évolution de la
langue depuis le « latin tardif» jusqu’au latin humaniste; après cette entrée en matière
diachronique, suit une présentation synchronique du latin médiéval, qui décrit le « fonds
commun» linguistique, en insistant sur les traits qui pourraient déconcerter le médié­
viste débutant ; enfin, une anthologie de textes traduits et commentés permet de donner
un large éventail de la production écrite médiévale. Chaque partie et chaque sous-partie
offrent des compléments bibliographiques souvent brièvement commentés, qui permet­
tent au lecteur de se perfectionner de manière autonome s’il le souhaite. La structure de
l’ouvrage et le choix des textes reposent sur le principe, excellent, selon lequel il ne faut
pas séparer les écrits littéraires et documentaires, car ils sont produits par une seule et
même société, une seule et même culture. La complicité qui lie les deux auteurs a fait des
merveilles : si l ’une est plutôt spécialiste de littérature, l’autre de l’écrit documentaire, il
reste l’impression d’une authentique symbiose, et l’unité de ton est totale. Les lignes qui
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